L'étude menée sur les soldats de Séné porte sur les 86 Poilus inscrits au monument au morts et tient compte des "5 Oubliés" ainsi que des soldats natifs de Séné au nombre de 24.
Le total s'élève donc à 118 soldats natifs ou domiciliés à Séné.
Le tableau suivant, établi à partir des fiches "Mémoire des Hommes", des fiches de matricules des Archives et de l'état civil de Séné, indique que 23 soldats sont morts de maladie.
Cela représente 1 soldat sur 6 qui n'est pas mort au combat. 16% de mortalité liée à des maladies révèlent des conditions d'hygiène déplorables tant sur le front qu'à bord des bâtiments de la marine.
Il s'agit essentiellement de maladies des voies respiratoires notamment la tuberculose, à mettre en relation avec les conditions dans les tranchées en hiver, la boue et la pluie pour les combattant à terre et pour les marins, la grande majorité des morts de maladie, sur le compte des conditions à bord, l'humidité et le manque d'hygiène.
Une affiche de l'époque parle même de "blessés de la tuberculose".
Cet échantillon de Poilus sinagots montre qu'un seul est mort de maladie sur le front sans avoir pu être évacué dans un hôpital.
10 soldats ont eu "la chance" de finir leurs derniers jours chez eux à Séné après être passés dans un hôpital.
3 soldats sont morts à l'étranger, hopital de Casablanca, hôpital de La Havane ou de Giurgiu en Roumanie. Ces exemples nous rappellent que la guerre fut bien mondiale.
9 autres soldats sont morts dans des hôpitaux en France en arrière du front.
Au delà de cette statistique, intéressons nous au sort de quelques uns de ces soldats de Séné.
Partie 1/3 :
LE BIGOT Jean Marie : 18/11/1888 - 29/10/1918
LE BRAS Ferdinand Mathurin Marie, 30/03/1882 - 22/02/1915
LE MENACH Louis Marie Francis : 17/09/1884 - 2/01/1919
Jean Marie LE BLOHIC : 22/02/1888 - 14/06/1916
Armel Pierre Marie BOURVELLEC : 26/08/1886 - 16/03/1920
Jean Marie Joseph GAREC : 11/06/1895 - 18/10/1917
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LE BIGOT Jean Marie : 18/11/1888 - 29/10/1918 Célibataire
Voici ce que nous dit de lui sa hiérarchie : "Le Bigot Jean Marie n° matricule 8588 classe 1908. Au front depuis le début de la campagne, novembre 1914 et en Orient depuis juillet 1917, a toujours fait preuve d'antrain et de courage dans les situations les plus dangereuses. Bon pointeur. Blessé à la poitrine par réclatement de la pièce le 9 juin 1918 au cours d'une tir sur les tranchées bulgares. Je cite le canonnier le Bigot comme un exemple de service dévoué. Le Colonel Commandant signé Bouguitechevitz."
Cet exemple nous rappelle que la Bulgarie s'est rangée du côté des "Empires" centraux d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie et ottoman.
Jean Marie LE BIGOT est né à Vannes le 18/11/1888, son père est cultivateur à Bohalgo. La famille viendra s'établir à Kernipitur et on retrouve au dénombrement de 1911 trace de son frère Joseph Marie et de sa soeur Marie Perrine. Pour cette raison, Le Bigot est inscrit au monument aux morts de Séné.
Les "Le Bigot" seront endeuillés 3 fois en cet automne 1918, quelques semaines avant l'armistice. Le frère cadet, François Marie Pierre LE BIGOT né le 22/11/1897, sera gazé à Cempius (Oise) le 6/09/1918; Leur domestique de ferme, François Marie BREDOUX, caporal au 264° Régiment d'Infanterie, décédera à Sommety Tahure le 30/09/1918.
Jean Marie Le Bigot décède quant à lui à l'hôpital de Salonique le 29/10/1918 des suites d'une maladie contractée durant le service.
LE BRAS Ferdinand Mathurin Marie, 30/03/1882 - 22/02/1915 marié
Ferdinand Mathurin LE BRAS est né à Séné le 30/03/1882. Sa famille habite Kerarden comme l'indique le dénombrement de 1906. Son père est marin et sa mère, ménagère c'est à dire femme au foyer.
A l'âge de 20 ans le jeune LE BRAS effectue sa conscription. Il est encore domicilié à Séné. comme l'indique sa fiche de matricule.
Par contre son prénom n'apparait pas au dénombrement de 1911 aux cotés de ses frères et soeurs. Est-il déjà sur Vannes ? Il y contracte mariage avec Marie Joséphine PROSPER le 2/10/1912 comme l'indique la mention marginale de son extrait de naissance. Désormais domicilié à Vannes, ce natif de Séné sera inscrit au monument aux morts de Vannes.
Sa fiche "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il est marin à bord du Duchayla quand il est transporté à l'hôpital de Casablanca au Maroc où il décède le 22/02/1915 d'une tuberculose pleurale.
Du Chayla : Croiseur de 2ème Classe lancement. 1896 Escadre Méditerranée, occident et du Levant Cap. de vais. BENOIT 06/1907 Déplact. 3950 tx., long.99 m, larg. 14 m, tirant d'eau 6,25 m, vitesse 19,8 n, coût 7.857.000 F, pont cuirassé 80 mm
Armement : 6 canons de 164 mm, 4 canons de 100 mm, 15 pièces d'art. légère.
Équipage : 14 officiers et 385 hommes.
LE MENACH Louis Marie Francis : 17/09/1884 - 2/01/1919
Louis Marie francis LE MENACH nait aux Quatre-vents en Séné le 17/09/1884 au sein d'une famille de cultivateurs comme son extrait de naissance et le dénombrement de 1911 l'indiquent.
A l'âge de la conscription, il est engagé volontaire pendant presque 4 ans de mai-1903 à nov-1907. Sa fiche de matricule ajoute qu'il sera mobilisé le 2/08/1914 et intègre le 116° régiment d'artillerie de Vannes le 12/08/1914. Il est blessé gravement sur le front français le 28/02/1915 sur la butte de Vauquois située à 25 km à l'ouest de Verdun. A Vauquois, Allemands et Français expérimentent la "guerre des mines" dans des galeries creusées sous la butte. Assauts et explosions feront 3000 morts du 28/02 au 4/03 de 1915.
http://butte-vauquois.fr/histoire-de-vauquois/
Comme l'indique sa fiche, après 7 mois de soins et convalescence, il part pour l'Armée d'Orient le 1er octobre 1917. Après une période de neutralité, et contrairement à la Bulgarie, la Roumanie déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. A l'issue de la guerre la Roumanie réussira à réunir sur un seul territoire l'ensemble de sa population roumanophone.
Après le 11/11/1918, la guerre continue quelques mois encore dans les Balkans où la Roumanie combat encore les Hongrois. Loin de rentrer au bercail, Le Menach contracte sur les bords du Danube, la fièvre typhoïde en décembre 1918 avant d'être évacué à l'hôpital de Giurgiu où il décède le 2/01/1919.
Son corps repose au carré militaire Français de Bucarest. L’orthographe du nom de famille est différente entre la croix funéraire (LEMEYNAC).
Jean Marie LE BLOHIC : 22/02/1888 - 14/06/1916
L'extrait de naissance de Jean marie Le Blohic nou sindique que son père est marin, sa mère pécheuse et que la famille habite le village du Meniech à Séné en 1888.
Le dénombrement de 1906 nous décrit la famille Le Blohic composée des parents et de quatre enfants. Jean Marie l'ainé des garçon est pêcheur. Le dénombrement de 1911 ne renseigne pas plus.
Sa fiche d'inscrit maritime nous indique qu'en 1901 à l'âge de 13 ans il a son premier poste de mousse au sein du canot "Cours Après".
En 1912, il se marie à Séné avecJeanneMarie DANET du village du Meniech. Le couple déclare la profession de pêcheur et pêcheuse.
C'est tout naturellement qu'il fera sa conscription dans la marine et pendant la campagne d'Allemagne il est torpilleur sédentaire à la base fixe de Lorient, affecté à la caserne du 3° Dépôt comme l'indique sa fiche "Mémoire des Hommes" et sa fiche "d'Inscrit Maritime".
On lit qu'il décède d'une fièvre paratyphoïde non épidémique avec la mention "qui peut avoir été contractée en dehors du service". Il en meurt le 14/06/1916 et il est inhumé à Séné le 16 juin. Il sera reconnu "Mort pour la France". On lit égalemement que sa veuve a eu droit à une allocation pour soutien de famille.
Le registre de la paroisse de Séné nous confirme que jean marie LE BLOHIC fut enterré au cimetière communal.
Armel Pierre Marie BOURVELLEC : 26/08/1886 - 16/03/1920
Le cas de Bourvellec intrigue. Sur le monument aux mort, il est inscrit avec une faute d'orthographe qui met un doute. La consultation des registres de l'état civil de Séné nous donne bien un "Bourvellec Armel" décédé en 1920 bien tard après l'armistice de 11 novembre et sans aucune mention marginale de "Mort pour la France".
Au dénombrement de 1911 on retrouve la trace d'un Bourvellec mariée à Marie Honorine ALANIOUX. Ce mariage et bien porté sur l'acte de naissance de Bourvellec. Le site "mémoire des Hommes" ne répertorie pas de Bourvellec mais donne un autre soldat né à Séné au nom de Le Bourvelec, fusilier marin mort à Dixmude. Il y a-t-il erreur de personne ?
La fiche de matricule aux Archives du Morbihan nous indique qu'il s'agit d'un militaire "Inscrit Maritime" et confirme son décès à Séné le 16/03/1920 bien loin du front. La consultation des archives au service de documentation de la marine à Lorient nous permet d'y voir plus clair.
Armel Pierre Marie BOURVELLEC fait se début en tant que mousse sur le canot "Fleur de Marie" le 15/04/1899 à l'âge de 13 ans. Il deviendra par la suite "novice" en 1903 et enfin matelot en 1905 à bord du canot le "Jeanne d'Arc".
Son axtrait de mariage nous apprend qu'il vit comme sa future épouse à Langle et il se marie le 5 septembre 1910 avec Marie Honorine ALLANIOUX.
Pendant la campagne d'Allemagne on le retrouve donc matelot dans la marine. Son dernier poste est sur le Cassard où il contracte sans doute la tuberculose. Il rejoint le 4° puis 3° dépôt à Lorient avant d'être réformé-1 et rejoint son domicile. Il souffre de tuberculose pulmonaire bilatérale (les deux poumons) ouverte.
Cependant, pendant sa convalescence il va continuer à être marin jusqu'au 15/06/1919. Il décède à Séné 9 mois plus tard. Sa maladie contractée pendant le service lui vaut d'être déclaré "Mort pour la France" et son nom est gravé avec une faute d'orthographe au monument au morts de Séné.
Armel Pierre Marie BOURVELLEC a été inhumé à Séné au cimetière communal le 17 mars 1920. Il était le beau-frère de Honoré ALLANIOUX dont il avait épousé la soeur Marie Honorine ALLANIOUX le 5/09/1910.
Jean Marie Joseph GAREC : 11/06/1895 - 18/10/1917
Jean Marie GAREC naît sur l'Ïle d'Arz. Son père est meunier sur l'île. Cependant, face au début des machines à vapeur (lire histoire du moulin de Cantizac à Séné) et à l'essor du transport, le moulin à marée de l'île d'Arz ne moudra bientôt plus de blé ou de sarrasin. La famille Garec vient s'installer à Séné. On la retrouve au dénombrement de 1911 et elle compte 8 enfants. Jean Marie est le 4° et dernier à être ildarais de naissance. Les quatres autres enfants sont sinagots. La traversée de la famille pour Séné a eu lieu entre 1895-1897. Le père s'est reconverti en laboureur-paludier, les deux fils les plus âgés sont marins pêcheurs, Jean Marie aide son père à cultiver la terre.
Il faudra consulter la fiche d'inscrit maritime de Jean Marie GAREC. Les archives du Morbihan dispose de celle de son frère qui reviendra sain et sauf de la guerre.
La fiche "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il décède des suites d'une pleurésie hémorragique contractée pendant le service. Il est évacué vers l'hôpital complémentaire de Verneuil sur Avre qui occupe l'école Les Roches Blanches.
Un hôpital complémentaire n'est pas un seul bâtiment mais un réseau d'établissements en liaison avec le principal hôpital.
HC n° 33 Verneuil-sur-Avre - Ecole des Roches, Les Roches - 528 lits - Fonctionne du 4 août 1914 au 30 décembre 1917 -
Annexes: Ecole maternelle, rue Croix Saint-Pierre - 52 lits - Fonctionne du 11 novembre 1914 au 22 décembre 1917 -
Maison Mlle Desbrosses, rue Gambetta - 27 lits - Fonctionne du 2 novembre 1914 au 10 février 1916 -
Hospice, rue des Marronniers - 70 lits - Fonctionne du ? au 3 janvier 1919 -
Château du comte de Jarnac, à Condé-sur-Iton - 25 lits - Fonctionne du 10 octobre 1915 au 3 janvier 1919 -
Patronage "La Jeunesse Vernolienne" - ? - Fonctionne du 3 novembre 1914 au 20 septembre 1917 -
Abbaye Saint-Nicolas - ? - Fonctionne du 3 novembre 1914 au 22 décembre 1917 -
? , rue des Canons - ? - Fonctionne du ( ? au ? ) -
Jean Marie Joseph LE GAREC décède malgré les soins le 18/10/1917. Son corps est enterré dans le cimetière et sa tombe est encore visible aujourd'hui.
Il a du "profiter" d'une permission car il se marie le 3 juin 1917 à Séné avec Augustine Marie CORLAI domestique de ferme à Gressigna; L'acte de maraige mentionne qu'il est actuellement mobilisé au régiment de fusiliers marins.
Le transport de charbon était un maillon important de la révolution industrielle. Au débuut de XX°siècle, des compagnies de transport maritime assurent le transport de charbon depuis le Roayume Uni vers la continent ou les îles.
Le récit de ces deux marins charbonniers, péris en mer, nous montre que l'activité n'était pas sans danger.
PIERRE Ange Marie [24/05/178 Kerarden 04/03/1912 ] Vapeur Belle Ile
Georges Marie JEAN [ 22/01/1878 Ile d'Arz 18/11/1916 ] Charles LE BORGNE
PIERRE Ange Marie [24/05/178 Kerarden 04/03/1912 ] Vapeur Belle Ile
Une mention marginale sur le registre de décès de Séné interpelle l'historien local. On y apprend que Ange Marie PIERRE est déclaré par le Tribunal de Nantes disparu en mer en date du 4 mars 1912. Il laisse une veuve Marie Julienne KERIO épousé le 9/1/1905. On lit qu'il était chauffeur sur le vapeur BELLE ILE.
On vérifie avec méthode son acte de naissance qui comporte bien la mention marginale de son marriage.
L'identité du marin vérifiée, on cherche a en savoir plus sur le vapeur BELLE ILE. Le jugement a eu lieu à Nantes, aussi on recherche dans les Archives de Loire Atlantique une mention du BELLE ILE. Ces archvies ont mis en ligne une base de données sur les matricules des navires. En quelques clics, on retrouve l'identité du vapeur BELLE ILE et les différents voyages entrepris.
On lit qu'il est parti de Penmarth près de Cardiff au Pays de Galle le 4 mars 1912. Cette date sera retenue pour date de décès. On note la compagnie de trnasport : Société des Chargeurs de l'Ouest.
Muni de ces informations on se lance dans une recherche sur la presse numérisée. Ouest Eclair semble le support plus adapté que la presse du Morbihan. En tapant le mot clef "chargeur" pour l'année 1912, on réussi à trouver un article de presse qui nou slivre le rôle d'équipage et quelques précisions sur le dernier voayage entreprise par le vapeur BELLE ILE.
Sa veuve, Marie Julienne KERIO se retrouve avec plusieurs enfants en bas âge. Elle décède le .Son enfant, Ange PIERRE [7/9/1910-1/06/1192], orphelin est recueilli par son oncle, le pêcheur de Séné, Hyacinthe KERIO qui vit avec son épouse Léonie LE DORIOL. Celle-ci accouchera de triplées. [Lire portrait des Kerio].
Sa petite-fille, Catherine PIERRE précise : Ange Marie PIERRE naquit le mercredi 07 septembre 1910 à 17h à Montsarac commune de Séné, il est le fils d’Ange PIERRE et de Marie Julienne KERIO. Il a deux ans quand son père péri en mer. Au décès de sa mère, il est recueilli par son oncle et sa tante. il refusera d'être pupille de la marine, naviguera avec son oncle sur "Léonie ma chère". Il rentrera dans la marine de commerce du Havre et naviguera sur le Valmy, sur le Normandie qui fit naufrage dans le port de New-York et sur le Liberté à partir de 1950. il est décédé en 1992 à Vannes.
Georges Marie JEAN [ 22/01/1878 Ile d'Arz 18/11/1916 ] Charles LE BORGNE
La Première Guerre Mondiale a emporté des marins enrolés dans la marine de guerre. D'autres marins de la marine marchande sont morts du fait d'un acte de guerre et sont déclarés "Morts pour la France". D'autres marins comme Georges JEAN, sont disparus en mer sur un navire qui oeuvrait pour l'effort de guerre de la France.
Georges Marie JEAN était né à l'Île d'Arz en comme l'indique son extrait d'acte de naissance.
Sa fiche d'Inscrit Maritime conservée au Service Historique de la Défense de Lorient nous indique qu'à l'âge de 11 ans il est mousse dans la marine. Le 25/02/1889, il embarque sur le Canot Eugène entre Vannes et l'Ile aux Moines.
Il s'est marié à Séné le 24/10/1906 avec Marie Pascaline Trehondart comme l'indique son extrait de naissance et l'acte de mariage à l'état civil de Séné. Pascaline TREHONDART était la soeur du Capitaine au long court Ange Marie TREHONDART qui péri à bord du CHANIRAL (lire article dédié).
La jeune épouse habite bien au Ranquin comme le montre l'extrait du dénombrement de 1906. La jeune femme et son frère encore célibataires vivent sous le toit de leur soeur aînée mariée à Jean Marie LE FRANC.
Son acte de décès consultable sur les registre de Séné nous indique qu'il disparait en mer le 18 novembre 1916, en rade de Barry au sud des côtes du Pays de Galles.
Georges Marie JEAN était matelot sur la vapeur charbonnier de la compagnie Le Borgne, nonmé le "Charles Le Borgne" qui allait chercher du charbon dans le port gallois de Barry, comme le confirme sa fiche d'inscrit maritime.
La ville de Séné a donné le nom d'une esplanade à Port-Anna en l'honneur du charpentier de marine, Julien MARTIN.
Que sait-on de Julien Marie MARTIN [1846-1939] dernier constructeur de sinagots à Séné?
L'histoire des Chantiers Martin, remonte à la fin du règne de Louis XV vers 1765. La France et la Bretagne sortent épuisées de la Guerre de 7 ans [1756-1763]. Beaucoup de marins sinagots y perdèrent la vie, notamment lors de la Bataille des Cardinaux en 1759. Séné comptait déjà des familles de charpentiers. La famille MARTIN va se distinguer en embrassant cette profession sur 4 générations et 150 ans!
Les chantiers de construction de bateaux étaient très rudimentaires. Au contraire d'un boulanger qui transmettait un four, un charpentier transmettait quelques outils et surtout une expérience dans la construction des bateaux. Les sources sont rares. On peut toutefois s'appuyer sur les régistres d'état civil pour en savoir plus sur ces charpentiers de marine.
En étudiant l'arbre généalogique, on trouve bien un certain Guillaume MARTIN [ca 1670 - ca 1730] marié à Guyonne BENOIT [ca 1670-ca 1730], qui ne semble pas être ni calfat ni charpentier mais fournier (à préciser). L'acte de mariage de son fils, Pierre MARTIN {ca 1700 - 25/1/1767] et son acte de décès ne renseignent pas plus sur la profession de Pierre Martin.
De cette union, nait Joseph MARTIN [15/10/1734 - 1/08/1808]. Son acte de naissance à Cadouarn et son acte de mariage le 4/11/1760 à Séné avec Perrine DANET [30/6/1736-5/7/1808] ne précisent pas sa profession. Son acte de décès nous dit qu'il fut calfat. Par contre son épouse Perrine est la fille du charpentier de marine Julien DANET [18/10/1707 - ??]. Ce dernier a eu quatre enfants dont trois morts en bas âge. C'est donc son gendre Joseph MARTIN qui va continuer cette longue lignée de charpentiers sinagots remontant au maître charpentier Guillaume Danet [1620-1681]. (lire article sur les charpentiers DANET).
L'acte de naissance du fils aîné de Joseph et Perrine, baptisé Joseph en 1765, indique que son père est matelot. Celui de François en 1768, comme celui de sa fille ainée Jeanne en 1770, mentionnent la profession de charpentier à Cariel. Celui de son fils Guillaume en 1773 situe la famille à Cadouarn.
On peut avancer que Joseph MARTIN a commencé son activté de charpentier à partir de 1765, sans doute à la mort de son beau-père, d'abord sur Cariel puis sur Cadouarn.
De cette union naquirent une fille, Julienne [1768-1846] et quatre garçons. Joseph [ca 1765-10/3/1804] et Julien [7/6/1777-6/4/1811] moururent jeunes, laissant François [175/1768-20/3/1847] et Vincent [3/12/1774-4/6/1853] à la tête du chantier à la mort de leur père.
François n'ayant eu que 4 filles, le chantier passe à son frère Vincent, qui est marin pêcheur quand il épouse le 18/2/1811 Perrine UZEL de Sarzeau [11/8/1781-23/11/1861]. A la naissance de son 1er enfant, Jean Marie en 1815, il est encore pêcheur; lorsque son épouse accouche de 2 jumelles en 1817, il déclare l'activité de charpentier, tout comme en 1820, à la naissance de sa 3° fille, Marguerite qui décède en bas âge. Lors du 1er dénombrement de 1841, sa fille Marie Vincente et son enfant sont décédés suite à l'accouchement. La famille Martin est pointée à Cadouarn.
Cette liste nominative fait apparaitre aussi une autre famille de charpentiers à Cadouarn. François LE FRANC [28/11/1769-18/4/1849] est calfat. Son fils, Patern LE FRANC [9/4/1917-29/3/1896] est charpentier. Il est fort probable que les Le Franc travaillaient au chantier Martin pour satisfaire les commandes de sinagots.
Ce premier recencement à Séné montre la présence de forgerons qui forgent les outils pour le monde agricole, les charettes mais également les outils du calfat, les scies des charpentier et les pièces métalliques des bateaux.
Au décès de son père en 1853, Jean Marie MARTIN [30/5/1815-29/3/1896] reprendra le chantier familial à Cadouarn. Lors de son mariage avec Jeanne Perrine PIERRE, le 10/2/1846, il déclare l'activité de charpentier, tout comme à la naissance de son fils aîné, Julien Marie cette même année. Les actes de naissance de ses enfants successifs permettent de lire l'activité déclarée en mairie. Les époux Martin eurent 5 filles et 4 garçons. En 1866, lors de la naissance de sa dernière fille, Jeanne, il est charpentier naval. Sur son acte de décès en 1896, l'officer d'état civil indique la profession de pêcheur. On comprend qu'avec l'âge, il a arrêté la construction de bateaux pour devenir pêcheur.
Durant ses années à la tête du chantier, Jean Marie MARTIN a travaillé avec son fils, Julien Marie mais il semble avoir également embauché des ouvriers. Ainsi lors de son mariage en 1858 avec la sinagote Alexandrine Le Ménach, Joseph BRIENDO né à Grand Champ déclare être charpentier de marine. Cette même année, à la naissance de son fils, François MORIO déclare lui aussi l'acitivté de charpentier de marine. MORIO est encore "charpentier maritime" lors de la naissance de son dernier enfant Jean Louis en 1864.
Yann LE REGENT, des Amis du Sinagot, a montré que 51 sinagots avaient été construits en 1857 et 1858, soit plus de 25 par an, alors qu'en une année "normale", le chantier Martin mettait à l'eau entre 4 et 10 bateaux.
Un grand changement intervient également à partir de l'année 1857. Les sinagots qui n'avaient jusqu'alors compté qu'un mât et une voile carrée (en bannière) amurant sur le côté, vont se doter d'un deuxième mat supportant une voilure plus importante. Cette modification couteuse avait surement pour but de leur permettre d'aller plus loin en mer. Elle va leur faciliter la sortie du Golfe du Morbihan pour pratiquer la pêche en baie de Quiberon et la drague des huîtres dans l'anse de Penerf. Les sinagots rentreront ensemble de ces sorties sur le mor bras à la queue leu leu à marée montante.
Georges Pignon, dit Jordic, Retour des siangots vers Séné à la nuit tombante, 1912, hst 23x16 cm.
Le chantier Martin était située au Godal, près de Cadouarn, coté Vannes. Les Martin avait construit une chaussée de pierres dite de Kerdavid permettant à marée haute la mise à l'eau des bateaux. Cet extrait du cadastre de 1845 permet de le situer.
Les actes de mariages des garçons permettent de connaître leur activité à l'âge adulte. Seul Joseph indique être charpentier en 1882, les autres étant pêcheurs. Mais dès la naissance de son 1er enfant, en 1883, Joseph est aussi pêcheur. L'ainé des Martin, Julien Marie, de la classe 1866, reviendra au chantier aux côtés de son père au retour de sa conscription et de la Guerre contre la Prusse en avril 1871. Lors de cette période, il fut à bord des frégates cuirassées Savoie et Gauloise.
Fregate cuirassée Savoie
Sa fiche d'Inscrit Maritime nous indique qu'il fut marin pêcheur avant de travailler au chantier après le décès de son père. Celui-ci construisit à partir de 1883, le Souvenir, dont on fera une réplique.
Réplique du Souvenir photographié dans le port de Douarnenez en mai 1993. Le Souvenir fut lancé le 28 mars 187 au port Rhu de Douarnenez.
(cliché YR les Amis du Sinagot)
La famille Martin est pointée lors du dénombrement de 1886. Julien déclare l'activité de charpentier aux côtés de son père même si il est aussi par ailleurs marin sur Le Même selon la fiche d'Inscrit Maritime.
Dans l'Annuaire-Almanach des Cent Milles Adresses du Morbihan" édité en 1886, Jean Marie MARTIN est répertorié comme "constructeur de canots" sur Séné.
Au dénombrement de 1891, la famille Martin compte 6 enfants au foyer. Vincent, marié depuis1879, Joseph depuis 1882 et Pérrine depuis 1890, ont quitté le giron familial.
En 1901, Mme PIERRE est veuve depuis le décès de son mari en 1896. Les enfants les plus jeunes, Jean Marie Pierre (avec tous ses prénoms) et sa soeur Jeanne, ont opté pour le métier de pêcheur, la construction de sinagots ne pouvant pas nourrir la famille nombreuse.
En 1905, à la demande de Jean Marie LE GREGAM qui se marie cetet année-là avec Jeanne CLERO, Julien Marie MARTIN construit un sinagot qui prendra le nom de Jean et Jeanne en l'honneur des jeunes mariés.
Les listes nominatives de 1906 indiquent que Julien MARTIN est devenu le chef de famille depuis le décès de sa mère en 1901. Il ne se mariera pas, tout comme ces frères et soeurs qui vivent près de lui.
Le 29 février 1908 le sinagot "Héléna", patron Guillaume Baro est mis à l'eau à Cadouarn.
Le 16 septembre 1909, le Sainte-Jeanne est mis à l'eau.
En 1909, Julien MARTIN perd son frère cadet Jean à l'âge de 51 ans, célibataire. En 1910, sa soeur Marie Julienne décède. En 1911 c'est au tour de Jean Marie Pierre de décéder. Si bien qu'au dénombrement de 1911, Guillemete, Jeanne et Julien sont sous le même toit. Le 15/2/1913, il reçoit par décret la médaille d'honneur.
En 1914, le chantier Martin, sans doute Julien Marie MARTIN, alors âgé de 68 ans met à l'eau le dernier sinagot construit à Séné baptisé Travailleur, tout un symbole pour ce charpentier de marine et le pêcheur qui l'a armé, François LOISEAU [25/1/1863 - 19/12/1931], qui fut également sur ses vieux jours passeur entre Séné et Conleau.
La famille subit la guerre de 14-18. Les listes nominatives de 1921, montrent que ses deux soeurs Guillemette et Jeanne Marie aident au foyer Julien MARTIN alors âgé de 75 ans. Guillemette décède en 1924.
En 1926, comme en 1931, Jeanne MARTIN épaule son frère aîné. Quant à Julien Marie MARTIN, il continue d'entretenir une partie de la flotille de sinagots et construit encore des plates jusqu'à la fin des années 1920.
Par décret du 2/8/1931, il est fait Chevalier de l'Order du Mérite Maritime. Les autorités maritimes reconnaissent son assiduité au métier de charpentier de marine.Il reçoit sa décoration le dimanche 6 mars 1932. Le maire de l'époque, Henri MENARD, ne manqua pas, comme à son habitude, d'organiser une belle cérémonie à Séné.
Julien MARTIN aura connu trois guerres : la guerre contre les Prussiens en 1870, la Grande Guerre de 14-18 et la déclaration de guerre contre l'Allemagne nazie. Il décède le 20/10/1939, à l'âge de 93 ans des suites d’une blessure occasionnée par une pointe rouillée. Ses dernières paroles avant de mourrir furent " je ne pense pas avoir dérangé quiconque sur cette Terre ".
Julien MARTIN lors des noces d'or de son frère Joseph MARTIN en 1932.
Sur la période 1844-1914, en étudiant les archives des Affaires Maritimes, les Amis du Sinagot ont répertorié 643 sinagots construits par les chantiers du Quartier de Vannes. Le chantier Martin de Séné peut s'enorgueillir d'avoir mis à l'eau 524 sinagots auxquels viendront ensuite s'ajouter, 46 autres sinagots construits par les chantiers Lesquel et Jeffredo de Vannes. Après guerre les chantier Querrien du Bono en construiront 73 de plus.
Le chantier MARTIN et Julien MARTIN que les pêcheurs appelaient avec respect et affection "Le Père Martin" était conscient que ses bateaux faisaient tout simplement vivre la population maritime désargentée de Séné , il pratiquait le juste prix, gardant pour lui de quoi subsister, à la fin de sa carrière son corps avait pris la forme des membrures de ses bateaux tellement il était courbé !
La vie a constraint Julien MARTIN à assumer son rôle de frère aîné pour aider au besoin de ses parents et ensuite à ceux de ses nombreux frères et soeurs. Resté célibataire, les nombreux sinagots construits de ses mains sont ses enfants qu'il nous a légué.
Parmi les Sinagots "Morts pour la France" on compte 16 marins disparus soit lors d'un combat naval soit à la suite d'une attaque d'un sous-marin allemand ou autrichien.
Tel est le cas des marins Doriol et Guyomar qui près de Corfou en Grèce à un an d'intervalle ont péri à bord de leur chalutier patrouilleur qui a sauté sur une mine déposée par un sous-marin.
Des marins de Séné qui savaient manoeuvrer leur chalutier se sont retrouvés du jour au lendemain, marin combattants...
Depuis le début des hostilités, les Alliés entretiennent un blocus du détroit d'Otrante entre l'Italie et les côtes albanaises et grecques, pour nuire à la marine austro-hongroise comme l'indique la carte suivante. C'est dans ces parages que le cuirassier Le Gambetta" sombrera également. Lire article.
Qui étaient ces deux marins de Séné et dans quelles circonstances leur bateau sombra dans le canal d'Otrante ?
François Marie GUYOMAR : 16/10/1885 - La Ginette 30/03/1916 :
Le chalutier "La Ginette" a été réquisitionné par la Marine et il sert de patrouilleur en Méditerranée. Ainsi des marins se retrouvent soldats sur des bateaux construits pour un autre usage.
La Ginette de 272 tx a été constuit par le chantier Duthie Torry, à Aberdeen, en Grande-Bretagne.
Mis à flot le 09.01.1913, il entre en service pour la Marine le 07.02.1915, réquisitionné à La Rochelle, pour des opérations en Méditerranée. Il participe notamment à l'évacuation de l’armée serbe du port de Durazzo (aujourd'hui Düres) en Albanie. Comme fait d'armes, il abat un avion à Valona (aujourd'hui Vlora) sur la côte albanaise en 1916. Lors d'un convoi où il incorpore sa 1ère escadrille de patrouille le 20.03.1916, le Ginette saute sur une mine posée par le sous-marin UC 14 commandée par KL Franz Becker, au large de Corfou en Grèce.
On dénombre ce jour-là 19 marins disparus, dont le matelot de 3° classe François Marie GUYOMAR âgé de 31 ans et 7 rescapés qui témoigneront.
François GUYOMAR était né le 16/10/1885 à Moëlan sur mer en Finistère. Ses parents étaient cultivateurs.
Comment expliquer sa présence sur le monument au mort de Séné?
Sa fiche de matricule nous indique qu'il fait sa conscription d'avril 1906 à avril 1907.
L'administration militaire annote également son parcours professionnnel dans l'administration des douanes.
Ainsi, François GUYOMAR change d'affectation dans les douanes qui le conduisent de Honfleur vers Valenciennes, puis Brest en 1912 en Bretagne, sa région natale. A partir de mai 1915 il est donc mobilisé et matelot sur la Ginette.
En observant de près la fiche de matricule on note au crayon de papier sa dernière localité de résidence à partir du 31/01/1913 : Quatre-Vents. Ainsi le douanier Guyomar a-t-il été affecté à Séné dans la caserne des Quatre-vents en 1913 après le dénombrement de 1911 où son nom n'apparait pas. A sa mort, c'est l'adresse du dernier domicile connu qui lui vaut son inscription sur le monument aux morts de Séné. Ce n'est d'ailleurs pas le seul douanier sinagot qui sera "Mort pour la France". Lire autre article.
Il semarie alors à Séné avec Marie Louise JACOB de Kergrippe le 16 septembre 1913.
Honoré Louis Marie DORIOL : 12/07/1881 - La Tubéreuse - 5/02/1917
Né au village de Montsarrac le 12/07/1881 dans une famille de marins comme nous l'indique son extrait d'acte de naissance et le dénombrement de 1906.
Sa fiche de matricule nous rappelle que sa classe ne faisait que 12 mois de conscription qu'il effectuera de nov 1901 a janv.1902.
Au dénombrement de 1911 on note que son père est veuf.
Matelot de 2° classe à bord du chalutier patrouilleur La Tubéreuse, Honoré Louis Marie DORIOL, disparait à lâge de 36 ans le 05-06.12.1917 : le Tubéreuse saute sur une mine mouillée par le sous-marin UC-38 (OL Hans Hermann Wendlandt) et coule devant Corfou dans le golfe de Patras en Grèce.
"Le chalutier TUBEREUSE a sauté sur une mine le 5 Décembre 1917 à 17h30 heure orientale. Il était à 4000 m de la porte du barrage Pappas – Tholge, dans le chenal de sécurité. Il a disparu aussitôt et seuls deux hommes ont pu être sauvés par le SCORPION qui se trouvait à proximité. Les deux survivants sont à l’infirmerie de la base de Patras"
Sa fiche d'inscrit maritime nous indique qu'il a été cité en 1922.
La TUBEREUSE était un chalutier japonais reconverti en patrouilleur. Photo de la Capucine chalutier similaire. Ce fait nous rappelle que le Japon était du côté des Alliés pendant la guerre de 1914-18.
Chantier : Kawasaki Dockyard, Kobé, Japon.
Caractéristiques : 212 t ; 31,09 x 6,4 x 3,43 m.
Armement : I ou II de 75 mm ou 90 ou 100 mm, I de 47 mm sur les unités plus petites. Parfois armement ASM.
Observations :
Chalutier Shinko Maru construit en 1911 au Japon.
06.1917 : acheté par la Marine française et renommé Tubéreuse. La France achètera 34 navires de pêche au Japon durant la guerre.
05-06.12.1917 : il saute sur une mine mouillée par le sous-marin UC-38 (OL Hans Hermann Wendlandt) et coule devant Corfou dans le golfe de Patras. Une semaine après, le 14 décembre 1917, l’équipage de l’UC-38 sera capturé après un combat contre les torpilleurs Mameluck et Lansquenet alors qu’il venait de torpiller le croiseur Châteaurenault devant l’entrée du golfe de Corinthe. Le 12, il avait manqué le croiseur D’Entrecasteaux employé pour l’occasion au transport des troupes entre Tarente et Itéa.
Le patrouilleur Tubéreuse est cité à l’ordre du jour :
Chalutier Tubéreuse : a sombré par l’explosion d’une mine au cours d’opérations à proximité d’un champ de mines connu
(J. O. du 24 février 1918).
En cette fin de XIX°siècle, les maires de Séné seront "républicains" François SURZUR [1881-894]. et Jean Marie LE REBOURS [1894-1896]. Ensuite viendra le maire conservateur Jean Marie GACHET [1896-1901]. Le recteur de Séné sur cette période est Georges LE BUON 13/1/1831- 1877-1901-22/11/1901]. Séné compte alors deux écoles, l'une de garçons et l'autre de filles.
Vue d'une école de filles en Bretagne tenue par des soeurs au début du siècle dernier.
Comme nous l'indique le dénombrement de 1886 et celui-ci de 1891, les soeurs des Filles du Saint-Esprit, mesdames KERAUDRAN, ECOUBLET et LE PORT sous l'autorité de Paterne KERGAL et Mme NOHE assurent l'enseignement auprès des élèves filles de Séné. L'école agrandit par les soeurs se situe à l'emplacement de l'Ecomusée.
L'école de garçons emploie deux écclésiastiques, Gérard LE CAILLEC et Joseph DAGORN qui se sont subsitués aux instituteurs laïcs. Les instituteurs congrégationistes occupent l'école communale des garçons sise à côté de la mairie Place Coffornic..
1ère Bataille de la Guerre des Ecoles : la laïcisation de l'école des garçons en 1888
En 1888, le Préfet du Morbihan entreprend un programme de "laïcisation" et choisit quelques écoles parmi lesquelles, l'école des garçons de Séné. (Lire article de presse ci-dessous).
En septembre 1888, l'instituteur Mathurin BEVEN, âgé de 29 ans, prend la direction de l'école des garçons, et "chasse" les instituteurs congrégationistes. Il a un temps un adjoint, RUNGOAT. En quelques jours, il a récupéré son effectif d'élèves garçons.
Que sait-on de Mathurin BEVEN ? Le dénombrement de 1901 à Séné nous indique qu'il vit au bourg avec sa femme Félicité ROLLAND. Le nom et prénom de ses enfants nous permettent de retrouver sur le site des archives du Morbihan, leur fiche de matricule de militaires qui combattront pendant la guerre 14-18. On peut retrouver l'identité exacte de leur parents.. Mathurin Marie BEVEN était natif de l'Ile aux Moines [4/03/1859]. Il épousa le 13/8/1888 à 'Ile d'Arz, Adolphine Félicité ROLLAND native du village de Gréavo. Leur premier enfant, Joseph décède en 1890, ses trois autres frères naîtront sur l'ile, à la maison des parents de la jeune mère. Lors des naissance, il déclare son emploi d'instituteur à Séné. S'il ne figure pas dès 1891 au dénombrement de Séné, c'est que BEVEN fait la navette avec le passeur entre l'île d'Arz où sa femme chez ses parents s'occupe de sa progéniture.
Le jeune instituteur aura son premier poste à Guer. Il loge alors avec d'autres au lieu-dit "Le Petit Payen". Avant son mariage il enseigne à Bréhan près de Loudéac. Il est nommé à Séné à la rentrée suivant sa noce. Sur les fiches de matricule de ses enfants, on lit son adresse des parents au 3 rue des Tribunaux à Vannes.
La réaction des congrégations ne se fait pas attendre. Des donateurs se mobilisent pour construire une école libre. Le 1er vicaire et un conseiller municipal parcoururent la paroisse pour recueillir l'obole de personnes charitables. Mgr Bécel, évêque de Vannes, donna 1000 F , M. Le Berre : 1000 F, M. Olivierà 500 F. etc.. . L'école appartient au Recteur et compta environ 95 élèves.
En 1889, une nouvelle maison d'école privée est construite en bordure de la route de Vannes à Saint-Armel, à hauteur du Pont Lis, qui correspond actuellement au 8 rue des Ecoles. Elle prendra le nom d'Ecole Saint Patern. Cette vieille carte postale Cim en noir et blanc montre la maison école au débouché du "Pont Lis" l'école sainte-anne figure cachée ddans les arbres. Elle est inaugurée le dimanche 13 octobre 1889 par l'Evêque de Vannes comme nous relate cet article de presse.
Frères qui enseignèrent à l'école Saint-Patern de Séné avant guerre :
1889 : F. Maximilien-Joseph (Julien LE JALE) [Theix -8/04/1857]. S de Séné en juillet 1894
1894 : F. Arconce-Joseph (Joseph BARRON) [Gourin-12/05/1858 - Josselin 1/03/1934]
1895 : F. François Caracciolo (Louis GUELLAUT) [St-Gérand 30/11/1852 - Vannes 02/1903]
1903 : F. Junien-Marie (Pierre CADIC) [Guiscriff-04/05/1869 -1905]
1904 : F. Joseph de la Croix (Auguste Joseph LE ROUZIC) Guern [21-07-1877- 1909]
En 1969, avec la fin de la mixité, elle sera geminée avec l'Eocle Sainte-Anne. Le lieu est judicieux au débouché du Pont Lis pour les enfants venant de Cadouarn et du village de Langle.
A cette date, Séné compte donc deux écoles de garçons, celle de M. Beven et des Congrégationistes et l'école des filles tenue par les Soeurs.
Cet article de presse de 1896, indique que le jeune Noblanc, dont la famille réside à Cadouarn, a réussi brillamment un examen d’anglais.
On déduit des résultats au Certificat d'Etudes pour le canton Vannes-Est en juin 1897, seules 2 écoles présentent des candidats à l'examen du certificat d'études.. L'école publique tenue par l'insituteur BEVEN et l'école tenue par les religieuses avec statut d'école communale. Notons au passage la performance de Louise Jollivet reçue avec les félicitations de l'Inspecteur. Qu'est-elle devenue?
On retrouve sur Geneanet une Marie Louise JOLLIVET, cuisinière de profession, née à Vannes le 26 juin 1883 et décédée le 25/ mai 1971 à Séné. Elle s'est ariée avec Julien Marie LE ROCH, valet de chambre. Son premier enfant est né à Paris 8° en 1906.
En avril 1898, les autorités républicaines honorent deux élèves de M. BEVEN, Joseph ROUILLARD et Joseph GRALL pour le sauvetage réalisé.
Yannick_ROME rapporte cette anecdote sur la cohabitation entre les deux écoles. "Habituellement, chaque année, environ quinze enfants de l'école publique de Séné sont reçus à l'examen de la communion. En cette année 1898, seuls trois d'entre eux sont jugés dignes de faire leur communion solennelle. Naturellement, tous les élèves de l'école privée sont acceptés. Des mères de famille vont demander des explications au recteur. "Vous n'envoyez pas vos enfants à la bonne école, nous ne pouvons rien faire pour vous. Cependant, revenez me retrouver dimanche et, si vous me promettez d'envoyer vos enfants chez les frères, nous leur ferons faire leur première communion" leur répond-on.
Ce témoignage montre que le recteur LE BUON use de tous le smoyens pour accroitre les effectifs de l'école tenue par les Frères.
On comprend des résultats du certificat d'étude en juin 1898 et juin 1899, que les filles sont scolarisées à l'école publique tenue par les soeurs et les garçons à l'école publique dirigée par M. BEVEN. L'école des Frères ne présente pas de candidat.
L'annuaire Lallemand de 1899 consulté aux archives de la ville de Vannes précise le personnel enseignant en poste à Séné. Les garçcons de Séné peuvent compter sur les instituteurs BEVEN (public) et par LE BOULAIR et RICHARD (publics ou privés) et les jeunes filles sur les institutrices KERAUDRAN, ECOUBLET et LE PORT qui enseignent à l'école des Soeurs.
2° Bataille de la Guerre des Ecoles : laïcisation de l'école communale des filles en 1900
Le courrier du Préfet du Morbihan adressé à M. Gachet, maire de Séné le 16 janvier 1900 est riche d’informations. Il nous confirme la présence des sœurs du Saint-Esprit qui assurent l’enseignement à Séné depuis une cinquantaine d’années. Parce que les institutrices ne sont pas encore en nombre suffisant, en ce début de XX°s, les sœurs assurent également les cours au sein de l’école publique des filles.
Le maire conservateur de Séné, M. GACHET, proteste contre l'interdiction faite aux "Soeurs Blanches" d'enseigner. Selon Yannick_ROME, l'école des filles du bourg compte alors 200 élèves.
Un mois plus tard, Soeur Agnès (Marie Julienne LE PORT [6/02/1860 Erdeven]) ouvre dans les anciens locaux de la fabrique [conseil de la fabrique, instance laique qui gère les biens communaux de l'église, les dons, le mobilier d'église], une nouvelle école avec un pensionnat. En fait au même endroit, (l'actuel Ecomusée?). Le projet comporte 3 classes de 123 m², 136m² et 123 m² pour respectivemnet 25, 27 et 25 enfants. Un dortoir de 129 m² pourra accueillir 8 chambres et 1 surveillant.
Si le projet est approuvé par le maire Gachet dès le 25 février, il le sera avec "un peu de retard" par l'Inspecteur Primaire le 1 mars et par le Prefet le 15 mars.
La "nouvelle" école privée compte 133 élèves au bout de 2 semaines. Les familles de Séné restent fidèles dans leur grande majorité aux soeurs pour l'école de leurs filles. Au dénombrement de 1901, les soeurs sont toujours des "institutrices privées" en poste à Séné.
Yannick_ROME rapporte également cette anecdote. Le 16 mars 1900, l'inspecteur de Vannes dresse, pour l'inspecteur d'académie, une liste d'enfants de fonctionnaires qui devraient fréquenter l'école laïque de Séné. Il y a consigné : 5 enfants de douaniers, 1 de cantonnier, deux de veuves pensionnées de l'Etat. Il ajoute : "Si M. Le préfet pouvait donner discrètement un conseil aux familles, il est bien probable que nous aurions ces enfants."
Richard Hall (1860-1942) La Classe manuelle.
Ecole publique (l'institutrice n'est pas une religieuse) de petite filles dans le Finistère? Cour de tricotage.
Le dénombrement de 1901 permet d'éclairicr la situation scolaire à Séné :
Les "Républicains" n'en restent pas là. Une nouvelle école publique pour les filles ouvre le 16 février 1900. Une maison est louée à cet effet, soit celle de Pierre Marie LE LAN rue de Belair ou celle de LE CORVEC.
Pour ce faire, la Préfet oblige la mairie de Séné à pourvoir la dite école des filles en mobilier scolaire. Le conseil municipal de Séné, se plie à cette injonction et décide de faire fabriquer ce mobilier par Patern Simon, meunuisier à Séné.
De nouvelles institutrices arrivent à Séné. Marie Julie DENECHERE, épouse MAINGUY, est épaulée par la jeune Claire Jeanne FRANCHETEAU, à peine âgée de 18 ans. Elles ouvrent le première classe publique pour les filles à Séné. (La mère de Mlle Francheteau,Mme Beillevert, s'installe aussi à Séné)
Au côtés de l'instituteur BEVEN, les jeunes Mathurin LUCAS et Jean BESNARD.
Côté privé, les soeurs assurent l'encadrement de filles et le Frère LE GUELLANT est instuteur congrégationiste.
Cette même année 1901, Monseigneur Latieule, Evêque de Vannes visite les écoles catholiques de Séné, "où se donne avec l'instruction éclairée la formation catholique, la seule qui convienne à de bons Bretons, à de pieuses et croyantes Bretonnes".
3° Bataille de la Guerre des Ecoles : expulsion des congrégations en 1902
La loi du 1er juillet 1901 sur les associations soumet les congrégations à un régime d'exception. Durant l'été 1902, 3 000 écoles non autorisées de congrégations autorisées sont fermées sur le territoire national, par ordre d’Émile Combes et le mouvement s’accélère en 1903 par l'effet de la loi du 4 décembre 1902 qui prévoit qu'est frappé d'amende ou de prison, quiconque ouvrirait sans autorisation un établissement scolaire congréganiste ou toute personne qui après ordonnance de fermeture, continuerait les activités de l'établissement ou en favoriserait l'organisation ou le fonctionnement.
En juillet 1902, le Prefet adresse un courrier type à 72 écoles du département. Au motif que ces écoles religieuses occupent un local dont elle ne sont pas propriétaires, elles doivent évacuer le lieu sous 8 jours. L'école du bourg, rue Principale à Séné est concernée.
Elle rouvre, cette fois sans les religieuses, le 9 septembre 1902 sous la direction de Marie Louise GACHET [21/05/1880-10/11/1958], fille de l'ancien maire et meunier Jean Gachet, et Marie Anne BARRO. L'école comptera 150 élèves en 1908.
A cette même époque, l'instituteur congrétioniste de Séné a dû arrêter d'enseigner dans l'attente d'institueur laïcs pour l'école privée.
On compte alors 3 écoles à Séné qui se livrent une compétition scolaire lors de l'examen du Certificat d'Etudes. En 1902, Mathurin BEVEN est remplacé par Pierre LE VIVANT. Les écoles présentent des enfants au certificat d'étude, dont les résultats sont publiés dans la presse.
Selon Yannick_ROME, à l'automne 1902, une grande enquête est lancée pour "déterminer dans quelle mesure les écoles publiques pourraient éventuellement recevoir les enfants qui fréquentent les écoles congrégationistes". Pour Séné om compte alors 70 enfants dans le privé et 140 dans le public pour une capacité de 150.
Ouverture d'une école de filles à Moustérian :
Cependant le camp "républicain" ne se satisfait pas de cette situation. Il décide d'ouvrir une autre école pour accroitre la capacité à scolariser dans le public. Devant les difficultés de louer une maison au bourg, l'inspecteur primaire de l'époque, M. Rialland, propose de louer une maison qu'il possède à Moustérian, "maison composée de 5 pièces avec cour et jardin clos". Le maire de l'époque, Laurent, et le conseil municipal se désolidarisent de cette décision de l'Inspecteur Primaire approuvée par le Préfet.
La maison des Rialland existe toujours au 12 rue de la pointe du Bil. Ici une vue dans les années 60.
Entre 1902 et 1907, la présence d’une 2° école publique à Moustérian, classe de filles au début et sans doute mixte les dernières années, est attestée par cet article de presse qui en raconte l’origine et par le dénombrement qui pointe les instituteurs en poste en 1906.
M. Mathurin LUCAS de Pontivy et sa femme Anne OLLIER y seront instituteurs comme nous l’indique le dénombrement de 1906. En 1907, M. BAPTISTE remplacera le couple d’instituteurs qu'il quitte en août 1910, année probable de la fermeture de l'école de Moustérian....pour réouvrir à Bellevue...
Pétition contre une école à Languermat :
Le conseil municipal de Séné constate l'étroitesse de l'école des garçons au bourg. Il note les dépenses élevées pour la location de l'école de Moustérian. En novembre 1902, une délibération du conseil municipal votait la contruction d'une école de garçons à 3 classes et le logement pour 3 instituteurs au lieu-dit Langermat (Le Purgatoire) sur une parcelle appartenant à Mme Armande de Brossard mitoyen de la maison des Le Bourhis, dont la maison a brulé récemment. Il proposait de réaffecter l'école des garçons du bourg pour l'accueil des filles. La décision est refusée par la population. Des élus démissionnent. Le 3 février 1903, 161 personnes de Séné signent une pétition contre la construction d'une école de garçons à Languermat (Le Purgatoire). Le 15 mars 1903, le conseil municipal confirme sa décision de construire. Cependant cette école ne verra pas le jour...
La loi Combes en 7/7/1904 interdit aux Congrégations d’enseigner même dans les écoles privées. 2 500 établissements d'enseignement privés sont fermés.
A Séné, les soeurs des Filles du Esprit ou les éclésiastiques enseignants n'ont plus le droit d'enseigner même dans les écoles privées catholiques. De nouvelles institutrices et nouveaux instituteurs les remplacent.
Les résultats du certificat d'études de 1904 et 1905 nous permettent de suivre les directeur d'écoles en poste à Séné. Pierre LE VIAVANT s'occupe de l'école publique des garçons. M. Auguste Joseph LE ROUZIC, à la charge des garçons dans le privé. Côté filles, Marie-Louise GACHET dirige l'école privée alors que Yvonne CHEVREAU dirrige la classe au bourg et Mme Anne OLLIER épouse Lucas à Moustérian.
Le dénombrement de 1906 répertorie Marie GICQUELLO et son mari Octave CHEVREAU comme instituteurs publics au bourg. Mlle Angeline Louise ISENBOCK, native de Versailles est arrivée à Séné. Pierre LE VIAVANT, né à Ambon, et les instituteurs en poste à Moustérian complètent l'effectif du public
Dans le privé, Marie LE CORRE et et Joséphine LARSONNEUR tiennent leur classes avec Auguste Joseph LE ROUZIC, instituteur logé chez le recteur Bellego.
Au certificat d'étude de juin 1907, L'école publique des garçons est dirigée par LE VIAVANT et l'école privée de garçons sans doute par LE ROUZIC. L'école publique des filles est dirigée par Mme CHEVREAU et l'école privée des filles sans doute par Mlle GACHET. En juin 1908, la même configuration existe.
En juin 1909, lors des résultats du certificat d'études, Mme Angeline ISEMBOCK [28/10/1880-18/6/1945] épouse SEVIN [depuis le 12/6/1906], dirige l'école publique des filles et LE VIAVANT celle des garçons. LE ROUZIC dirige l'école privée des garçons et il y a bien une école privée des filles à Séné. Bien que sans fonction enseignate, les Soeurs vivent toujours sur Séné comme l'indique le dénombrement de 1906. Elle reviendront plus tard dans l'enseignement....
4° Bataille de la Guerre des Ecoles : la laïcisation forcée de 1910
La République est inflexible avec la laïcisation des écoles. Au motif que sa directrice ne peut montrer un bail en bonne et due forme, Marie Louise GACHET, directrice de l'école privée du bourg, reçoit l'injonction du préfet, "de vider les lieux" le 17 juillet 1910 alors que l'école comptait 165 élèves. Le camp républicain soutient cette mesure pendant la campagne électorale de 1910.
Le cinq avril 1911, la commune de Séné prend pocession de l'école libre des filles.
Le recteur de l'époque Désiré Ferdinand BELLEGO et les tenants de l'enseignement catholique privé n'ont plus qu'à se mobiliser pour contruire une nouvelle école. Celle-ci a lieu très rapidement comme nous le relate cet article paru dans le numéro du 22 avril 1911 de la Semaine religieuse du Diocèse de Vannes"
Comme nous le relate cet article de presse, le lundi de Pâques 1911 eut lieu l’inauguration de la nouvelle école privée Sainte-Anne route de Moustérian à hauteur du « Pont-Lis » . Elle se rapproche de l'école privée des garçons sise au débouché du sentier du Pont Lis.
L'école catholoique de Saint-Armel sera également bâtie sur le même schéma. Un batiment central avec deux ailes latérales sans doute pour accueillir d'un côté les garçons et de l'autre les filles. A l'étage des appartements pour les instituteurs non écclésiastiques. D'autres construcitons seront ajoutées plus tard.
Si l'inauguration a eu lieu en avril, Mlle Marie Louise GACHET déclare le transfert de son école en mairie le 24/3/1911, qu'elle dirigeait depuis le 3/9/1902.
Le 29/8/1910, Léon Marie PARISSE, natif de Plouharnel, signale en mairie sa venue à 'école privée des garçons. Le 3/8/1911, Aimé Louis Marie CAPPE (lire article dédié) arrive comme instituteur libre à Séné.
Après cette 2° bataille dans la Guerre Scolaire, l'effectif d'enseignants résidant à Séné nous est dressé lors du dénombrement de 1911. Dans le privé, Marguerite Marie LE DUC [Henvic 10/2/1892] et Marie Rosalie LANGLOIS [15/9/1862 Isigny - 6/10/1932 Séné] .
Dans le public, on compte en 1911, Désiré MOLGAT depuis sa nomination en 1910, Alfred MICHEL et Pierre LE VIAVANT. Mlle ISENBOCK, institutrice s'est mariée aves l'ostréiculteur de Séné, Joseph SEVIN.
Pierre Marie Eugène LE VIAVANT [30/9/1860 Ambon - 5/9/1924 VANNES quittera son poste à Séné après le décès de sa femme Marie Anne GUEGUIN [16/9/1862 Vannes - 29/6/1910 Séné] qu'ilm avait épousé àà Vannes le 21/1/1885. Ses affectations l'amenèrent à Pontivy (1885), puis Lanvegenen (1891), Baden (1896) et enfin Séné où il restera en poste une douzaine d'années (1900-1913).
Pour le Noël 1911, les insituteurs publics et l'administration réagissent à l'ouverture de l'école libre de Sainte-Anne et organisent un arbre de Noël à la salle des fêtes du bourg comme le relate cette article de presse. Des cadeaux et des oranges sont distribués aux enfants.
Le 12 février 1911, le Conseil municipal vote une délibération portant sur la création d'une école de hameau au village de Langle. Le 3 avril 1912, le maire Joseph LE MOUELLIC signe devant l'étude du notaire Lucien Guibert de Vannes l'acte de vente. Les propriétaires signent quant à eux le 21 mai ce même acte de vente. Marie Perrine Louise BAYER épouse de Théophile CAYRE, négociant rue du Roulage à Vannes tenaient ce terrain depuis mars 1898 quand ils l'avaient acquis à Alexandrine Falquerho et son mari François Marie Le Corvec, également négociant à Vannes. Ce sont les époux Cayre qui construire la maison qui fut avant de devenir une école, un débit de boissons, le "Café de la Terrasse".
Les Le Corvec s'en étaient porté acquérreur en avril 1889 auprès de Mme Marie Rosalie Letourny épouse JUC qui l'avait hérité à la mort de son frère Edouard. Edouard Letourny l'avait acquis le 16 mars 1879 pour 1070 Frs ...à la commune de Séné !
La commune du voter une enveloppe pour transformer l'habitation en école. Une charpente fut battie pour recouvirir la terrasse du café et constituer les appartement des instituteurs. Les classes furent créées au rez-de-chaussée. Le lot fut attribué à Jean Desmaison comme nous le relate cet article de presse. L'école fut mise en seprvice à la rentrée 1912.
Le 27 septembre 1912, M. Auguste Jules THOMER, natif de Sarzeau, épaulée de sa jeune épouse encore stagiaire, ouvrit le premier registre des élèves.
Cette vue de 1974 montre l'ancienne école de Bellevue.
L'édition de 1913 du "Grand Annuaire Administratif Commercial & Agricole du Morbihan" consultable aux archives de Vannes donne les effectifs des instituteurs en poste à Séné :Dans le Public, LE VIAVANT au bourg et GUIMARD à Bellevue; au sein de l'école libre, Aimé CAPPE [lire article dédié] et Mlles LEDUC et LE FLOCH.
Le 29 juin 1913, les classes des écoles laïques de Séné sont conviées dans les Jardins de la Préfecture. Une ambiance « républicaine » rejaillit de cette Fête des Ecoles. Le journaliste finit son article par ces quelques mots :
« Aux électeurs sénatoriaux*[grand électeurs], venus de tous les points du département et qui ont suivant notre conseil assisté à la belle fête du Parc de la Préfecture, les Vannetais ont donné un magnifique exemple de foi laïque en l’avenir de notre Ecole Nationale. »
L'avenir s'assombrira pour la France et les enfants de Séné. Un an plus tard, éclatait la Première Guerre Mondiale. Les classes de soldats de 1880 à 1900 vont être mobilisées, anciens élèves des écoles laïques ou confessionelles de Séné. 91 hommes, marins ou soldats sont Morts pour La France. (Lire pages du Centenaire).
Auguste LE ROUZIC et Alfred MICHEL insituteurs ayant exercé à Séné furent mobilisées et conbattirent contre l'Allemagne. Désiré Mathurin MOLGAT, né à Ambon le 3 février 1891, insituteur à Séné entre 1910 et 19xx?, capitaine au sein du 65° Régiment d'Infanterie fut "Tué à l'ennenmi" le 21 octobre 1918 dans les Ardennes. Ces parents vivaient au Hezo où fut retranscrit sonacte de décès. Son nom figure au monument aux morts du Hezo.
L'administration le comptabilisera encore comme instituteur à Séné en 1918 lorque le Conseil Génréal écrit qu'il fut décoré de la Légion d'Honneur.
Pendant la guerre, la nécessité de faire " l'UNION SACREE" a des répercussions sur l'enseignement.
Source wikipedia : Pour se rallier les catholiques humiliés par la politique anticléricale menée, pendant près de quarante ans, par la Troisième République, politique marquée par les expulsions des congrégations et les conditions de la séparation de l'Église et l'État, le gouvernement décide de suspendre les mesures contre les congrégations religieuses.
Le 2 août1914, le ministre de l'intérieur Louis Malvy invite les préfets « à suspendre l’exécution des décrets de fermeture ou de refus d’autorisation pris par application de la loi de 1901, des arrêtés de fermeture pris en exécution de la loi de 1904 et de toutes mesures généralement prises en exécution desdites lois ». Cette décision ouvre un régime de tolérance à l’égard des congrégations.
En 1915, les soeurs des Filles du Saint-Esprit ont pu venir habiter une maison près de l'école Sainte-Anne, bâtie pour elles par le recteur et reprendre la direction de l'école des filles; les élèves sont au nombre de 157.
Cette coupure de presse locale datée du 12 décembre 1915 sortie de la presse en ligne des Archives du Morbihan, informe les lecteurs de l'époque pendant le conflit, de la captivité de soldats morbihannais. Malgré la guerre, l'information est parvenue aux familles certes avec quelques mois de retard...
Parmi ces noms, Jean Marie MARTIN et Valentin TIFFON sont signalés comme ressortissants de Séné.....
Qui étaient-ils et dans quelles circonstances ont-ils été faits prisonniers ?
L'acte de naissance de Jean Marie MARTIN nous apprend qu'il est né à Cadouarn le 14/08/1881 au sein d'une famille de pêcheurs. Au dénombrement de 1906, il n'apparait pas au côté de ses parents et de sa soeur ainée. A 25 ans il a du quitté le giron familial...
Sa fiche de matricule nous indique qu'il est matelot lors de sa conscription autour des années 1901.
Son état civil nous informe sur son mariage à Séné le 4 avril 1910 avec Marie Pélagie LE MAY. Au dénombrement de 1911, le couple vit également à Cadouarn, alors parents d'une petite Marie Joséphine.
Jean Marie MARTIN est mobilisé et il est affecté au 91° Régiment d'Infanterie.
Sa fiche de matricule nous renseigne sur les circonstances de sa captivité. Il est fait prisonnier le 27/09/1915 sur le plateau de Beaulandre en Argonne, en fait le Bois de Bolante sur l'actuelle commune de Lachalade dans la Meuse. Il restera captif à Darmstadt jusqu'à l'armistice.
On retrouve sa trace au dénombrement de 1921 avec sa famille au complet.
Jean Marie MARTIN, ancien combattant de la guerre de 14-18, décèdera à Séné le 19/12/1958 à l'âge de 77 ans.
MARTIN et TIFFON fait prisonniers auront échappé aux combats dans la forêt d'Argonne. L'un capturé dans le Bois de Bolante et l'autre dans le village de La Harazée.
D'après un texte de Benoît Fidelin (Pèlerin).
Les combats de 1914 et 1915 menés dans les forêts d'Argonne ne permirent à aucun des deux camps une avancée territoriale. Des villages isolés, quelques prés et vergers pentus, les deux vallées de la Biesme et de l’Aire, le tout cerné par l’immense forêt hérissée de collines, irriguée d’eau douce et creusée de ravins profonds…
Comment cette enclave sauvage de l’Argonne a-t-elle pu devenir le théâtre d’atroces combats qui, sur un front de seulement 15km, coûteront la vie à 140 000 soldats français, soit 10% de nos morts de la Grande Guerre?
La faute aux états-majors qui, d’emblée, l’érigent en verrou stratégique dominant la route et la voie ferrée qui mènent par l’ouest à la place forte de Verdun. Reculant après la bataille de la Marne, les Allemands transforment le massif en forteresse et passent à l’offensive.
Sur un périmètre restreint et sous d’épais taillis qui laissent peu d’horizon à l’artillerie, à l’exception des mortiers de tranchées, les assauts d’infanterie ressemblent à des mêlées d’une folle violence. Ruées furieuses et contre attaques se succèdent en 1915 sans faire bouger les lignes.
Valentin Louis Marie TIFFON nait à Séné le 9 mai 1894 comme l'indique son extrait de naissance.
Ces parents sont alors paludiers et vivent au village de Gornevèze.
Au dénombrement de 1911, ils ont changé de profession pour celle de maçon et la famille compte 5 enfants, Valentin étant l'ainée de la fratrie. Sa fiche de matricule indique qu'il est cultivateur, journalier pour le dénombrement.
Comme sa classe de 1894, il aurait du faire sa conscription en 1914. Il n'a à peine 20 ans quand il est appelé sous les drapeaux comme l'indique sa fiche de matricule. Incorporé le 5/09/1914 il rejoint son corps d'armée en tant que soldat de 2° classe au 70° Régiment d'Infanterie.
Il est fait prisonnier à La Harazee en Argonne le 8/09/1915.
Ce jour là dans ce petit bourg de la Meuse, les combats font rage :
"Le 8 à partir de 7 heures, un bombardement d’une extrême intensité par pièces de tous calibres et par lance-bombes bouleverse les positions du 10e corps, tandis que le village de la Harazée et la vallée de la Biesme sont criblés d’obus asphyxiants. Vers 9 heures, les Allemands lancent une violente attaque d’infanterie de part et d’autre du ruisseau de la Fontaine-aux-Charmes; ils occupent trois lignes de tranchées et ne sont arrêtés qu’aux abords de la Harazée. Plusieurs contre-attaques exécutées dans l’après-midi ne parviennent à reprendre qu’une partie du terrain conquis par l’ennemi. En quelques heures, les Allemands ont enlevé nos positions sur un front de 1.800 mètres et une profondeur de 5oo à 600 mètres. Nos pertes s’élèvent à 72 officiers et environ 4.200 hommes ."
Le soldat Tiffon est quant à lui fait prisonnier et aura la vie sauve.
Il restera en captivité et sera rapatrié après l'armistice. le 10 décembre 1918. Il n'en a pas fini pour autant avec l'armée. Il change de régiment le 14/02/1919 puis encore le 28/04/1919. Il est définitivement démobilisé le 12/08/1919.
Il intègre les chemins de fer aux Batignolles à Paris.
Valentin Louis Pierre TIFFON s'établira sur Clichy La Garenne où il finira ses jours ces jour le 1/10/1963 à l'âge de 69 ans.
La seconde bataille de Champagne oppose, du 25 septembre 1915 au 9 octobre 1915, les troupes françaises à l'armée allemande en Champagne. Le principe est de lancer une offensive massive dans un secteur limité pour obtenir la rupture et assurer une exploitation profonde sur les arrières de l'armée allemande et forcer le repli de toute la partie ouest de son dispositif. C'est la raison pour laquelle chaque armée est renforcée par un corps de cavalerie. Cette attaque est coordonnée avec une offensive commune franco-britannique en Artois qui sert de point de fixation aux Allemands.
Malgré la prise de la première ligne allemande au prix d'un nombre de tués vertigineux, les forces françaises butteront sur la 2° ligne allemande. Le 1er octobre, le général Pétain fait suspendre les combats en raison des pertes trop importantes et d'une consommation de munitions insoutenable.
Pour en savoir plus sur le déroulement de ces journées on consultera l'extrait du livre édité par les Archives du Morbihan et les pages suivantes :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Champagne_(1915)
Ces quelques photos d'archives permettent de se rendre compte du drame qui s'est joué en ce mois de septembre 1915 :
La mort des soldats n’est jamais très belle;
Des croix marquent l’endroit
Des croix de bois là où ils sont tombés,
Plantées sur leur visage,
Les soldats piquent du nez, toussent et gigotent
Le monde autour d’eux hurle rouge et noir ;
Les soldats suffoquent dans un fossé,
Ils étouffent pendant toute l’attaque.
Ernest HEMINGWAY, Poèmes de guerre. Éditions Gallimard, La Pléiade I. p.515
Dans cet enfer de combats et de bombardements 12 soldats natifs ou domiciliés à Séné périrent, qui étaient-ils ?
DANET Ange Joseph Marie au 3° RIC "Tué à l'ennemi" le 10/09/1915 à Ville sur Tourbe.
Journée du 25 septembre :
CORBEL Joachim au 116° RI de Vannes "Tué à l'ennemi" à Tahure.
LE FRANC Aubin Ange, au 85° Régiment d'Infanterie "Suite de ses blessures" à Tahure.
LE BOURHIS Vincent au 9° régiment de Zouaves"Tué à l'ennemi" à Ripont.
Soldat du 52° régiment d'Infanterie Coloniale
CADERO Henri Louis Marie "Tué à l'ennemi" à Souain.
PIERRE Pierre Marie au 52° "Tué à l'ennemi" à Souain.
RICHARD Michel Jean Marie Ferdiand "Tué à l'ennemi" à Souain.
TAQUET Jean Marie du 53° Régiment d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" à Souain.
LAUDRIN Jean Marie du 3° régiment d'Artillerie à pied, "Tué à l'ennemi" le 5/10/1915 sur le chemin de Souain à Perthes.
MALRY Arsène du 62° régiment d'Infanterie, "Tué à l'ennemi" à Tahure le 7/10/1915.
GUHUR Pierre Marie - 16/05/1886 - 7/10/1915 - Ambulance 12 Vitry Le François.
JOUAN Jean Marie - 65°RI - Bois du Trapèze - blessé autour du 8-10 octobre et décès 29/10/15.
DANET Ange Joseph Marie nait à Cadouarn dans une famille de pêcheurs le 11/01/1882. Comme l'indique le dénombrement de 1906, sa mère est veuve et élève 3 enfants.
A l'âge de la conscription, il effectue son service militaire de 2 ans comme l'indique sa fiche de matricule.
Placé "en congé illimité en novembre 1905" il est pourtant mobilisé et intègre son corps le 24 décembre 1914 au 3° régiment d'Infanterie Coloniale. Il décède au combat le 10 septembre 1915 à Ville sur Tourbe.
L'historique nous décrit ces jours de septembre 1915 :
" Le 15 août, il prend les tranchées de Ville-sur-Tourbe. Les 2e et 3e bataillons sont en secteur depuis le 12 septembre. Le régiment se prépare pour la grande offensive du 25 septembre."
Ange Joseph Marie DANET avait contracté mariage en Arzon le 16/09/1910 avec Marie Joséphine DELIN.
Ceci explique que son nom n'apparait pas au dénombrement de 1911. Domicilié en Arzon, son décès est retranscrit dans cette commune où son nom figure au monument aux morts, comme il figure au monument aux morts de Séné sa commune de naissance .
Son frère cadet Auguste Marie né le 4/10/1884 sera également mobilisé en 1915 mais échappera au sort de son fère pour déceder à Damgam en 1963.
CORBEL Joachim Marie au 116° RI de Vannes "Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à Tahure.
Lire la page consacré aux "5 oubliés" de Séné.
http://senegolfe.fr/guerre-14-18/item/324-les-oublies-du-monument-aux-morts.html
LE FRANC Aubin Ange est né au bourg de Séné le 10/01/1880. Il est le 2° garçon des époux Le Franc Pierre Joseph et Le Roux Olive.
Le père charpentier de métier décède en 1904 laissant sa femme veuve comme l'indique les registres de l'état civil et le dénombrement de 1911.
A l'âge d'accomplir sa conscription Aubin s'engage pour 5 ans dans l'armée comme l'indique sa fiche de matricule.
Un temps couvreur à l'île de Groix, Aubin Ange épouse Marie Clotilde Le Normand le 8/07/1911 et se domicilie à Vannes au 20 rue de Séné (l'actuelle rue Montseigneur Tréhou) où il exerce la profession de maçon, comme l'indique sa fiche de matricule.
A la mobilisation, il est affecté au 85° Régiment d'Infanterie. Ces états de service nous indique qu'il est mort des suites de ses blessures sur le champ de bataille lors de l'attaque de Tahure le 25 septembre 1915.
Sa mère put se consoler de garder son 2° gars, l'aîné né le 28/09/1864 qui se résolut à se marier le 8/04/1918 à Vannes également.
LE BOURHIS Vincent au 9° régiment de Zouaves"Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à Ripont.
Vincent Marie Henri Le Bourhis naît à Gressignan le 31/08/1887. Son père Aimable Joseph Marie natif du Hézo, de l'autre rive de la rivière de St-Léonard, est paludier à Séné depuis son mariage avec Jeanne Marie Richard de Séné.
Lors de sa conscription en 1908; le jeune Vincent sera exempté à cause de l'asthme dont il souffre comme l'indique sa fiche de matricule, asthme sans doute lié à l'humidité du travail dans les marais.... Comme son père, il est devenu paludier et vit près du Pont Lisse et du marais de Languersac.
Le dénombrement de 1906 donne la composition de la famille Le Bourhis établie à Séné.
Elle emploie un jeune bergère âgée de 7 ans!
Il quitte Séné où il a connue sa future femme, Marie Amandine LE FLOCH, plus âgée de 7 ans, qui le rejoint à Laboissière département de l'Oise ou le jeune couple contracte mariage le 16/08/1913. Marie Amandine LE FLOCH, dont la famille, pêcheurs, réside à Bellevue, comme l'indique le dénombrement de 1911, reviendra à Séné après la mort de son époux où elle décèdera en 1954. Pour cette raison, Le Bourhis sera porté sur le monument au mort de Séné.
D'abord incorporé au régiment d'infanterie de Vannes, le soldat Le Bourhis est affecté au 1er Régiment de Zouaves dont la caserne est à Saint-Denis.
Vincent Marie Henri LE BOURHIS est "tué à l'ennemi" à Ripont département de la Marne le 27 septembre 1915. Il est âgé de 28 ans.
Son corps a été transféré dans la nécropole de de Snuippes tombe n° 3606. Son nom est égalment inscrit au monument aux mort de Laboissière dans l'Oise.
CADERO, PIERRE et RICHARD, sont tous les 3 Sinagots, tous les 3 du 52°Régiment d'Infanterie Coloniale et tous les 3 tués ce 25 septembre 1915 :
Que nou sdit l'historique du 52°RIC ? Le 52e R.I.C. attaqua en Champagne. Voici comment le capitaine Diverres narra cette attaque, la première du régiment :
« Le 21 septembre, nos parallèles n’étaient pas à plus de 100 mètres des tranchées ennemies et, bien que nos places d’armes ne fussent pas entièrement achevées, nous nous trouvions cependant dans de bonnes conditions pour entamer l’offensive.
« Comme régiment de choc, le 52e R.I.C. ne laissait rien à désirer. Il avait été aguerri par plus de six
mois d’exercices, d’entraînement, par des périodes d’occupation de tranchées et par des travaux
exécutés de jour et de nuit, à proximité de l’ennemi, sous un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses.
« Le moral des hommes était excellent, la confiance très grande, car nul n’ignorait que cette fois, une puissante artillerie appuierait le mouvement en avant et que les munitions ne feraient pas défaut. L’état sanitaire était également satisfaisant. Bien qu’un peu amaigris par les veilles et les travaux de dernier mois, nos soldats n’en étaient pas moins vigoureux, alertes, décidés et capables, en un mot, de supporter les fatigues et les vicissitudes d’une marche en avant de longue durée. Ils l’ont amplement prouvé dans la formidable bataille qui suivit.
« L’artillerie entama l’action le 22 septembre ; son tir, extrêmement violent, continua les 22 et 25 septembre et atteignit sa plus grande intensité dans la nuit du 24 au 25. des bois où le régiment était bivouaqué, on apercevait quelques points d’arrivée des projectiles d’artillerie lourde et les
bouleversements qu’ils semblaient produire dans les lignes adverses, augmentant encore la confiance de tous dans le succès.
« L’artillerie allemande répondait sans toutefois que son feu égalât la puissance du nôtre. Au cours de la préparation d’artillerie, les dernières mesures furent prises pour la marche en avant.
« Dans l’après-midi du 24, l’ordre du jour du généralissime fut lu à la troupe et chacun se prépara à
faire bravement son devoir. L’Ordre d’attaque de la division fut communiqué dans la soirée : le régiment devait faire partie des troisième et quatrième vagues, il avait pour objectif, les ouvrages de Presbourg et de Wagram, et ces ouvrages enlevés, ils devaient continuer à progresser aussi loin que possible. La route de Souain à Somme-Py limitait à gauche le secteur d’attaque de la division. « A minuit, les bataillons quittèrent leurs bivouacs pour gagner les emplacements d’attente situés tout prés des parallèles de départ. Ce mouvement, exécuté par nuit noire, dans des parallèles et des boyaux enchevêtrés , suivi par tous les éléments d’une division, s’accomplit avec ordre. A 3 heures du matin, les bataillons étaient à pied d’oeuvre et recevaient un complément de munitions (2 grenades par homme).
« Vers 6 heures, l’heure de l’attaque fut communiquée à la troupe. On eut bien soin d’expliquer aux
hommes que l’artillerie cesserait son tir à 9 heures ; que la première vague quitterait la parallèle de
départ à 9 h 10 ; que la deuxième vague la remplacerait dans la parallèle de départ et déboucherait
quand la première aurait gagné une distance de 50 mètres ; que les autres vagues procèderaient de
même ; que le tir d’artillerie reprendrait alors, non sur les premières tranchées ennemies, mais sur celles plus en arrière pour se continuer suivant notre avance.
« Jusqu’à 9 heures, l’artillerie française fut seule en action. A 9 h 10, la première vague bondit hors de la parallèle de départ et, entre 9 h 15 et 9 h 20, ce fut le tour des troisième et quatrième vagues dont le 52e faisait partie. « Mais entre le moment où cessa le tir de notre artillerie et celui où déboucha la première vague, l’ennemi s’était ressaisi. Il déclencha un formidable barrage entre ses lignes et les nôtres ; ce barrage ne réussit pas à arrêter la marche de nos vagues, mais, le régiment, sur une distance de moins de 200 mètres, laissa le quart de son effectif.
« La première parallèle allemande était faiblement occupée, il n’en était pas de même des autres, où l’on se heurta à la résistance opiniâtre de certains groupes disséminés dans des îlots de résistance soigneusement aménagés. L’ordre était de ne pas entrer dans les tranchées, mais de progresser par les terre-pleins pour ne pas ralentir l’élan, la marche en avant continua. Les vagues se reformaient d’elles mêmes, après le franchissement des obstacles, et les ouvrages de Presbourg et de Wagram furent abordés et enlevés après un rude combat de tranchée où la baïonnette joua le plus grand rôle. Peu ou pas de prisonniers : l’acharnement était trop grand de part et d’autre.
« AU-DELA des ouvrages de Presbourg et de Wagram, le terrain était à peu prés dépourvus de travaux
de défense et l’on pût s’avancer jusqu’aux dernières crêtes bordant la Py. « Mais des troupes d’attaque, il ne restait qu’une mince ligne formée de groupes d’hommes de tous les régiments, encore animés d’une belle ardeur offensive. Certains éléments, retardés par la résistance qu’ils avaient rencontrée, rejoignaient, et l’on pouvait espérer l’arrivée prochaine des réserves.
L’enthousiasme était grand malgré la fatigue et les pertes. Pour tous, la percée était un fait accompli.
Plus de 6 kilomètres avaient été franchis, 11 lignes de tranchées enlevées, dont quelques unes renforcées de réseaux encore intacts, et deux ouvrages puissamment organisés avaient été enlevés de haute lutte. Nous dûmes cependant nous arrêter, notre barrage roulant, fixé à la dernière crête de la Py, s’opposait à toute avance.
« Tout fut mis en oeuvre pour faire allonger le tir. Des agents de liaison furent envoyés vers l’arrière,
mais il est probable qu’ils ne purent remplir leur mission. Une pluie torrentielle qui tombait depuis 10
heures du matin empêchait le vol des avions et aucune liaison téléphonique n’avait pu être organisée, le personnel étant dispersé ou hors de combat. « Néanmoins, vers midi, le lieutenant-colonel Petitdemange fit savoir que l’artillerie allait allonger son tir. Notre barrage ayant été reporté plus loin, la première ligne se porta en avant. Il était trop tard. Après avoir progressé de quelques pas, la ligne était clouée sur place par le feu terrible de mitrailleuses partant d’une tranchée bordant la crête et des boqueteaux environnants. Ce feu de mitrailleuses était appuyé par un tir d’artillerie très bien réglé qui augmentait d’intensité et forma vite un obstacle infranchissable dans le secteur d’attaque de la division. »
Les jours suivants furent employés à l’organisation du terrain conquis. Le régiment fut relevé le 30 septembre et il cantonna jusqu’au 3 octobre au bivouac O (bois de Bussy).
La bataille de Champagne lui avait coûté : Officiers tués, 9 ; blessés, 22. Troupe : tués, 144 ; blessés, 665 ; disparus, 188. A la suite de ce combat, le régiment fut cité à l’Ordre de l’Armée.
CADERO Henri Louis Marie du 52° Régiment d'Infanterie "Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à Souain.
Henri CADERO Henri nait au village du Ranquin le 21/01/1879.
Sa fiche de matricule nous apprend qu'il sera un temps marin car il effectuera sa conscription comme matelot.
Il est renvoyé à Canivar’ch le 3/01/1903. De retour, il se marie le 11 janvier 1904 avec Marie Vincente Mathurine DANET. Il fonde une famille qui apparait au dénombrmeent de 1911 et compte trois enfants : Suzanne 1904, Anne Marie 1907, Henri Célestin 1909.
Il est tué à l'ennemi ce 25 septembre 1915 à Souain.
PIERRE Pierre Marie au 52° d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à Souain.
Pierre Marie PIERRE nait le 27/11/1881 à Langle, village de Séné sur la presqu'île dans une famille de pêcheurs comme l'indique le dénombrement de 1911.
Le décombrement de 1906 renseigne plus sur la famille composée de 2 frères et deux soeurs.
Sa fiche de matricule ne renseinge pas beaucoup.Soldat de 2° classe au 52° Régiment d'Infanterie Coloniale, il meurt sur le champ de bataille à Souain "tué à l'ennemi". Son extrait d'acte de décès nous dit "nous nous sommes trransporté auprès de la personne décédé et assuré de la réalité du décès...André Lavigne, Lieutenant au 52° Rgt, Lucien Nicolo, sergent..Jean GOULIANUE, Sergent. Ce décès sera attesté par un avis ministériel en date du 28 octobre 1929.
Son frère cadet Vincent Marie né le 7/10/1883 sera également mobilisé et reviendra de la guerre. Il s'était marié en 1908 et décèdera en Arradon en 1949.
Sa fiche de matricule montre qu'il fut plus chanceux que son frère ainé mort pour la France à l'âge de 34 ans.
RICHARD Michel Jean Marie Ferdiand du 52° Régiment d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à Souain.
Michel Jean Marie Ferdiand RICHARD nait à Michote le 13/03/1884. Son père est paludier à Séné et sa mère "ménagère" c'est à dire mère au foyer.
A Séné beaucoup de jeune garçon seront tenté par les métiers de la mer. La fiche d'Inscrit Martime de Richard nous indique qu'à l'âge de 17 ans il est novice à bord du Saint Germain.
Sa fiche de matricule nous indqiue qu'à l'âge de 20 ans il effectue son service militaire du 21/09/1904 au 21/01/1908.
Il revient à Séné et épouse Aimée Marie LACROIX, cultivatrice à Michotte le 20/04/1909, fille de paludier à Michot. En 1911, comme l'indique le dénombrement, il est père d'une petite Fernande.
Pour palier le manque de soldats de l'armée de terre, il quitte son poste à bord de l'Arlette pour rejoindre les drapeaux. Il est affecté au 2° Régiment d'Infanterie Coloniale de Brest puis au 52° RIC.
Il arrive dans ce corps le 22/01/1915 et il décède le 25/09/1915 à Souain. à l'âge de 31 ans. Son est enterré dans la Nécropole Nationale de La Crouée Tombe n°6970.
TAQUET Jean Marie du 53° Régiment d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" le 25/09/1915 à à Souain.
Jean Marie Vincent Mathurin TAQUET nait à Séné le 26/09/1884 quartier Saint Léonard. Son père est cantonnier et sera muté à THEIX en 1904…Sa mère Marie Perrine Jehanno est ménagère. Taquet ne résidera pas longtemps à Séné. Il se marie à Vannes le 12/09/1908 avec Eugénie Marie PRODO. Il bénéficie d'un report incorporation jusqu'au 8/08/1916. Il déclare sur sa fiche de matricule la profession de domestique. On peut suivre des domiciliatiosn successives qui ne repassent pas par la Bretagne.
Il sera domestique d’abord à Vannes puis St-Nazaire et Paris. Toutefois, il effectue sa conscription au 116°Régiment d’infanterie de Vannes. Sa fiche "mémoire des Hommes" nous indique son décès au sein du 53° RIC, à Souain le 25/09/1915. L'historique de ce régiment nous donne quelques précisions sur cette journée tragique pour les soldats français :
"Le 53e colonial prend les tranchées de premières lignes jusqu'au 27 août, puis, du 2 au 7 septembre, du 12 au 16 septembre, du 20 au 23 septembre, en avant et à l’est de Souain, menant à bonne fin et jusqu'à la veille de l'attaque, les travaux préparatoires de l'offensive qui va se déclencher.
Le 25 septembre 1915, le 53e colonial, sous les ordres du lieutenant-colonel Richard, a pour mission d'enlever la première position ennemie constituée par trois lignes de tranchées, sur un front d'environ 500 mètres et dans une zone qui, au départ, se trouve située entre Souain et le bois Sabot. Objectif de profondeur non limité.
Dispositif: deux bataillons d'assaut, formés chacun sur une ligne et dans l'ordre:
1er bataillon (commandant Le Braze);
2e bataillon (commandant Dumas) ;
Le Lieutenant-Colonel marche avec le 2e bataillon ;
Le 3e bataillon (commandant Lagrange) est en renfort de brigade, à la disposition du colonel Peltier, commandant la 20e brigade.
A l'heure prescrite, 9 h. 15, les deux bataillons d'assaut sortent de la parallèle de la tranchée Mulhouse, sous un tir de barrage ennemi qui s'est déclenché peu avant l'attaque. Avec une correction parfaite et sous l'énergique impulsion de leurs chefs, les deux premières lignes ennemies sont franchies à l'allure du pas de charge et en partie nettoyées. Continuant leur marche en avant et malgré les pertes très sensibles déjà subies, les deux bataillons attaquent la troisième tranchée qu'ils dépassent et progressent sans arrêt jusqu'à la deuxième position ennemie, la gauche à hauteur de la ferme Navarin. Les défenses accessoires de cette position non entamées par notre préparation arrêtent leur marche ; les deux bataillons prennent position en terrain découvert, en dispositif échelonné. Les deux bataillons ont parcouru plus de 4 kilomètres en une heure. Vers 10 h. 15, le colonel Peltier donne l'ordre au commandant Lagrange de se disposer à sortir des tranchées. Le bataillon, groupé dans plusieurs abris (place de l'Opéra) et tranchées adjacentes, se place dans la parallèle, non sans d'énormes difficultés que cause la présence de nombreux tués et blessés dans les boyaux et tranchées. Il sort, vers 10 h. 40, dans la formation en ligne de tirailleurs et toujours sous le barrage ennemi. Les mitrailleuses ennemies se sont révélées derrière les bataillons d'assaut — en particulier au bois Sabot — et accueillent le 3e bataillon. Celui-ci franchit les deux premières tranchées, y laisse des fractions de nettoyage et progresse jusqu'à la troisième.
Aucune trace des deux premiers bataillons n'apparaît. Une patrouille est envoyée pour reconnaître leur position et ainsi le 3e bataillon rejoint le régiment vers midi 30. II s'établit en soutien, en terrain découvert, mais toute liaison du régiment avec l'arrière a disparu et ce n'est que vers 14 heures que le Chef de corps apprend la mise hors de combat du Colonel commandant la brigade et du Général commandant la division. Le lieutenant-colonel Jung, commandant le 42e colonial, à notre droite, prend le commandement de la brigade et donne l'ordre de s'organiser dans les tranchées et boyaux ennemis situés en deçà de la deuxième position.
Aussi bien, des feux de mousqueterie et de mitrailleuses commencent à partir de la position ennemie.
C'est dans cette position que le régiment se maintient pendant les journées des 26, 27, 28, 29 septembre, sous un bombardement violent, pendant que notre artillerie, qui s'est approchée, prépare et accompagne les assauts, maintes fois répétés, contre la deuxième position par les tirailleurs marocains et trois bataillons de chasseurs."
LAUDRIN Jean Marie du 3° régiment d'Artillerie à pied, "Tué à l'ennemi" le 5/10/1915 sur le chemin de Souain à Perthes.
Jean Marie Laudrin est né le 20/09/1892 au village de Kerleguen à Séné. Le dénombrement de 1911 nous apprend que ses parents sont propriétaires exploitants agricole et que ils emploient un jeune berger âgé de 11 ans.
Sa fiche de matricule semble absente du site des Archives Départementales. Sa fiche extraite du site "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il était canonnier au 3° régiment d'Artillerie à Pied et qu'il fut "tué à l'ennemi" le 5 octobre 1915 à 700 m du chemin de Souain à Perthes. L'acte de décès sur le registre d'état civil de Séné donne plus de détails :
L'an mil neuf cent quinze, le cinq octobre à vingt heures étant dans la clairière au sud du grand bois des Bouleaux, situé à quatre cents mètres au N. du chemin de St-Ouain à Perthes, départ ..de la Meude, à 3.300 mètres environ de St Ouain. Acte de décès de Laudrin Jean Marie soldat de 2° classe né à Séné Morbihan le vingt septembre 1892 domicilié en dernier lieu à Séné, canton de Vannes est, Morbihan, mort pour la France à l'emplacement ci-dessus défini, le 5 octobre mil neuf cent quinze à quinze heures cinquante, célibataire, .....
Dressé par nous Blot Paul, capitaine commandant la 53° Batterie du 3° Régimentd d'Artillerie à pied, Officier d'état civil, su rla déclaration de Joussard René, sous lieutenant à la dite batterie et de barry Alfred, maréchal des logis, à la dite batterie, témoins qui ont signé avec nous après lecture, vu par nous Majeur Lousi, médecin chef.
Jean Marie LAUDRIN n'avait que 23 ans. Sa tombe se trouve à la Nécropole Nationale 'LA CROUEE" à lemplacement n°6594.
MALRY Arsène du 88° Régiment Territorial d'Infanterie, "Tué à l'ennemi" à Tahure le 7/10/1915.
Arsène Louis Marie MALRY nait au lieu-dit de Grand Conleau sur la commune de Vannes le 18/04/1882. Son père est agriculteur et sa mère ménagère. Il effectue sa conscription comme matelot de 3° classe du 1/10/1902 au 1/10/1903. De retour, il se marie le 25/09/1906 à Séné avec Marie Vincente MORIO, issue d'une famille de cultivateurs de 9 enfants installée à St-Léonard en Séné.
Le dénombrement de 1911 nous situe le jeune couple en Séné avec au foyer leur bébé Marguerite née cette année là.
Sa fiche militaire nous indique que le 31/07/1915 il incorpore le 88° Régiment Territorial d'Infanterie qui va être amené en Champagne. A l'âge de 33 ans, Arsène Louis Marie MALRY décède 'Tué à l'ennemi" lors de l'attaque de Tahure. L'état civil de Séné a bien retranscrit son décès avec la mention "Mort pour la France".
GUHUR Pierre Marie 16/05/1886 - 7/10/1915
Le patronyme de GUHUR ne sonne pas très "Sinaot". Pourtant Pierre Marie GUHUR nait à Séné au village de la Ville du Bois (identifié comme étant La Villeneuve) comme l'indique son extrait de naissance, d'un père Laboureur et d'une mère cultivatrice.
A 20 ans lors du dénombrement de 1906 la famille n'apparait plus sur Séné. la fiche de matricule nous indique que Pierre Marie est maneouvre à Vannes.
Plus tard il quitte le département. On le suit sur Cherbourg, Granville puis à nouveau à Vannes Bohalgo chez ses paretns sans doute. Puis à Saint-Nazaire et à nouveau à Vannes en avril 1913.
Ces origines sinagotes et sa résidence à vannes lui font incorporer le 116°RI à la mobilisation. Comme sont régiment il est amené au front de Champagne pour l'offensive. Il est blessé sur le front ce qui lui vaut d'être évacué par l'ambulance 12/4 et conduit à l'arrière du front dans un hopital de Vitry Le Francois, ville transformé en "hôpital" géant.
il y décède le 7 octobre à l'âge de 31 ans. Il fera l'objet d'une citation et son corps est enterré dans la nécropole nationale de Vitry Le François tombe 1444.
JOUAN Jean Marie 11/11/1892 - 29/10/1915 - 65°RI - 29/10/15.
JOUAN Jean Marie est né le 11/11/1892 à Moustérian, ses parents sont alors cultivateurs sur leur propre exploitation comme le souligne l'agent du dénombrement.
En 1911, la famille compte 3 garçons et accueille une jeune bergère.
La fiche "Mémoire des Hommes" nous indique son décès de suites de blessures de guerre en date du 29/10/1915 à Vichy Hopital temporaire n°42 et son affectation au 65°RI. Où et comment at-il été blessé ?
Qu'ils soient enligne sur la BnF Gallica ou sur le site tableaudhonneur.free.fr/, internet recèle de version numérisées des historiques des régiment rédigés dans les années 20-30 après la guerre. Celui du 116°RI nous relate les journées deseptembre et d'octobre 1915 :
" En juillet 1915, le 65ème relevé par les Anglais, est dirigé vers la Champagne après un repos de quelques semaines à Crèvecoeur. Au lieu des paysages verdoyants de la Somme, avec ses cultures et ses moulins à vent, c'est le paysage désolé de la Champagne Pouilleuse, avec ses landes incultes, ses routes poudreuses et ses interminables bois de sapins rabougris. Le régiment occupe d'abord le secteur de Mesnil-les-Hurlus, qu'il organise en vue de l'attaque de la IIe armée. Secteur pénible où un adversaire prévenu gêne les travaux de tous les tirs de ses canons et de ses minenwerfer. Puis, le 25 septembre, il bondit avec une admirable fougue à l'attaque des positions allemandes. Derrière les premières vagues des bataillons d'attaque (bataillon Godat à droite, bataillon Pons à gauche) marche le colonel Desgrées du Loû, tenant dans ses mains le drapeau du régiment. L'élan de la troupe est splendide, mais les mitrailleuses ennemies font rage, décimant les compagnies, dont certaines sont en quelques minutes réduites à quelques hommes. Le colonel tombe, mortellement atteint : belle fin de soldat, frappé en pleine action à la tête de son unité.
Pendant le mois d'octobre, sous les ordres du lieutenant-colonel de Vial, le 65ème attaque d'importantes positions ennemies. Le Trapèze (10 octobre) et la Courtine (24 octobre) sont enlevés de haute lutte, et de nombreux prisonniers sont capturés.
Relevé le 4 novembre, le régiment, après un repos d'un mois près de Vitry-le-Francois, prend le secteur de Tahure, qu'il lui faut organiser en plein hiver, sous des bombardements fréquents et violents."
Jean Marie JOUAN a sans doute été blessé au cours de ces combats, lors de la sanglante journée du 25 septembre ou plus tard sur les combats au bois du Trapèze. Il est évacué du front par la chaîne de soins pour gagner l'hopital temporaire n°42 à Vichy où décède à l'âge de 23 ans, célibataire.
Son corps est ramené à Séné où il est inhumé le 4/10/1915 comme nous l'indique le registre de la paroisse.
Yvon Dufrêne - Sept.1996
Histoire des marais salants de Séné (suite et fin)
4 VENTE DU SEL
Mesure des sels
Après les premières récoltes de sel, les chanoines se préoccupèrent de vendre celui-ci. Pour cela il fallait le mesurer. On alla chercher au Croisic un mouët : mesure qui était une sorte de cuve en bois, cylindrique, à six pieds pouvant contenir environ 150 kilos de sel.
Le chanoine Nebout en nota scrupuleusement la dépense:
"Alloué la somme de vingt quatre livres payée {e 10 octobre 1728 pour un mouët achepté
au Croisic pour mesurer le sel " A.D.M 69 G 2 (7)
1764 1 muy du Croisic= 22 mouëts
1785 1 mouët = 10 quartaux; 1 quartau= 15 kilos
Avant cet achat, on trouve trace aux archives départementales du Morbihan d'une vente de sels en septembre octobre 1727. Les mesures étaient alors celles traditionnellement employées pour les grains: godelée et perrée.
1 godelée, mesure de Vannes= à peu près 10 litres
1 perrée = à peu près 160 litres
"Lundi 16 7 bre vendu 2 godelés et demy de set sept sols et six deniers
Le 19 vendu une pairé deux livres huits sols," A.D.M ( 69 G 3)
Dès 1730, les salines rapportaient déjà 3185 livres au Chapitre et en 1765, elles donnaient un revenu net de 15 556 livres.
Transport et stockage
Le sel une fois égoutté sur la ladure était ramassé. Il était transporté dans des grands récipients en bois ou en paille tressée appelés gèdes ou plus tard dans des sacs.
On remplissait ses gèdes ou ses sacs à l'aide de deux petites planchettes : les salgaïes.
Les gèdes étaient portées sur la tête posées sur un morceau de tissu torsadé roulé en spirale, la torche. Les sacs étaient portés sur l'épaule. A Séné, on disait que les paludiers se reconnaissaient à ce qu'ils avaient une épaule plus basse que l'autre.
Pour ramasser le sel, il fallait être deux: pour tenir le sac ouvert, charger le sac sur l'épaule ou poser la gède sur la tête.
Le sel était porté depuis la ladure jusqu'à un terre- plein où il était mis en tas. Ces tas, les mulons avaient une hauteur d'environ 3 mètres sur une largeur de 5 mètres.
" Dans chaque ruche * on pouvait mettre à peu près une trentaine de kilos. Entre la ruche et la tête, on plaçait un rond de grosse toile Après on s’est mis à porter au sac. Alors les épaules attention!
* ruche : gède de paille tressée
Les gars, ils avaient fa peau tannée. Les gars au sel, ils étaient là dedans du matin au soir. Ils avaient les mains et les pieds. . . ils marchaient pieds nus tout le temps, hein, ces gars là.
Ah ! il fallait monter la digue, hein. C'était dur. C'étaient vraiment des bonshommes costauds qui n'étaient pas nourris comme maintenant. C'était le pain et le fard et la bouteille d'eau, c'est tout."
Témoignage de Ferdinand Quester
Vestiges d'une salorge à Michotte
A la fin de l'été, il fallait mettre le sel à l'abri des intempéries.
Au départ, le stockage se faisait directement sur le marais. Le mulon était recouvert de végétaux et d'une couche de vase ou de terre. Puis au XIX° siècle de grands greniers à sel, les salorges, furent construits par les négociants propriétaires des marais
"'En général le sel ne restait pas sur les digues. A ce moment-là il y avait ce qu'on appelait les salorges, des bâtiments où on mettait le sel. Il en existait une à la Belle Etoile qui a été abattue quand on a construit la cité. Il y en avait sur les marais de Kerbiscon et il y en a encore une en ruines que l'on peut voir dans les marais de Michotte. Les tas de sel étaient achetés par des marchands de sels et ils l'emmagasinaient là dedans."
Témoignage de Ferdinand Quester
Après la fermeture des salorges on reprit l'ancien système:
" le sel restait donc sur les marais en tas pour le garder l’hiver, on coupait des mottes en rond sur le marais et on en fais ait un toit en commençant par le bas comme on fait une toiture, Le sel étant bien tassé, et couvert par ça, l'eau ne rentrait plus dedans. Il passait l’hiver et au printemps, on le vendait. C'était pris par des collectivités. Moi ce que j'ai connu le plus c'est la maison Le 'Douarin de 'Vannes, épicerie en gros qui nous achetait le sel"
Témoignage de Ferdinand Quester
Au bas de ce document daté de 1904, figurent deux magasins à sel (salorges) où les bateaux venaient par la rivière de Noyalo charger le sel.
Le Syndicat des salines de l'Ouest présidé par M. de Limur demandait l'autorisation de construire un pont pour permettre l'accès au chemin de Brouelle:
" Les expéditions de sel se faisaient autrefois par mer, le magasin en question n'a pas été relié à la terre."
Destinations
Au XVIIIème siècle la plus grosse partie des sels est exportée vers l'Espagne. Les bateaux sont originaires de Pénerff, de l'Ile aux Moines et jaugent de 40 à 100 tonneaux .
Si on prend pour mesure celle de Rhuys: 1 muid = 3 800 kilos (au début du document est indiquée la mention "grande mesure") on trouve un tonnage global de 854 tonnes environ (quarante quatre tonnes sur l'Anglots, et cent soixante sur le Griffon Volant)
Les sels étaient exportés aussi vers la Suède comme en témoigne la requête adressée à l'Amirauté de Vannes le 13 octobre 1766. Elle relate les difficultés qu'ont les Chanoines à faire charger leurs sels sur un bateau suédois par: ''Jacques Doriot ait Steval Pierre Leduc demeurant au village de Kerarden en paroisse de Séné, Ives Lefranc et Benoit Lefranc demeurant au village de Montsarrat tous bateliers de la paroisse de Séné "qui refusent de transporter le sel depuis les marais jusqu'à Roguédas pour le prix de 2 livres par muid.
A.D.M (69 G 4)
Au XIXème siècle, le commerce des sels avec l'Espagne semble avoir cessé. Des navires de petit tonnage, descendent vers Nantes, Libourne et Bordeaux avec une cargaison de sel et remontent avec de la résine, du vin, de l'eau de vie ou des prunes.
Après la chute de Napoléon et la fin du blocus maritime imposé par l'Angleterre le commerce avec les pays nordiques avait pu reprendre.
Les bateaux norvégiens en particulier apportent la rogue (appât nécessaire à la pêche à la sardine), des bois, de la résine et repartent chargés de sel pour les ports d'Alesund, de Christiansand ou de Ber¬gen.
La rogue était des œufs de harengs, de morues, ou de maquereaux mélangés à de la saumure. Bergen, en Norvège était le centre principal de sa fabrication.
En 1820, tous les quinze jours, le directeur des Douanes de Lorient fait son rapport au Préfet du Morbihan, le Comte de Chazelles, sur les bateaux étrangers venus charger des sels:
" 'Une galiotte hollandaise: une goélette, un sloop et un brick norvégien sont venus apporter de la rogue dans les ports de ma 'Direction. Ces navires qui sont les seuls bâtiments étrangers qui aient paru sur [es côtes de votre 'Département s'en sont éloignés avec des chargements de sel." 19 août 1820. A.D.M (P 207)
LE PRIX DU SEL
Au XVIII° siècle
En 1 730, la mense capitulaire vend 124 muids 2/3 pour la somme de 4528 livres 6 sols et 8 deniers, soit 35 livres 15 sols le muid.
Dans le " Compte particulier des sels de la saline de 124 œillets appartenante cy devant à Mgr de Pressac pour les années 1764-1765 les dits sels vendus à Mr du Bodan" le muid de 22 mouëts, mesure du Croisic, vaut 50 livres soit 2 livres 7 sols et 8 deniers le mouët.
A.D.M (69 G 3)
Le prix du sel fluctue, d'une façon importante parfois, suivant les quantités de sel récoltées, la période de l'année, la demande. Ainsi dans le" Livre rentier" tenu pour le Sieur Pierre Augustin de Cramezel on trouve le détail des prix des sels" certifiés juste au Croisic en octobre 1868"
Si le muid de sel coûte 28 livres et 26 sols en août 1750, il vaut 67 livres en 1 751, 75 livres 85 sols en 1 752 et 24 livres en 1753. En octobre, novembre, décembre 1 751 et janvier 1 752 le muid atteint le prix de 100 livres ; mais en 1755, il ne se négocie plus qu'à 16 livres en juillet et 15 livres en août.
A.D.M (B 770)
Au XIX° siècle et au XX° siècle
En 1833-1834 le prix moyen du sel à Vannes est de 35 centimes au kilo pour le sel grts et 40 centimes pour le sel blanc ou raffiné. En 1838, 100 kilos de sel grts en gros sur les marais valaient 30 francs. Chez le détaillant 1 kilo valait 40 centimes et le sel raffiné au détail 65 centimes. Les prix variaient notablement d'une commune à l'autre
Prix des sels en 1845 : à Sarzeau les 1 000 kilos se vendent 60 à 70 francs ; à Ambon et Surzur 70 francs ; à Carnac 80 francs ; à Baden 80 francs ; à Pluneret 90 francs ; à Billiers 300 francs le grand muid
(le muid du Morbihan étant de 4 000 kilos, les 1000 Kg valaient 75 francs).
Ce qui faisait un prix moyen de 7,5 francs les 100 Kg. AD.M.(S255)
Ces prix ne cesseront encore de baisser après 1848.
Revenu du propriétaire et salaire du paludier dans l’ouest 1845 à 1865
Ainsi à Séné le prix de la tonne de sel a chuté de 50 francs en 1845 à 10,50 francs en 1861.
5 LE SEL UN PRODUIT TAXE ET CONTROLE
"L'origine de l'impôt sur le sel remonte à la plus haute antiquité. Introduit dans les Gaules à la suite de la conquête romaine, l'impôt sur le sel, fit partie au Moyen-âge des droits seigneuriaux, avant de devenir au XIV° siècle dans les mains des rois de France, sous l’appellation. De « gabelle du sel" l'imposition la plus durable, la plus constante, la plus éprouvante et donc la plus honnie dans la France d'avant 1789."
Gabelle et gabelous
Catalogue d'une exposition réalisée par le Musée des Douanes établi par Michel Boyé conservateur
C'est en effet au XIVe siècle sous le règne de Philippe VI de Valois que remonte la création du monopole du sel et l'établissement définitif de l'impôt en France (Lettres du 20 mars 1342 et ordonnance du 15 février 1345)
En mai 1680 fut signée à Saint Germain en Laye l'Ordonnance qui demeura jusqu'à la chute de la monarchie la Charte de la Gabelle.
L’union de la Bretagne à la France ratifiée à Nantes en 1532 se fit à la condition expresse que la province serait à jamais exemptée de tout impôt sur les sels et elle conserva ces franchises en 1680.
Sous l'Ancien Régime: gabelous et faux sauniers
En Bretagne, province franche le minot de sel ( 52 1) coûtait entre 1 et 3 livres alors qu'en Mayenne, en Anjou, en Touraine et dans le Maine , pays de grande gabelle, il valait entre 58 et 60 livres.
Cet écart considérable était une véritable provocation et la contrebande et la fraude firent rage aux marges de la Bretagne.
Le sel sur lequel la gabelle n'avait pas été acquittée s'appelait le faux sel d'où le nom de faux sauniers donnés aux contrebandiers du sel.
Un des plus célèbres de ces faux sauniers fut sans doute Jean Cottereau dit Jean Chouan qui fut sous la Révolution l'un des chefs de l'insurrection appelée à cause de son surnom la Chouannerie.
La Ferme Générale chargée sous l'Ancien Régime de percevoir la gabelle employait pour essayer de juguler la fraude une véritable armée de gabelous.
A la fin du XVIIIe siècle, sur l'ensemble du territoire, la Ferme alignait 15 000 hommes (soit cinq fois plus que la Maréchaussée).
Le faux saunage était puni très sévèrement. Les contrebandiers en bande, au nombre de 3 et au dessus, armés de fusils, pistolets, baïonnettes, épées, bâtons ferrés ou autres armes, étaient condamnés à la peine de mort, les autres aux galères.
Les faux sauniers sans armes étaient passibles d'une amende de 200 à 300 livres qui à défaut de paiement était convertie en peine de 3 à 6 ans de galères (9 ans avec flétrissure, c'est à dire marquage au fer rouge à l'épaule, en cas de récidive).
Pour les femmes, les peines de galères étaient remplacées par des peines de fouet et de bannissement hors de la région.
Les enfants tombaient sous le coup de la loi à partir de 14 ans (déclaration du 12 juin 1722). De 1680 à 1748, 11 000 faux sauniers furent envoyés aux galères.
Documentation:
Gabelle, gabelous Michel Boyé, Nelly Coudier (Musée des Douanes )
L'A venture du Sel Micheline Huvet- Martinet (Editions Ouest - France )
Séné, située loin des pays de grande gabelle, ne fut guère concernée par la contrebande du sel. Il fallut attendre , après la suppression de la gabelle en 1790, le rétablissement en 1806 par Napoléon Ier d'un nouvel impôt sur le sel pour voir les marais se couvrir des casernes, corps de garde , guérites et cabanes des préposés des Douanes impériales.
L'impôt sur le sel de 1806 à 1945
Les campagnes napoléoniennes coûtaient cher et l'Empire pour augmenter ses ressources fiscales pensa à nouveau à l'impôt sur le sel.
L'Etat n'aurait plus le monopole de la vente du sel comme sous l'Ancien Régime mais un droit d'enlèvement du sel sur les marais serait établi.
Par décret du 16 mars 1806 un nouvel impôt fut créé qui instituait un droit de 0,10 francs par kilogramme sur" les sels provenant soit des marais salants, soit des salines et fabriques de l'intérieur."
Ce droit fut porté, dès le 27 mars, à 0,20 francs.
Dans le même temps on se préoccupa des modalités de recouvrement de l'impôt et le 11 juin 1806, un autre décret stipula que la surveillance des préposés des douanes s'exercerait "jusqu'à la distance de trois lieues de rayon des fabriques et salines de l’intérieur."
Les marais salants furent étroitement surveillés par une armée de douaniers. Les douaniers à pied, les matelots des douanes sur leurs "pataches" et les brigades à cheval créées en 1807 assuraient la garde des marais. A.D.M ( P 207 )
Le 20 septembre 1809 un décret fixa les conditions d'enlèvement: le paiement des droits était certifié par la délivrance au Bureau des Douanes (à Séné, il était situé à la caserne des Quatre Vents) d'un acquit de paiement qui donnait la quantité de kilogrammes de sel sur lesquels les droits avaient été payés, indiquait le lieu de destination, le moyen de transport et fixait le délai pour parcourir la distance.
Il fallait pouvoir présenter ce document à toute réquisition des douaniers.
Ces douaniers, il fallut les loger et cela se fit tout d'abord, non sans conflit parfois, chez l'habitant, grâce au droit de réquisition dont disposait le préfet. Mais, très vite on entreprit la construction de casernes.
A Séné on compta trois casernements principaux aux Quatre vents, à Kerbiscon (près de Balgan) et à Billorois (dans l'île de Mancel.)
Au mois d'août 1809 furent dressés les procès verbaux de réception des casernes des Quatre Vents et de Kerbiscon. A.D.M (P 203)
C'était la caserne la plus importante, où se trouvait le bureau du receveur général. Vendue dans les années 30, elle fut un temps une colonie de vacances. C'est aujourd'hui une maison particulière.
Lors du recensement effectué en 1841 on dénombre 98 douaniers dont 31 dans la seule caserne des Quatre Vents (à la même date on recensait 91 paludiers)
".Les agents des 6rïgaâes sont organisés militairement, armés, souvent casernés, ils portent l’uniforme. La discipline, très stricte régit même certains actes de leur vie privée: mariages, déplacements, etc ...
Les brigades comptent dans leurs rangs beaucoup d'anciens militaires."
(Gabelle et Gabelous)
Si les lieutenants, brigadiers et sous brigadiers avaient une instruction suffisante pour rédiger les procès-verbaux établis aux bureaux des Douanes, nombreux étaient les préposés qui savaient tout juste signer.
Pour aider les préposés qui ne savaient pas compter, l'administration des Douanes mit à leur disposition des sortes de bouliers: les fasquelines, qu'une circulaire du 19 août 1816 décrit ainsi "appareil composé de cinquante plaques de fer-blanc marquées et numérotées par dizaines, et passées dans un anneau de fer adapté à un manche en bois "
La Douane et les douaniers de l'Ancien Régime au Marché Commun Jean Clinquart- Editions Taillandier
La vie quotidienne des agents affectés à la surveillance des marais salants, zones peu salubres, où sévit alors à l'état endémique " la fièvre des marais" est peu enviable. Leurs conditions de travail étaient très dures et leurs rétributions assez faibles.
Fasqueline : appareil mis à la disposition des douaniers qui ne savaient pas compter à partir de 1816. Il servait aux préposés à dénombrer les sacs de sel.
Ligne Brunel : petit grapin utilisé par les matelots des douanes pour la récupération des objets flottants.
La fraude du sel
Pour contrer les enlèvements frauduleux de sel sur les marais, la surveillance s'exerçait en toutes saisons, de jour comme de nuit. •
Ces enlèvements se faisaient" à col", c'est à dire à pied en portant un sac sur le dos, mais aussi avec des chevaux, en canot ou en yole et même avec des voitures à double fond.
On procédait par petits groupes de 2 à 3 personnes, mais c'était aussi des bandes armées beaucoup plus nombreuses, de plusieurs dizaines d'individus et même parfois plusieurs centaines comme à Carnac où en 1806 les douaniers se trouvèrent sur les salines de Beaumer face à environ 300 fraudeurs de sel. Ces échauffourées se terminaient par des blessés plus ou moins graves et parfois par des morts comme à Billiers en 1806 où Yves Le Floch, tailleur d'habits de 19 ans reçut "un coup de balle par les reins côté gauche et sorti par le flanc droit vers l'aine et à la suite de ce coup perdit une si grande quantité de sang qu’il en est mort. "
A Séné, si les batailles rangées entre douaniers et contrebandiers ne firent pas de victimes il y eut quand même des blessés comme sur les marais de Kerbiscon en 1814
Bataille rangée sur les marais de Kerbiscon
Le 26 aoûtl814, vers huit heures du matin, le sieur Delarue lieutenant des douanes à la caserne de Kerbiscon rencontre aux environs de la caserne, Joseph Prêté dit" Sabot " bien connu de lui pour être un fraudeur multi récidiviste:
"Tu viens encore sans doute prendre tes mesures pour attaquer nos marais." lui dit-il.
" Bien. au contraire, lui répond le dit Sabot, je viens vous voir pour vous prévenir qu’il se forme un grand rassemblement composé de militaires et d'habitants de la ville et des environs, et que je crois qu’ils se porteront ce soir sur nos marais."
Il ajouta "Les militaires doivent venir armés et surprendre les préposés."
Joseph Prêté alla aussi prévenir" le Sieur Gaugain lieutenant principal à Vannes" qui alerta ses supérieurs: l'inspecteur des Douanes Rousseau et le contrôleur de Brigade Compagnon. Ceux-ci prirent leurs dispositions et dressèrent un plan de bataille.
Sur leur ordre, on rameuta toutes les brigades des environs : de Séné, bien sûr mais aussi de Saint Avé, de Mériadec, d'Arradon, de Plescop, de Theix, de Saint Nolff. On fit appel aussi aux grenadiers des 130ème et 75ème régiments de ligne en garnison à Vannes et on dressa des embuscades autour de la ville.
Le lieutenant Jean Louis Miclet embusqué avec quatre grenadiers dans un pré à proximité du cimetière de " Bois Moreau'' laissa passer la bande entendant les militaires qui disaient ".Ah, ah, on dit que ces gens là sont des cranes, nous allons les remuer."
Vers les dix heures et demie du soir, les douaniers embusqués près des marais virent 's'avancer et entrer sur lesdits marais une troupe nombreuse d'individus pouvant être composée de soixante à quatre vingt hommes, parmi lesquels nous en avons distingués à peu près la moitié de militaires dont partie armée de fusils, et d’autre de sabres et quelques uns non armés." Les douaniers les laissèrent entrer sur les marais et charger le sel dans les sacs qu'ils avaient apporté avec eux, puis refermant le piège, ils intervinrent leur faisant les sommations d'usage auxquelles répondirent des coups de fusil et des cris " 'En avant sabre en main, baïonnette en avant."
Les douaniers répliquèrent et les fraudeurs surpris par le nombre se dispersèrent alors à travers les marais en abandonnant leurs sacs. On récupéra 18 sacs représentant 730 kilos de sel.
Sur les marais mêmes, on arrêta deux militaires du 130ème de ligne et deux civils, habitant le quartier de Saint Patern à Vannes.
L'un des militaires, Jean Baptiste Malherbe, grenadier au 130ème fut blessé à l'épaule d'un coup de feu et le tambour maître Jean Barbier, qui tenta de résister, dut finalement se rendre, cerné par les baïonnettes des préposés. Voilà le témoignage du préposé Jean François Le Breton du poste de Langle qui procéda à son arrestation:
"J'ai présenté la baïonnette audit Barbier qui était armé d'un sabre nud, en le sommant de se rendre. Le préposé Guillevic l’a pris au collet, moi je lui ai saisi la main qui était armée de son sabre. Il se débattait, mais le lieutenant Trastour survint et lui dit de rendre son sabre qu'il ne lui serait fait aucun mal. Alors il me le remit et je le confiai au préposé Le Maréchal. Le dit Barbier se mit à genou et dit : fusillez moi, nous passons demain la revue, ne me me¬nez pas devant mon colonel, je suis un homme perdu. Il fut conduit à la caserne de Kerbisccon."
Outre Jean Marie Quérel, sans profession habitant place Cabello et Jean Mathurin, garçon couvreur rue de la Tannerie capturés avec ces deux militaires, les patrouilles organisées et les barrages dressés aux entrées de Vannes permirent d'arrêter huit autres personnes soupçonnées d'avoir fait partie de
la bande. •
Sur les onze heures du soir, les douaniers à cheval de la brigade de Meu¬con arrêtèrent cinq "individus, couverts de vase" qu'ils conduisirent "au corps de garde des douanes sur le quay à 'Vannes ". Il s'agissait de Nicolas Guérin, marchand de quincaillerie; Louis Pourchasse dit Mirecourt , garçon d'écurie; Yves Fohan¬no, maréchal; Michel Robin, garçon boulanger habitants dans le quartier de Saint Patern et Denis Augé fondeur de cuillères et raccommodeur de faïence , ''sans azile".
• Vers les six heures du matin, ''.Le sieur Moroy, cavalier des douanes résidant à fa caserne de Sainte Elisabeth, contrôle de 'Theix, arrêta auprès de Saint Léonard "deux individus dont l'un fui dit se nommer Davase fils demeurant chez son père à 'Vannes rue du Roulage, l'autre ne s'étant pas nommé a dit être journalier travaillant chez les boulangers à Vannes" ••
Ils lui déclarèrent "qu'ils avaient été forcés par {es militaires de se joindre à ceux pour faire partie de l'attroupement considérable qui s'était porté sur les marais et qu'ils s'étaient enfuis fors de la fusillade."
''
.Le Sieur Jean Miclet, Lieutenant ambulant à Plescop, à la tête de 4 grenadiers du 130e de liqne, embusqués près du cimetière du Bois Moureau " arrêta un individu couvert de vase " qui en répondant à ses interpellations" s'est dit être de Camors mais n'a pas voulu se nommer, ni aire d'où il venait " Le lieutenant remarqua "que cet individu était sans cha¬peau, ni bonnet et n'avait qu'un soulier." Il fut identifié plus tard comme étant Fran¬çois Leloire, journalier.
En continuant, ils aperçurent aussi "un individu, chargé d'un sac qui prit la fui¬te jetant son sac." Le sac, ramené à Vannes et pesé, contenait 16 kilos de sel qui s'ajoutèrent aux 730 kilos trouvés sur les marais.
Joseph Prêté qui avait pris la tête de l'attroupement jusque sur les marais s'était abrité lors de la fusillade dans une cabane de douaniers. Il ne fut pas inquiété.
Laurent Calvil déclara "être en ribote" et après être allé chez un oncle à Saint Léonard et étant ivre avoir couché chez Jacques Le Roux cabaretier à saint Léonard. Celui ci et sa femme confirmèrent ses dires.
Denis Augé, lui dit, avoir voulu se rendre ce jour à Muzillac avec l'intention d'aller à la Rochelle où il se proposait "de travailler aux vendanges ». Mais rendu à une lieue de Muzillac, il réfléchit qu'il n'avait pas de quoi faire la route et revint pour se faire arrêter près de Saint Léonard.
Le juge lui fit tout de même remarquer qu'étant parti à cinq heures de l'après midi et s'étant rendu "à une lieue de : Muzillac qui est éloigné de cette ville de six lieues de poste" et se retrouvant entre dix heures et demie et onze heures aux environs de Saint Léonard" il en résulterait que dans l'espace de cinq heures et demie" il aurait fait "près de neuf lieues ce qui n'est guère présumable."
La Cour d'Assises du Morbihan prononça l'acquittement de Denis Augé, de François Leloire et de Laurent Calvil.
Elle décida qu'Antoine Davas, 16 ans serait détenu pendant quatre ans dans une maison de correction et le plaça sous la surveillance de la haute police pendant dix ans.
Nicolas Guerrin, Michel Robin, Louis Pourchasse, Yves Fohanno furent condamnés à six ans de réclusion mais les plus sévèrement condamnés furent Jean Pierre Barbier, Jean Baptiste Malherbe, Jean Mathurin et Jean Marie Quérel à qui la cour infligea une peine de six ans de travaux forcés.
Ses huit condamnés avant de subir leur peine furent "exposés aux regards au peuple pendant une heure" dans un carcan, un écriteau placé au dessus de leur tête indiquant leur délit .
A.D.M ( U 1855)
Ils furent soumis aussi à la surveillance de la haute police pendant toute leur vie.
Dans les dossiers de surveillance légale des condamnés (A.D.M 539) on retrouve la trace de Jean Pierre Barbier. En octobre 1815, sa peine de six ans de travaux forcés avait, par grâce royale, été commuée en celle d'un an d'emprisonnement. Il fut libéré du bagne de Brest et en janvier 1816, obtint un passeport pour se rendre à Vannes où résidait sa femme.
On ne sait s'il en fut de même pour les autres condamnés
6 LE DECLIN DES SALINES
La baisse considérable du prix du sel illustre bien le déclin rapide des salines de l'Ouest dans la seconde moitié du 19ème siècle.
Une législation défavorable
Une loi promulguée le 17 juin 1840 modifie les règles du commerce du sel réduisant les droits d'entrée sur les sels étrangers et permettant la concentration des Salins de l'Est et du Midi aux mains de grandes compagnies.
En 1856, une coalition est créée autour de la société Renouard et Cie qui deviendra la Compagnie des Salins du Midi. La société Henri Merle qui deviendra la Compagnie Péchiney crée la même année le Grand Salin de Giraud en Camargue.
Les récriminations sont nombreuses contre les différentes dispositions de cette loi.
En 1856, le Ministre de !'Agriculture, du Commerce et de l'industrie lance une grande enquête sur la production et le commerce des sels dont le rapport sera publié en trois volumes en 1868 et 1869.
Le 20 juin 1851, la Société d'Agriculture de Vannes proteste auprès de la Commission d’enquête:
"Les individus employés à la production. du sel sont foin d'être heureux depuis la réduction des droits d'entrée sur les sels étrangers laquelle a ouvert une large concurrence à ceux du pays et par suite a fait considérablement baisser le prix de vente."
Concurrence déloyale
Les propriétaires, négociants, sauniers et cultivateurs de sel de la Vendée, de la Loire Inférieure et du Morbihan adressent au Sénat une pétition s'élevant contre la concurrence déloyale dés Salines de l'Est et des Salins du Midi.
"Les pétitionnaires se plaignent de ce que le sac de sel de 100 Kg qui se vend à 'Dieuze (Meurthe) à la porte même de la saline 17 francs droit acquitté est livré à Paris après un voyage de 300 km à 13 francs 50 ou 14 francs toujours droits acquittés. "
"Les sels de l'Ouest se rencontrent donc sur les marchés avec des produits qui ont profité de grandes réductions sur les frais de transport par l’application des tarifs différentie des compagnies de chemin de fer. En outre ces sels ayant été obtenus par des associations financières puissantes exploitant sur une échelle considérable les saûnes de l'Est ou les marais du Midi celles-ci dans un intérêt d'avenir peuvent faire des sacrifices momentanés sur les prix de vente que les producteurs des sels de l'Ouest seraient hors d'état de se permettre assurément.
Ils se trouvent que la concurrence ainsi permise devient la lutte du pot de terre contre le pot de fer."
La voie ferrée est arrivée à Nantes en 1851, à Saint Nazaire et Rennes en 1857, Redon, Vannes, Lorient, Saint Brieuc en 1862, Quimper, Pontivy en 1864, Morlaix, Brest en 1865 et à Dinan en 1868.
Ce développement des compagnies de chemins de fer qui pratiquent des tarifs préférentiels pour les compagnies des Salins de l'Est et du Midi porte tort aux Salines de l'Ouest réparties entre de petits négociants qui ne peuvent obtenir les mêmes avantages.
Entre 1850 et 1870, l'Ouest a perdu sa position dominante dans presque la moitié des départements qui constituaient son marché traditionnel (19 sur 39). (Enquête sur les sels 1866.)
Pendant la même période les salines du Midi ont augmenté de 35% leurs ventes, et les salines de l'Est et du Sud Ouest de 90%.
Découverte d'une nouvelle technique de conservation
En 1824, le nantais Pierre Joseph Colin appliquant la nouvelle technique de conservation découverte par Appert et connue sous le nom d'appertisation ouvre à Nantes la première usine de conserves. Le salage est remplacé par la stérilisation en boîtes.
Vignette publicitaire, manière d’ouvrir les boites de sardines « Jockey Club » de Saupiquet.
Nantes vers 1900
En 1860, on compte 22 "fricasseries" dans le Morbihan.
La première crise de la pêche à la sardine intervient entre 1880 et 1887. Les sardines désertent les côtes bretonnes et dès 1880 le lorientais Delory installe une conserverie à Sétubal au Portugal. Chancerelle de Douarnenez et Saupiquet de Nantes l'imitent et s'implantent au Portugal et en Espagne
En 1883 Vigo en Espagne possède 3 conserveries, elles sont 137 en 1905.
Il y a plusieurs raisons à ces " délocalisations":
1. une plus grande docilité de la main d'œuvre.
2. une période de travail plus longue sur les salines: 10 mois contre 4.
3. une production d'huile sur place.
Les bateaux étrangers ne viennent plus charger le sel.
Le sel du Portugal et de l'Espagne étant meilleur marché, les bateaux norvégiens désertent les ports bretons. A cela s'ajoute, à partir de 1880, la crise de la pêche de la sardine faisant que les besoins en rogue des pêcheurs sont bien moins importants,
M. Dubois, négociant à Vannes signale dans sa réponse à l’Enquête sur les sels de 1866:
''Autrefois la Norvège, la Suède, la Hollande etc ... étaient pour l'Ouest d'importants débouchés. J'ai expédié beaucoup de sel dans ces contrées. 'Depuis quelques années, leurs navires deviennent de plus en plus rares sur nos côtes; mes dernières opérations remontent à 1859, 1860.
'En 1859, j'ai expédié sept navires norvégiens et en 1860 quatre seulement. 'Depuis fors, malgré nos pris avilis, il ne m'en a été adressé aucun ". Enquête sur les sels, 1866 A. D.M ( 1-3 F 207)
M. Voirin le Receveur des Douanes aux Quatre Vents le confirme:
"Les sels de Séné ont peu de débouchés; ils sont presque exclusivement enlevés par des sauniers qui les revendent dans l'intérieur au département " Enquête sur les sels, 1866
A cette évolution du commerce du sel s'ajoute la spéculation de négociants
"L’exportation qui autrefois avait lieu à destination de la Suède et de la Norvège a complètement cessé depuis 1861 "
"La plus grande partie du sel est dirigée par terre sur les voies de l'intérieur de la Bretagne spécialement, Napoléonville* et Rennes. Quelques chargements sont en outre expédiés en cabotage sur Nantes." * Pontivy
"La plupart des propriétaires ne vendent plus leur sel directement aux consommateurs mais le livrent à de gros négociants de Nantes et autres qui spéculent sur la denrée achètent lorsque les cours sont au plus bas, concentrent de grandes quantités de sel entre leurs mains et profitent de la hausse qui se produit." Delandre, directeur des Contributions Indirectes
Enquête sur les sels, 1866 A.D.M ( 1-3 F 207)
Conditions de vie des paludiers
La situation des paludiers devient critique. En 1857, Antoine de Cramezel propriétaire de marais à Surzur envoie une lettre au Préfet du Morbihan dans laquelle il cite l'exemple d'un de ses paludiers.
" Benoit Hervé, paludier qui travaille les sels de Kergonan est un homme de 44 ans, il a avec lui sa femme âgée de 49 ans, six enfants mâle de 4 à 18 ans et se trouve en outre chargé de son vieux père âgé de 85 ans. J’aurais eu au commencement du siècle, sous l'empire 900 kilos de sels exempts de droit ce qui lui eut valu de 250 à 270 francs suivant plus ou moins de facilité qu'il aurait et à s'en défaire, on l'aidait ainsi à élever une grande et robuste famille capable de donner à l'état de vaillans défenseurs car cette race de paludiers de la côte est de haute taille et d'un caractère ferme en même, temps que paisible.
Aujourd'hui, Benoit avec ses 9 bouches à nourrir a 520 Kgs qui lui valent 41,60 francs au fieu de 270 francs. Autre perte pour le paludier, le sel dont ils ont la récolte entière n'a plus son prix au dessus du sel commun, depuis qu'on en raffine de plus blanc et de plus fin." •
A.D.M (P 204)
Les paludiers sont rémunérés le plus souvent " au quart " (le quart de la récolte). L'évaluation de la production est faite généralement par un expert désigné par le propriétaire. Des partages plus avantageux existaient" au tiers" et "à moitié" pour maintenir des paludiers sur les exploitations.
La troque des sels
Sous la pression des grands propriétaires terriens qui font état de la misère de leurs paludiers, la "Troque" supprimée en 1791 est rétablie sous la Restauration par une Ordonnance du 30 avril 1817.
En vertu d'un privilège datant de Jean IV, une part de sels en franchise de tous droits était allouée à chacun des membres des familles de paludiers et de sauniers pour leur permettre de " troquer " ce sel dans les villes et villages de l'intérieur contre des quantités équivalentes de céréales.
La loi du 17 juin 1840 avait prévu son abolition dans un délai de 10 ans mais ce délai fut prorogé jusqu'au 1er janvier 1865.
L'une des revendications des paludiers est le rétablissement du bénéfice de la troque, bien qu'ils ne se fassent pas d'illusion comme le montre cette déposition de M. Simon, propriétaire de marais salants et paludier à Séné, dans l'enquête sur les sels de 1866.
"Le déposant est propriétaire de deux, marais contenant 68 œillets et d'une superficie de 3 hectares environ. Il cultive lui-même, ses marais et quelque que soit leur produit, il compte bien ne pas les abandonner, car il est vieux ; et il les aime.
Autrefois, la troque lui était d'un grand secours, sa famille se composant de dix personnes, chacun de ses membres en profitait. On désirerait dans les pays la voir rétablie mais on l'espère peu."
Enquête sur les sels, 1866
A.D.M ( 1-3 F 207)
Mais, ceux-ci sont souvent contraints de se louer en plus comme journaliers pour compléter leurs ressources. Après la suppression définitive de la troque du sel, beaucoup abandonnent les marais.
"Les paludiers sont de plus en plus misérables: ils abandonnent presque entièrement la culture des marais salants, et essaient de gagner leur vie en travaillant aux champs. Ils cultivent sur les digues des marais, du froment, de l’avoine et récoltent assez pour pouvoir se nourrir pendant quatre mois environ. Si les propriétaires ne se décident pas à les payer à la journée, ils quitteront tous leur état de paludier préfèreront gagner aux champs 1 franc par jour plus la nourriture comme les autres ouvriers. Déjà, un certain nombre d'œillets sont abandonnés depuis l’année dernière:"
M. Voirin Receveur des Douanes aux Quatre Vents
Enquête sur les sels 1866.
La situation des derniers paludiers, avant la seconde guerre mondiale n'avait pas évolué.
"Ces gars-là qui faisaient ce qu'on appelle le paludier, c'étaient des gars qui avaient en général deux, ou trois vaches. La femme, s'en occupait. Ils avaient la moitié du sel pour eux et la moitié pour le propriétaire. On leur donnait un bout de terrain qu'ils travaillaient eux-mêmes où ils pouvaient semer de l’orge, planter des betteraves et une petite prairie pour faire des foins pour leurs bêtes."
" Et quand ce n'était pas la saison du sel , ils travaillaient soit en carrière pour arracher la pierre, soit chez les cultivateurs au moment des grands travaux, L'hiver, ils venaient casser du bois. Ils étaient pris un peu à tout faire. "
Témoignage de Ferdinand Quester
Le paludier, outre sa part de sel gris disposait de "la fleur de sel", le sel blanc et il était payé pour les travaux de remise en état de la saline, pour la livraison de la récolte (1 franc par tonne) et pour l'entretien du mulon si le sel restait plus d'un an sur le marais.
Vente ou démolition des casernes, diminution des effectifs des douanes
La fraude de l'impôt sur le sel au XIX° siècle n'eut jamais la même importance que le faux saunage sous l'Ancien Régime. Au fil des années, et surtout à partir de 1840, le revenu fiscal que représentait la taxe sur les sels diminue régulièrement par rapport aux autres revenus.
L'impôt sur le sel constituait en 1816 près de 50 % des perceptions de la douane. Cette part n'était plus que de 25% en 1848, de 13% en 1845, de 5 % à compter de 1880 et en 1925 elle avait chuté à 1,5%.
La douane et les douaniers de l'Ancien Régime au Marché Commun.
Jean Clinquart Editions Taillandier
En 1926, la surveillance permanente sur les marais cessa. Les sauniers durent seulement tenir une comptabilité soumise à des contrôles inopinés des services des douanes.
Vingt ans plus tard, en 1945, l'impôt lui même fut supprimé définitivement. Quand la surveillance des marais devint de moins en moins rentable, on entreprit de vendre casernes, guérites et corps de garde et les effectifs des brigades diminuèrent.
Séné conserva la caserne des Quatre Vents mais la caserne de Billorois fut vendue et celle de Kerbiscon en mauvais état fut démolie et les matériaux furent achetés en 1886 par un marchand de bois de Vannes, M. Le Guen pour la somme de 140 francs.
A.D. M ( P 220)
Le Maire de Surzur fait état lors du recensement effectué en 1866 de l'incidence du départ des brigades des douanes sur la diminution de la population:
"'Rapport sur tes causes connues ou présumées des augmentations ou diminutions que présente ce dénombrement comparé à celui de 1861 ".
Il y a 65 habitants en moins, diminution attribuée à : "la suppression de plusieurs brigades de douanes qui a eu lieu l’an dernier. Le retrait de ces préposés dont les nombreux enfants disséminés dans cette commune et qui ont presque tous suivis leurs parents est le seul motif auquel nous puissions imputer la diminution de la population que nous croyons avoir recensée avec la plus scrupuleuse attention."
A.D.M (6M 16)
Evolution de la propriété salicole
De 1721 à 1791, les salines ont appartenu à titre individuel ou collectif aux Chanoines du Chapitre de Vannes. En 1791 les biens du clergé furent confisqués et les salines furent vendues comme domaines nationaux.
M. Le Mauff, capitaine de vaisseau du Roy acheta 75 œillets pour la somme de 16 000 livres. M.Guillemet, marchand à Vannes acheta 103 œillets pour 5425 livres.
Mais la plus grande partie, 2307 œillets fut achetée par Augustin Périer commandant des Gardes Nationaux de Lorient et Administrateur de la Compagnie des Indes pour un prix de 280 525 livres. Il les revendit presque aussitôt à MM Lucas, Le Mauff et Poussin.
La dernière création de salines à Séné fut celle de la Villeneuve dans l'anse de Mancial, asséchée après qu'une ordonnance royale du 7 juillet 1824 eut autorisé M. Jacques Martin et M. Edouard Louis Lorois qui deviendra préfet du Morbihan en 1830 à construire une digue entre la pointe du Bill et la pointe du Peschit. La digue fut construite en 1827 et l'assèchement fut achevé en 1830.
Au cours du XIX° siècle, les marais salants appartiennent à des propriétaires terriens, comme Levesque Hippolyte, Comte de la Ferrière à Tréhon en Loudéac (un des propriétaires du marais de Mézentré Michot), ou Philippe Alexandre de Kerarmel à Parc Le Gal en Larré (propriétaire en 1890 du marais du Grand Falguérec)
Des négociants peu ou prou intéressés par le commerce du sel achètent aussi des salines. comme Alexandre Yves Marie Soymié d'Etel qui, en 1830, créa sur le port la première usine de conserves de sardines à l'huile.
Après la crise de la pêche à la sardine de 1880-1887, Alexandre Soymié pour faire face à ses difficultés financières vendit les salines qu'il possédait au Hézo et à Séné. Un autre gros négociant de « sels en gros, poissons secs et salés", Auguste Fortune Théodore Douaud de Nantes les acheta en 1897.
Mais posséder des marais salants étaient de moins en moins rentables et dès 1866 les salines étaient déjà fortement dépréciées.
"Avant la loi du 17 juin 1840, dans les localités où l’hectare de marais salants se vendait entre 3 000 et 4000 francs les meilleures terres valaient 1 000 francs, on ne trouve plus à vendre ces mêmes marais 600 francs et les terres ont triplé de valeur. "
M. Dubois négociant à Vannes Enquête sur les sels, 1866
Aussi à la fin du XIX° siècle et au début du XX° siècle, les négociants et les propriétaires terriens vendent leurs marais aux agriculteurs et aux paludiers.
Petit à petit, l'activité salicole se désorganise. Elle ne représente le plus souvent qu'une ressource d'appoint. Les marais mal entretenus, travaillés dans de mauvaises conditions sont progressivement abandonnés.
La saignée de la guerre 1914-1918 n'arrangea rien sans doute et peu avant la seconde guerre mondiale, la saliculture sur les marais de Séné était en voie d'extinction.
Seuls, quelques paludiers continueront quelques années encore après la guerre de 1939-1945 à récolter le sel. Le dernier paludier cessera toute activité en 1951.
Merci a Yannick ROME.
De 1914 à 1915, basé à Malte, le Léon Gambetta opère en mer Adriatique, participant au blocus de la Marine austro-hongroise, dans la 2e escadre légère du contre-amiral Victor Baptistin Sénès.
Le 27 avril 1915, le croiseur Léon Gambetta, commandé par le capitaine de vaisseau André, mais à bord se trouve aussi le contre-amiral Sénès, est torpillé par deux fois par le sous-marin autrichien U.5 commandé par le commandant Von Trapp à l’entrée du canal d’Otrante en mer Adriatique à quatorze milles nautiques du cap Santa Maria di Leuca (Pouilles, côte italienne).
Le navire, venant de Malte, devait protéger les cargos chargés de ravitailler le Montenegro. Le bâtiment prend rapidement de la bande. Un seul canot peut être mis à l’eau. Les Allemands prennent une photo du bateau évacué.
Le canot est prévu pour 58 hommes, mais 108 marins parviennent à y prendre place, et comme le temps est beau, ils font route aussitôt vers la côte italienne. Il est 2 h. Le canot atteindra miraculeusement le village de Santa Maria vers 8 heures du matin. L’alerte aussitôt donnée, de Tarente et de Brindisi, des torpilleurs se portent sur les lieux du drame. Des 500 hommes qui se trouvaient à l’eau à minuit, ils ne retrouvent que 29 survivants épuisés (soit en tout 137 survivants). On ne retrouve aucun officier. Le capitaine de vaisseau André et l’amiral Senes sont parmi les 684 morts (dont 92 finistériens) parmi les 821 officiers et hommes d’équipage on dénombre 3 soldats nés à Séné mort en ce jour du 27 avril 1915.
La presse morbihannaise annonce la nouvelle.
Les secours parviendront à sauver 29 naufragés, et retrouveront ce jour-là 58 morts, dont l'amiral Sénès.
Les victimes seront enterrées solennellement à Castrignano del Capo, commune la plus proche du promontoire de Santa Maria di Leuca, en présence de survivants, de la population locale, et de représentants de l'état italien. Cependant les corps seront rappatriés en France après guerre. En souvenir de ce naufrage, une chapelle a été batie au cimetière municipal de Castrignano del Capo.
Dans la chapelle, il demeure des plaque au nom des 58 corps retrouvés. Un déplacement sur place le 23 avril 2023 a permis de lire ces noms et de repérer celui de Vincent Marie LE DERF, l'un des trois Sinagots péris lors du torpillage du Gambetta.
Pour le centenaire du torpillage du Gambetta une cérémonie solennelle eut lieu sur le port de Santa Maria de Leuca ou l'Association des Marins inaugura une pierre tombale en mémoire des disparus du Gambettta.
On peut voir sur youtube deux videos de cette cérémonie.
Qui était les trois Sinagots disparus en mer lors du torpillage du "Gambetta"?
LE DERF Vincent : 26/10/1877 - 27/04/1915
L'état civil de Séné nous apprend que Vincent Marie LE DERF est né au village de Kerarden le 26/10/1877. Au dénombrement de 1911 ses parents sont toujours domiciliés à Séné.
A l'âge de 25 ans il se marie à Lorient le 23/01/1902 avec Marie-Cécile Guillemot commerçante. Lui est Quartier Maître Torpilleur sur " Le Guédon".
Sa fiche de matricule ne nous renseigne pas sur ses états de service avant son embarquement sur le "Gambetta" où il officie également en tant que Mâître torpilleur. Son corps sera retrouvé par les sauveteurs de Santa Maria de Leuca. Porté au cimetière communal de Castrignano, il sera ensuite rappatrié en France. Son épouse étant de Lorient, on peut supposer qu'il fut inhumé fin 1915 dans un cimetière en Morbihan.
LE FRANC Vincent Louis Marie : 19/07/1895 - 27/04/1915
A sa naissance à Moustérian le 19/07/1895, le père de Vincent Louis Marie LE FRANC est décédé sans doute pendant la grossesse de sa femme,
Celle-ci, Marie-Anne née Le Franc va vivre chez ces parents comme l'atteste le dénombrement de 1911.
Trois générations cohabitent, les grand-parents maternels, la jeune veuve mère de son unique enfant Vincent Louis Marie.
Celui-ci entame sa vie professionnelle en octobre 1908 comme mousse sur un canot.
Sa fiche de matricule ne nous renseigne pas et seule la fiche issue du site "Mémoires des Hommes" mentionne sa mort lors du torpillage du "Gambetta" en tant que matelot de 3° classe. Information bien sûr annoté sur sa fiche d'inscrit maritime. Il est à bord du Gambetta quelques jours après la mobilisation, le 11/08/1914.
Ainsi, ce jour du 27 avril 1915, Marie-Anne perd son unique enfant célibataire qui allait avoir 20 ans. Son nom figure sur le monument aux morts de séné.
PIERRE Édouard Vincent Marie : 29/08/1896 - 27/04/1915
Pas étonnant que le jeune Edouard Vincent Marie PIERRE, né à Moustérian d'un père marin, s'engage à l'âge de 16 ans dans la Marine.
Sa mère ménagère a mis au monde en ce 29 août 1896 deux jumeaux Edouard et Julien Joseph.
Edouard sera tout à tour "apprenti marin" en septembre 1912, puis matelot canonnier de 2° classe en août 1913 et lors du torpillage il s'est hissé matelot canonnier de 1ère classe. Il n'a pas encore 20 ans quand il disparait en mer alors à bord du "Gambetta". Son nom figure sur la liste gravée du monument aux morts de Séné.
Quant à son frère jumeau ? Sa matricule nous indique qu'il s'est également engagé le 25/09/1912 dans la marine. Son destin ne sera pas dramatique. Julien Joseph Marie PIERRE - qui a sans doute été mobilisé - se mariera en 1922 et décèdera à Port Louis en 1973.
Dans son livre intitulé "Le Pays de Séné", Emile MORIN nous raconte que le monument aux mort de Séné était situé en face le cimétière, comme le montre cette photo tirée du magazine paroissial "Le Sinagot" de 1976.
Cette décisioln date d'un conseil municipal de décembre 1924 comme nous le relate cet article de l'Ouest-Républicain.
Un dossier des Archives du Morbihan nous indique qu'il fut d'abord acquis en lisière du cimetière une parcelle de terrain n°536 à M & Mme Robino Jean Marie d'une surface de 120 m² pour la somme de 400 fr.
Les services de l'urbanisme de l'époque approuvèrent ce choix par son agent "voyer" le 21/01/1925.
La Préfecture autorisa le marché de gré à gré et le conseil municipal approuva le 21/12/1924 le devis de l'entreprise Jamet & Fils de Plouharnel daté du 7 novembre 1924. Le montant s'élevait à 17.913.50 Frs de l'époque monument et noms gravés. Le finacement fût assuré par une souscription publique à hauteur de 8.000 fr et des subventions.
Cette coupure de presse indiquent que si le devis est acté en ce début d'année 1925, les premiers travaux débutent en septembre 1925.
C'est Ferdinand ROBERT qui inaugurera le monument aux morts de Séné le 11 novembre 1927, soit neuf ans après l'Armistice. Cette journée est relatée dans cet article de novembre 1927 du "Cri du Poilu", journal mensuel de l'entre-deux guerres.
Le 11 novembre 1976, eut lieu la première cérémonie dans son emplacement actuel, comme l'annonce à l'époque le magazine paroissial "Le Sinagot" :
En 1925, une liste de soldats "Morts pour la Patrie" fut sans doute écrite sans trop de précaution par l'administration de l'époque. En effet, la liste des noms gravés comporte 18 patronymes mal orthographiés.
Il manque la particule "LE" au nom de ces soldats :
LE BARBIER Joseph Marie
LE BIGOT François Marie Pierre
LE BIGOT Jean Marie
LE BLOHIC Jean Marie
LE BOULAIS Henri Marie
LE BOURHIS Vincent Marie Henri
LE DIBOISE Marcel
LE GALLIC François Marie
LE GODEC Joseph Marie
LE GREGAM Jean Marie
LE MASSON Joseph
LE MENACH Louis Marie François
LE MENACH Joseph Marie
LE PAUTREMAT Ange Pierre Marie
LE TREHUDIC Jean Marie
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a mis un « T ».
MONFORT Jean Pierre
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a omis un « L ».
BOURVELLEC Armel
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a mis un « TH ».
LUCIEN TIPHAIGNE
Le "centenaire" de l'Armistice en 2018, n'est-elle pas l'occasion de rectifierr et refaire la plaque gravée ?
Postérieurement à son édification, le décès de marins à l'étranger est parvenu aux autorités, des lois sont venues élargir le plus souvent la notion de "Mort pour la France", si bien que la liste gravée en 1925 n'a pas été remise à jour.
Le 11/11/2018 n'est-il pas l'occasion de vérifier cette liste à la lumière des informations aujourd'hui disponibles ?
En effet, dans le cadre des commémoration du "Centenaire", le Ministère de la Défense a "mis en ligne" des informations sur les "Poilus", notamment avec le site "Mémoires des Hommes".
Les départements ont fait un gros effort de numérisation des matricules militaires de soldats de la "Grande Guerre".
Les particuliers, surfant sur les forums Internet, échangent des informations sur la Première Guerre Mondiale.
Aujourd'hui, nous avons un accès facilité à des informations relatives aux soldats mobilisés pour la guerre de 14-18, aux anciens combattants et aux morts pour la France liés à ce conflit, sans oublier les registres de l'état civil des communes.
Le monument aux morts de Séné comporte 86 noms de soldats "Morts pour la France" pendant la guerre de 14-18.
Fort de ces informations disponibles, Wiki-Sené qui a vérifié cette liste et mis en évidence des oublis !
Cet article présente sur 5 fiches les documents qui démontrent que 5 soldats ont été oubliés sur la liste gravée sur notre monument aux morts.
FICHE Marc Louis RAULT (31/01/1881 – 29/05/1916) :
Il était domicilié à Séné comme le rapporte son acte de décès, où il s'est marié avec Anne-Marie LE BRUN le 13/01/1909 à Séné.
Il est bien « Mort pour la France » comme l’indique son acte de décès.
Le site du Ministère de la Défense « Mémoires des Hommes » nous confirme ses faits d’armes :
Que nous apprend sa fiche de matricule ? Le soldat Rault a reçu la médaille militaire ; « Soldat d’une bravoure éprouvée » croix de guerre et médaille d’argent.
Il était même chiffonnier de métier à Séné comme le montre le « dénombrement » de 1911.
Marc Louis RAULT, est mort le 29/05/1916 porté disparu pendant la « Bataille de Verdun » à Cumières.
Né à Lanfains sont nom figure au monument aux mort de cette commune. Il peut également être inscrit à celui de Séné.
FICHE Pierre Marie LE DORIOL (17/03/1897 - 29/10/1915)
Le Ministère de la Marine en date du 30/01/1930 a attribué la mention « Mort pour la France » au marin Le Doriol, natif de Séné, comme l’indique le registre d’état civil de la commune. Cet acte est postérieur à l’inauguration du monument aux morts de Séné en 1925.
Même si Pierre Marie LE DORIOL n’a pas combattu, il a œuvré à l’effort de guerre. Le bateau sur lequel il était matelot a sombré torpillé ou à cause d'une mine.
Il faut réparer cet oubli et ajouter son nom à la liste gravée.
Lire article complet sur les circonstances du naufrage.
FICHE Jean Marie OLIVIERO (2/12/1879 – 8/06/1916)
Son acte de naissance nous indique qu’il est natif de Questembert, issu d’une famille de journaliers.
Sa fiche de matricule nous indique qu’il a du perdre ses parents car il est signalé comme de « enfant assisté » :
Le « Livre d’or » reprend son nom et nous indique qu’il a combattu avec le 348° Rgt d’Infanterie et est mort à Douaumont :
Il n’est pas présent sur un autre monument au mort, notamment en sa commune de naissance Questembert comme l’indique le site MémorialGenWeb
Son nom apparait au dénombrmeent de 1891. Il est un jeune berger chez la famille Normand, il a 11 ans.
Le dénombrement de 1911 nous indique qu’il résidait bien à Séné où il était « domestique de ferme » chez une famille de métayers à Saint Laurent.
L’histoire du 348° régiment éditée en 1921 par l’imprimerie J. Brinkmann de Mulhouse mentionne son nom et son décès à Douaumont le 8 juin 1916 où comme tant d’autres il mourra face à l’attaque de 6 divisions allemandes.
Jean Marie OLIVIERO, fils de l’assistance, sans doute sans frère ni sœur, qui va bien pouvoir défendre ta mémoire en 2018 ?
Tu es mort pour la France mais qui le sait ?
FICHE DE Joachim Marie CORBEL (Baud 5/10/1887 – 25/09/1915)
Joachim Corbel est né à Baud comme l’indique son acte de naissance :
Il a du perdre ses parents jeunes puisque sa fiche matricule stipule la mention « pupille de l’assistance publique ». Il est bien domicilié à Séné.
Le dénombrement de 1906 nous situe Joachim CORBEL, enfant assisté, comme un des 2 domestiques de ferme chez les Le Thiec à Cano, famille de cultivateurs comptant 6 enfants. Corbel y cotoie donc Louis François LE THIEC, autre Sinagot, frère d'arme, "mort pour la France" le 10/04/1915.
Le site Mémoire des Hommes nous apprend qu’il est mort à Tahure le 25/09/1915 pendant la bataille de Champagne.
FICHE de Louis Marie GUIGUELE né à Brech le 30/09/1881
Ton acte de naissance à Brech le 30/09/1881 nous indique que tu fus marqué dès ta naissance. Fils naturel de Jeanne Perrine GUIGUELE.
A l’âge de d’accomplir ton service militaire tu t’engages pour 5 ans dans la marine. Tu renouvelles ton engagement pour 3 ans en 1906. Le 16/06/1909 tu passes à la réserve.
Tu te maries à Lorient le 28/08/1909 avec Marie Françoise LE DORZ.
Tu sera mobilisé en 1914. Tu aura presque passé toute la guerre au front pour décéder en Belgique au combat le 14/10/1918, un mois avant l’armistice !
Ton nom figure dans le Livre d’Or. Qui portera ton destin tragique à la connaissance des Sinagots ?