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Cano maision 4

Camille Rollando nous livre la succession des propriétaires du manoir de Cano dans son ouvrage "Séné d'Hier et d'Aujourd'hui" que l'on peut compléter avec des relevés de réformation de la noblesse et les informations des sites de généalogie.

En 1427, le Sieur de Cano s'appelait Ollivier LOUBELOUS et son métayer Guillaume Le Douarier.

Ainsi la seigneurie de Canno a appartenu successivement à la famille MAYDO Jean, fils de Simon Maydo (1465), Jacques Maydo et sa mère Dominique de Pouille, veuve d'Yves Maydo, sieur de Tréduday (1539 et 1540), Jean de Bocenit et Bastienne Maydo (1575).

Puis elle est sans doute vendue à Jean BIGARRE, Sieur de la Landelle et de Cano, procureur des nobles bourgeois et habitants de la ville et faubourgs de Vannes, fabricien de la cathédrale, abbé de la confrérie des trépassés et contrôleur des décimes du diocèse x Anne Chedaime, puis à son fils Guillaume BIGARRE X Marie Trumeau. (1643).

La propriété échoit (vente ou succession) à François LE MEILLEUR (1672), François-Xavier LE MEILLEUR (1681), François-Joseph LE MEILLEUR, seigneur de Larré, président au Parlement de Rennes (1729). Une succession la fait parvenir au sen de la famille de GUERRY : Claude de GUERRY x Marie LE MEILLEUR et ensuite Claude Alex Malo de GUERRY..

 Manoir gen Cano Noblesse

1771 1785 SENE cano

Carte de Cano avec le moulin entre 1771-1785

A la Révolution les cartes sont rebattues. Le manoir de Canneau ou Cano a du être nationalisé puis vendu.

Il échoit à la famille LE CLAINCHE puis passera par succession à la famille LE THIEC.

Après son mariage avec Laurence Alexis LE BREC, le 18/8/1789, Guillaume LE CLAINCHE [3/10/1763-30/11/1814] s'établit à Séné. Il sera d'ailleurs maire de la comune de 1807 à son décès en 1814., (lire la page sur les maires de Séné). Son premier enfant, Guillaume nait à Saint-Laurent le 7/02/1794, comme Jean François LE CLAINCHE [22/05/1797-16/10/1852] qui mourra à Cano x Anne EHANNO [1813-25/12/1842]. Leur fille Marie Julienne LE CLAINCHE [28/12/1839-13/03/1904] se marie avec un laboureur de Saint-Nolff,  Alexis LE THIEC [21/09/1828-14/08/1892].

Au dénombrement de 1841, la famille LE CLAINCHE apparait à Cano.

1841 LE THIEC LE CLAINCHE

La confrontation des cadastre de 1810 et 1844 montre l'évolution du bâtis. Le manoir semble ceinturé d'un murêt. Il est à proximité d'une fontaine et d'un étang. Le village de Cano s'est constitué autour du manoir.

1810 caneau cadastre

Le plan de 1810 laisse apparaitre un demi-cylindre face nord qui pourrait figurer la présence d'un four. Le cadastre de 1844 montre qu'un mur est accolé désormais à "ce four". Sur un autre bâtiment on devine une petite construction accolée au mur qui semble signifier la présence d'un four, aujourd'hui disparu.

1844 Etang Caneau

Manoir Cano LE THIEC

Le relevé de la Drac nous donne quelques précisions sur le bâti :

Drac Cano

Au dénombrement de 1886, Alexis LE THIEC et sa famille sont installés à Cano.

1886 cano le thiec LE CLAINCHE

Louis François LE THIEC sera mobilisé pendant la Première Guerre mondiale et mourra dans la Meuse en avril 1915.

La manoir échoie à son frère Joseph Marie et restera dans la famille jusqu'en 2004. Le nouveau propriétaire du manoir a entrepris de gros travaux de restauration des batiments, notamment la tour détruite en 1928 et la réfection des toitures.

Cano tour

 

Chapelle Sainte Anne

Camille Rollando nous donne l'histoire de la construction de cette chapelle :

Mademoiselle Marguerite Baro m'a raconté l'histoire de cette chapelle. Dans les années 48/49, le recteur François Marie Poëzivara, recteur de 1932 à 1956, avait conçu le dessein, dans un but de décentralisation, de faire construire une chapelle dans la presqu'île de Langle. Le général Le Meut, de Cariel, lui ayant fait un don d'un terrain, il fit du porte-à-porte auprès de ses paroissiens afin de recueillir des subsides. Quand il eut obtenu la coquette sonne de 600.000 francs (anciens), il fît commencer les travaux au milieu de l'année 1950. De nombreux bénévoles mirent la main à la pâte, si bien qu'elle pût être inaugurée par Mgr Le Bellec le 31 décembre 1950.

C'est évidemment une chapelle de service, sans caractère particulier. De forme rectangualire, fenêtres cintrées, murs en ciment. Seule la façade est en moëllons. Au-dessus du portail, une niche contient une statuette en Pierre de Saint-Pierre, patron des pêcheurs et au pignon, le mur se continue dans le clocheton en bâtière."

Ste Anne Bellevue voute

A l'intérieur, une voûte arrondie en bois et des murs blancs. On y découvre une statue de sainte Anne à qui est dédiée cette chapelle. Derrière l'autel, une peinture murale représentant Sainte Anne et Marie a été réalisée par Brigitte Baert.
Les vitraux posés aux fenêtres cintrées en 2001 éclairent et réchauffent le lieu.(lire article sur les vitraux de Séné)

2010 06 Bellevue travaux 1

2010 06 Bellevue Travaux 2

En 2010 des bénévoles ont entièrement rénové la chapelle. Extrait du Télégramme du 31/07/2010 :

Le permis accordé, en novembre1949, de nombreux bénévoles se mettent à l'oeuvre. «Ils ont pris les pierres pour les fondations dans les champs alentours, tandis que le bois de la charpente provient de la propriété Le Normand, plus connue sous le nom de ?la maison rose?, qui était autrefois une cidrerie», explique Jean Robic, le président de l'association Les Amis de la chapelle Sainte-Anne. L'inauguration a eu lieu le 31décembre 1950, pour un coût total de 230.000EUR. Jusqu'en 1992, un office y avait lieu toutes les semaines. La chapelle peut aussi s'enorgueillir de la présence d'une magnifique fresque, représentant Sainte-Anne et Marie. «Elle a été réalisée par Brigitte BAERT, artiste renommée ayant notamment oeuvré à la chapelle Sixtine», explique Jean Robic. En 2001, plusieurs vitraux, intégralement financés par des dons, ont enrichi les murs. Après de premiers travaux urgents, en 1998, la chapelle a connu un nouveau coup de jeune ce mois-ci, quelques bénévoles ayant consolidé les murs et entièrement repeint l'intérieur et l'extérieur. Des travaux notamment financés, comme en 1998, par Les Amis de Port-Anna.

Chapelle Bellevue Statue

Photo extraite du bulletin paroissial Le Sinagot.

Chapelle Bellevue

350 001

St Anne Bellevue 2011

 

 

 

Les croix de Penhoët et Kervello se resemblent par leur taille et leur discrétion.

Croix Penhouet

Voici ce qu'écrivait sur la croix de Penhouët, l'ancien curé de Séné, Joseph Le Roch [1968-1980], très érudit, qui insérait de temps à autre dans le bulletin paroissial "Le Sinagot" des articles sur l'histoire de Séné, et notamment son patrimoine chrétien.

Il accompagnait la photo noir et blanc de la croix de Penhouët qu'il appelait "La Croix de la Cité du Bourg" de ce texte :

Comment l'appeller autrement cette petite croix ignorée de la plupart des Sinagots, alors qu'elle ne se trouve qu'à 200 mètres de l'église paroissiale ? Nous pouvns la voir maintenant à la périphérie, côté Est, de la Cité du Bourg, à l'entrée du chemin qui mène de cette cité au hameau de Gout-Men-Cho (nouveau lotissement).

Cette croix, disposée sur une table de granit, à même le sol, rapelle, par ces proportions, celle de Keravelo : environ 0,60 m de haut et 0,50 m de large. Les enfants du bourg, autrefois, aimaient s'ébatre tout à l'entour. Ils veanit la fleurir et certain d'entre eux, bien longtemps après, ont craint de la voir disparaître au moment de l'implantation de la nouvelle Cité. Dieu merci ! il n'en est rien ! et nous espérons que les habitants de cette cité veilerons ésormais à l'entretien de ce minuscule, mais combien émouvant, témoin de la Foi des Siangots du bourg.

1986 01 croix Penhouët

L'existence de cette croix nous est relatée par Emile MORIN dans deux articles du journal municipal de 1986. Elle fut "redécouverte" à la faveur de travaux pour le nouveau lotissement et ensuite replacée par la municipalité dans son lieu actuel.

1988 05 19 Croix Penhouët

 

Une autre croix, au lieu-dit Keravello lui ressemble.

En face de la ferme de Keravello, sur un talus, se voit une petite croix de granit encastrée dans un socle également de granit. Elle ressemble un peu à la croix de Penhoët.

Cette croix monolithique sur une base rectangulairedaterait du XVI° siècle et aurait été déplacé de son lieu d'origine.

Elle est toutefois situé sur l'ancienne voie principale qui reliait Séné à Vannes, avant que la digue du moluin de Cantizac soit élargie et transformée en véritable route.

IA00114351

Croix Keravelo

Inventaire Croix Keravelo

 

 

 

 

 

La caserne des Quatre Vents à Séné

La caserne des Quatre Vents était la caserne des douanes la plus importante construite à Séné. Située au centre des marais, elle abritait le bureau du receveur où l’on venait s’acquitter des droits d’enlèvement des sels et où les préposés conduisaient les fraudeurs qu’ils avaient capturés pour rédiger, en leur présence, le procès verbal d’arrestation.

La construction de la caserne

Le 30 août 1808, une adjudication est établie pour la construction d’une caserne sur la commune de Séné dans la lande communale connue sous le nom des Quatre Vents.

En avril 1809, la commune de Séné et l’administration désigne des experts pour déterminer l’étendue et la qualité de l’emprise de la caserne et, le 1° août 1809, monsieur de Sannois, Inspecteur des Douanes impériales et monsieur Brunet Debaines, architecte nommé pour surveiller la construction, procèdent à la réception de la caserne. (AD56 P203)

Les Qautre vent Douane

Séné Douanes 4 Vents

 

Séné Douanes des 4 vents

SENE Quatre Vents Colonie

Séné colonie 4 vents

1932 Caserne 4 Vents Vente

Vendue dans les années 30, la caserne des Quatre Vents fut achetée par la paroisse St Paul de Vitry qui y installa une colonie de vacances. Revendue, c’est aujourd’hui une propriété privée.

Caserne douanier 1

 

L'abbé LE ROCH se lamentait dans le bulletin paroissial de la disparition de croix qui étaient sur nos chemins depuis parfois des temps immémoriaux. Croix de Cantizac, Grande Croix, Croix d'Ozon, Croix Vaden, Croix de la Traie, Croix du Poulfanc. que sait-on d'elles?

La croix de Cantizac était située près du manoir éponyme et avait été figurée sur la cadastre de 1844. Datant de 1811, haute de 80 cm, elle a disparu en janvier 2001, en plein nuit. Emile Morin, en avait recuilli une photo en 2001.

Cantizac croix 1844

Croix Cantizac

La "Grande Croix" devait se trouver rue du Verger près de l'ancienne longère, dite Maison Rouge, aujourd'hui remplacée par des immeubles comme nous l'indique le cadastre de 1844.

La grande Croix

Si on en croit le cadastre de 1844, il y avait une croix sur un chemin d'Ozon vers le bourg, qu'on nommera Croix d'Ozon et une autre croix en bas du village de Kerleguen, dite "Croix Vaden".

1844 Ozon chemin

1844 Croix vaden Kerarden Kerleguen

L'abbé LE ROCH termine son recensement des croix de Séné par un message toujours actuel :"Pour terminer cette étude sur LES CROIX ET CALVAIREES DE SENE il faudrait ajouter qu'une 19ème croix existait, [que l'on pourrait nommer croix de la Traie],  il y a une dizaine d'années, en bordure de mer, entre les rochers à l'extréminité de la plage qui mène au Passage Saint-Armel à la ferme du Traie (Centre aérée de Montsarrac), pas loin du château de Bot Spernem. Elle a disparu sans que personne ne s'en aperçoive,...sans laisser de trace, sans témoin! Cette disparition devait être un avertissement pour tous. VEILLONS au maintien de ce beau patrimoine de nos croix! N'hésitons pas à prevenir qui de droit (ou la mairie, ou le presbytère) lorsqu'un préjudice est comis à leur égard. Ce serait une reconnaissance bien légétime vis-à-vis de nos ancêtres qui nous ont légué toutes ces CROIX SINAGOTES."

Joseph LE ROCH accorde une place importante à la croix qui existait à l'actuel croisement des rue du Verger et de la Route de Nantes. Il l'appellait "Croix du Poulfanc" quand le cadastre de 1844 la nomme "Croix de Gorez". Il s'appuie sur un texte de Louis Marsille, de la Société Polymathique du Morbihan de 1942, intitulé "LES CROIX DE VANNES et sa BANLIEUE".

1844 La grande Croix

Bulletin bandeau Haut

LES CALVAIRES DE SENE

Croix Poulfanc

3.LA CROIX DU POULFANC

"A une demi-lieue de Vannes, sur la route de Nantes, à l'intersection de cette route et d'un autre chemin venant de Vannes par la Garenne, au lieu-dit : "Le Poulfanc", dans une haie d'uabépine, est plantée une croix grossière de granit, Le piédestal manque, et aussi, semble-t-il, une partie du fût. Ce qui reste, en deux morceaux, mesure 2 m. de hauteur; la traverse à 0,70 m de largeur"
C'est en ces termes que M. Louis MARSILE décrivait la Croix du Poulfanc dans son intéressant article "Les Croix de vannes et de sa banlieue", paru dans le bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, en l'année 1942.
Depuis cette croix du Poulfanc située à lintérsection des deux routes arrivant de Vannes et se rejoignant à angle aigu à cet endroit, enlevée par un collectionneur nantais. Il n'en restait après l'acte de vandalisme qu'un trou béant et un fragment de socle brisé. ..Aujourd'hui, l'emplacement est occupé par la route et le carrefour de la rue du Verger...Mais continuons la description de cette croix que nous a laissé Louis Marsile, et dont Ouest-France de l'époque nous a donné une photo.

 "Sur cette croix, mal équarrie est étendu un Christ aux contours usés et frustes. Le visage est défiguré par l'exploitation de la pierre et par le soutrages des hommes. La tête est une grosse boule, le visage est sans expression, les yeux sont représentés par des trous, le nez et la bouche par des traits informes. Les bras sont horizontaux, les pieds sont cloués séparément sur le fût comme sur les anciens crucifix, mais il ne faudrait pas invoquer ce détail, pas plus d'ailleurs que la grossièreté du travail, pour conclure à l'ancienneté du Christ du Poulfane. Un jupon plissé part de la ceinture et descend aux genoux. Le corps entier mesure 0,65 m. de hauteur et l'ouverture des bras a également 0,65 m.
Ce qui fait l'intérêt de la croix du Poulfanc, c'est l'ornement de son fût. Ce fût de 0,35 m. de largeur et de 0,25m. d'épaisseur a les angles abattus, mais présentant de distance en distance, et inégalement, des nodosités en relief, des bosses. Suivant une croyance populaire, ces nodosités indiquentc que la croix a été érigée durant une épidémie de peste bubonique pour obtenir la cessation du fléau. Les partisans de cette opinion font remarquer ici que la croix du Poulfanc est située entre la chapelle Saint-Laurent dont l'érection a pour origine la peste désignée sous le nom de "Mal des Ardents" et dont le titulaire est invoqué pour la guérison des boutons, clous ou furoncles (1), et un lieu-dit "La Maison Rouge" (2) sur le chemin de Vannes, par la Garenne, et où avait dû autrefois exister un asile de pestiférés.

(1)"Les plus clairs revenus de la chapelle, écrivait en 1890 le Dr Mauricet sont les paquets de clouts donnés sans comper pour se délivrer du mal de ce nom".

(2) Les murs extérieurs étaient, d'après la satyre Ménippée, peints en rouge avc flammnes afin de signaler aux passants un local contaminé.

Je ne crois pas à cette explication. Que l'on ait érigé au cours de nombreuses épidémies qui ont, au Moyen-âge et à l'époque moderne, dévasté tant de pays, dont le nôtre, des monuments dans le but de "toucher le ciel" et d'obtenir la cessation du fléau, cela est vrai. Mais, au cours de ma longue enquête sur les Croix, j'ai trouvé des "croix de peste" dont les fûts étaient parfaitement lisses, comme d'autres, dont le fût était écoté et noueux, avaient été dressés hors le temps "de la contagion".
Il faudrait d'ailleurs admettre que nos pères n'aient connu qu'une seule maladie épidémique la peste bubonique. La vérité est que ce nom de "peste" qui a de nos jours un sens précis et désigne la peste bubonique ou la peste pulmonaire, était autrefois employé pour toutes les grandes maladies épidémiques de nature inconnue. Ecots et nodosités sont de simples motifs d'ornementation, une interprétation du mot "arbor" "arbor decora et fulgida" .. La Croix du Poulfane n'est pas antéri>2üre au XVIIème Siècle."

Contrairement à ce qu'écrit Louis Marsille, nous pensons que cette croix vénérée des Vannetais rappelait une épidémie de peste particulièrement violente .. Elle devait être contemporaine de la construction de la chapelle  de Saint-Laurent "dont les plus clairs revenus, écrivait en 1890 le Docteur Mauricet sont les paquets de clous donnés sans compter pour se libérer des abcès, clous et phlegmons"clous et phlegmons". Le pardon du mois d'août était très fréquenté par toute la région vannetaise.
Quant à l'établissement de pestiférés situé au lieu dit "La Maison Rouge", les murs extérieurs étaient, d'après la satyre Ménippée, peints en rouge avec flammes afin de signaler aux passants un local contaminé.
Tous ces détails concordent bien avec le culte du martyr Saint Laurent brûlé vif sur un gril incandescent, et donne raison à la tradition populaire : "il n'y a guère,  en ce domaine des traditions bretonnes, de fumée sans feu".

Bulletin bandeau Bas

 Ajout de wiki-sene :

Petition Breiz santel

Le vol de la Croix du Goret ou Croix du Poulfanc eut à l'époque, automne 1956, un retentissement régional. La revue Breiz Santel, alertée de cette disparition se mobilisa pour sa restitution...La revue lança même une pétition:

La croix du Poulfanc en Séné, dont le journal « Ouest-France" a bien voulu nous offrir un cliché pour la couverture de Breiz Santél, continue à nous valoir un important courrier. Un millier de signatures sont déjà revenues pour notre pétition. Et tant de preuves d'intérêt de la part des lecteurs de Breiz Santél nous touchent profondément. Nous avons maintenant le ferme espoir, grâce à tous les appuis qui s'offrent et vont encore s'offrir chaque jour, d'obtenir gain de cause.Rappelons que la pétition, qui a été encartée dans le dernier N° de Breiz Santél, et l'a été ou le sera dans différentes revues Bretonnes (qui nous en ont commandé jusqu'ici environ 3.000 exemplaires), demande : 1° La restitution de la croix du Poulfanc. 2° Le dépôt d'un projet de loi interdisant le déplacement des monuments artistiques ou religieux de plus de 200 ans d'âge sans l'accord d'une commission officielle."

Cette croix suscita l'intérêt d'un "acquéreur' anonyme sans doute à la suite d'un article paru dans Paris-Match [à retrouver] courant 1956 et qui en fit une description élogieuse. Un négociant en oeuvres d'art sacré, ou un brocanteur peu scrupuleux, vint avec quelques comparses arracher la croix à Séné. Originaire de Nantes, il fut identifié par la revue Breiz Santel à laquelle il avait écrit pour défendre son bon droit...

Malgré la pétition, et quelques articles dans la presse locale...la croix ne fut jamais restituée.

 

Croix Rue Bel Air

Dans le bulletin paroissial de Séné, LE SINAGOT, l'abbé LE ROCH en parle en ses termes :

Ce calvaire ne retient pas l'attention par des caractéristiques spéciales. Signalons cependant que la croix, très sobrement taillée, de 1.70m de haut, monolithe, est à bras courts, comme plusieurs des autres calvaires de Séné. Mais aucune inscription, aucune date ne nous permet de l'époque ou la rasion de son érection à cette entrée du Bourg.

Elle apparait dans le cadastre de 1844.

1844 Croix du Rahic

Le Sinagot Croix Bel air

Répertoriée par la DRAC de Bretagne réf : IA00114331

Inventaire Croix du Rahic Cantizac

Croix Monument Morts

 

Si on en croit l'abbé Le ROCH, cette croix aurait été taillé dans un ancien menhir. 

Le Sinagot croix romane

1844 Croix de la Lande

Inventaire Croix Rue Fontaine Monument Mort

Croix Neuve

Dans le bulletin paroissial, l'abbé LE ROCH en fait une description :

"Elle est située à l'embranchement de la route du Brouël. Son soubassement est en maçonnerie et une dalle quelque peu ébréchée forme le socle. Le fût, en deux parties, est rond et se termine par une petite croix avec le Christ sculpté dans le bloc.

Elle est indiqué au cadastre de 1844 sous le nom de croix de Falguérec et elle est répertoriée par la DRAC de Bretange réf IA00114343.

 1844 Croix neuve

Cette vue (source Emile Morin) permet de se rendre compte de l'essor de l'urbanisation ces dernières décennies.

Croix neuve avant 1992

 La carte de 1771-1875 l'indique, laissant supposer une existence plus ancienne.

1771 1785 Croix Neuve

Inventaire Croix Neuve

 

Croix Cadouarn

La croix de Cadouarn :

Le bulletin municpal de Séné rappelle que lors de sa restauration en 1892, on y découvre une inscription "Daniel 1635" permettant de dater cette croix en granite de 3.87 m de haut du XVII° siècle. La croix de Cadouarn est dite "hosannière", car on s'y rendait en chantant "Hosannah filio David" le diman che des Rameaux.

Dans le bulletin paroissial, l'abbé LE ROCH écrivait à son sujet :

Située en bordure de route, à droite, à l'entrée du village, cette croix sans Christ comporte un soubassement cubique en maçonnerie surmonté d'une belle plaque de granit sur laquelle se lit l'inscription : Y Daniel 1635 - relevé en 1899. Le fût aux angles cannelés se compose de deux pièces avec anneau au-dessus des bras de la croix."

Le Sinagot Croix Cadouarn

Elle est répertorié par la CRAC de Bretagne ref : IA 00114338 et figure au cadastre de 1844 à coté du moluin à vent de Cadouarn.

1844 Croix cadouarn

Inventaire Croix Cadouarn

La croix de la Brassée ou croix de Jean II (XIXème siècle). Il s'agit de la plus haute croix monolithe du Morbihan.

La tradition la faisait enlacer de leurs bras par les jeunes filles qui désiraient se marier dans l'année. On raconte qu'elle aurait été élevée en ex-voto par un sabotier qui aurait tué un loup sur le lieu en 1823 .

 Croix Brassée  Croix Brassée vieille foto

Croix de la Brassée ou Croix de Jean II

Ce qu'en disait le bulletin municipal de Séné :

En bordure de la route de nantes, se dresse la plus haute croix monolithique du Diocèse. En forme de croix latine, elle mesure 4,2 m de haut et sa traverse fait 1,2 m de long. On a prétendu qu'elle avait été érigée pour commémorer l'arrivée à Vannes de Saint Vincent Ferrir en 1418. En réalité, elle serait beaucoup plus récente et semble être une copie de la très ancienne croix de Theix dite "Stangoh-stang". Une autre légende raconte qu'lle aurait été élevée pour commémorer la mort d'un sabotier, victime d'une louve. Ainsi l'appelait-on au XIX°siècle"Kroez et bleî" : la croix du loup.

La croix figure bien au cadastre de 1844 sous le nom de "Grande croix" et elle est répertoriée à la DRAC réf IA00144365.

Inventaire Croix Brassée

 

1844 croix cadastre

 

Dans son livre "LE PAYS DE SENE", 'Emile MORIN nous relate la légende de la croix Brassée, en s'appyant sur la travail de l'abbé LE ROCH (lire plus bas)

En bordure de la route de Nantes, sur le territoire de Séné, peu avant la chapelle de Saint-Léonard, se dresse une grande croix, magnifique bloc de granit d'un seul tentant.

Tous l'ont vu, mais peu connaissent son histoire. En tant qu'enfant, le seul souvenir que j'ai gardé de cette croix était qu'il fallait l'entourer de ses bras avant de contracter mariage. Avec une circonférence de 1,40 mètres cela donnait une épouse d'une certaine corpulence ! Appelée croixde la Brassée, on lui donne également le non de Croix de Jean II (Duc de Bretagne), de par son emplacement située près de la grotte du même nom. Haute de 4,20 mètres et ayant une traverse de 1,20 mètre, les fermiers du coin lui donnent aussi le nom de croix du loup (Kroez er Bleiz).

La légende de la croix de la Brassée


En 1823, dans les champs et les bois qui environnaient Saint-Laurent, en Séné, ainsi que Saint-Léonard en Theix, vivait une louve qui dévastait le pays et faisait bien du tort aux fermiers du Prat et autres villages voisins. Or un jour d'hiver, un sabotir, engagé dans le chemin boisé qui longe le ruisseau et passe devant la grotte de Jean II, la rencontra près de la grotte. La bête affamée, sans doute, se mit à le poursuivre. Tout d'abord effrayé, il pensa marcher plus vite, mais l'animal désireux d'une proie le suivait de plus en plus près. Voyant le danger qu'il courait, le sabotier compris qu'il ne pourrait éviter la lutte; ôtant alors ses deux sabots et en armant chaucne de ses mains, il engagea le combat avec le féroce animal. Tandis que la louve s'élançait sur lui, il la frappait du bout de ses sabots et la blessait du meixu qu'il pouvait. Rendue furieuse, elle s'élançait de nouveau, de ses dents acérées lui déchiraient les bras et de ses pattes lui labouraient le visage. Notre brave sabotier avançait dependant vers la grnde route par le petit chemin qui traversait le bois, espérant y trouver du secours et que sa terrible ennemie craindrait de s'y aventurer. Il lutta ainsi avec la louve jusqu'à l'endroit où se trouve actuellement la croix. Là, dans un dernier sursaut, il lui asséna un coup sur la tête qui la terrassa et elle tomba inanimée. Malheureuseement, elle ne tomba pas seule. Le pauvre sabotier lui aussi n'en pouvait plus; blessé en plusieurs endroits, perdant son sang, il s'évanouit eet des passants le trouvèrent, râlant près de la louve qu'il avait vaincue. Ils l'emmenèrent à Vannes et ils conduisirent à l'hôpital où malgré les soins empressés, il ne tarda pas à succomber à ses blessures. Le conseil municipal de Vannes ou de Séné ?, mis au courant de ce qui était arrivé, lui fit des funérailles splendides et décida qu'un monument serait élevé à l'endroit ou le combat s'était terminé. Passants, ne manquez pas de saluer cet héroïque Sinagot qui débarras les environs d'un véritable fléau intrecommunal !
Sept ans auparavant, le 13 février 1816, le Préfet du Morbihan précisait le montant des primes attribuées pour la destruction des loups "18 franc poir la destruction d'une louve pleine, 15 francs pour celle d'une louve non pleine, 12 francs pour celle d'un lup et 3 franc pour un louveteau". Celui qui y aura droit sera tenu de se présenter chez le maire de sa commune et d'y faire constater la mort de l'animal, son âge, son sexe et pour une louvesi elle est plaine ou non pleine. cette première formalité remplie, la tête de l'animal sea envoyée, ainsi que le procès verbal dressé par lemaire, ou sous-préfet qui délivrerra un mandat du montant de la prime sur le payeur du départment dès qu'il existera pour les dépenses variables des fonds destinées à cette nature d'encouragement".

Et si le sabotier avait vraiment existé ?

En consultant les registres de décès de la ville de Vannes pour l'année 1823, on ne trouve pas de sabotier mais bel et bien un cordonnier de Sarzeau, Jean René DORIDOR, né le 1er Messidor An XIII (20 juin 1805) qui est décédé à l'Hôspice Civil et Militaire de Vannes à l'âge d e18 ans.

1823 Doridor cordonnier Extrait

 

Extrait du bulletin paroissial :

Le Sinagot Croix Brassée A

Le Sinagot Croix Brassée B

 

 

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