logo

L’histoire des écoles de Séné est indissociable des différentes lois sur l’enseignement qui nous serviront de fil directeur. La principale source sera la série T des archives départementales, complétée par les dénombrements de la population de Séné de 1841 à 1962. Les vieilles cartes postales, les vieux cadastres, des articles de presse ancienne et la mémoire de nos anciens complèteront les sources de cet article. Le livret sur l'histoire de l'école Sainte-Anne et le livre de Yannick_ROME ont été également des sources précieuses. Le service des archives des Filles du Saint-Esprit (FSE) à Saint-Brieuc et celui des Frères de Ploërmel ont été également consultés.

L'histoire des écoles à Séné est présentée en 4 volets :

Le temps des premiers instituteurs : 1800-1888

La guerre scolaire à Séné : 1888-1914

Les écoles de Séné dans l'entre-deux guerres : 1918-1939

Les écoles de Séné depuis la Libération : 1945 à aujourd'hui.


Pour une meilleure compréhension, le lecteur est invité à lire préalablement les articles sur la salle des fêtes et la mairie.


La première loi sur l’enseignement voit le jour pendant la période révolutionnaire.
La loi Dauniou adoptée par la Convention le 3 brumaire de l’An IV (25/10/1795) institut une école par canton avec une section de garçon et une section de fille. La rétribution scolaire des familles permet de payer les instituteurs, l’école est payante. Cette même loi est à l’origine des premières Grandes Ecoles dont l’Ecole Polytechnique.

Les familles privilégiées de Séné doivent amener leurs enfants dans les écoles de Vannes. On peut penser à des enfants de maître de cabotage, de chatelains ou de riches propriétaires fonciers.

L'installation des premières écoles :

1825 Morbihan ecoles

En 1825, lors du recencement des écoles du département de Morbihan, Séné ne dispose pas d'école. Le Morbihan compte alors 427.000 hab pour plus de 250 communes. Cette liste d'écoles, au total de 24, représente un ensemble de 96.788 hab soit environ 23% de la ppopulation. 1 enfant sur 4 a accès à une école en 1825, sous le règne de Charles X.

1828 Sene Enquete Ecole 1

En 1828, l'administration établit le recensement des écoles dans les communes du Morbihan. L'adjoint du maire, Coléno, inscrit sur la fiche qu'il n'y a pas d'école à Séné mais que 7 élèves sont scolarisés dont 5 au Collège Royal de Vannes.

La loi Guizot du 28 juin 1833, nous sommes sous la Monarchie de Juillet, établit une instruction pour les garçons (étendue aux filles par la loi du 23/6/1836). L’école n’est ni gratuite, ni obligatoire et s’organise sur deux niveaux de compétences. Les communes de plus de 300 habitants doivent se doter d’une école primaire (pour garçons) et d’un instituteur, qu’elle soit publique ou bien privée (confessionnelle). Les parents d'élèves doivent payer une retribution aux instituteurs.

1835 Anne DANET institutrice

7 juillet 1835 Anne DANET "native de cette commune"ouvre la première école de filles au bourg de Séné. Elle est titulaire d'un brevet de capacité. Elle est répertoriée par l'enquête départementale de 1836-37. Ce document montre les matières enseignées par les premiers instituteurs : 

Instruction de la jeunesse - morale en action - bible de Sacy - grammaire de Lhormont et cathéchisme.

Morale en action; syllabique; histoire sainte; cantiques et cathéchisme
Devoirs du chrétien; syllabique et cathéchisme.

Syllabaire; histoire sainte cantiques devoir du chrétien; géographie de Gautier; grammaire de Chapsel, cathéchisme.

Devoir du chrétien, instruction de la jeunesse; syllabaire et cathéchisme.

Civilité chrétienne, ....., syllabaire et cathéchisme.

1835 Louise DANET

Où était située l'école de Mlle Anne DANET?

1822 Maison leg Paroisse

Dans son testament olographe en date du 18 septembre 1817, Pierre COLENO [Billiers 16/5/1755 - Séné 15/02/1822] recteur de Séné depuis 1789, léguait à la Fabrique de Séné, c'est à dire à l'instance qui gère les biens de la paroisse, des terrains au bourg, à Moustérian, à Cantizac et une maison située au bourg.

1822 leg instit

Il ajoute une clause :"le marguilliers conjointement avec M. Le Recteur auront soin de pourvoir cette maison d'une personne sage, fille non engagée avec un mari, pour instruire des enfants, leur apprendre à lire, leurs prières et le catéchisme jusqu'à la première communion, les rentes des dépendances seront pour aider à la nourriture et à l'entretien de l'institutrice saine et malade, celle qui y sera à ma mort, sera celle que j'aurai choisie pour cette fin.

Le recteur COLENO lègue également un appartement pour y loger conjointement sa servante Marguerite Le Calonnec et l'institutrice choisie. Enfin, le fruit de l'hyopthèque d'une terrain est réservé pour payer une bourse à un enfant de Séné qui devrait aller au collège étudier. Le 12 mars 1823, le Roi par la main de son ministre autorise la mairie et la fabrique à hériter des biens du recteur COLENO. 

Le recteur COLENO  décéda en 1822. Combien de temps dura la succession ? Une institutrice a-t-elle précédé Mlle DANET avant son arrivée en 1835?

Quant à la maison léguée par le recteur, tout porte à penser qu'elle était située - comme nous le verrons plus tard - à l'emplacement actuel de l'Ecomusée. [Consulter les archives du notaire Hervieu de Vannes qui rédigea l'acte]

Qui était Anne DANET ?

On comprend qu'elle était native de Séné. On sait qu'elle prit ces fonctions (officielles) après son bvrevet de capacité le 7 juillet 1835. La consultation des actes de naissance depuis la Révolution, ne laisse apparaitre d'une seule Marie Anne DANET, née le 27 décembbre 1816 au sein d'une famille de pêcheurs à Langle. En 1935 elle a 19 ans.

 

Le 1er mars 1836, la maire Vincent ROZO, boulanger à Cariel, écrit au Prefet :"Un grand nombre d'habitants de ma commune ayant manifesté le désir d'avoir un mâitre d'école, j'ai l'honneur de vous adresser ci-joint un estimatif des dépenses à faire pour construire un local convenable.". Le 8 septembre 1842, un premier devis et un plan sont établis. Le 1er février 1843, le projet recueille l'avis favorable du Préfet. Une demande de subvention est adressée pour 2900 frs qui s'ajouteront aux 3100 Frs apportés par la commune. Le 10 novembre 1843 un devis complémentaire est établi et le 7 juillet 1844 le cahier des charges est constitué.

1844 Ecole bourg travaux

Le 13 octobre 1844, Pierre LE DOUARIN, le nouveau maire, atteste que les travaux sont en cours. 

Cependant, bien avant la livraison de l'école, des instituteurs sont en poste à Séné comme l'attestent plusieurs de leurs correspondances avec leur inspecteur.

1837 Le Corre Evaluation

Lors de l'enquete de 1838, l'agent administratif indique à propos d'un certain LE CORRE qui office comme instituteur à Séné : "M Lecorre n'est point encore breveté mais il se présentera aux examens de mars - les besoins de la commune avec... la tolerance de son école qui rend de grands services en attendant que la maison d'école soit construite auquel l'instituteur sera régularisé sa position". Dans un courrier adressé à l'inspecteur, il explique qu'il ne se présentera pas à l'examen.

Le 13 octobre 1843, l'instituteur SEVENOL souhaite régulariser sa toute récente nomination à Séné avec le certificat de moralité de son précédent poste à Pontrieux et son brevet de capacité.

Où se faisait la classe des garçons avant l'inauguration de l'école du bourg?

Celle-ci est sans doute opérationnelle fin 1844, hiver 1845. Elle abrite à l'étage un petit appartement pour l'instituteur et la toute première mairie de Séné !

1843 SENE Ecole etages

1843 Sene Ecole facade

Cette vue aérienne extraite d'une carte postale Cim, en donne l'aspect extérieur telle que le batiment existait dans les années 1950 avant la construction de la salle des fêtes.

Sene ecole REPERE

 

1847 Enen Mixte Guillanton

Le 2 février 1847, l'instituteur GUILLANTON et le maire DOUARIN signent l'inventaire des matériels de l'école communale mixte. Il se compose de 10 tables, 3 bans, 4 tableaux noirs et 1 tableau de lecture, 1 crucifix, 3 petites croix, 2 grandes croix, 1 pôele, 1 registre d'élèves, 1 registre de compositions, 1 boite de crayon blanc, 1 décamètre et 1 chevalet.

En mars 1847, l'instituteur GUILLANTON écrit à son inspecteur pour se plaindre des insultes du maire de Séné, Pierre Le Douarin [1844-1848] à son égard et de ses intrusions dans sa classe :

Séné le 30 mai 1847
Monsieur l'Inspecteur
J'ai l'honneur de vous prier, dans l'intérêt de l'Institution et surtout de la considération dont doit jouir
l'instituteur, d'inviter M. Le Maire à cesser de m'insulter en classe et partout. Je crois vous avoir dit que déjà
plusieurs fois il avait envoyé avec lui des hommes pour m'insulter ..... et qu'il entrait même en classe et ......
en fermant la porte avec force. Aujourd'hui, non content d'avoir répété avec exagération tout ce que vous me ....
ce magistrat est entré pendant que j'étais monté pour prendre un livre de dictée que j'avais oublié et a commencé à
me parler de la manière suivante et avait l'accent de la colère devant mes élèves et un a-t-i garder tes élèves
fumier là-bas, va derrière la pr du Recteur etc..
Je suis avec le plus profond respect Monsieur l'Inspecteur, votre très humble serviteur.
Guillanton.

1849 MORIO signature


Le 24 décembre 1849, l'instituteur Jean Vincent MORIO, né le 20/9/1810 à Bangor, établi à Séné depuis 1846 après 10 ans passés à Belle-Ile, se plaint en ces termes de la concurrence des écoles publiques de Vannes :

Monsieur l'Inspecteur
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance un fait dont les conséquences me sont préjudiciables et inquiétantes,
s'il ne plait à l'administration d'y obérer.
Plusieurs enfants de cette localité fréquentent journalièrement les écoles primaires publiques de la ville de Vannes, contrairement à un arrêté de l'autorité municipale de cette ville, par lequel l'entrée de ses écoles publiques était interdite aux enfants des communes voisines. il parait que cet arrêté n'est plus en vigueur, puisque le contraire a lieu; les écoles de Vannes sont gratuites, dans cette ville de Séné il est perçu une petite rétribution mensuelle de 50 ou 75 centimes. Puisqu'à cette époque les enfants de Séné vont librement à Vannes, il est évident qu'à la belle saison il en ira bien davantage si cela, pour éviter la modique rétribution qu'on paie ici. Je n'ai point la prétention de gêner la liberté de l'enseignement mais il me parait équitable de réclamer pour les travaux de ma profession, les moyens d'existence à ma nombreuse famille (six enfants en bas âges)....

1849 7 MORIO enfant
En effet, Jean Vincent MORIO, vient d'avoir une petite fille, Marie Julie Eloïse de son épouse Amélie CLAVERY.
En 1847, l'école de garçons d de Séné compte alors 37 élèves en hiver et 20 en été. pour 25 payant leur rétribution et 12 gratuits.

La loi Falloux du 15/3/1850, édictée sous le II° République, le Président élu au suffrage universel fut Louis Napoléon Bonaparte, privilégie la liberté de l’enseignement. Elle distingue l’enseignement public et l’enseignement libre. Les écoles sont surveillées par le maire et le curé. Elle oblige les communes de plus de 800 habitants à se doter d’une école pour filles. Le 2 décembre 1852, Napoléon III est Empereur des Français.

1852 LOISEAU signature

Le 14 janvier 1852, LOISEAU, instituteur à Séné, se plaint de la concurrence déloyale des Frères de Vannes qui lui enlèvent des élèves de Séné :

Séné, le 14 janvier 1852
Monsieur l'Inspecteur,
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint la liste des élèves de Séné qui fréquentent les écoles des Frères à Vannes. Je pense qu'il y en a d'autres qui y vont, mais malgré les informations que j'ai pu prendre, je n'ai pu encore connaître leurs noms, et même je n'ai pu savoir ceux des trois derniers de la présente liste; ce sont des enfants de douaniers de la caserne de Kerbiscon. Les parents de tous ces enfants sont à même de payer la rétribution scolaire. Les Frères n'ignorent pas d'où ils sont et je sais qu'ils engagent souvent des poissonniers de Séné à leur envoyer leurs enfants; mais M. le maire de Vannes n'a pas connaissance de ces faits car les personnes de Séné qui envoient leurs enfants chez les Frères, en se présentant d'abord à la mairie, disent qu'elles habitent Vannes, soit la ville, soit la campagne. Je puis vous affirmer, Monsieur l'Inspecteur que ces renseignements sont conformes à la plus exate vérité, et je vous supplie instamment de vouloir bien avoir la bonté d'user de votre influence pour faire cesser cet état de chose, nuisible tant à la considération de l'Instituteur qu'aux intérêts de l'état puisqu'il est vrai que, moins l'instituteur aura d'élèves, plus sera considérable la somme que l'état devra lui fournir pour compléter les 600 Frs que lui accorde la loi.
Agréer, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mon profond respect.
Loiseau, Instituteur à Séné."


On comprend de cette lettre que l'école n'est pas gratuite et qu'une concurrence se met en place entre les congrégations et les instituteurs nommés par l'administration de l'Etat. On comprend encore mieux son courrier, quand on apprend que son épouse a mis au monde en début d'année 1852 une petite fille.

1852 Loiseau enfant

Classe des filles par Théophile Emmanuel Duverger

Classe des filles par Théophile Emmanuel Duverger [1821-1898]


Le 27 juillet 1853, Anne DANET écrit à son inspecteur pour se plaindre des agissements du recteur de Séné, Jean Louis Toumelin [1822-1868] :

Séné, le 27 juillet 1853,
A Monsieur l'Inspecteur des écoles primaires à Vannes
Monsieur,
Le onze du mois de mai dernier, j'ai été nommée institutrice primaire publique de la commune de Séné canton est de Vannes où j'étais déjà établie depuis le 7 juillet 1835. Je puis dire que 'a'i su me concilier l'estime de tous les habitants de la commune et le conseil municipal m'a toujours prêté un concours, un appui beinveillant en raison de mes soins envers les jeunes enfants qui me sont confiés pour les instruire.
Depuis quelques temps, le recteur de la commune de Séné a formé le projet de me renvoyer de la commune pour avoir des soeurs. Il m'a enjoint de déguerpir de la maison que j'occupe et qui a été donnée à la commune pour y établir une masion d'école. Sur mon refus de quitter la maison d'école et d'abandonner le poste qu'on m'a confié et que j'occupe; je crois avoir toujours tenu une conduite sans reproche et rempli mes fonctions à la satisfaction générale.
Monsieur le recteur de Séné me fait une guerre ouverte et par des moyens que notre sainte religion dont il est le ministre, réprouve. Il refuse la confession dans le but, édivemment d'indisposer l'opinion publique contre moi et de me descriditer dans les esprits de toute la population. Je n'ose même pas m'approcher de la table sainte car je crains qu'il me refuse la sainte hostie comme il me la déjà fait le dimanche même à la grand messe. : quoi de plus humiliant dans ce monde ! quoi de plus outrageant !
C'est évidemment dans le but d'indisposer l'opinion publique contre moi et de me discréditer dans l'esprit de toute la population au point de me forcer à déguerpir je ne reçois aucune retribution c'est une position affligente.
En vue de la bienveillance que vous m'avez témoignée et de l'intérêt que vous portez aux institutrices en général, je prends la liberté de vous exposer ces choses. Monsieur l'inspecteur quoi qu'il me soit infiniment pénible de le faire; mais vous apprécirez combien j'ai de peine d'être obligée de supporter tant d'humiliation et combien j'éprouve d'inquiétude en me voyant réduite à la mendicité après que je me suis donnée tant de peine que j'ai usé ma vie pour instruire les enfants;
Je vous supplie Monsieur l'Inspecteur de prendre en considération ma malheureuse position; de prier Monsieur le Recteur de l'Académie, ainsi que Monsieur le Préfet de vouloir bien avoir la bonté de jeter un regard de commisération sur moi. Je mets toute ma confiance en vous, ainsi qu'en ces Messieurs qui j'en ai l'espérance son trop justes pour me laisser enlever mon seul moyen d'existence.
J'ai bien l'honneur d'être Monsieur l'Inspecteur votre très humble et très obéissante servante.
Anne DANET


Le 18 juillet 1854, dans un autre courrier, Anne DANET supplie son inspecteur : "
Monsieur l'Inspecteur,
ne m'abandonnez pas dans ma triste position, vous la connaissez, le courage, la bonne volonté, ne me manquent pas pour l'instruction, si vous me trouvez capable je me trouverai heureuse d'être utile vous le savez je s'il ne le suis pas ce qui est pénible et dur pour moi; Bon Inspecteur ne m'abandonnez pas même auprès de Monsieur le Préfet s'il le faut; Monsieur l'Inspecteur ma reconnaissance toute entière est à vous.
Bon Inspecteur, je suis pour la vie votre très humble et obéissante servante.
Anne DANET.

Anne DANET est institutrice et tient ses cours dans un local qui appartient à la Fabrique. Dans son testament du 18 septembre 1819, Le recteur de Séné, Pierre COLENO, léguait à la Fabrique une maison et des terrains afin d'y accueillir une "institutrice des pauvres". Plaidant le fait que la Fabrique n'a de compétence que sur les affaires cultuelles, la Mairie essai de maintenir l'institutrice en poste mais ne semble pas encline à payer un loyer...Ainsi le recteur fait valoir son droit de propriété sur la maison et Anne DANET doit lacher son poste et son emploi. Un courrier adressé à l'inspecteur indiquerait que Mlle Danet obtint un poste en Arzal.

La Congrégation des Filles du Saint-Esprit vont arriver à Séné pour s'occuper de l'instruction des enfants mais également apporter de soins infirmiers à la population, "visiter les malades".

1853 Toumelin Soeur Ecole Filles


Le 21 juillet 1853, l'abbé TOUMELIN écrivait à la Supérieure Générale des Filles du Saint-Esprit : "J'ai l'honneur de vous faire connaître le projet que j'ai d'avoir des Soeurs de votre ordre, une pour l'instruction des petites filles et une pour visiter les malades de la paroisse". 

1854 Sene Ecole soeur Esther

Le 21 janvier 1854,  Anne Marie JEHANNOT, en religion, soeur Esther, demande l'ouverture d'une école au bourg. Elle est épaulée par soeur Aimée de Marie. (Sources archives FSE)  Les soeurs rendent confessionnel l'enseignement qui était laïc jusque là.
Yannick_ROME précise "qu'une école privée de filles s'ouvre à Séné le 1er février 1854 dans un maison léguée à la Fabrique par l'abbé COLENO. toujours tenue pa r les Filles du Saint-Esprit." Cette nouvelle ouverture pourrait être la date de l'arrivée des religieuses au sein de cette école publique des filles déjà existante au bourg. 

1845 Bourg ecomusee

Extrait du cadastre de 1845

Le cadastre de 1845 montre rue Principale (à l'emplacement actuel de l'Ecomusée) un immeuble avec une cour au sud et un jardin au nord cloturé. Il est attesté que ce bâtiment devint l"école publique du bourg dans les années 1950 avant son transfert vers le groupe scolaire Dolto, qu'il était avant occupé par l'école libre des filles, qui remplaçait l'école des Soeurs.

Il y a fort à parier que c'était déjà l'emplacement de la première école de filles sise au bourg. L'immeuble a sans doute été plusieurs fois reconfiguré par des travaux. A quoi ressemblait cette première école catholique en 1854 ? 

Lors de l'enquête sur l'état des écoles de 1855, Pierre Marie LOISEAU écrit sur le formulaire.que la maison d'école appartient à la commune., Il répond à différentes questionq :

Sont elles est assez grandes et confortablement disposéés : OUI

   pour la tenue de l'école : OUI

   pour le logement de l'instituteur : OUI

Ont-elles besoin de réparations :  Blanchir & recrépir la salle de classe- Repeindre les fenêtres

Onservations : Il faudrait un jardin pour l'instituteur

Concernant le mobilier de classe il ajoute qu'il n'est pas complet mais en bon état. Il demande, une horloge, une collection de poids et mesures, des livres de lectures pour les enfants indigents, un tableau de système métrique, à repeindre le tableau noir, des encriers avec tables.
1855 4 Loiseau Secretaire mairie
Cette même année 1855, Pierre Marie LOISEAU, [18/8/1819 Billiers -15/5/1858 Malguénac], insituteur communal à Séné accepte le poste de secrétaire de mairie présenté par le maire Mathurin LE DOUARIN. Il quittera Séné pour un poste à Malguénac où il décède à l'âge de 39 ans. LAg l'étage de l'ecole des garçons faisait office de mairie.

1864 4 LE GOUGER livre

En 1860, LE GOUYER est en poste à Séné et ajoute à sa signature la mention " "instituteur public à Séné". L'école de garçons compte alors 3 divisions. L'instituteur se préoccupe pour l'achat des livres et veille à ce que tous les élèves "indigents" en disposent.

Courant 1860, Marie NOHE, alors âgée de 22 ans, en religion Soeur Barnabé, arrive à Séné au sein de la communauté des Filles du Saint-Esprit. En septembre 1872, lors de cette succession, elle déclare être institutrice à Séné.

Nohé Mathurine Soeur Barnabé

 

 La correspondance avec l'inspecteur montre des courriers de l'instituteur LE GOUYER sur la période 1860-1864.

Depuis 1838, avec LE CORRE, puis, SEVENOL, GUILLANTON, MORIO, LOISEAU, LE GOUYER, des instituteurs laïcs se succèdent à Séné.  La dernière correspondance de LE GOUYER retrouvée aux archives date de 1867.  Il semble qu'à partir d cette date, les instituteurs congrégationistes, à l'instar des religieuses, aient investi l'instruction publique à Séné.

1865 Ecole plan dessin

En 1866, la commune de Séné fait une demande de secours afin de faire des travaux à l'école du bourg. La maison d'école accueille au rez-de-chaussé les salles de classes, à l'étage l'appartement de l'instituteur et une salle qui sert de mairie.

 

La loi Duruy du 10/4/1867, sous le III° Empire, abaisse le seuil de population pour une école de filles à 500 hab. Elle promeut des écoles séparées en garçons et filles, que ne respectent pas les écoles libres. Les communes peuvent subventionner les écoles qui restent soumises à la rétribution scolaire.

1867 Ecole file indigents

C'est l'option retenue par le conseil municipal de Séné le 5 août 1867. Il alloue une subvention de fonctionnement à l'école privée des Soeurs pour leur permettre d'accueillir les élèves "indigents".

1868 TOUMELIN ecoles

Cet extrait de la nécrologie du recteur Jean Louis TOUMELIN, recteur à Séné de 1822 à son décès en 1868, successeur de Pierre COLENO, nous informe que Séné comptait alors une 2° école privée à Montsarrac créée à son initiative, en 1866, sans doute pour accompagner la hausse de la population dans cette partie de la commune liée à la présence d’une usine d’extraction d'iode à La Garenne et à la présence des salines (Lire article sur Montsarrac).Cette école de hameau à Montsarrac aurait existé de 1867 à 1873 [point à vérifier]. Une autre sera établie sur Cadouarn de 1869 à 1875. Des correspondances entre les soeurs et l'inspecteur l'attestent.

Le 23 juin 1867, Mathurine NOHE, en religion soeur Barnabé, ouvre une école de hameau à Montsarrac qui fermera en 1873.

1870 2 Cadouarn Keraudran

Le 20 juillet 1869, Marie Anne KERAUDRAN, en religion soeur Saint-Léonard, ouvre une école de hameau au village de Cadouarn qui durera jusqu'en 1875, date à laquelle les soeurs agrandissent l'école du bourg.

En juin 1869, le Prefet du Morbihan adressait un courrier à M. Le Douarin, maire de Séné, par lequel il lui demandait de faire voter par le conseil municipal, la construction d’une école de hameau au village à Montsarrac. Malgré la volonté du maire et du préfet, le conseil municipal rejette le projet car il souhaitait privilégier les écoles du bourg (lire article sur Montsarrac)


Le 9 juin 1871, le Recteur Toumelin écrit au Supérieur Général :
" … Veuillez aviser à nous fournir deux Frères pour la rentrée prochaine. S'il n'y en avait qu'un, il faudrait qu'il fût à même d'enseigner les mathématiques, parce que les ¾ de mes paroissiens sont marins. Les familles seraient contentes de trouver sur place quelqu'un qui les pousse avant de les présenter aux examens. Le logement est vaste et convenable ; il se trouve dans la maison commune, et en face il y a une grande place [place Coffornic] pouvant servir de cour de récréation aux enfants. La classe est très spacieuse et bien éclairée."

Le 9 juillet 1871, le conseil municipal réuni en séance ordinaire demanda à remplacer l'instituteur laïc par un Congréganiste et cela parce que les élèves diminuaient d'année en année et que ceux qui lui restaient ne faisaient aucun progrès.

Le 10 septembre 1871, M. Guyonvarc'h, vicaire à Séné, ouvrit une école libre pour faire concurrence à M. Gouyer, instituteur à Séné qui ne remplissait plus son mandat d'une façon convenable . Au commencement l'école se faisait dans l'étable actuelle du presbytère.

Le 22 juin 1873, le Conseil municipal dans une nouvelle délibération en date du 22 juin 1873 remplaçait donc le bon M. GOUYER par un Frère qui, au bout de quelques mois avait réuni 115 élèves. Il s'agit de René LE FUR, [Séglien, 15/04/1843], en religion Frère Cantien. En ce même mois, l'école libre devient école publique.

Le 1er janvier 1872, Paterne KERGAL, en religion Soeur Felix-Marie arrive à Séné.

(Lire sa biographie complète de cette soeur infirmière, institutrice et religeuse, médaillée pour son action à Séné).

1902 Kergal Sene ecole


On conpremd à la lecture de ce texte élogieux, que Paterne KERGAL [28/2/1832 Theix-12/12/1924-St-Brieuc] en religion Soeur Felix-Marie, participera activement à l'aggrandissement de l'école des filles qui après les travaux disposait de 3 classes. Elle suit le Prefet qui pousse aux travaux, l'école étant jugée insuffisante et insalubre. Le conseil municipal suit l'avis du Prefet le 15/8/1875 et vote une subvention à l'école privée.

1875 6 Kergal ecole communale

Celle-ci accepte les élèves indigents et prend le statut d'école publique ou communale. Elle compte alors 91 élèves payant et 49 indigent soit un total de 140 élèves qui fréquente l'école désormais communale des filles. L'enseignement "délocalisé" dans les hameaux est été arrêté à cette époque.

1875 Ecole fille payant indigents

 

1883 plan ecole

Ce plan daté du 3 avril 1883, fut annexé à la demande de création du poste d'institutrice adjointe à l'école publique des filles. L'école se compose de 3 classes, d'une cour et d'un préau. La partie privé compte cuisine, service, salon et 3 chambres pour les soeurs des Filles du saint-Exprit qui y logent.

Le 31 août 1873, le conseil municipal vote la construction d'une mairie-ecole :

"Considérant que l'école communale de garçons n'est plus suffisante pour recevoir tous les élèves qui se présentent et qu'il est urgent de construire un local pour une seconde classe; Considérant que le projet dressé par M. Maigné est convenu dans les bonnes conditions, eu  égard à la configuration du terrain; 
vote l'exécution à ce projet dont la dépense est évaluée à neuf mille francs y compris une Mairie laquelle sera indépendante de l'école il affecte à cette entreprise un crédit de pareille somme à prélever sur les fonds libres.
De plus comme il y a nécessité de faire un échange de terrain avec M. Surzur afin d'obtenir une construction régulière,
Le conseil autorise le Maire à faire avec le propriétaire un échange sans soulte."

Le 31 août se déroule l'enquete commodo incommodo. Les travaux supervisés par l'architecte départemental Maigné, commencent à l'automne 1783 et sont confiés à l'entreprise Le Normand de vanens et ses sou-traitants (Bigot, Thareau et Tortenois).

Le 10 décembre 1874 est établi le récépissé de fin des travaux : plan et devis, procès verbal d'adjudication, métré des travaux exécutés, récipissé du cautionnement del'entrepreneur.

1873 Sene Adjoint garcon 

Entre temps, le 17 août 1873, le conseil municipal de Séné demande la création d'un poste d'instituteur adjoint. L'école des garçons compte alors 120 élèves. Le Ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts donne son accord le 13 janvier 1874. 

Selon les Annales de Quintin, en mars 1874, M. LE FUR, en religion Frère Priscien-Joseph fut appelé contre mon gré et le sien auprès de son frère de sang, Frère Cantien, à Séné." Les deux frères de sang vont se réveler d'excellents instituteurs.

Le 12 avril 1876, le Recteur de Séné se désole du départ de Frère Priscilien aupès du Supérieur Général :

 " Le départ précipité de mes deux Frères aura du retentissement dans la paroisse, car ils sont très aimés et estimés.  Depuis leur arrivée dans le pays, ils ont mérité la confiance générale et tout le monde avoue que la jeune génération  est renouvelée complètement et que d'ici quelques années la face du pays sera entièrement changée.  Les jeunes gens qui se destinent au brevet de capitaine prennent énormément de goût et viennent assidûment aux cours de l'excellent F. Priscien.  Quelle sera leur désolation en apprenant le départ de leur maître.  Les classes sont parfaitement menées et les enfants font étonnamment de progrès.  Les devoirs religieux ne le cèdent en rient à ceux de la classe.  Et c'est au moment le plus heureux que je voie mes excellents Frères me quitter.  Epargnez-moi cette peine…"

Le 22 avril 1876, la hiérarchie de la Congrégation des Frères de Ploermel donne ses instructions au remplaçant de Frère Priscilien : " Bien qu'il paraisse fort et vigoureux, le Frère Jovinien aura bien assez à faire sa classe qui ne tardera pas à arriver au 1er rang comme celle qu'il vient de quitter.  Je lui défends en conséquence de s'occuper de la mairie et de donner des leçons particulières jusqu'à nouvel ordre."

1878 sene CERTIFICAT ETUDES

Pierre NEZET et Guillaume NOBLANC sont les élève du Frère Jovinien et ils ont obtenu leur certificat d'étude.

1881 Sene LE Caillec Jovinien

Il s'agit de Gérard LE CAILLEC, [Cléguérec 07/05/1833 - Doulon (44) 9/01/1909], en religion Frère Jovinien. On note que le Frère en poste à Séné, assure un enseignement auprès des garçons et sert de secrétaire de mairie comme jadis l'institueur laïc.

Ce plan de 1920 et cette photo aérienne permettent de ce rendre compte de l'apect du "groupe" scolaire au bourg. En 1920, la maison de gauche était dédiée au rez-de-chaussées aux classes et aux appartements de l'instituteur à l'étage. La batisse d'un seul niveau proposait deux anciennes classes utilisées en débarras. En 1920, il ne reste que les classes de filles près de la mairie., les garçons sont à l'Ecomusée. A son apogée, de part et d'autre de la mairie, il y aurait eu une école publique de garçons et une école publique de filles. 

1880 Sene bourg ecoles filles

SENE bourg Mairie Ecole plan

Le 24 mars 1876, Mlle Marie Pascaline Le Bourdiec, en religion Soeur Sainte Zozime, âgée de 21 ans, est nommée institutrice à l'école publique de Séné avec un traitement annuel de 600 frs.

Le 1er décembre 1876, Marie Anne KERAUDRAN, en religion Soeur Saint Léonard, est agréée en qualité d'institutrice adjointe à l'école de Séné, au traitement de 500 Frs.

Les recteurs de Séné et les Filles du Saint-Esprit ont réussi à placer les soeurs comme institutrices  mais l'école est publique.

1876 Ecoles filles soeur effectif

1876 Sene Ecole garçons effectif

Le 8 novembre 1876, Charles Le Mintier de Lehellec, Délégué pour l'Instruction Primaire, visite les écoles de Séné. L'école des filles tenue par les soeurs compte 3 classes et 134 élèves. L'école des garçons tenue par les Frères compte 151 élèves inscrits. Le Délégué d'ajouter : "le nombre n'est pas toujours le chiffre réel des élèves présents car sur les bords de leur mer, les enfants sont souvent occupés par leur parents soit à la pêche soit aux travaux de l'agriculture".

Les lois Ferry du 16/6/1881 et 28/3/1882 de la III° République, instaurent l’école gratuite pour tous et met fin à la rétribution scolaire. Elle est obligatoire de 7 à 13 ans.

1883 Le Port Soeur Agnès Séné

1884 9 Pensioonat SENE

Le 10 novembre 1883, Soeur Zozime décède à Séné à l'âge de 29 ans. En octobre 1883, Julienne LE PORT, en religion Soeur Agnès Joseph est nommée à Séné. 

1883 Sene Dagorn Frère Felix

Les instituteurs congregationistes investissent également l'école de garçons de Séné. M. Joseph DAGORN, en religion Frère Félix est nommé insituteur adjoint à Séné. Il y avait donc déjà un instituteur principal à Séné à l'école communale des garçons et sans doute est-il un écclésiastique. On comprend également qu'il y a donc deux classes de garçons dans l'école communale.

1884 soeur Séné Davigo

Courant 1884, Mlle DAVIGO, en religion soeur Sainte Valentine est nommée institutrice adjointe à Séné.

Courant 1885, deux nouvelles soeurs, Mlle KERAUDRAN et Mlle ECOUBLET prenent leur poste d'institutrices à Séné, comme l'indique ces mouvements de personnel.

1885 10 SENE religeuses instit

1894 Gravure geoffroy

Gravure de 1884 - Ecole religieuse de filles

La loi Goblet du 30/10/1886 complète les lois Ferry. Elle impose un instituteur laïc dans le public en substitution des enseignants des congrégations (religieux). C'est la laïcisation des écoles. Les salles d’asiles évoluent vers des classes maternelles. 

1886 Instit privé Kergal 

Lors du dénombrement de 1886, les sœurs des Filles du Saint-Esprit s'est organisée autour de Paterne KERGAL. 

1886 Instituteur Le caillec et dagorne

Ce même dénombrement de 1886, indique la présence de deux instituteurs hommes Gérard LE CAILLEC et Joseph DAGORN  qui vivent avec un domestique. Ils ne vivent pas au presbytère avec le desservant (recteur), Georges LE BUON. Sont-ils des instituteurs publics ou bien catholiques ? La présence de 2 hommes et d’une domestique sous le même toit plaide pour des ecclésiastiques. Les congrégations ne sont pas encore interdites dans l’enseignement. Ces deux insituteurs devaient avoir en charge l'école des garçons de l'école communale.

Mais à quel endroit? Le presbytère ? Une des 2 maisons près de la mairie place Coffornic? Une autre "maison d'école" au bourg? 

Quand les premiers enseignants écclésiastiques, à l'instar des Filles du Saint-Esprit, ont-ils commencé à s'occuper d'école à la place des instituteurs nommés par l'administration? Le dernier écrit de l'insituteur LE GOUYER date de 1864. L'école communale de garçons de Séné, à l'instar de l'école des filles a dû devenir confessionnel entre 1865-1875, amenant par la suite les "républicains" à vouloir le laïciser.

Face à cet effectif de religieuses et de "Frères", l'administration de la III° République, fais nomme à Séné, l'insituteur, Mathurin Marie BEVEN, pour procéder à la laïcisation de l'école des garçons.

1888 9 Beven nomination SENE

Les institutrices catholiques et les instituteurs publics ont pris pied à Séné pour "s'affronter" idéologiquement dans une "guerre scolaire" fait de décrets, de laïcisation et d'expulsion des Congrégations. Lire article "La Guerre Scolaire à Séné".

 

 

 

 

 

En cette fin de XIX°siècle,  les maires de Séné seront "républicains" François SURZUR [1881-894]. et Jean Marie LE REBOURS [1894-1896]. Ensuite viendra le maire conservateur Jean Marie GACHET [1896-1901]. Le recteur de Séné sur cette période est Georges LE BUON 13/1/1831- 1877-1901-22/11/1901].  Séné compte alors deux écoles, l'une de garçons et l'autre de filles.

1890 Ecole filles communale

1900 ecole Bretagne

Vue d'une école de filles en Bretagne tenue par des soeurs au début du siècle dernier.

1891 Ecole privé religieuses

Comme nous l'indique le dénombrement de 1886 et celui-ci de 1891, les soeurs des Filles du Saint-Esprit, mesdames KERAUDRAN, ECOUBLET et LE PORT sous l'autorité de Paterne KERGAL et Mme NOHE assurent l'enseignement auprès des élèves filles de Séné. L'école agrandit par les soeurs se situe à l'emplacement de l'Ecomusée.

Sene ecole REPERE

L'école de garçons emploie deux écclésiastiques, Gérard LE CAILLEC et Joseph DAGORN qui se sont subsitués aux instituteurs laïcs. Les instituteurs congrégationistes occupent l'école communale des garçons sise à côté de la mairie Place Coffornic..

1886 Instituteur Le caillec et dagorne 

1ère Bataille de la Guerre des Ecoles : la laïcisation de l'école des garçons en 1888

1888 Sene Laicisation Ecole garçon

En 1888, le Préfet du Morbihan entreprend un programme de "laïcisation" et choisit quelques écoles parmi lesquelles, l'école des garçons de Séné. (Lire article de presse ci-dessous).

1888 morbihan laicisation 3

1898 Beven signature

 

1888 9 SENE laicisation

En septembre 1888, l'instituteur Mathurin BEVEN, âgé de 29 ans, prend la direction de l'école des garçons, et "chasse" les instituteurs congrégationistes. Il a un temps un adjoint, RUNGOAT. En quelques jours, il a récupéré son effectif d'élèves garçons.

Que sait-on de Mathurin BEVEN ? Le dénombrement de 1901 à Séné nous indique qu'il vit au bourg avec sa femme Félicité ROLLAND. Le nom et prénom de ses enfants nous permettent de retrouver sur le site des archives du Morbihan, leur fiche de matricule de militaires qui combattront pendant la guerre 14-18. On peut retrouver l'identité exacte de leur parents.. Mathurin Marie BEVEN était natif de l'Ile aux Moines [4/03/1859]. Il épousa le 13/8/1888 à 'Ile d'Arz, Adolphine Félicité ROLLAND native du village de Gréavo. Leur premier enfant, Joseph décède en 1890, ses trois autres frères naîtront sur l'ile, à la maison des parents de la jeune mère. Lors des naissance, il déclare son emploi d'instituteur à Séné. S'il ne figure pas dès 1891 au dénombrement de Séné, c'est que BEVEN fait la navette avec le passeur entre l'île d'Arz où sa femme chez ses parents s'occupe de sa progéniture.

1886 BEVEN Mathurin GUER

1887 3 BEVEN Brehan Loudeac

Le jeune instituteur aura son premier poste à Guer. Il loge alors avec d'autres au lieu-dit "Le Petit Payen".  Avant son mariage il enseigne à Bréhan près de Loudéac. Il est nommé à Séné à la rentrée suivant sa noce. Sur les fiches de matricule de ses enfants, on lit son adresse des parents au 3 rue des Tribunaux à Vannes.  

Sene garçon ecole REPERE

La réaction des congrégations ne se fait pas attendre. Des donateurs se mobilisent pour construire une école libre.  Le 1er vicaire et un conseiller municipal parcoururent la paroisse pour recueillir l'obole de personnes charitables.  Mgr Bécel, évêque de Vannes, donna 1000 F , M. Le Berre : 1000 F,  M. Olivierà 500 F. etc..  .  L'école appartient au Recteur et compta environ 95 élèves.

En 1889, une nouvelle maison d'école privée est construite en bordure de la route de Vannes à Saint-Armel, à hauteur du Pont Lis, qui correspond actuellement au 8 rue des Ecoles. Elle prendra le nom d'Ecole Saint Patern. Cette vieille carte postale Cim en noir et blanc montre la maison école au débouché du "Pont Lis" l'école sainte-anne figure cachée ddans les arbres. Elle est inaugurée le dimanche 13 octobre 1889 par l'Evêque de Vannes comme nous relate cet article de presse.

1889 10 St Patern Benediction

Frères qui enseignèrent à l'école Saint-Patern de Séné avant guerre : 

1889 : F. Maximilien-Joseph (Julien LE JALE)  [Theix -8/04/1857]. S de Séné en juillet 1894

1894 : F. Arconce-Joseph (Joseph BARRON) [Gourin-12/05/1858 - Josselin 1/03/1934]

1895 : F. François Caracciolo (Louis GUELLAUT) [St-Gérand 30/11/1852 - Vannes 02/1903]

1903 : F. Junien-Marie (Pierre CADIC) [Guiscriff-04/05/1869 -1905]

1904 : F. Joseph de la Croix (Auguste Joseph LE ROUZIC) Guern [21-07-1877- 1909]

 

En 1969, avec la fin de la mixité, elle sera geminée avec l'Eocle Sainte-Anne. Le lieu est judicieux au débouché du Pont Lis pour les enfants venant de Cadouarn et du village de Langle.

1889 Ecole porte

Ecole St Patern Plan

A cette date, Séné compte donc deux écoles de garçons, celle de M. Beven et des Congrégationistes et l'école des filles tenue par les Soeurs.

1896 08 05 Noblanc lycée

Cet article de presse de 1896, indique que le jeune Noblanc, dont la famille réside à Cadouarn, a réussi brillamment un examen d’anglais.

1897 6 ecoles certificat

On déduit des résultats au Certificat d'Etudes pour le canton Vannes-Est en juin 1897,  seules 2 écoles présentent des candidats à l'examen du certificat d'études.. L'école publique tenue par l'insituteur BEVEN et l'école tenue par les religieuses avec statut d'école communale. Notons au passage la performance de Louise Jollivet reçue avec les félicitations de l'Inspecteur. Qu'est-elle devenue?

On retrouve sur Geneanet une Marie Louise JOLLIVET, cuisinière de profession, née à Vannes le 26 juin 1883 et décédée le 25/ mai 1971 à Séné. Elle s'est ariée avec Julien Marie LE ROCH, valet de chambre. Son premier enfant est né à Paris 8° en 1906.

1898 SENE sauvetage Beven

En avril 1898, les autorités républicaines honorent deux élèves de M. BEVEN, Joseph ROUILLARD et Joseph GRALL pour le sauvetage réalisé.

Yannick_ROME rapporte cette anecdote sur la cohabitation entre les deux écoles. "Habituellement, chaque année, environ quinze enfants de l'école publique de Séné sont reçus à l'examen de la communion. En cette année 1898, seuls trois d'entre eux sont jugés dignes de faire leur communion solennelle. Naturellement, tous les élèves de l'école privée sont acceptés. Des mères de famille vont demander des explications au recteur. "Vous n'envoyez pas vos enfants à la bonne école, nous ne pouvons rien faire pour vous. Cependant, revenez me retrouver dimanche et, si vous me promettez d'envoyer vos enfants chez les frères, nous leur ferons faire leur première communion" leur répond-on.

Ce témoignage montre que le recteur LE BUON use de tous le smoyens pour accroitre les effectifs de l'école tenue par les Frères.

1898 1899 6 SENE examens

On comprend des résultats du certificat d'étude en juin 1898 et juin 1899, que les filles sont scolarisées à l'école publique tenue par les soeurs et les garçons à l'école publique dirigée par M. BEVEN. L'école des Frères ne présente pas de candidat.

1899 Annuaire 56

L'annuaire Lallemand de 1899 consulté aux archives de la ville de Vannes précise le personnel enseignant en poste à Séné. Les garçcons de Séné peuvent compter sur les instituteurs BEVEN (public) et par LE BOULAIR et RICHARD (publics ou privés)  et les jeunes filles sur les institutrices KERAUDRAN, ECOUBLET et LE PORT qui  enseignent à l'école des Soeurs.

     2° Bataille de la Guerre des Ecoles : laïcisation de l'école communale des filles en 1900

1900 Prefet congregation

Le courrier du Préfet du Morbihan adressé à M. Gachet, maire de Séné le 16 janvier 1900 est riche d’informations. Il nous confirme la présence des sœurs du Saint-Esprit qui assurent l’enseignement à Séné depuis une cinquantaine d’années. Parce que les institutrices ne sont pas encore en nombre suffisant, en ce début de XX°s, les sœurs assurent également les cours au sein de l’école publique des filles.

1900 01 16 Gachet réponse

Le maire conservateur de Séné, M. GACHET, proteste contre l'interdiction faite aux "Soeurs Blanches" d'enseigner. Selon Yannick_ROME, l'école des filles du bourg compte alors 200 élèves.

1900 02 16 LE PORT Ecole Pensionnat

Un mois plus tard, Soeur Agnès (Marie Julienne LE PORT [6/02/1860 Erdeven]) ouvre dans les anciens locaux de la fabrique [conseil de la fabrique, instance laique qui gère les biens communaux de l'église, les dons, le mobilier d'église], une nouvelle école avec un pensionnat. En fait au même endroit, (l'actuel Ecomusée?). Le projet comporte 3 classes de 123 m², 136m² et 123 m² pour respectivemnet 25, 27 et 25 enfants. Un dortoir de 129 m² pourra accueillir 8 chambres et 1 surveillant.

1900 01 29 reaction persécution

Si le projet est approuvé par le maire Gachet dès le 25 février, il le sera avec "un peu de retard"  par l'Inspecteur Primaire le 1 mars et par le Prefet le 15 mars.

La "nouvelle" école privée compte 133 élèves au bout de 2 semaines. Les familles de Séné restent fidèles dans leur grande majorité aux soeurs pour l'école de leurs filles. Au dénombrement de 1901, les soeurs sont toujours des "institutrices privées" en poste à Séné.

Yannick_ROME rapporte également cette anecdote. Le 16 mars 1900, l'inspecteur de Vannes dresse, pour l'inspecteur d'académie, une liste d'enfants de fonctionnaires qui devraient fréquenter l'école laïque de Séné. Il y a consigné : 5 enfants de douaniers, 1 de cantonnier, deux de veuves pensionnées de l'Etat. Il ajoute : "Si M. Le préfet pouvait donner discrètement un conseil aux familles, il est bien probable que nous aurions ces enfants."

Richard Hall ecole fille improvisee

Richard Hall (1860-1942) La Classe manuelle.

Ecole publique (l'institutrice n'est pas une religieuse) de petite filles dans le Finistère? Cour de tricotage.

Le dénombrement de 1901 permet d'éclairicr la situation scolaire à Séné :

1901 Instituteur Mainguy Denéchère

1901 Bourg Instituteur Laicisation

1901 Bourg Instituteur Public Bernard

Les "Républicains" n'en restent pas là. Une nouvelle école publique pour les filles ouvre le 16 février 1900. Une maison est louée à cet effet, soit celle de Pierre Marie LE LAN rue de Belair ou celle de LE CORVEC.

1900 10 Ecole fille Mobilier

Pour ce faire, la Préfet oblige la mairie de Séné à pourvoir la dite école des filles en mobilier scolaire. Le conseil municipal de Séné, se plie à cette injonction et décide de faire fabriquer ce mobilier par Patern Simon, meunuisier à Séné.

De nouvelles institutrices arrivent à Séné. Marie Julie DENECHERE, épouse MAINGUY, est épaulée par la jeune Claire Jeanne FRANCHETEAU, à peine âgée de 18 ans. Elles ouvrent le première classe publique pour les filles à Séné. (La mère de Mlle Francheteau,Mme Beillevert, s'installe aussi à Séné)

Au côtés de l'instituteur BEVEN, les jeunes Mathurin LUCAS et Jean BESNARD.

Côté privé, les soeurs assurent l'encadrement de filles et le Frère LE GUELLANT est instuteur congrégationiste.

1901 Bourg Instituteurs privé

1901 Bourg Instituteur FRERE


1901 05 Séné ecole catho

Cette même année 1901, Monseigneur Latieule, Evêque de Vannes visite les écoles catholiques de Séné, "où se donne avec l'instruction éclairée la formation catholique, la seule qui convienne à de bons Bretons, à de pieuses et croyantes Bretonnes".

    3° Bataille de la Guerre des Ecoles : expulsion des congrégations en 1902

La loi du 1er juillet 1901 sur les associations soumet les congrégations à un régime d'exception. Durant l'été 1902, 3 000 écoles non autorisées de congrégations autorisées sont fermées sur le territoire national, par ordre d’Émile Combes et le mouvement s’accélère en 1903 par l'effet de la loi du 4 décembre 1902 qui prévoit qu'est frappé d'amende ou de prison, quiconque ouvrirait sans autorisation un établissement scolaire congréganiste ou toute personne qui après ordonnance de fermeture, continuerait les activités de l'établissement ou en favoriserait l'organisation ou le fonctionnement.

1902 7 ecole liste fermeture

En juillet 1902, le Prefet adresse un courrier type à 72 écoles du département. Au motif que ces écoles religieuses occupent un local dont elle ne sont pas propriétaires, elles doivent évacuer le lieu sous 8 jours. L'école du bourg, rue Principale à Séné est concernée.

Elle rouvre, cette fois sans les religieuses, le 9 septembre 1902 sous la direction de Marie Louise GACHET [21/05/1880-10/11/1958], fille de l'ancien maire et meunier Jean Gachet, et Marie Anne BARRO. L'école comptera 150 élèves en 1908. 

A cette même époque, l'instituteur congrétioniste de Séné a dû arrêter d'enseigner dans l'attente d'institueur laïcs pour l'école privée.

On compte alors 3 écoles à Séné qui se livrent une compétition scolaire lors de l'examen du Certificat d'Etudes. En 1902, Mathurin BEVEN est remplacé par Pierre LE VIVANT.  Les écoles présentent des enfants au certificat d'étude, dont les résultats sont publiés dans la presse.

1901 1902 6 SENE examen

Selon Yannick_ROME, à l'automne 1902, une grande enquête est lancée pour "déterminer dans quelle mesure les écoles publiques pourraient éventuellement recevoir les enfants qui fréquentent les écoles congrégationistes". Pour Séné om compte alors 70 enfants dans le privé et 140 dans le public pour une capacité de 150.

Ouverture d'une école de filles à Moustérian :

Cependant le camp "républicain" ne se satisfait pas de cette situation. Il décide d'ouvrir une autre école pour accroitre la capacité à scolariser dans le public. Devant les difficultés de louer une maison au bourg, l'inspecteur primaire de l'époque, M. Rialland, propose de louer une maison qu'il possède à Moustérian, "maison composée de 5 pièces avec cour et jardin clos". Le maire de l'époque, Laurent, et le conseil municipal se désolidarisent de cette décision de l'Inspecteur Primaire approuvée par le Préfet.

1902 Séné Ecole filles Moustérian

1902 Mousterian Rialland PLAN

La maison des Rialland existe toujours au 12 rue de la pointe du Bil. Ici une vue dans les années 60.

1905 Ecole Mousterian Riallnd

Entre 1902 et 1907, la présence d’une 2° école publique à Moustérian, classe de filles au début et sans doute mixte les dernières années, est attestée par cet article de presse qui en raconte l’origine et par le dénombrement qui pointe les instituteurs en poste en 1906. 

1906 Ozon Instituteur Lucas Ollier

1907 1910 Séné Instit Mousterian

M. Mathurin LUCAS de Pontivy et sa femme Anne OLLIER y seront instituteurs comme nous l’indique le dénombrement de 1906. En 1907, M. BAPTISTE remplacera le couple d’instituteurs qu'il quitte en août 1910, année probable de la fermeture de l'école de Moustérian....pour réouvrir à Bellevue...

1903 194 6 SENE certificats

Pétition contre une école à Languermat :

Le conseil municipal de Séné constate l'étroitesse de l'école des garçons au bourg. Il note les dépenses élevées pour la location de l'école de Moustérian. En novembre 1902, une délibération du conseil municipal votait la contruction d'une école de garçons à 3 classes et le logement pour 3 instituteurs au lieu-dit Langermat (Le Purgatoire) sur une parcelle appartenant à Mme Armande de Brossard mitoyen de la maison des Le Bourhis, dont la maison a brulé récemment. Il proposait de réaffecter l'école des garçons du bourg pour l'accueil des filles. La décision est refusée par la population. Des élus démissionnent. Le 3 février 1903, 161 personnes de Séné signent une pétition contre la construction d'une école de garçons à Languermat (Le Purgatoire). Le 15 mars 1903, le conseil municipal confirme sa décision de construire. Cependant cette école ne verra pas le jour...

1903 02 Petition

La loi Combes en 7/7/1904 interdit aux Congrégations d’enseigner même dans les écoles privées. 2 500 établissements d'enseignement privés sont fermés.

A Séné, les soeurs des Filles du Esprit ou les éclésiastiques enseignants n'ont plus le droit d'enseigner même dans les écoles privées catholiques. De nouvelles institutrices et nouveaux instituteurs les remplacent.

1905 6 SENE examen certificat

Les résultats du certificat d'études de 1904 et 1905 nous permettent de suivre les directeur d'écoles en poste à Séné. Pierre LE VIAVANT s'occupe de l'école publique des garçons. M. Auguste Joseph LE ROUZIC, à la charge des garçons dans le privé. Côté filles, Marie-Louise GACHET dirige l'école privée alors que Yvonne CHEVREAU dirrige la classe au bourg et Mme Anne OLLIER épouse Lucas à Moustérian.

Le dénombrement de 1906 répertorie Marie GICQUELLO et son mari Octave CHEVREAU comme instituteurs publics au bourg. Mlle Angeline Louise ISENBOCK, native de Versailles est arrivée à Séné. Pierre LE VIAVANT, né à Ambon, et les instituteurs en poste à Moustérian complètent l'effectif du public

1906 Bourg Instituteur Chevreau

1906 Bourg Instituteur public et privé

Dans le privé, Marie LE CORRE et et Joséphine LARSONNEUR tiennent leur classes avec Auguste Joseph LE ROUZIC, instituteur logé chez le recteur Bellego.

1907 1908 1909 SENE certificats

Au certificat d'étude de juin 1907, L'école publique des garçons est dirigée par LE VIAVANT et l'école privée de garçons sans doute par LE ROUZIC. L'école publique des filles est dirigée par Mme CHEVREAU et l'école privée des filles sans doute par Mlle GACHET. En juin 1908, la même configuration existe.

En juin 1909, lors des résultats du certificat d'études, Mme Angeline ISEMBOCK [28/10/1880-18/6/1945] épouse SEVIN [depuis le 12/6/1906], dirige l'école publique des filles et LE VIAVANT celle des garçons. LE ROUZIC dirige l'école privée des garçons et il y a bien une école privée des filles à Séné. Bien que sans fonction enseignate, les Soeurs vivent toujours sur Séné comme l'indique le dénombrement de 1906. Elle reviendront plus tard dans l'enseignement....

1906 SENE religieuses Kergal

 

   4° Bataille de la Guerre des Ecoles : la laïcisation forcée de 1910

1910 7 Gachet Lettre Expulsion

La République est inflexible avec la laïcisation des écoles. Au motif que sa directrice ne peut montrer un bail en bonne et due forme,  Marie Louise GACHET, directrice de l'école privée du bourg, reçoit l'injonction du préfet, "de vider les lieux"  le 17  juillet 1910 alors que l'école comptait 165 élèves. Le camp républicain soutient cette mesure pendant la campagne électorale de 1910. 

1910 7 Sene Ecole Election

1911 04 occuaption ecole prive bourg

Le cinq avril 1911, la commune de Séné prend pocession de l'école libre des filles.

Le recteur de l'époque Désiré Ferdinand BELLEGO et les tenants de l'enseignement catholique privé n'ont plus qu'à se mobiliser pour contruire une nouvelle école. Celle-ci a lieu très rapidement comme nous le relate cet article paru dans le numéro du 22 avril 1911 de la Semaine religieuse du Diocèse de Vannes"

1911 04 sene contruction Bellego

1911 Benediction Ecole Ste Anne

Séné Croix Ste anne

Comme nous le relate cet article de presse, le lundi de Pâques 1911 eut lieu l’inauguration de la nouvelle école privée Sainte-Anne route de Moustérian à hauteur du « Pont-Lis » . Elle se rapproche de l'école privée des garçons sise au débouché du sentier du Pont Lis.

1914 Séné Ecole privée

L'école catholoique de Saint-Armel sera également bâtie sur le même schéma. Un batiment central avec deux ailes latérales sans doute pour accueillir d'un côté les garçons et de l'autre les filles. A l'étage des appartements pour les instituteurs non écclésiastiques. D'autres construcitons seront ajoutées plus tard.

Si l'inauguration a eu lieu en avril, Mlle Marie Louise GACHET déclare le transfert de son école en mairie le 24/3/1911, qu'elle dirigeait depuis le 3/9/1902.

Le 29/8/1910, Léon Marie PARISSE, natif de Plouharnel, signale en mairie sa venue à 'école privée des garçons. Le 3/8/1911, Aimé Louis Marie CAPPE (lire article dédié) arrive comme instituteur libre à Séné.

Après cette 2° bataille dans la Guerre Scolaire, l'effectif d'enseignants résidant à Séné nous est dressé lors du dénombrement de 1911. Dans le privé, Marguerite Marie LE DUC [Henvic 10/2/1892] et Marie Rosalie LANGLOIS [15/9/1862 Isigny - 6/10/1932 Séné] .

1911 Instit LE DUC Privé

1911 Instit Langlois privée

1910 08 MOLGAT sene

Dans le public, on compte en 1911, Désiré MOLGAT depuis sa nomination en 1910, Alfred MICHEL et Pierre LE VIAVANT. Mlle ISENBOCK, institutrice s'est mariée aves l'ostréiculteur de Séné, Joseph SEVIN.

1911 Public Isenbock Instit

1911 Instit Molgat public

1911 Instit public Michel Le Viavant

Pierre Marie Eugène LE VIAVANT [30/9/1860 Ambon - 5/9/1924 VANNES quittera son poste à Séné après le décès de sa femme Marie Anne GUEGUIN [16/9/1862 Vannes - 29/6/1910 Séné] qu'ilm avait épousé àà Vannes le 21/1/1885. Ses affectations l'amenèrent à Pontivy (1885), puis Lanvegenen (1891), Baden (1896) et enfin Séné où il restera en poste une douzaine d'années (1900-1913).

Pour le Noël 1911, les insituteurs publics et l'administration réagissent à l'ouverture de l'école libre de Sainte-Anne et organisent un arbre de Noël à la salle des fêtes du bourg comme le relate cette article de presse. Des cadeaux et des oranges sont distribués aux enfants.

1911 Ecoles arbre Noel SENE

1911 02 12 Langle décision

Le 12 février 1911, le Conseil municipal vote une délibération portant sur la création d'une école de hameau au village de Langle. Le 3 avril 1912, le maire Joseph LE MOUELLIC signe devant l'étude du notaire Lucien Guibert de Vannes l'acte de vente. Les propriétaires signent quant à eux le 21 mai ce même acte de vente. Marie Perrine Louise BAYER épouse de Théophile CAYRE, négociant rue du Roulage à Vannes tenaient ce terrain depuis mars 1898 quand ils l'avaient acquis à Alexandrine Falquerho et son mari François Marie Le Corvec, également négociant à Vannes. Ce sont les époux Cayre qui construire la maison qui fut avant de devenir une école, un débit de boissons, le "Café de la Terrasse".

1912 ecole cafe terrasse

Les Le Corvec s'en étaient porté acquérreur en avril 1889 auprès de Mme Marie Rosalie Letourny épouse JUC qui l'avait hérité à la mort de son frère Edouard. Edouard Letourny l'avait acquis le 16 mars 1879 pour 1070 Frs ...à la commune de Séné !

1912 04 Langle acquisition

La commune du voter une enveloppe pour transformer l'habitation en école. Une charpente fut battie pour recouvirir la terrasse du café et constituer les appartement des instituteurs. Les classes furent créées au rez-de-chaussée. Le lot fut attribué à Jean Desmaison comme nous le relate cet article de presse. L'école fut mise en seprvice à la rentrée 1912.

1912 Sene Ecole Bellevue

1912 Bellevue Caqfe terasse

PLAN ecole Langle RdC jardin

1912 Bellevue Langle Registre

Le 27 septembre 1912, M. Auguste Jules THOMER, natif de Sarzeau, épaulée de sa jeune épouse encore stagiaire, ouvrit le premier registre des élèves.

1974 Bellevue Ecole photo 2

Cette vue de 1974 montre l'ancienne école de Bellevue.

L'édition de 1913 du "Grand Annuaire Administratif Commercial & Agricole du Morbihan" consultable aux archives de Vannes donne les effectifs des instituteurs en poste à Séné :Dans le Public, LE VIAVANT  au bourg et GUIMARD à Bellevue; au sein de l'école libre, Aimé CAPPE [lire article dédié] et Mlles LEDUC et LE FLOCH. 

1913 Annuaire SENE

1913 07 Fetes des Ecoles laiques

Le 29 juin 1913, les classes des écoles laïques de Séné sont conviées dans les Jardins de la Préfecture. Une ambiance « républicaine » rejaillit de cette Fête des Ecoles. Le journaliste finit son article par ces quelques mots :

« Aux électeurs sénatoriaux*[grand électeurs], venus de tous les points du département et qui ont suivant notre conseil assisté à la belle fête du Parc de la Préfecture, les Vannetais ont donné un magnifique exemple de foi laïque en l’avenir de notre Ecole Nationale. »

L'avenir s'assombrira pour la France et les enfants de Séné. Un an plus tard, éclatait la Première Guerre Mondiale. Les classes de soldats de 1880 à 1900 vont être mobilisées, anciens élèves des écoles laïques ou confessionelles de Séné.  91 hommes, marins ou soldats sont Morts pour La France. (Lire pages du Centenaire).

Auguste LE ROUZIC et Alfred MICHEL insituteurs ayant exercé à Séné furent mobilisées et conbattirent contre l'Allemagne. Désiré Mathurin MOLGAT, né à Ambon le 3 février 1891, insituteur à Séné entre 1910 et 19xx?, capitaine au sein du 65° Régiment d'Infanterie fut "Tué à l'ennenmi" le 21 octobre 1918 dans les Ardennes. Ces parents vivaient au Hezo où fut retranscrit sonacte de décès. Son nom figure au monument aux morts du Hezo.

1918 10 21 MOLGAT MPF

1918 Molgat citation

L'administration le comptabilisera encore comme instituteur à Séné en 1918 lorque le Conseil Génréal écrit qu'il fut décoré de la Légion d'Honneur.

CG 56 Molgat décoration

Pendant la guerre, la nécessité de faire " l'UNION SACREE" a des répercussions sur l'enseignement.

Source wikipedia : Pour se rallier les catholiques humiliés par la politique anticléricale menée, pendant près de quarante ans, par la Troisième République, politique marquée par les expulsions des congrégations et les conditions de la séparation de l'Église et l'État, le gouvernement décide de suspendre les mesures contre les congrégations religieuses.

Le 2 août1914, le ministre de l'intérieur Louis Malvy invite les préfets « à suspendre l’exécution des décrets de fermeture ou de refus d’autorisation pris par application de la loi de 1901, des arrêtés de fermeture pris en exécution de la loi de 1904 et de toutes mesures généralement prises en exécution desdites lois ». Cette décision ouvre un régime de tolérance à l’égard des congrégations.

En 1915, les soeurs des Filles du Saint-Esprit ont pu venir habiter une maison près de l'école Sainte-Anne, bâtie pour elles par le recteur et reprendre la direction de l'école des filles; les élèves sont au nombre de 157.

 

 

 

 

Les écoles dans l'entre deux guerres :

1912 Ecolières à Pont Scorff Maxime Clément 1877 1963

1918 Annuaire 56

L'annuaire Lallemand de 1918 nous rappelle qu'au sortir de la Grande Guerre, le maire de Séné est E MOUELLEC, le recteur OLLIER et Séné compte 2801 hab (données de 1911). Ll'enseignement privée catholique dispose de la récente école Sainte-Anne, inaugurée en 1911 et située au débouché du Pont-Lis, à côté de l'école Saint-Patern des garçons. Les insituteurs LE GREGAM et Mlle LE DUC sont en poste.

Ste Anne Calvaire Ecole
Cette photo montre au second plan, derrière le calvaire, l'école Sainte-Anne flanquée à chaque aile d'une maison, sans doute des logements d'instituteurs rajoutés dans l'entre deux guerres ou bien un préau ou un réfectoire.

Ste Anne AncienBat

Après 1918, notre commune compte deux écoles publiques pour accueilir les enfants. L l'Ecole de Bellevue emploie Mlle. THOMER et Mlle GUILLEVIC et l'école du bourg est dirigée par M. LE VIAVANT et Mme SAMZUN . Où se situe l'école publique du bourg? Est-elle encore près de la mairie ou a-t-elle déjà migré vers la rue Principale ?

1910 Ecole ancienne
Les cartophiles attachés à notre commune, connaissent bien cette vue de l'ancienne école du bourg. Emile MORIN nous apprend qu'elle fut inaugurée le 2 aout 1910 [retrouver la source]. La batisse apparait déjà au cadastre de 1845. Elle fut sans doute aménagée en école avec une cour.
Le plus probable est que ce bâtiment ait été l'école privée du bourg qui fut confisqué par l'Etat vers 1910 et transformée en école publique. Etait-elle mixte ou bien que de garçons? Emile MORIN nous dit que l'école publique des filles demeura quelques années encore près de l'ancienne mairie (actuelle salle des fête). Ainsi, on préféra scolariser les garçons dans la nouvelle école rue Principale et laisser les filles dans l'ancienne école près de la mairie,

1880 sene ecole filles

1924 Ecole garcons travaux

Sene ecole REPERE

Vue de l'école avant la salle des fêtes
Une autre date importante pour comprendre la localisation des écoles : la construction de la nouvelle mairie rue Principale (lire article), inaugurée en 1930 par le maire Henri Ménard (lire article dédié). Il semble qu'un préau existait entre la toute nouvelle mairie et l'école des garçons. Ce bâtiment reçut en premier les garçons et ensuite il devint mixte.

On peut suivre la succession des instituteurs en poste dans la commune grâce aux différents dénombrements de la population.

Au dénombrement de 1921, L'école de Bellevue est toujours tenue par Auguste THOMER [14/5/1885 Sarzeau] et sa femme Jeanne LOUEE [24/10/1887 - 22/8/1958]. Les écoles publiques du bourg emploient Angelina ISEMBOCK [28/10/1880 Versailles - 18/6/1945 Vannes] qui a épousé Joseph Sevin, ostréiculteur à Séné (lire les démelés de son père avec le maire Gachet). Pierre LE MEUTE  [29/11/1889 Donges] a épousé Marie Louise Janvier de Séné. Georges Honoré SAMZUN [8/1/1882 né à Bangor] et son épouse Marie Augustine GUIMARD [3/10/1888 Auray], deviendront en 1926 directeur de l'école publique du bourg. M. GENET sera aussi quelque temps instituteur public au bourg.

La Grande Guerre sera accompagnée d'une pause dans la "guerre scolaire". les religieuses sont à nouveau autorisées à enseigner. 

Dans le privé, La Supérieure Paterne KERGAL est toujours au bourg où elle loge Marie Louise LE GUEROUE [Noyal-Pontivy 23/11/1899]. Cette dernière est arrivée à Séné le 18/11/1920 en remplacement de Marguerite GUIRIEC [Concarneau 3/8/1897] qui succédait à Marguerite LEDUC..

Marie Rosalie LANGLOIS a épousé un autre ostréiculteur, Ange Marie Le Gregam. Célestin LE BIHAN et le mémorable Aimé Louis CAPPE (lire article dédié) sont logés chez le recteur Ollier.
Ainsi les instituteurs arrivés sur Séné souvent jeunes, tissent des liens familiaux avec les Sinagots et Sinagotes, comme jadis les douaniers affectés sur Séné.

Soeur Félix-Marie (Patene KERGAL) quittera Séné en spetembre 1923.

1926 Bellevue instit Lemarié

1928 Keranna

Photo de classe Ecole privée Sainte-Anne :

institutrice Marie Claudine SALAUN et Gabrielle LE VERN (religieuse-croix)

En 1926, Louis Marie LE MARIE [21/7/1896 Arradon -  ] et son épouse Rose Julienne JOLIVET [2/8/1896 Lorient -30/7/1957 Vannes] sont en poste à Bellevue. SAMSUN, GUIMARD, LE MEUTE sont toujours à Séné. Jeanne Emilie THOMAS complète l'effectif des instituteurs du public.
Au sein de l'école libre, Mme Le Gregam née LANGLOIS est toujours en poste rejointe par Mme Marie Claudine SALAUN [Plouzevédé-24/3/1902], à Séné depuis le 10/4/1924. Deux instituteurs sont logés au presbytère : Aimé Louis CAPPE, fidèle à Séné et à sa bicyclette [lire article dédié], qui aura pour collègues successifs, Paul André HARDY (1926) puis Yves LA VARISSE (1931).

1930 07 sene certificat etude guelzec
Cet effectif d'enseignants oeuvre à l'éducation des enfants de Séné. En juillet 1930, Lucien GUELZEC, fils du secrétaire de mairie, de l'école publique du bourg, est reçu au certificat d'études à Vannes avec la mention "Très bien".

1931 Bellevue Jaffré Instit
Au resencement de 1931, Léon JAFFRE [28/2/1897-Le Palais - 7/11/1969-Angers] et son épouse, Louise LE BRETON [16/4/1895 Vannes - 28/6/1978 Laverdières(78)], sont en poste à l'école de Bellevue et le seront encore en 1936; Mathilde MICHEL et son mari Paul Eugène RENARD [1/1/1897 Ménéac(56)-16/10/1975] sont en poste à l'école des garçons, alors que Mme Renée CLOEREC vient d'arriver pour s'occuper des filles, comme nous l'indique l'annuaire départemental des téléphones. Le public gardera cet effectif en 1936.

1931 Keranna ecoles

Dans le privé, M. CAPPE a la charge des garçons assistée de Yves LAVAIRYE; Mlle Marie Claudine SALAUN celle des filles à l'école Sainte-Anne où elle sera rejointe le 22/8/1935 par Marie FUeller ou Jueller, née à Guiscriff le 5/7/1911.

1936 Lorho theâtre
Au dénombrement de 1936, Aimé CAPPE eut comme adjoint Joseph LORHO [4/1/1917 Pluméliau - 27/1/1958 Pontivy] qui monta une équipe théâtrale masculine qui eut beacoup de succès. Pierre LOYER de Josselin arriva en 1941 pour prendre en charge la grande classe.

1936 bourg public Cloarec

Dans le public, on retrouve le même effectifs d'instituteurs dont Mme Renée REMIOT [4/12/1889-Auray-31/7/1953-Séné], épouse de Grégoire CLOAREC [25/6/1887-Coray-28/10/1958-Vannes], en poste dans le bourg.

1937 Joncour 1939 Mahuas

En 1937, M JONCOUR Hervé [29/7/1909 Le Juch'22) - 2/1/2009 Vannes] et sa femme Germaine PIRO [27/6/1909 - 19/8/2001 Vannes] sont nommés à l'école de Bellevue, comme nous l'indique le registre conservés à l'école de Langle. Originaires de Quimper, leur famille vient les voir par Vannes en empruntant le petit passeur. 

1942 Le passeur LARZUL

Mme Joncour avec la chapeau à gauche

1938 11 Sene Ecole effectif

A la rentrée de 1938, Séné compte 43 élèves dans les 2 écoles publiques de garçons et de filles et 179 élèves scolarisés dans le privé. Fort de cet effectif, un projet de création d'un groupe scolaire moderne est étudié par Henri MENARD, le maire de l'époque. Lire article sur ce projet avorté à cause de la guerre.

1939 3 projet groupe scolaire

Ce projet moderne prévoyait au bourg une école dotée d'un réfectoire et d'une cuisine avec une rangée de lavabos. De part et d'autre des classes pour les garçons et des classes pour les filles. Sur chaque aile, des logements pour les instituteurs, 2 familles ou 4 célbataires. Au devant, une galerie abritée sur deux cours distinctes.Une 3° cours pour gérer les interclasses, un cabinet médical, un vestiaire et le chauffage central. Le projet envisageai également la construction d'une pisicne à côté de l'école.

1939 Ecole Ste Anne

Cette photo de classe a l'avantage d'être datée de mai 1939 et nous montre une classe de jeunes filles de tous âges devant leur école Sainte Anne. Quelques mois plus tard, après l'invasion de la Pologne par la Wehrmacht, la France suivie du Royaume-Uni déclarait la guerre au III° Reich d'Adolf Hitler. Comment les écoliers de tous âges ont vécu l'école pendant la guerre et l'Occupation?

Pendant les années de guerre, des soldats allemands réquisionnent des maisons à Séné dont les écoles. Jean Richard se souvient :

Pendant la guerre , les enfants ne mangeaient pas à leur faim .Pour nous rendre à l’école [depuis la presqu'îl] nous allions à pied J’ai le souvenir que l’hiver pendant la guerre il faisait très froid à cette époque Pour nous protéger du vent d'est très froid, nous empruntions un chemin de charrette nommé Ignora qui part de Cadouarn jusqu’au rond point du Morboul C’était dans ce chemin où nous étions seuls que les aînés vidaient leurs poches de pommes de terre volées ici et là .Un feu de bois était allumé et on mangeait .les patates grillées avant de nous rendre à l’école; Elles étaient délicieuses .Des feuilles étaient cueillies dans les fossés, on les appelait des "tourchons". Je les trouvais bonnes aussi  Selon moi il s’agissait d’oseille sauvage.

Quand les Allemands sont arrivés à Séné, ils ont réquisitionné l’école des garçons et nous ont mis à la porte. Nous avons continués nos études à l’intérieur de l’église, là où se trouve la chaufferie, nous étions serrés comme des sardines. Une jeune fille de Cariel,  Mlle MARTIN a pris le relais et les enfants du village de Cariel étaient scolarisés dans la salle à manger de ses parents. Par la suite, notre école est redevenue notre école. J’ai le souvenir que les allemands avaient peint un aigle avec la croix gammée sur le mur de  notre classe.  M,Cappe faisait la classe à plusieurs divisions en même temps. Un jour, les plus grands avaient mélangé les bottes des allemands partis faire une marche. A leur retour, ils gueulaient et juraient pour retrouver chacun ses bottes. M Cappe avait discrètement félicité les plus grands d’entre nous ... L’été, quand il faisait très chaud, M.Cappe demandait aux plus grands d’aller chercher un sceau d’eau. Il était placé au milieu de la cour et chacun d’entre nous se mettait à genoux devant le sceau et on buvait comme les animaux. Chez les filles, c’était les religieuses qui tenaient l’école et soignaient les gens  Une soupe était servie moyennant un petit  sous que certains n’avaient pas. À la fin de la guerre des biscuits vitaminés nous étaient servis une fois par jour dans le cadre du plan Marshall. M Cappe fût remplacé par M Loyer."

Selon le souvenir de Claude LE FRANC, l'école des garçons du bourg avait été transférée chez M&Mme Cloarec qui habitaient au bourg au 5 rue des Vierges.

Bellevue Ecole réfugiés CP

A cause de l'avancée allemande dans le Nord de la France, des familles refugiées sont accueillis en juin 1940 sur la presqu'île de Langle. Leur enfants fréquentent l'école de Bellevue comme nous l'indique le registre. Parmi les réfugiés, la famille Chevalier Marcel, couvreur à Burelles (02), la famille Legrand, garagiste au Cateau (02), la famille Toen Charles, ouvrier agricole dans l'Oise, la famille Mahoudeaux André, douanier au Havre (76) et la famille Carlier, ménère à Rouziès (59). 

Comme en 1915, la famille belge Legein avait trouvé refuge à Séné [lire article sur la Bataille de France], cette fois notre commune abrite des familles françaises fuyant l'avancée allemande.

Bellevue Ecole réfugiés Belle ILE

En 1945, plusieurs familles de Belle-Ile seront mises à l'abri à Séné et leurs enfants fréquenteront l'école de Bellevue.