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Cet article reproduit mot pour mot la nécrologie de Marguerite LAYEC [ 7/2/0907 St Gildas - 2/9/1977 Vannes], parue dans le bulletin paroissial de Séné, à l'initiative de l'Abbé Jospeh LE ROCH. 

Le Roch Nouvelles Breves

2 SEPTEMBRE : DÉCÈS DE MLLE MARGUERITE LAYEC, ENSEIGNANTE A KERANNA, CATÉCHISTE ET ORGANISTE DANS LA PAROISSE DE SENE DEPUIS 1930.

Layec foto

Après un mois seulement de maladie, s'éteignait une figure bien chère à toutes les familles de SÉNÉ: Melle MARGUERITE LAYEC, enseignante à l'école de KERANNA de septembre 1930 à juillet 1973, catéchiste en 1974 et 1975, organiste à l'église jusqu'au 30 juillet dernier. Très nombreux, les Sinagots, jeunes et anciens (3 générations) se sont relayés pendant près de 3 jours à l'oratoire près du presbytère, pour veiller sur celle qui les éduqua pendant de si longues années. Une foule, celle que l'on retrouve au jour de la Toussaint, a voulu l'accompagner jusqu'à sa dernière demeure, au cimetière même de SÉNÉ. Dans son homélie, Monsieur le Recteur s'est essayé de retracer la vie si remplie de Melle MARGUERITE.

Pierre disait à JESUS : "Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre"; JESUS lui répondit : "En vérité, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Evangile une maison, une famille sans qu'il reçoive déjà le centuple en sa vie et, dans le monde à venir, la vie éternelle. " Mes Frères, à voir votre très nombreuse assistance autour du corps de Melle MARGUERITE, n'est-ce pas cette parole du CHRIST réalisée aujourd'hui à SÉNÉ? C'est en effet la très grande famille de ses amis, de ses anciens et anciennes élèves, réunis autour de sa famille propre, une très grande famille qui continue aujourd'hui à l'entourer, comme elle l'a toujours fait depuis tant et tant d'années, et qui est là pour demander au SEIGNEUR, que Melle MARGUERITE reçoive cette récompense, assurément méritée par tous les vrais disciples qui ont mis leur vie au service du CHRIST dans leurs frères. Cette récompense ici-bas, de vivre longtemps, ensemble, et , un jour, la Vie Eternelle.
Vous les parents de Mlle MARGUERITE, et vous, chers paroissiens de SÉNÉ, ses nombreux amis et ses anciennes élèves de l'école de Kéranna, oui c'est bien l'affection, la sympathie, la reconnaissance qui vous réunit cet après-midi comme les frères et soeurs d'une grande famille, à l'occasion des oèques d'une amie de famille. 

Née en février 1907 à Saint-Gildas de Rhuys, Melle Marguerite a passé toute sa vie au service de l'enseignement chrétien. Tout d'abord institutrice à l'école de Sérent, où elle resta 5 années, c'est ici, à Séné, qu'elle consacra pour ainsi dire toute sa vie. Arrivée à Keranna en Septembre 1930 elle ne devait quitter notre école, pour prendre une retraite bien méritée, qu'en Juillet 1973.

1972 Layec Retraite

Le 21 octobre de cette année 1973, beaucoup d'entre vous étaient réunis autour d'elle dans cette église pour une messe d'actions de grâces, à l'occasion de ce dépàrt en retraite.

Layec Foto 4

Et le Directeur de l'Enseignement Catholique, Mr. l'abbé MOULLAC,disait ceci :

" ...Malgré tous vos mérites, je ne vais pas, Melle MARGUERITE, prononcer votre  panégyrique, votre simplicité naturelle, votre modestie seraient blessées si je m'attardais à vanter le bel exemple de fidélité de travail et de dévouement que vous donnez. La présence nombreuse de vos anciennes et anciens élèves, celle de leurs familles et de tous vos amis, leurs prières ferventes, adressées au Seigneur à toutes vos plus chères intentions, attestent suffisamment combien ils ont conscience de vous être redevables de leur éducation, et comment ils entendent vous en garder une profonde reconnaissance" .

Et après une réunion dans la joie, à l'école, Melle MARGUERITE vous remerciait de votre reconnaissance, et elle terminait oar ces mots "A Séné j'ai vécu, à Séné je mourrai. .. "
Nous ne pensions pas que, quatre ans après, son souhait devait se réaliser : revenir parmi ses sinagots ... les rejoindre, mais à travers la mort ... et dans la prière ... et reposer enfin au milieu d'eux, au cimetière de Séné, près des prêtres, des religieux, des enseignants, (ici, je pense à quelqu'un qui, comme elle, donna le meilleur de sa vie à Séné, Mr. Aimé CAPPÉE).
A mon tour, je ne ferai pas le panégyrique de Melle MARGUERITE. Il y aurait tant à dire, non seulement pour ses 47 années données à l'enseignement chrétien, mais aussi pour tout son dévouement à la cause des jeunes, les Bruyères d'Arvor, du théâtre, du chant, de l'orgue (elle était encore à son poste, ici, le 30 juillet dernier), son dévouement à visiter les familles, les malades aussi bien chez eux qu'à l'hôpital ou dans les cliniques. Chacun de vos coeurs se remémore ce que Mlle Marguerite a fait pour son éducation chrétienne ... et cela durant trois générations. Restée fidèle à sa foi, à l'enthousiasme, à l'esprit de service de ses débuts, Melle Marguerite a eu le mérite non seulement d'avoir duré, mais aussi de n'avoir jamais dévié.


Layec Foto 3

En hommage à Mlle. MARGUERITE, voici deux photos qui la rappelleront combien sa vie a été intimement mélee à celle des SinagotsCi-dessus à Lourdes en 1952, entourant: M. l'Abbé PERON, alors vicaire de Séné, et Mlle Marguerite :

Ier rang en haut, à partir de la gauche : Mme Lucienne PENRU, Mme LODEHO, Mme DORIDOUR, Mme Vve DORIDOUR, Mlle LE FRANC, Jean LE MEITOUR, Emile NOBLANC du Goanvert

2ème rang: Mme Pascaline DOUARIN, Mme LE RAY, Mlle Alphonsine NOBLANC, Mlle Philomène SAVARY, Mlle LAYEC, Mme Emile NOBLANC, Mme Léon GREGAM de Montsarrac

3ème rang : Soeur Sophie BARO, Mme PIERRE, Mlle MIRAN, Clothilde BOCHE, L'abbé PE­RON, Mme PIERRE, Mlle DORIDOUR, Mlle MIRAN, Soeur PIERRE.

Et c'est ensemble que nous prierons à cette messe pour elle ... que nous demande­rons au Seigneur, par l'intermédiaire de Notre Dame, Saint Patern, Sainte Anne de nous guider comme elle, aux sentiers de vie, et de nous ouvrir un jour sa maison .

Un an plus tard, paraissait dans le bulletin paroissial cet autre article en souvenir de Mlle Marguerite :

SOUVENONS-NOUS !

Voici un an déjà déjà. que nous a quitté Ma­demoiselle LAYEC , mieux connue sous le prénon de Mlle MARGUERITE.. Parmi nous elle a vécu, connaissant et aimanttous. Son don d'elle-même aux autres dans l'enseignement, ses multiples services, ses visites aux familles sinagotes, sa présence dans le domaine musical à la paroisse lui ont valu l'estime de tous.

Elle a désiré rester parmi ses Sinagots en partageant leur champ de repos éternel. Ayons parfois pour elle une pensée, une prière ou une fleur. Car, savez-vous qu'elle a dédié à tous ses amis dans les années 50, surl'air de "La Paimpolaise" ce chant, dont nous sommes les heureux héritiers, et que voici  :

 Layec chanson

Un autre article parut à son sujet :

Marguerite Layec est née en février 1907 à Saint-Gildas de Rhuys et est morte à Vannes le 2 septembre 1977. Elle est enterrée dans le cimetière de Séné.

D'abord institutrice à Sérent pendant cinq ans, elle vint ensuite à l'école Sainte-Anne en septembre 1930 où emme restera jusqu'à sa retraite en 12973 soit 43 ans. Tout en étant enseignante et catéchiste à l'école, elle assumait la fonction d'organiste de la paroisse et s'occupait des loisirs des jeunes filles. En classe où elle enseignait avec tout son savoir de pédagogue, elle apprenait aussi à ses élèves à mieux connaître Dieu, le Seigneur. Elle préparait les filles à la 1ère communion, aux processions de Fête-Dieu ou l'on jonchait le sol de pétales de fleurs. Elle apprenait également le chant aux enfants et avait formé une chorale qu'elle accompagnait à l'harmonium. Avec ses anciennes élèves devenues grandes, elle préparait des séances récréatives : rondes de petits, danses rhytmiques des moyennes, ballets et pièces de théâtre pour les autres. Le dimanche, avec les jeunes filles, elle organisait des visites pour mieux connaître la Bretagne. Les jeunes filles ont formé les Bruyères d'Arvor puis la Jeunesse Agricole Chrétienne Féminine, JACF, toujours sous la conduite de Mlle Marguerite, aidée alors par l'abbé Poëzivara. Elle rendait visite aux familles sinagotes et accueillait les nouveaux arrivants. Elle a composé "la chanson de Séné" sur l'air de la Paimpolaise et a laissé un excellent souvenir dans le coeur de plusieurs générations de Sinagots.

 

 Le complément de wiki-sene : "Nul ne guérit de son enfance" Jean Ferrat.

L'examen de son acte de naissance recèle peut-être le "secret" de Marguerite Pauline LAYEC. Lorsqu'elle nait le 7 février 1907 à Saint-Gildas de Rhuys, elle est la fille de Marie Ernestine LAYEC, sa mère et de son père, Jean Marie Eugène QUATREVAUX [5/71877-10/11/1915], capitaine au long cours.

1907 LAYEC Marguerite mention

Cependant, une mention marginale indique que par un jugement du 3 juillet 1907, le Tribunal Civil de Vannes, reconnait à M. Quatrevaux, sa non-paternité sur cet enfant, né d'un adultère, sans doute était-il en mer...

Marguerite Pauline QUATREVAUX, prend dès le nom de jeune fille de sa mère, et devient Marguerite Pauline LAYEC. Sa mère divorcera et se remariera le 21/2/1911 avec Jean Louis LE TEXIER [1880-1976] dont elle aura un fils, Jean [1912-2014]. M. Jean Marie QUATREVAUX se remariera avec Jeanne Angèle DURAND le 25/8/1913 avant de disparaitre en mer en novembre 1915.

Cette identité tourmentée est sans doute à l'origine du célibat de Mlle Marguerite et de son dévouement pour les autres.

 

 

En fouillant sur le site Gallica-BnF et avec quelques mots clefs de recherches bien choisis (on ne divulguera pas lesquels) on finit par trouver, avec un peu de chance et d'attention, les références d'un livre de l'écrivain, Eugénie-Caroline Saffray, dite Raoul de Navery [Ploërmel 21/09/1829 - La Ferté-sous-Jouarre 17/05/1885].

Raoul de Navery BNF Gallica

Ce recueil intitulé Récit consolants, publié en 1860, rasemble des nouvelles et des anecdotes, dont une, nous dresse le portrait d'un marin sinagot. Découvrons qui il était. [Texte original enrichi et illustré].

Les habitants de Dinan ont pu remarquer en se promenant dans les rues de la ville, un matelot aux allures martiales, dont la poitrine est toute constellée de décorations. Ce noble champion de nos armées navales se nomme Julien TREHONDART [12/3/1816-5/2/1859]: c'est un enfant de notre vieille Bretagne, né à Séné, près de Vannes, comptant 33 ans de navigation [mousse à l'âge de 9-10 ans], 11 au services de l'Etat, et 42 ans d'âge. [texte écrit en 1858 à son retour de Crimée]
Fils aînée d'une pauvre veuve chargée de neuf enfants, Julien TREHONDART voulut de bonne heure aider sa mère et il embrassa la carrière maritime.

Sa mère, Marie NOBLANC [16/9/1787-16/12/1848] était mariée à Julien TREONDART [12/10/1784-20/6/1832] et la famille vivait de la pêche à Montsarrac. Après son mariage en le 20/1/1814, elle eut 8 enfants, dont deux morts en bas âge.

En 1835, à 20 ans, il était reçu maitre cannonier à bord de la Jeanne d'Arc; en 1836, il passait en la même qualité à bord de Vénus, commandant Dupetit-Thouars, faisant preuve en tous lieux d'un ardent courage.

Navire Le Vénus : Une frégate de 52 canons type Vénus (1823 - 1846) construite à Lorient à partir de février 1820. Mise à flot le 12 mars 1823, elle participe la même année au blocus de Cadix. En 1824, elle fait campagne au Sénégal, en Guadeloupe et à Saint Pierre et Miquelon. En 1825, 1827 et 1828, elle est aux Antilles. En 1828, elle part de Brest à Toulon, puis est à Navarin et dans l'archipel grec, et rentre à Brest l'année suivante. En 1830, elle retrouve la Méditerranée pour l'expédition d'Alger, armée en flûte. Refondue en 1824, elle effectue du 29 décembre 1836 au 29 juin 1839 un voyage autour du monde (Valparaiso, Callao, Honolulu, Kamchatka, San Francisco, Marquises, Tahiti, Australie, Bourbon, Ste Hélène) sous le commandement du CV Abel Aubert du Petit-Thouars (1793–1864). De retour en France, elle servira comme école des apprentis canonniers à Toulon (1840-41), avant d'être condamnée en septembre 1846, elle sert alors de ponton-dépot de charbon à Gorée sous le nom d'Utile. (Caractéristiques : 52 x 13 m ; 10 nds ; XVIII.24 + XXII.caronades.24 + II.18).

[vérifier aux SHD de Lorient si Trehondart est de cette expédition]

Quand la guerre d'Orient éclata (en 1853)  Julien TREHONDART était déjà décoré de trois médailles de sauvetage (deux médailles d'argent et une médaille d'or, décernées en 1845, 1846, 1851), récompenses conquises au péril de sa vie, en retirant plusieurs individus des flots et des flammes.[incendie dans des bateaux équipées de chaudières à charbon]  Il s'embarqua pour la Crimée avec trois de ses frères, courageux comme lui, dont deux sont morts aux tranchées à ses côtés, devant Sébastopol.

Sur sa fiche d'inscrit maritime, on note qu'il effectue plusieurs mission sur des navires de la marine impériale. Il embarque en mars 1854 sur l'aviso vapeur Le Tonnerre; puis sur le Liamone; il est ensuite sur la corvette Le Chaptal et sa dernière mission est effectué sur Le Donawerth.

Donawerth navire

Le Donawerth

Les registres de l'état civil de Séné font apparaitre 3 garçons Trehondart : Julien,  Pierre Marie [21/9/1817 - ??] et Jean Marie [6/10/1824-26/4/1859] décèdé à bord de La Sané le 11 mars 1856 sans doute de maladie et son corps jeté à la mer....(Lire l'article sur la guerre de Crimée). [Rechercher pour Pierre].

Julien TREHONDART s'est battu comme un lion : il a reçu onze blessures, a deux fois été prisonnier. Il est rentré il y a huit mois en France avec la croix de la Légion d'Honneur, la Croix de l'Ordre de Medjidié, la croix d'Isabelle d'Espagne, la croix de Saint-Grégoire Le Grand, une ceinture d'honneur en or et ses trois médailles. Les quatre frères Tréhondart, nous a-t-il dit, possédaient entre eux vingt-quatre décorations. C'était une famille de héros.

1859 Trehondart Legion

Trehondart decoration

Les décorations : la Légion d'Honneur est stipulée sur son acte de décès. Le sultan Abdulmécit 1er créa la Croix de Mejjidié largement isnpiré de la Légion d'Honneur Française. La croix Isabelle d'Espagne, la Catholique est un ordre institué en Espagne en 1815 par Ferdinand VII, pour récompenser ceux qui avaient défendu ses domaines d'Amérique.[rechercher ]. L’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand est une décoration accordée par le Saint-Siège (Vatican), à titre civil ou militaire. Fondé le 1er septembre 1831 par le pape Grégoire XVI en l'honneur du pape Saint Grégoire. [rechercher] Ces deux décorations pourraient être liés aux sauvetages auxquel TREHONDART s'est illustré...

A la fin de la campagne de Crimée, il reprend la navigation sur la Victoire Rosalie avant de "rentrer au  pays de Séné" où il devient pêcheur sur l'Impératrice Eugenie.

Un des regrets de TREHONDART est de ne pas savoir lire. "Ah s'écriait-il un jour en présence d'un des plus célèbres officiers de la flotte, si j'avais su lire et écrire comme vous, monsieur, j'aurais voulu devenir amiral comme vous!..."

1859 Trehondart noyade

Julien TREHONDART se maria à Séné le 20 juillet 1841 avec Julienne LE GREGAM [27/152/1819-25/9/1880] dont il eu au moins 3 enfants : Pierre Marie (1842), Jeanne (1844) et Louise (1847).  L'article ci-dessus nous relate que lui et sa fille Marie Jeanne TREHONDART [5/6/1844-9/3/1859] périent en mer à cause d'un coup de vent le 31 janvier 1859 près de La Garenne et Montsarrac. Le corps du père fut retrouvé le 5 février près de la Garenne et celui de sa fille, le 9 mars près de Brouel.

Si Julien ne savait pas lire, il ne savait non plus nager comme un grand nombre de marins de cette époque.

 

 

 

 

On se souvient que Ferdinand ROBERT, capitaine des douanes en retraite à Séné, devint maire de Séné de 1919 à 1928. Son petit-fils qui dans son enfance venait voir son grand-père à Séné, finit par s'établir à sa retraite à Moustérian  dans la maison de son grand-père. Il s'est illustré par son engagement dans l'Armée Française pendant la Seconde Guerre Mondiale et dans la Résistance.

Le texte qui suit provient de : http://www.france-libre.net/; Il a été complété et illustré.

Eugène Louis Léon ROBERT, [6/8/1911- 14/6/2003], puisque c'est de lui dont il s'agit, naquit à Nantes où son père, Louis Marie ROBERT [7/12/1884 Lans Le Bourg-72- 1925] est marin et sa mère, Thérèse Louis Marie LE BOURHIS, ménagère.

Extrait du bulletin municipal 2001 : "Sa mère commerçante, l'a confié très tôt à ses grands-parents paternels, retraités à Séné. Son père, Louis Robert était capitaine au long cours. Eugène a passé toute son enfance, jusqu'à lâge de 7 ans au bord du golfe."

1930 Robert Eugène v2

Eugène ROBERT à gauche sans chapeau,

lors du mariage des Penru à Cariel, le 2 septembre 1930

Louis Marie ROBERT est capitaine sur le Montmorency en 1925, quand il contracte une maladie lors d'un voyage vers Valparaiso au Chili. A quelques jours de l'arrivé au port, il décède à bord. Son corps sera ramené en France.

Le jeune Eugène ROBERT fait son lycée à Nantes puis obtient une license de droit à Rennes. Il entre à l'Ecole des Contributions Indirecte. Par la suite il intègre l'administration des finances avec un premier poste en région parisienne.

Vers 1931 il effectue son service militaire et sortira officier de réserve.

Son grand-père Ferdinand décède en 1937 à Séné [lire article dédié].

Il se marie à Vanves (Seine) le 4 juillet 1938 avec Eugénie Marguerite AUDIAT. En août 1939, naissance de son fils aîné Jean Louis à Vanves.

Décoré pendant la Campagne de France :

Lorsque la guerre est déclarée contre l'Allemagne nazie, il a 28 ans et il est incorporé. Pendant les combats de la Campagne de France, qui précédèrent l'Armistice, il s'illustra dans son régiment et fut à plusieurs fois cités :

1/Journal Officel du 10/6/1940 page 44198 Armée :

ROBERT Eugène, lieutenant, jeune officier de réserve plein d'allant volontaire pour toutes les missions périlleuses. Le 9 mars 1940, rencontrant une patrouille ennemie, l'a rapidement manoeuvrée. S'est jeté hardiment sur un soldat allemand pour le capturer.

2/ Journal Officiel du 16/5/1940 page 3621 :

Pour Chevalier (pour prendre rang du 10.4.40) ROBERT Eugène Louis, lieutenant, officier doté d'une grande bravoure et d'un coup d'oeil admirable, entraîneur d'homme magnifique. Le 17 mars 1940, a par une intelligence et prompte maneouvre, permis le décrochage d'une partie du groupe temporaire serré de près par l'ennemi; a été blessé au bras au cours de l'action. Cette citation comporte attribution de la Croix de Guerre avec palme. Cette blessure lui permet de revenir à la maison en convelesence.

3/ Ordre 1526 C du 20.5.43 (Division)

Officier remarquable de bravoure et d'audace. Commandant le groupe franc du bataillon - a eu une conduite exemplaire au cours de la campagne de Somme - S'est particulièrement distingué à l'attaque de Longueau, les 24 et 25 mai 1940 et à la défense de Foumecamps, le 7 juin où il fut grièvement blessé au retour d'une mission périlleuse.


Le lieutenant de réserve, Eugène ROBERT est fait prisonnier pendant la Campagne de France puis libéré après l'Armistice. Il a du retourner travailler au sein du Ministère des Finances.

Le 18 juin 1940 : Appel du Général De Gaulle.

Décembre 1940, naissance de son second enfant Françoise. La famille est conduite en province chez les beaux-parents dans le village de Milly (Nièvre) où ils resterons jusqu'à la Libération.

Une fois sa famille en sécurité, Eugène ROBERT se porte volontaire pour partir en Indochine où le Gouvernement de Vichy souhaite renforcer son administration depuis que la colonie est occupée par le Japon. Il pense pouvoir De Gaulle à Londres rejoindre plus facilement depuis les Colonies que depuis la France...

Robert Chenonceau

Le départ pour l'Indochine : 

En février 1941, il embarque sur le Chenonceaux pour l'Indochine et y arrive après plusieurs escales en mai 1941.

Depuis lʼArmistice du 22 juin 1940, lʼamiral Jean Decoux est nommé gouverneur général de lʼIndochine française (Vietnam, Laos, Cambodge) par Pétain. Il applique la politique de Vichy et collabore avec les forces dʼoccupation japonaises. La « souveraineté française » est maintenue officiellement.

Eugène ROBERT est affecté dans un service à Hanoï dépendant du Bureau des Statistiques Militaires (BSM), dirigé par le colonel Maupin, créateur du réseau gaulliste « Maupin-Levain ». Eugène ROBERT rejoint la Résistance d'Indochine et prend part à ces renseignements clandestins et informe le consul américain Reed des menées japonaises en Extrême-Orient. .

ROBERT FFC Graille

La tentative de passage clandestin de la frontière :

Désireux de rejoindre les Forces Françaises Libres, FFL, il décide de passer en Chine, avec des documents sur l’armée japonaise en Indochine pour les Américains. Il quitte Hanoï en voiture pour la ville de Bac Minh où il monte dans un train pour Lang Son, près de la frontière chinoise. Alors qu'il se dirige vers la frontière par des sentiers, il est capturé le 9 janvier 1942 par une patrouille de Bang Trang qui le conduisent au poste de Dong Dang. Il est incarcéré à Langson, après avoir réussi à faire disparaître les documents.

Lang Son prison

ROBERT Prisonnier

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Prisonnier gaulliste aux mains de l'Etat Français en Indochine :

    Le procès
Traduit devant la cour martiale de Hanoï le 20 janvier, sur l’accusation d’« acte de nature à nuire à la Défense Nationale et avoir tenté de prendre du service dans une armée étrangère, avec franchissement de frontière » – et non de haute trahison, comme l’avait d’abord envisagé l’amiral Decoux -, il est jugé à huis clos, afin d’empêcher que les Japonais n’apprennent qu’ils sont espionnés par des officiers français, mais aussi parce que les juges ont reçu des instructions, afin que l’accusé ait la peine maximale. Seuls les médecins qui ont soigné sa dysenterie à Langson sont autorisés à témoigner, mais ils rendent compte de son état déplorable au moment de son arrestation, ce qui constitue une circonstance atténuante.

     1er internement : 

hanoi hilton
Condamné à 14 ans de travaux forcés, « plus les peines annexes, dont la confiscation des biens présents et à venir», Eugène ROBERT est emprisonné à la Maison Centrale de Hanoï, où il reçoit le n° 57 227 comme un droit commun, dans une cellule de 8×8 m, qu’il partage avec quatre Européens et dix Asiatiques, autour d’un seau hygiénique et une cruche d’eau, dans la saleté.

Les promenades [ont] lieu le matin, dans une cour carrée de 10 mètres de côté dont les murs hauts de 6 mètres [sont] peints en noir : 25 détenus y [évoluent] ». Puis il est déplacé dans la cellule n° 4 et fait la connaissance d’autres prisonniers gaullistes, parmi lesquels William Labussière, le sergent métis Emile Greiveldinger (condamné à deux ans le 1er septembre 1941) ou le docteur Georges Béchamp.

En août 1942, le nouveau directeur interdit, sous peine de sanctions, au capitaine Guiol, adjoint de Maupin au BSM de Hanoï, de continuer ses visites à ROBERT sous prétexte de « nécessités de service ». Ces menaces à l’égard des visiteurs se poursuivent jusqu’à la fin de 1944. Ainsi, en janvier 1944, le contrôleur Kerneis est mis en disponibilité pour avoir rendu visite à son compatriote ROBERT.
En septembre 1942, l’inspecteur des affaires politiques Del, lors d’une visite des installations de la prison, décide de faire remplacer le grillage, en haut de la porte de la cellule, qui permettait une relative aération, par une plaque de tôle pleine et sépare le groupe des gaullistes en deux : ROBERT reste avec Greiveldinger, tandis que le lieutenant Richard et Pierre BOULLE sont mis au secret.
Profitant de ce que Greiveldinger, libérable sous peu, est autorisé à se rendre en ville, sous bonne garde, pour y recevoir des soins dentaires, ROBERT met au point, avec son aide, un plan d’évasion.

   La première évasion :
Le 12 janvier 1943, à 6 heures 30, lors de son quart d’heure de promenade, il dresse un échafaudage avec deux bancs laissés dans la cour pour y prendre les repas, grimpe dessus et saisit un tuyau, à six mètres du sol. Parvenu grâce à lui sur le toit du bâtiment principal, il passe dans la cour du gardien-chef, puis, par son escalier et sa terrasse, atteint un autre toit, d’où il descend par les grilles défendant les fenêtres des appartements des gardiens. Après un rétablissement sur le mât du pavillon au-dessus du porche d’entrée, il se laisse tomber de quatre mètres dans la rue, entre le gardien et la sentinelle, s’enfuit en direction du Palais de Justice avant qu’ils aient pu réagir et se cache dans un confessionnal, dans la cathédrale. Le tout en une demi-heure.

Pendant ce temps, l’alerte a été donnée. Un quart d’heure après, des patrouilles armées parcourent les rues, des barrages ont été installés, avec des mitrailleuses en batterie, les voitures sont arrêtées et fouillées, les hôtels et les domiciles de personnes fichées par la Sûreté visités, de même que les bordels européens et tonkinois, qui sont des endroits discrets où se cacher.
Retranché sur le toit de la cathédrale, ROBERT attend la nuit pour chercher un refuge. Le soir venu, quand le bedeau monte sonner les cloches pour la dernière fois de la journée, il se faufile à l’extérieur et se dirige vers la rue Duvilliers, où demeure l’adjudant Fauvel, sur l’aide duquel il sait pouvoir compter. Ce dernier a déménagé, mais ROBERT obtient sa nouvelle adresse, rue des Vermicelles. Quand il le retrouve, il l’envoie prévenir le lieutenant-colonel Despeaux, chez qui il pense trouver de l’aide, avant de rejoindre le domicile puis la cache promise par son contact à l’extérieur, Orsini.

Toutefois, Despeaux a lui aussi déménagé, et c’est le lieutenant-colonel d’artillerie Pig, fidèle maréchaliste, qui reçoit la confidence de Fauvel et prévient l’état-major. Pendant ce temps, contact est pris avec Orsini, qui accepte de le cacher, avant de l’aider à passer en Chine.
Toutefois, le lendemain matin, la Sûreté, prévenue suite à la dénonciation de Pig, arrête ROBERT et le couple Fauvel, puis Orsini et Despeaux. Les époux Fauvel seront condamnés à six mois de prison. Quant aux Orsini, faute de preuve, ils seront internés administrativement.
Au cours de leur enquête, les autorités tentent d’établir l’existence d’un « complot gaulliste » ; mais, devant le mutisme de ROBERT, qui résiste à dix heures d’interrogatoire ininterrompu, ils doivent abandonner. Il est finalement reconduit à la maison centrale.

1942 barre indochine big

    Le nouvel internment :
On l’enferme pendant 60 jours dans une cellule de 2,20 m. de long et 1,50 m. de large, allongé sur le béton, les chevilles fixées au bat-flanc, sous la surveillance permanente d’un garde, aussi permanente que la lumière au plafond. On l’appelle la « barre d’Indochine ». A l’origine, on y enfermait les Indochinois condamnés à mort la veille de leur exécution. Un seau hygiénique est déposé dans la ruelle du bat-flanc pour les besoins naturels. Tous les matins, un nettoyage au jet d’eau rince la geôle et le prisonnier. Au repas, un quart de riz et un morceau de pain de maïs.
En février 1943, l’amiral Decoux fait isoler en cellules spéciales les condamnés pour « trahison », les gaullistes devant être transférés dans les locaux disciplinaires de la prison. Vêtus d’un bourgeron gris de bagnard, ils n’ont droit qu’à deux sorties d’un quart d’heure chacune par jour. Fin mars 1943, ROBERT se voit infliger un mois de cachot supplémentaire pour s’être plaint de n’avoir pas reçu sa ration journalière de nourriture.

     Le transfert vers Saïgon :

Maison centrale i
Enfin, le 17 mars 1943, le gouverneur général prend la décision de transférer les prisonniers gaullistes à Saïgon, loin de la frontière chinoise, pour éviter toute nouvelle tentative d’évasion. Le soir du jeudi 1er avril, ROBERT est ainsi extrait de sa cellule, alors qu’il souffre toujours de dysenterie, et conduit en train, enchaîné, jusqu’à la Maison Centrale de Saïgon, où il arrive quarante-deux heures plus tard. On l’enferme dans la salle 8, réservée aux détenus récalcitrants. Les derniers « dissidents » de la maison centrale de Hanoï sont transférés à Saigon en juin 1943.
En novembre 1943, BOULLE, Huchet, Labussière, Richard et ROBERT sont placés en isolement dans le « bâtiment S » pour « contrecarrer la propagande gaulliste » parmi les autres détenus. A la fin du mois, convoqué à la Sûreté pour une affaire d’identité judiciaire, Labussière tente de s’évader avec l’aide de ROBERT, mais il est rapidement repris et condamné à 60 jours de fers au cachot.
En avril 1944, suite à l’intervention d’amis auprès de fonctionnaires du ministère à Vichy, afin qu’il bénéficie de conditions plus humaines, l’amiral Decoux adresse au gouverneur de Cochinchine une note l’interrogeant sur l’état de ROBERT. A partir de cette date, le comportement de l’administration pénitentiaire à l’égard des gaullistes s’infléchit. ROBERT obtient ainsi le 10 juin 1944 l’autorisation d’être hospitalisé.

     La seconde évasion : 

Pendant ce temps, à Hanoï, les réseaux du capitaine Marcel MINGANT et d’André LAN préparent une évasion collective, en liaison avec leurs correspondants à Saïgon. A la fin de 1944, Lan se rend à Saïgon avec Tastagnière, du commissariat de la gare de la ville, pour les informer des grandes lignes du projet : l’évasion de l’ensemble des gaullistes doit avoir lieu lors d’un « transfert de sécurité » qu’ils vont eux-mêmes provoquer. C’est ainsi que l’amiral Decoux, par ailleurs complètement ignorant du complot, ordonne le transfert de Pierre Boulle, Eugène Robert et William Labussière dans la prison de Tran Ninh (actuel Xieng Khouang-Laos), par crainte d’un débarquement américain ou britannique en Cochinchine. Chargé du transfert, le commissaire Tastagnière se voit confier la composition de l’escorte et le voyage en chemin de fer.
Le 28 novembre, l’inspecteur de la Sûreté Bréat, adjoint de Tastagnière, vient prendre les détenus, avec les gendarmes Massac et Moustier, et les conduit en train jusqu’à Hué, où ils sont pris en charge par l’inspecteur Vanderbrouck, venu d’Hanoï, qui ignore tout du complot.
Suite aux bombardements alliés, la voie est endommagée, et les voyageurs doivent effectuer plusieurs transbordements avant Vinh, où ils arrivent le 30 novembre, en fin de matinée. Là, reçus par un inspecteur de la garde indochinoise, ils apprennent que des pluies torrentielles ont ravagé la route et que 17 ponts ont été détruits. L’ingénieur des travaux publics chargé des réparations appartient à l’équipe Mingant-Lan et fait son possible pour empêcher l’arrivée des prisonniers à leur prison. Logés par le résident dans un hôtel de Cua Lo, une station balnéaire à une vingtaine de kilomètres de Vinh, ceux-ci commencent à s’impatienter et écrivent aux instigateurs du projet d’évasion.

Quand il apprend leur situation, qu’il croyait réglée depuis longtemps, André LAN se rend avec deux amis, Dassier et Tisserand, en auto à Vinh où il organise la fuite des prisonniers. Profitant du sommeil de l’inspecteur Vanderbrouck, Labussière et ROBERT embarquent avec les gendarmes à bord de la 11 Citroën de Dassier, Boulle et Tisserand dans le cabriolet de LAN.

Après le passage de plusieurs bacs, sous le contrôle de postes de la Garde indochinoise, qui se contentent de relever les numéros des plaques d’immatriculation (faux), les deux véhicules parviennent vers huit heures du matin à Hanoï, où les fugitifs sont cachés, avant que l’alerte ne soit donnée. Pendant ce temps, les deux gendarmes de l’escorte se présentent à l’état-major pour rendre compte de l’évasion des « prisonniers gaullistes ». Félicités par le lieutenant-colonel Cavalin, ils ne se voient pas moins infliger une peine de soixante jours d’arrêt, « pour la vraisemblance ».
Le 4 décembre, Labussière et ROBERT parviennent à échapper de justesse à six inspecteurs de la Sûreté, qui avaient trouvé la maison où ils étaient cachés, et trouvent refuge dans les locaux du BSM, auprès du capitaine Levain. Ils apprendront plus tard qu’en fait, ces inspecteurs avaient été envoyés, à la suite d’une dénonciation, par le chef de la Sûreté, Arnoux, qui se proposait de les faire passer lui-même en Chine pour donner des gages de résistance.

L’arrivée clandestine du commandant de Langlade, délégué pour l’Extrême-Orient du Gouvernement Provisoire de la République Française,GPRF permet de débloquer la situation. Apprenant sa présence au BSM, Mingant l’informe de la présence de Pierre Boulle, qui avait été son adjoint en Malaisie en 1940-1941, et des autres fugitifs à Hanoï.
Pierre Boulle quitte Hanoï pour le Laos à bord d’un avion ambulance. Puis un avion anglais le dirige le 8 décembre vers Kunming, d’où il rejoint Calcutta, siège du quartier général de la France Libre.

   Le retour en Europe

Quant à ses compagnons, conduits sur le terrain de Xieng Khouang,(aéroport de Phonsavan au Laos)  ils s’envolent le 13 décembre à bord d’un avion Douglas C-47 Skytrain, surnomé "Dakota", et atterrissent à Yunnan Fou (aujhourd'hui Kumming, Capitale du Yunnan en Chine) . Le lendemain, ils repartent eux aussi vers Calcutta.
Labussière est affecté à la mission française en Chine.

De son côté, ROBERT quitte l’Inde le 5 janvier 1945 pour Londres puis, de là, Paris, où il arrive le 21 janvier.

Il rentre revoir sa famille dans la Nièvre qu'il avait quitté en février 1941. En décembre 1945, alors que la France se remet difficilement de ces années de guerre, Mme ROBERT, née Audiat décède lors de l'accouchement de 2 jumelles.

Il devient membre de l’Assemblée consultative comme représentant de la résistance en Indochine.

En 1946, il est nommé Trésorier Payeur en Guyane puis il est muté aux Etablissements des Indes en 1948 puis au Niger et au Mali.

   Le retour à Séné :

Le 28 juin 1952 il s'est remarié à Paris XVIII°, avec Roberte Yvette GOUBERT GAEBELE. Il revient en France en 1960 après l'indépendance des  Colonies et il fait valoir ses droits à la retraite. 

1962 Mousterian famille ROBERT

Au recencement de 1962, il apparait avec son épouse, son fils Jean Louis, (sa fille Françoise ést étudiante à Rennes) et des proches. La famille occupe alors la masion familiale à l'entrée du village de Moustérian.

2001 Robert épouse

Pour ces 90 ans, un article lui est consacré dans le bulletin munipal. Il décède à Vannes le 14 juin 2003. Il est inhumé à Séné. Eugène ROBERT était Officier de la Légion d'Honneur.