logo

Notre commune de Séné est une presqu'île coudée qui s'étend de l'embouchure du Liziec jusqu'à Port-Anna, soit sur près de 10 km et il en faut compter environ autant pour relier Port-Anna à la mairie de Vannes (sans prendre le Petit Passeur). Bordée d'un côté par la rivière de Saint Léonard et de l'autre par la rivière de Vannes, forcément les moyens de transport ont été de tout temps une préoccupation d'autant plus importante que les besoins augmentaient. Le bac du passeur au Passage amenait les paysans de la presqu'île de Rhuys vers le marché de Vannes; les charrettes des Sinagots allaient vendre leur choux et leur poissons sur Vannes et empruntaient le Pont d'Argent; la barque du passeur à Conleau offrait un raccourcit vers la ville. Se mouvoir était avant tout une nécessité économique.

Après guerre, le véhicule automobile s'est développé d'abord avec des camions et pour livrer les productions agricoles d'une agriculture moins vivrière et pour les produits de la pêche ou de l'ostréiculture. On les appellaient voituriers puis vint le temps des premiers chauffeurs employés dans les entreprises de transport routier installées à la Grenouillère et au Poulfanc.

Séné a failli avoir sa gare:

Gagner la gare de Vannes hier comme aujourd'hui était important d'autant que peu de Sinagots disposait d'une voiture automobile. A Vannes, ils disposait de la gare routière et des lignes ferrovières principale et secondaire. Cette dernière franchisait le Liziec à Saint-Léonard sans marquer pour autant un arrêt et filait vers Theix et Arzon. Ce réseau sera démantelé en 1948.

Vannes Train second

Premiers taxi de Vannes : des cochers et leur fiacres.

Les premiers autocars :

Au nord de la commune, la route Royale, puis Route Nationale , aujourd'hui route de Nantes a toujours été un axe très fréquenté, propice à l'installations sous l'Ancien Régime, d'un relai de poste à la Ville-en-Bois (l'actuel Suroit), où cochers et charretiers pouvaient se restaurer à l'auberge et réparer à la forge voisine leur voitures hippomobiles et leurs charrettes.

On a un témoignage de la présence de ligne d'autocar dans l'entre-deux-guerres, qui amenaient vers Vannes les Sinagots de la presqu'île, alors l'essentiel de la population de Séné. En 1924, alors que sa fiancée Désirée ROLAND regagne Vannes en empruntant le passeur,  Joseph ALLANIOUX emprunte l'autocar qui dessert la presqu'île le dimanche en fin d'après midi et rejoint sa future victime non loin de la Préfecture...[rechercher d'autres faits]

Drouin ligne Autocar

Après guerre, avec l'essor des autocars, et jusqu'au années 1970, l'entreprise de transport DROUIN reliait Vannes à Nantes par la route de Nantes et devait charger des Sinagots à quelque endroit de la Grenouillère ou du Poulfanc. Les transports DROUIN continueront à proposer des lignes régulières vers Nantes et les premières offres de tourisme par autocar.

La CTM, Compagnie des transports du Morbihan, héritière de la Compagnie de Chemin de Fer secondaire du Morbihan, va prendre la relève et organise le transport par autocar dans le département à partir de années 1965. 

1969 CTM buro

1990 01 Verney tourisme

Dans les années 1980 et 1990, les transporteurs VERNEY et LOISEL s'annonçaient sur le bulletin municipal de Séné pour séduire les Siangots désireux de faire une excursion ou un voyage touristique, parfois organisé par le Club Vermeil ou d'autres associations.

Tourisme LOISEL

Aujourd'hui encore, l'autocar n'a pas dit son dernier mot et des entreprises du Morbihan, RICHOU ou JOUANNEAU continuent de proposer des voayges en autocar.

Les premiers bus desservant Séné: (source wikipedia)

En 1960, le conseil municipal de Vannes décide d'autoriser un service de transport en commun comportant au moins deux lignes. C'est à la CTM qu'est attribuée l'exploitation des premières lignes du TPV qui arborent un logo fait de jaune et le rouge, couleurs hérités respectivement de la CTM et du groupe VERNEY, qui depuis 1968, a racheté la Compagnie de Transport Morbihannaise. Le 25 avril 1978, le réseau est restructuré et comporte alors six lignes.

1991 09 Vannes BUS CBM

(Source : car-histo-bus.org)

1987 01 SIVOM bus SENE

En 1985, les transports urbains sont de la compétence du SIVOM du Pays de Vannes, le réseau est étendu à Saint-Avé, puis en avril 1987 jusqu'à Séné. Le bus relie la Place de la République à Vannes au centre commercial de Séné et propose deux ramifications vers Montsarrac et Port-Anna.

1987 05 TPV Sene lignes

TPV Bus Conleau

En 1988 les bus arborent les couleurs du Pays de Vannes : le vert et le bleu. La délégattion de service public est toujours assurée par le groupe VERNEY et la CTM. La TPV fait sa pub dans le bulletin munipal de Séné.

1997 04 Vernay TPV CTM

En 2002 le groupe VERNEY, qui gère le transport départemental en autocar, le transport urbain à Vannes (nouveau logo TPV) et les cars de tourisme VERNEY est repris par la CONNEX qui changemera de nom pour VEOLIA Transport, puis encore pour TRANSDEV.

Logo Connex Veolia

Logo TPV KICEO

En septembre 2012, le réseau TPV change de nom en et devient KICEO et depuis janvier 2017, pour une durée de 7 ans, la délégation de service public est assurée par une filiale de la RATP, RATP-DEV.

logo ratp dev

2019 07 Bus Poulfanc

On élargit l'offre de transport pour tous :

Par ailleurs ces dernières années, les trottoirs de Séné et les arrêts de bus se sont mis aux normes pour accueillir plus facilement les personnes à mobilité réduite.

VTC Mobiceo

Celles-ci peuvent utiliser les nombreux VTC enregistrés sur Vannes et sa périphérie, ou le service dédié sur Kiceo.

On ressuscite les passeurs:

Maintes fois réclamée, en septembre 2018, une ligne relie le bourg de Séné vers la zone d'activité du Poulfanc. L'initiative de Vannes Agglo est reconduite en 2019.

 le petit passeur permet de rallier saint armel depuis la 3031891

Depuis le 29 juin 1998, une ligne de passeur existe au Passage entre Séné et Saint-Armel. A l'été 2018, un service similaire a été rescuscité par l' Agglomération de Vannes comme au temps jadis des passeurs et passeuses de Conleau. [Lire article passeur].

Une compagnie de navigation à Séné :

Au début des années 1990, un ancien pêcheur M.Jean Claude LE DIDROUX avec son associé Patrick GILLARD se lancent dans le transport de voyageurs en Barrarach et l'Île d'Arz. 1991 08 bateau didroux

"Didroux est originaire de la presqu’île de Rhuys, marié à une fille de Séné, Ghyslaine Grégam  d’où le nom de  son bateau .. Marin pêcheur dans un premier temps , il a transformé son bateau de pêche en vedette à passagers pour desservir Île d’Arz  Un autre Sinagot ´ Patrick Gillard est devenu son associé avec un bateau à peu près identique" se souvient Jean RICHARD. En aout 1998, M. LE DODROUX vend ses part à Olivier LE BRIS et la société de trnasport adopte le nom de "Le Passeur de l'Île d'Arz" qui deviendra le Passeurs des Îles et sera reprise ensuite par la NAVIX.

LePasseurDesIles Bateau Golfe Morbihan 600

Construit en 1971 au chantier Rameau à Etel, ce bateau se nommait à l’origine «Le Ghysolva ».
Durant 25 ans, il transporte durant des passagers de Conleau à l’île d’Arz. Premier bateau de la compagnie, il assure la traversée entre l'ïle aux Moines au départ d'Arzon. Il embarque 40 passagers. Dimensions : long.9,30m - larg. 3,70m

25 Compagnon des Iles

Le Compagnons des Îles à Port-Blanc-Île aux Moines

Les Sinagots adoptent l'automobile :

Certainement que les premiers Sinagots motorisés le furent pour des raisons professionnelles. Vers 1920 M. MOUELLIC, négociant en cidre; En 1936, M LE RAY et M LE GAL livraient leurs choux. ; 

1936 Le ray Le Gal camion

Mais à quand remonte le premier véhicule de tourisme à Séné? On n'a trace d'un accident impliquant la famille BRENNANS en 1921 qui habitait le château de Bot-Spernen.

1920 brennan automobile

Plus près de nous, à partir des années 1980, les auto-écoles vont contribuer à populariser l'automobile.

1990 01 Maryse auto ecole

 En janvier 1987, MARYSE ouvre son auto-école au centre commercial Les Lilas.

1992 06 France Conduite

L'auto-école sera reprise successivement par Claude CARROY, FRANCE CONDUITE 56, puis Christophe HUBERT vers 2000 crée AB Conduite. Puis en 2005 Michel BURBAN. Depuis 2010, Daniel GARNIER y a implanté un bureau de sa société CER. De 2015 à 2018, l'auto-ecole HAMON est installé au n°2 de la Route de Nantes mais cette auto-école préfèrera se recentrer sur sa base à Muzillac.

2015 01 Hamon Auto Ecole

CER conduite

La vie moderne va créer de nouveaux besoins auxquels les lignes de bus urbain, les taxi et plus tard les vélos vont répondre.

Les premiers taxis de Séné:

Pour être taxi sur une commune, il faut disposer d'une "autorisation de stationner" délivrée par la commune. L'utilisation du domaine public à des fins commerciales est toujours soumis à une rétribution, jadis au Roy, aujourd'hui à l'administration fiscale. Notre commune à ce jour a attribué 5 autorisations ou licences de taxi.

Bien sûr, les taxis de Vannes faisaient des courses sur Séné, profitant de l'absence de taxis sinagots. Il semble que le 1er taxi installé à Séné remonte à avril 1998.

1998 04 Taxi Sinagot Roussin

Yannick ROUSSIN, installé au 23 Route de Nantes, dans la maison qui loge aujourd'hui la Croix-Rouge, se lance dans le métier de taxi an avril 1998 et fait paraître cette annonce dans le bulletin municipal. Le quartier n'est pas aussi populeux qu'aujourd'hui. Le marché pas encore mûr. L'entreprise change d'adresse légale pour le 18 rue de l'Île Crézic. En 2000, le TAXI ROUSSIN abandonne et Séné et s'installe en Arradon puis à Plescop où il gère les taxis ALTY.

2000 Taxi Roussin

La licence reste vacante pendant quelques années et la commune la ré-attribue vers mars 2002 à Jean Claude BASILEDAUBER, installé à Moustérian, qui crée le TAXI SINAGOT

2003 Taxi Basile Dauber

Entre-temps, une deuxième licence est délivrée à Séné à un certain M. JOSETTE [éclairicir] mais lui aussi est contraint à cesser son activité de taxi. La licence est ré-attribuée en avril 1985 à M. Hervé DUBOT qui l'exploitera jusqu'en 2004. Il la cède à M. BASILEDAUBER qui détient alors 2 licences à Séné.

1990 06 Taxi Dubot

M. BASILEBAUDER cesse le métier de taxi en mai 2009 et vend l'une de ses licences à Francis CHELIN qui repernd le TAXI SINAGOT. Il loue également la deuxième licence de BASILEDAUBER. Francis CHELIN arrête le métier de taxi et la première licence est vendue en décembre 2018 à Mme Karen DAVAUD qui était taxi sur Elven depuis novembre 2013.La nouvelle entreprise se nomme KAREN TAXI.

2019 10 Karen taxi

Taxi presquile

L'autre licence est revendue à la même époque par son détenteur (BASILEDAUBER) à Mmes Evelyne THOMAS et Delphine DERIEUX, associées au sein des TAXIS DE LA PRESQU'ILE.

 Mais la ville de Séné a attribué d'autres licences de taxi sur la commune. Jusqu'à présent 5 licences.

2005 Taxi Haye

Ue licence échoie à Pierre HAYE qui crée sa compagnie de taxi éponyme. M HAYE dispose d'autres licences notament sur Vannes et Theix. Vers 2015, il cède sa licence de Séné à Erwann LE MAGUER qui est également taxi sur Colpo.

2015 Le Maguer taxi

Logo

Le retour de l'auto-stop ?

logo bleu

En mai 2017, la municipalité promeut une nouvelle manière de faire de l'auto-stop sur Séné. Sur plusieurs lieux sur la commune, elle affiche un logo "Séné-Pouce" pour inviter les piétons à faire de l'auto-stop en toute sécurité. Si un automobiliste sinagot, enregistré sur Séné Pouce passe par là au moment opportun, il s'arrêtera pour charger le piéton en attente d'un véhicule. A mi-chemin entre du vrai auto-stop et le système blablacar, cette intiative n'a pas eu le succès espéré.

Le transport des malades:

Mais l'autorisation de stationner ou licence de taxi concerne également un autre type de transport, le transport médicalisé assis opéré par les ambulances en complément de leur activité de transport des malades couchés. Comme certains taxis trasporte une clientèle dea patients pour des courses "médicales".

1984 04 Ambulance Fichepoil

La première entreprise à s'être installée à Séné, fut la société d'ambulances SANITAS créés par Maurice FICHEPOIL [27/1/1934 Louvigné Le Désert - 8/4/2004 Séné]., en décembre 1966 au 7 rue du Verger comme nous l'indique encore le site societe.com.  Elle changa de nom pour prendre celui de leur fondateur, puis celui d'AMBULANCES DY PAYS DE VANNES, comme nous l'indique cet encart publicitaire paru dans le bulletin municipal de Séné en janvier 1987.

1987 01 FICHEPOIL ambulances

 M. FICHEPOIL prendra sa retraite et Stéphane MEHEUST repris son entreprise, dont l'activité cessera en juin 1996.1995 04 MEHEUST ambulance

En octobre 1989, René BEGO, ancien ambulancier chez MARGELY et FICHEPOIL crée son entreprise les AMBULANCES DU GOLFE.

1989 Ambulances Golfe

La société, dont le siège est à Séné, mais qui stationne son parc de véhicules d'ambulances à Vannes, est gérée depuis 2016 par Corinne BEGO la fille du fondateur. Avec ses 2 licences, elle charge des patients qui se rendent à des rendez-vous médicaux, acitivté complémentaire au transport de malades couchés.

Séné a compté en décembre 2012, Place Floresti avec la présence d'une pompe funèbre pour l'organisation du "dernier voyage".

2000 12 Margely funebre

Et le vélo me direz-vous ?

1926 Poulfanc Marchand Cycle BOURIN

Le dénombrement de 1926 indique la présence du "marchand de cycles", Jules BOURIN, installé au Poulfanc. Parisien d'origine (24/9/1885, Paris XIV), il a épousé à Saint Gildas de Rhuys, Yvonne Kervagan le 9/11/1920. Dans l'entre deux guerres, le vélo était un moyen de transport accessible au plus grand nombre. Pendant la guerre, beaucoup de resistants et de résistantes utiliseront le vélo dans leur mission.

Aimé CAPPE, instituteur dans l'enseigne "libre" a été immortalisé sur son vélo dans une photographie qui fut reproduite en carte postale.

1964 Michelin sortie usine

Dans les années 1960, si les automobiles se popularisent, beaucoup d'ouvriers et d'employés utilisent encore leur vélo ou bien des cyclomoteurs moins chers qu'une voiture. Dans son film intitulé le Dernier Sinagot, Bernard Moisan nous montre la sortie de l'usine Michelin du Prat quand de nombreux employés enfourchent leur vélo ou leur cyclomoteurs. A cete époque, au bourg de Séné, en face la mairie, M. BALACON réparait les mobylettes et les vélos.

1962 BALACON garage mobylette

Avec les "Trente Glorieuses", le vélo sera remisé au grenier. Depuis les années 2000 il renait sur Séné, et comme ailleurs, d'abord comme un moyen pour partir en balade dans les sentiers de la commune. Au fur et à mesure que le réseau de pistes cyclables de la commune et de l'agglomération se densifie, le vélo renoue avec son utilité professionnelle d'autant qu'équipé d'une batterie électrique, il n'est plus le moyen de trnasport fatigant des années 1960.

Pour encourager son utilisation, bonne pour la santé et désengorger lea voirie des villes, la ville de Séné soutient l'association Velomotive lors de la première "Fête du Vélo" en juin 2008.

2008 06 Sene fete velo

Cette première fête de la "Petite Reine" fut un succès, car notre commune, avec son réseau de pistes cyclables (9 km) et de chemins (28 km), se prête très bien à la balade en famille à deux roues. Elle est désormais "instituée" dans le calendrier des manifestaitons sinagotes.

2012 04 Fete Velo

Pour le contribuable, il s'agit d'un effort certain pour favoriser le vélo chez les petits et les grands, comme en témoigne cet encart paru dans le bulletin municipal qui chiffre le coût de réalisation de la dernière piste cyclable de grande ampleur réalisée à Séné.

2013 06 Piste cycle

Malheureusement l'engoument pour les déplacements à vélo fut terni en octobre 2018, lorsqu'une jeune femme de 19 ans fut victime d'un accident mortel, avenue Cousteau.

2018 10 Velo mort

A date, Séné ne dispose pas de loueurs de vélo pour les touristes alors que la commune dispose d'un maillage important de sentiers pour la pratique du vélo tout terrain. Au Poulfanc depuis  20XX, CYCLE EXPERT s'est installé proposant des velos et des accessoires pour des cyclistes chevronnés.2020 Cycles Expert rue des Vosges

 Toujours au Poulfanc, l'AMISEP répare les vieux vélos dans un projet d'insertion professionnelle.

amisep velo

 

 

 

 

La vie des Sinagots à la fin du XIX° siècle

1886 Almanach 100 mille

Le dénombrement de 1886 semble incomplet et sa lecture est difficile. Nous disposons cependant de l'Annuaire du Morbihan de la même année et du dénombrement de la population de Séné en 1891. Ce recensement nous donne le nom des Sinagots et Sinagotes, de leur enfants et apparentés qui vivent sous un même toit. Ces listes nominatives, indiquent également le village de résidence et la profession du chef de famille. Un comptage manuel (avec un peu d'imprécition sur la méthode) et les professionnels indiqués dans l'annuaire nous permettent de dresser un panarama de la vie à Séné à la fin du XIX° siècle qui compte alors 2918 hab.

15-20 % de la population aux champs :

On ne s'étonnera pas de compter à Séné 124 familles déclarant l'activité de cultivateurs, qu'ils soient cultivateurs fermiers (61), qui loue la terre qu'il cultive, cultivateur propriétaires de la terre qu'il cultive (28) ou simples cultivateurs (24) sans que l'on sache le statut du foncier qu'ils cultivent. Quand l'homme est décédé, la femme devient le chef de famille et on recense 2 cultivateurs fermières et 9 cultivatrices. Cet ensemble d'exploitants agricoles emploie 10 bergers et 14 bergères, souvent des enfants d'autres familles de Séné ou de l'assistance, au travail dès l'adolescence. Autour de ces activités agricoles gravitent un botteleur (bottes de paille), 2 taupiers et un jardinier employé chez une grande famille et 1 sellier pour les chevaux de traits présents sur Séné pour les travaux des champs et quelques uns de courses [lire histoire de l'hippodrome].  L'annuaire site également un vendeur d'engrais et de légumes, Paul Robin, au Poulfanc. Les plus aisés des cultivateurs emploient également des domestiques. On peut supposer, qu'en fonction des travaux des champs, les nombreux journaliers et journalières (environ 70 familles), louent leur services aux cultivateurs comme la forge Tréhondart qui loue sa machine à battre.

Séné, bourg et villages tournées ver la mer :

L'autre activité primaire à Séné est l'extraction de sel. On dénombre 39 chefs de famille paludiers et 8 veuves paludières ainsi que plusieurs marchands de sel. L'activité salicole donne sa raison d'être à la présence de 32 "familles" de douaniers parmi lesquels, 1 receveur, 1 lieutenant, 1 brigadier, 1 sous-brigadier, 1 commis et 12 préposés et 15 autres douaniers (sans plus de précision), logés principalement à la caserne des Quatres-Vents et aussi au poste de Langles. L'annuaire ajoute la présence d'un patachier, agent des douanes sur une embarcation chargé de surveiller la fraude.

Deux gardes maritimes figurent au recensement, sans que l'on sache s'il s'agit de gardiens de concessions ostréicoles. Ils gravitent autour de près de 200 familles de pêcheurs (177) et pêcheuses (veuve de pêcheurs, 19), sans que l'on sache si certains sont spécialisés dans l'ostréiculture. L'annuaire cite M. Juteau, mareyeur.

La fin du XIX°siècle à Séné correspond à l'âge d'or de la marine. Le port de Montsarrac est encore actif et la mer attire un grand nombre de Sinagots. On compte 77 chefs de famille déclarant être marins, et 17 maîtres de cabotage. L'annuaire préfère parler d'armateurs et en cite 20.  Le dénombrement comme l'annuaire cite 1 batelier et 1 batelière, les premiers passeur et passeuse entre Barrarach et Conleau [lire l'Histoire des passeurs]. Au total, près de 100 familles sont dans la marine marchande.

La mer au sens large, la pêche et la voilerie (lingère), la marine de commerce (marin, maitre de cabotage), et les marais salants (paludiers et douaniers), font vivre plus de la moitié des familles sinagotes.

On ne s'étonnera pas de trouver un charpentier de marine ou constructeur de canot selon l'annuaire, M. Martin [lire son portrait] qui construit les sinagos des pêcheurs.

Des artisans et commerçants organisés autour de ces activités agricole et maritime : 

L'artisanat est bien présent à Séné avec 2 menuisiers, 2 charpentiers, 4 charrons qui travaillent à la forge de Tréhondart au Poulfanc ou chez le marécahl ferrant Seveno au bourg. Ils cerclent les charrettes de fer aux côtés de 7 forgerons qui préparent le métal tant pour les charrettes, que les outils agricoles ou les ancres marines.

Que cela soit pour le sel, les denrées agricoles (Lire histoire de la culture du choux) 4 charretiers et 1 commissionnaire (synonyme de voituriers au nombre de 2 sur l'annuaire) s'adonnent au transport de marchandises et de personnes. 2 cantonniers résident à Séné pour entretien chemins vicinaux et routes principales.

La construction donne un emploi à 27 chefs de famille, dont 7 couvreurs, 16 maçons, parmi lesquesl J. Dano. 1 tailleur de pierre, et un entrepreneur (ferrailleur). L'annuaire de 1886 cite Olivier LE ROY comme briquetier. Activités de construction à laquelle charpentiers et menuisiers contribuent certainement.

Pour nourrir cette population, Séné compte un meunier, M. Gachet qui deviendra maire, 8 boulangers [lire histoire des boulangers], 2 bouchers [lire histoire des bouchers], 1 épicier et 1 épicière, 1 revendeuse (?).

On dénombre également 1 marchand, 2 cordonniers, 1 tisserand. L'annuaire ajoute 2 merceries. Viennent ensuite 4 repasseuses et une blanchisseuse sans doute au service des grandes familles de Séné (propriétaires, maître de cabotage, rentiers, fonctionnaire des douanes) qui font appel à leur service alors que le reste de la populatin utilise puits et fontaines pour laver son linge.

D'autres métiers sont simplement féminins, comme les ménagères (24).  "Ménagère" semble en 1891 ne plus définir l'épouse au foyer. Que revait-il exactement?

On compte 34 lingères, sans doute une autre appellation qui sera remplacé par le mot de "couturière", femmes spécialisées dans la confection des voiles de bateaux de pêche.  L'annuaire ajoute 3 vendeurs de tissus.

Les différents villages et le bourg de Séné comptent au total 32 débits de boissons, (37 cabaretiers selon l'annuaire) majoritairement tenus par des débitantes (19), l'activité étant adaptée à des veuves avec des enfants à charges. L'annuaire cite la présence des aubergistes Tastard à la Ville en Bois au Poulfanc [lire histoire des restaurants à Séné ].

En cette fin de XIX siècle, Séné loge 3 institutrices (religieuses), 2 pensionnaires dans le 1er internat bien que l'enseignement public emploie également des instituteurs chez les garçons mais qui ne demeurent pas à Séné. [lire Histoire des Ecoles]

Mme Le Douarin est la sage-femme auprès des femmes de Séné épaulée également par les religieuses qui sont également infirmières, notamment Paterne KERGAL qui en 1894 luttera contre le choléra [lire page dédiée]. Les emploies "catholiques" regroupent 2 religieuses, 2 sacristains et 2 prêtres. Georges Le Buon est recteur épaulé par deux vicaires (Séveno et Olério).

Toutes ces activités, quand elles sont le fait de foyers aisés, font appel à de nombreux domestiques, souvent des adolescents placés, quelques manoeuvres et près de 70 familles déclarent le métier de "journalier ou journalière". Au total, entre enfants domestiques et journaliers, près de 120 foyers fiscaux, dirait-on aujourd'hui ont un emploi qui parait de nos jours assez précaire.

Une trentaine de personnes déclarent une absence d'activité économique que cela soit le fait de 7 propriétaires, dont un emploie 1 garde particulier,  de 20 retraités, de 3 rentiers, du maire François Surzur, de l'ancien boulanger Le Douarin, d'un certain Digabel et de 4 rentières, Mme Bourbasquet, Mme Guennec, Mme De Limur et Mme Noblet. 13 autres personnes ne déclarent pas de profession.

Ainsi vivaient les Sinagots en cette fin du XIX°siècle.

 

           

 

Le hasard d'une recherche; on tombe sur un article...de l'Abbé LE ROCH...une nécrologie d'une femme de Séné...elle était pompiste! Le charme de la plume de l'abbé émeut l'historien local... On a envie de parler de Pascaline LE DOUARIN, née LE RAY et des pompistes de Séné.

PASCALINE NOUS A QUITTE. (Article paru dans le numéro de janvier 1978 du Bulletin paroissial "LE SINAGOT")

"PASCALINE EST MORTE!" Cette incroyable nouvelle a fait le tour du pays en quelques heures. Mme Pascaline LE DOUARIN [mariée le 711/1922 à François Marie LE DOUARIN (1883-1935)], 79 ans [née Pascaline Marie LE RAY à Séné le 2/4/1898], incarnait, à elle seule, toutes les vertus des Sinagots : franc-parler, mais aussi joie de vivre et amour passionnée de son cher pays de Séné, amour qu'elle avait su inculquer à son gendre, M. Alphonse LE DERF [1922-1967], ancien maire de Séné. [Lire histoires des maires de Séné]. Sa vie, pourtant, fut traversée par de grandes épreuves: la mort de son époux relativement jeune (52 ans en 1935) la laissa seule à la tête d'une exploitation agricole. La mort brutale de son gendre (Alphonse LE DERF âgé de 45 ans) qu'elle aimait comme son fils, la déchira, mais ne l'abattit pas, car sa fille unique (Madeleine LE DOUARIN) et ses trois petits-enfants étaient là et il fallait les aider à vivre.1962 Bourg Pascaline LE RAY

Composition de la famille Le Derf au dénombrement de 1962

DOYENNE du CLUB VERMEIL de Séné qui vient de se fonder, elle était la plus jeune par le caractère : elle semblait en être l'âme!..lors des réunions des anciens, au cours de leur repas annuel à la salle des Fêtes, elle était du groupe des infatigables chanteurs de Séné (...pour vous rendre compte,...feuilletez les Bulletins Paroissiaux des dernières années relatants ces repas)...Elle était présente également à toutes les kermesses de Séné et Courses de Cano : elle y venait pour rencontrer par-dessus tout ses amis, les Sinagots.

Jean Richard se souvient :"J’ai très bien connu Pascaline, la belle-mère d’Alphonse Le Derf, maire de Séné. Elle tenait une station d’essence à la sortie du bourg, direction port de Vannes. C'était une fidèle supportrice de l'équipe de foot. Elle faisait tous les déplacements de l’ USS. C’était la seule station de Séné hormis le Poulfanc, route de Nantes."

1940 Devant l epicerie a Sene

Son petit-fils Christian LE DERF se souvient : ma grand-mère a tenu l'épicerie du bourg à juste avant-guerre,[ancienne épicerie Janvier, photo ci-dessus de 1940] à côté du bar-tabac. Elle y fit installer la première pompe à essence au bourg. Lorsqu'elle a arrêté d'être épicière, la pompe fut installée devant chez elle, rue de Bel-Air.[photo ci-dessous].

1958 Devant l epicerie a Sene

Pascaline 4 rue Bel Air

Pascaline LE DOUARIN vivait chez sa fille et son gendre qui lui avait aménagé le sol de leur maison, rue de Bel-Air

1977 LE RAY Pascaline FOTO

Les clients de la pompe à essence aimaient à deviser avec elle. Sa curiosité, son extraordinaire mémoire lui permettait de savoir et de retenir les nouvelles. Elle apportait cette chaleur humaine qui manque tant à de nombreux commerçants d'aujourd'hui. Les petits enfants, eux aussi, l'aimaient : Quelquefois, ne pouvant prononcer son nom ils l'appelaient "Caline !", avec une tendre affection.

Devant cette sympathie et cette amitié qu'elle savait communiquer à tous, comment s'étonner dès lors que l'église de Séné, en ce jour du 24 décembre [elle décéda le 23/12/1977], à ses obsèques, ait elle aussi, "fait le plein"?...Toutes nos condoléances à la famille de PASCALINE ! ...

Joseph LE ROCH, recteur de Séné.

Lire l'histoire des garagistes de Séné.