LE ROY Patern Marie est né à Cadouarn le 11/12/1875 au sein d'une famille de pêcheurs comme nous l'indique son extrait d'acte de naissance.
Le dénombrement de 1911 nous indique que son père, sa soeur et lui déclarent l'activité de pêche.
En effet, depuis ses 13 ans le jeune Patern exerce comme mousse sur différents canots. D'abord ses débuts sur l'Etoile, La Bergeronnette; Le Même. A 20 ans, il effectue sa conscription au 3° dépot de Lorient, puis à Brest et Lorient entre 1895 et mai 1898.
Sa fiche d'incrit maritime nous raconte encore ses jours paisibles de mer avant la guerre. On le suit naviguant sur la Jeanne Cordonnière, le Si j'étais Roi, le Homécourt et le yacht Penn Duick du 17/07/1914 au 5/08/1914. Il est marin jusqu'en juillet 1915 sur le brick Eugène et Gaston (qui sera coulé par l’U 70 du KL Otto WÜNSCHE le 18/12/1916).
Son destin va vaciller en embarquant sur l'Iduna le 27/07/1915. Comme l'indique sa fiche le 28 octobre 1916 son bateau est "torpillé". En cherchant sur les forum on tombe sur des précisions de ce "torpillage":
L'IDUNA est une goélette française de 165 tx JB.
Le 26 Octobre 1916, IDUNA est à 50 milles au S 24 W de Start Point et fait route au S 45 E par fraîche brise de NW et mer très forte.
"Un sous-marin est aperçu, approche à 30 m et fait signe par pavillon d'avoir à quitter le navire. IDUNA met en panne et son équipage embarque dans le canot. Le commandant du sous-marin fait monter à son bord le capitaine et deux hommes qui seront gardés une heure trente. Le capitaine est interrogé en bon français par le second du sous-marin. Deux marins allemands munis de deux bombes montent dans le canot et se font conduire à bord d'IDUNA. Ils s'emparent de quelques vivres, puis placent une bombe dans la chambre arrière et une dans le poste avant. Ils regagnent leur bord et les bombes éclatent sept minutes plus tard. IDUNA coule aussitôt."
La goëlette Iduna est coulée le 26 octobre 1916 et les marins sont rapatriés à Southampton par un patrouilleur anglais.
Le sous marin assaillant est décrit par les rescapés :
"30 à 35 m de long. Pointu aux extrémités. Kiosque au milieu. Un canon fixe sur l'avant. A noter, l'étrave un peu faussée sur bâbord. Peinture gris clair récente. Commandant de taille moyenne, bien rasé, 30 à 32 ans. Second avec des cheveux blonds, environ 30 ans. Tous deux en vêtement de cuir. 27 hommes d'équipage, soit en laine bleue, soit en gris de chauffe."
Il sera identifié comme l'UB 19 du KL Walter Gustav BECKER.
Cependant après avoir échapé à l'explosion de l'Iduna, rentré à bon port en France, LE ROY embarque sur un autre navire , le Couronne et il disaprait en mer le 28/12/1916 comme le mentionne sa fiche d'inscrit maritime.
L'ouvrage intitulé "Les Navires des Ports de la Bretagne Provinciale coulés par des faits de Guerre" nous présente le "Couronne". On y apprend que le bateau était parti d'Oran en Algérie le 28/12/1916, sans doute avec une cargaison de blé (ou de vin) à bord et faisait route vers Lorient et Vannes.
Le "Couronne" croise sur sa route, très au large des côtes bretonnes, le 21 janvier 1917, le sous-marin allemand UC-16 d'Egon Von Werner. Il est torpillé et 11 marins de son équipage périssent en mer dont Patern LE ROY. Ne sachant pas cette date, on retiendra au tribunal la date de départ d'Oran.
Olivier LE FAUZIC : 25/04/1878 à Pontivy - 31/03/1916 Reims
Le Fauzic porte un nom de famille qui ne sonne pas "sinagot". Il est né à Pontivy et pourtant figure au monument aux morts de Séné.
De son extrait de naissance, on apprend que son père est alors maçon et sa mère ménagère, c'est à dire mère au foyer. Sa fiche de matricule nous indique que vers ses 20 ans il est établi à Séné comme cultivateur et ses parents résident à Séné. Il n'a pas été repéré dans le dénombrement de 1911. Les adresses reportées sur sa matricule montrent qu'en 1903 il est domestique à Normanville (Eure) puis à Rouen et qu'à partir de février 1914 il déclare une adresse à Paris.
On note qu'il passe par le 116°RI de Vannes. Il est incorporé après la mobilisation au 85°RI puis au 148°RI et enfin au 348°RI. Sa fiche "Mémoire des Hommes" comme sa fiche matricule nous indiquent qu'il est tué le 31/03/1916 à Reims secteur du Linquet à 23 heures à droite de la route de Witry Lès Reims par suite de blessures de guerre.
L'historique de son régiment nous permet de retracer son parcours quelques jours avant sa mort
"29 janvier — Le Lieutenant-Colonel BUSSY passé au 57e R. I. est remplacé par le Lieutenant- Colonel SELVA.
27 février — La division est déplacée brusquement. Le 348e couche à Villers-Marmery, Trépail et Billy-le-Grand.
28 février — Étape au camp de Louvercy (5e Bataillon) et à Billy-le-Grand (E. M. et 6e Bataillon.)
2 mars — Étape à Trépail, organisation de la Montagne de Reims.
11 mars — Étape à Mailly. La 104e Brigade est transportée dans la région de Jonchery-Fismes par autobus, les Allemands ayant fait une forte attaque du côté de Berry-au-Bac. Continuation de l'organisation de la Montagne de Reims.
19 mars — Étape à Champfleury.
20 mars — Étape à Reims : le 348e reprend le secteur du Mamelon-Linguet.
3 mai — Le régiment est relevé dans le sous-secteur du Linguet par le 245e et va cantonner à Ormes et les Merneux où l'instruction est reprise."
LE FAUZIC à fait l'objet d'une citation qui nous précise les circonstances de son décès dans la défense de Reims: « citation à l’ordre du régiment » Au 20/04/1916 : « Bon et brave soldat. Admirable de sang-froid. S’était distingué au cours de nombreuses patrouilles. Tué accidentellement par l’éclatement prématuré d’une grenade dans la nuit du 31 mars au 1er avril 1916 (à 23 heures) en poursuivant une reconnaissance ennemie qui tentait d’enlever un de nos postes d’écoute. Décoration : croix de guerre avec étoile de bronze.
Son acte de décès indique qu'il est établi comme cultivateur à Séné et son nom sera gravé sur le monument aux morts.
SOLDATS DE SENE (natifs ou domiciliés)
MORTS POUR LA FRANCE
GUERRE 14-18
1-Patronymes mal orthographiés :
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme, on a oublié la particule « LE ».
LE BARBIER Joseph Marie
LE BIGOT François Marie Pierre
LE BIGOT Jean Marie
LE BLOHIC Jean Marie
LE BOULAIS Henri Marie
LE BOURHIS Vincent Marie Henri
LE DIBOISE Marcel
LE GALLIC François Marie
LE GODEC Joseph Marie
LE GREGAM Jean Marie
LE MASSON Joseph
LE MENACH Louis Marie François
LE MENACH Joseph Marie
LE PAUTREMAT Ange Pierre Marie
LE TREHUDIC Jean Marie
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a mis un « T ».
MONFORT Jean Pierre
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a omis un « L ».
BOURVELLEC Armel
Inscrit au monument aux mort avec une erreur de patronyme : on a mis un « TH ».
LUCIEN TIPHAIGNE
2-Les oubliés de Séné :
Soldats figurant à l’état civil de Séné «avec la mention « Mort pour la France » et noms inscrits au monument aux morts de Séné.
Joachim Marie CORBEL 05/10/1887 - 25/09/1915
Louis Marie GUIGUELE 30/09/1881 - 14/10/1918
Pierre Marie LE DORIOL 17/03/1897 - 29/10/1915
Jean Marie OLIVIERO 02/12/1879 - 08/06/1916
Marc Louis RAULT 31/01/1881 - 29/05/1916
3 Premiers soldats morts au combat :
MONFORT Albert mort le 22/08/1914 à Maissin (Belgique) né à Séné
TIPHAIGNE Lucien mort le 22/08/1914 à Doncourt (Meuse) né à Paris
LE PAUTREMAT Ange Pierre Mie mort le 30/08/1914 à Sains (Aisne) né à Séné
BOCHE Joseph Marie mort le 08/09/1914 à La Fère Cnoise (Marne) né à Séné
LE MASSON Joseph Jean Marie mort le 08/09/1914 à Connantry (Marne) né à Vannes
4 Derniers soldats morts au combat :
LE BOULAIS Henri Marie à Renancourt (Aisne) mort le 24/10/1918
GUIGUELE Jean Marie à Geste Saint-Joseph Belgique mort le 14/10/1918
BREDOUX François Marie à Somme-Py (Marne) mort le 30/09/1918
5 Les plus jeunes soldats mort pour la France :
DARON Louis Jean Marie né le 03/01/1900 et mort le 31/07/1917 : 17 ans et 7 mois
LE QUINTREC Paul né le 11/04/1899 et mort le 01/04/1917 : 17 ans et presque 12m
LE DORIOL Pierre Marie né le 17/03/1897 et mort le 29/10/1915 : 18 ans et 7 mois
ROLLAND Louis Pierre Marie né le 20/09/1899 et mort le 17/07/1918 : 18 ans et 10 mois.
6 Les plus âgés des soldats morts au combat :
LE BRUN Jean Marie né le 05/09/1873, décédé le 29/05/1915 : 42 ans
LE GALLIC François Marie né le 03/05/1877, décédé le 28/05/1917 : 40 ans
JACOB Jean Marie né le 25/11/1876, décédé le 31/03/1916 : 38 ans
7 Derniers soldats morts de maladie :
LE FRANC Yves 13/10/1921
LE ROUX Louis Marie 22/08/1920
GALLIC Louis Pierre Marie 30/05/1920
BOURVELLEC Armel 16/03/1920
8 Soldats gradés
Sous-lieutenant :
BOCHE Louis Marie
DAVID Théophile (de réserve)
Capitaine
LE DUC Joseph Louis Marie
Sergent
ORJUBIN Paul Louis
Caporal :
LE FOL Louis Marie
BREDOUX François Marie
NOBLANC Joseph Louis
DANET Joseph Marie Evelin
GUEHO Alphonse Joseph Marie
Maréchal des Logis
GUIGUELE Jean Marie
LE PLAT Lucien Marie
Quartier Maitre :
LE DUC Jean Marie
LE GODEC Joseph Marie
LE PORT Jean Louis Alexandre
LE PORT Pierre Marie
NOBLANC Joseph Louis Marie
PASCO Joseph
9 Journées les plus meurtrières pour les soldats de Séné :
Bataille de Champagne 25 Septembre 1915 :
CORBEL Joachim au 116° RI de Vannes "Tué à l'ennemi" à Tahure.
LE FRANC Aubin Ange, au 85° Régiment d'Infanterie "Suite de ses blessures" à Tahure.
CADERO Henri Louis Marie du 52° Régiment d'Infanterie "Tué à l'ennemi" à Souain.
PIERRE Pierre Marie au 52° d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" à Souain.
RICHARD Michel Jean Marie Ferdinand du 52° RIC "Tué à l'ennemi" à Souain.
TAQUET Jean Marie du 53° Régiment d'Infanterie Coloniale "Tué à l'ennemi" à Souain.
Torpillage du cuirassier Gambetta le 27/04/1915 :
Le Derf Vincent Marie
Le Franc Vincent Louis Marie
Pierre Edouard Vincent Marie
10 Soldats disparus ou mort à l’étranger
LE BRIS Marcel Joseph 28/07/1922 Oran Algérie
LE DORIOL Pierre Marie 29/10/1915 en mer Tyne Angleterre
JACOB Célestin Joseph Mie 03/11/1916 en mer Penzance Angleterre
DANET Louis Marie 14/11/1914 Dixmude Belgique
DANET Jean Marie 11/07/1916 Saint-Georges Belgique
DARON Joseph Vincent Mie 30/05/1915 Newport Belgique
GUIGUELE Louis Marie 14/10/1918 Geste St-Joseph Belgique
LE MENACH Joseph Marie 21/10/1914 Dixmude Belgique
MARION Jean Marie 18/11/1914 Zuydcotte Belgique
MONTFORT Albert Pierre Mie 22/08/1914 Maissin Belgique
MOREL Vincent Marie 12/11/1914 Furnes Belgique
LE BOURVELEC Jean Mie 10/11/1914 Dixmude Belgique
CADERO Pierre Marie 17/02/1915 Nieuport Belgique
COCARD Ange Marie 31/07/1916 La Havane Cuba
LE BIGOT Jean Marie 29/10/1918 Salonique Grèce
DORIOL Honoré Pierre Mie 05/12/1917 en mer Patras Grèce
GUYOMAR François Marie 21/03/1916 en mer Corfou Grèce
LE DERF Vincent 27/04/1915 en mer Otrante Italie
LE FRANC Vincent Louis Mie 27/04/1915 en mer Otrante Italie
PIERRE Edouard Vincent Mie 27/04/1915 en mer Italie
NOBLANC Joseph Louis Mie 02/09/1914 en mer Italie
LE BRAS Ferdinand 22/02/1915 Casablanca Maroc
LE FLOCH Auguste 26/11/1916 en mer Portugal
LE MENACH Louis Mie François 02/01/1919 Giurgiu Roumanie
ROLLAND Louis Pierre 17/07/1917 Penarth Angleterre
RESUME
En lisant des livres sur le patrimoine et l'histoire de Séné, j'ai découvert l'existence d'une toile intitulée "Enterrement d'Enfant à Séné" réalisée en 1925 par le peintre André Mériel-Bussy [1902-1984].
Curieux de savoir ce qui avait amené un peintre à poser sur une toile une scène d'enterrement d'enfant, je me suis pris au jeu et j'ai décidé de "tout savoir" tant sur la vie et l'œuvre du peintre que sur le tableau "Enterrement d'Enfant à Séné".
Pendant près d'un an, j'ai couru les archives départementales du Morbihan, de l'Ile et Vilaine, les archives municipales de Vannes et les archives nationales à Pierrefitte (93). Je suis parti "à la recherche" des décorations, fresques et vitraux réalisés par l'artiste à Vannes, en Bretagne, en France et à l'étranger. J’ai identifié (presque) outes les productions de vitraux et fresques de l’artiste.
Avec l'aide de la famille Mériel-Bussy et tout particulièrement de son fils, Yves Mériel-Bussy, artiste peintre à Ploudalmézeau, nous sommes parvenus à retracer le parcours artistique de son père.
Pendant mes recherches, j'ai été à la fois généalogiste, historien local, collectionneur, enquêteur. Je me suis déplacé aux archives et j'ai utilisé également recherché dans des sites de généalogie,
des sites d'art en ligne, la base Gallica de la Bnf et tout particulièrement les Archives en ligne du Morbihan.
Cet artiste breton, est demeuré jusqu'à présent trop "discret" et le résultat de mes recherches montre qu'il ne manque pas de talent.
Il s'est illustré aussi bien dans la décoration, les fresques et vitraux d'édifices religieux à Vannes, dans le Morbihan, à Rennes, en Bretagne, en Île de France et à l'étranger (Malaisie, Massachussetts). Artistes aux multiples techniques, il a également exercé dans la gravure et la peinture.
Les musées de Vannes, de Rennes et le musée Départemental de Quimper possèdent de ses gravures et aquarelles.
Diplômé des Beaux-Arts de Rennes et des Beaux-Arts de Paris, André Mériel-Bussy a été un fidèle du Salon des Artistes Français au Grand Palais à Paris où il a été médaillé par deux fois pour ses toiles "Enterrement d'Enfant à Séné" en 1926 et "Le Nid" en 1939. Il a exposé à L'Exposition Universelle de Paris en 1937.
J’ai retracé sa jeunesse à Vannes, sa scolarité au Collège Jules Simon pendant les années de « laïcité » avant la guerre de 14-18. J’ai bien documenté ses études aux Beaux-arts de Rennes et ensuite de Paris et son parcours artistique de salons en expositions. J’ai également documenté sa vie familiale et bien sûr les évolutions de ses productions artistiques.
Habitant à Séné, j'ai focalisé mes recherches sur la toile "Enterrement d'Enfant à Séné" et j'ai réuni un ensemble de documents permettant de retracer la genèse de l'œuvre : études ébauches...
J’ai « mené » l’enquête et identifié l’enfant décédé sur le tableau presque 100 ans après sa réalisation ! J’ai trouvé des documents d’époque qui montrent comment le peintre a convaincu les habitants de Séné de poser pour son tableau.
J’ai également montré que l’artiste nous avait fait un clin d’œil artistique. En effet en 1943, il a peint une belle fresque dans la chapelle de Saint-Melaine à Rennes intitulée « Le Miracle de Saint Melaine » mais avec sous-titre « Résurrection d’une enfant de Séné ».
En 1908, André MERIEL-BUSSY, fils du Président du Tribunal de Vannes habite au 7 rue de la Loi. Il va à pied au collège Simon tout proche.
Il tombe malade et est absent un trimestre du collège. Il se souviendra de sa maladie d’enfance car plus tard il se mobilisera pour lutter contre la tuberculose.
En 1923, alors qu’il vit à Rennes, qu’il vient d’être reçu aux Beaux Arts de Paris, André Mériel-Bussy est retourné à Séné ? Par hasard ?
A Séné, village de pêcheurs et d’agriculteurs, on puise l’eau dans des fontaines creusées dans le sol pour atteindre la nappe. Mais l’hygiène manque. L'état des fontaines, dont l’eau est contaminée, expliquerait la forte mortalité infantile en 1923. Une épidémie de typhoïde surement.
En 1923, à l’âge où on peut devenir père, André Mériel-Bussy en croisant ce cortège funéraire d’un enfant de Séné a été ému, lui qui enfant a sans doute échappé à une grave maladie.
Par la suite, il a beaucoup peint les enfants, des jeunes Plougastélènes, par hasard ?
SOLDATS DE SENE
MORTS POUR LA FRANCE - GUERRE 14-18
Nous fêterons le 11/11/2018 le centenaire de l’armistice mettant fin à la Première Guerre Mondiale. Ce conflit a touché notre commune de Séné comme l’ensemble des communes de France. Le monument aux morts de Séné répertorie 86 noms liés à la Grande Guerre gravés par ordre alphabétique dans le marbre.
Quand a-t-on érigé le monument aux mort ?
Derrière cette liste administrative, qui étaient ces soldats de Séné ?
Dans quelles circonstances ont-ils perdu leur vie ?
Tous les Sinagots morts pour la France lors de la guerre de 14-18 figurent-ils sur notre monument aux morts ?
A l’occasion du « Centenaire », il m’a paru nécessaire de sortir de leur anonymat les soldats de Séné morts pour la France pendant la Première Guerre Mondiale.
Pour démarrer mes recherches j’ai établi la liste des soldats inscrits aux monuments aux morts. Ensuite, je suis allé vérifier à l’état civil de Séné leur acte de décès et de naissance.
Ma première surprise fut de voir les erreurs d’orthographe dans les patronymes et surtout de mettre en évidence qu’il manquait des noms !
Je me suis souvenu qu’en 2014 Yannick ROME, instituteur en retraite à Theix, avait réalisé une exposition sur le « Poilus de Séné ». Il m’a amicalement communiqué les supports de l’exposition et également compliqué la tâche : A juste titre, il avait élargi ses recherches non seulement aux soldats inscrits sur le monument aux morts mais également à tous les natifs de Séné.
En effet, s’intéresser aux Poilus morts pour la France à Séné revient à se demander quand devient-on Sinagot ?
Il fallait bien trancher. Les bases de travail classent les militaires par lieu de naissance qui sera une première clef de sélection. Pendant les recherches, j’ai appris que les autorités de l’époque avaient retenu le dernier domicile connu comme commune où sera transcrit le décès d’un soldat mort au front, en plus de sa commune de naissance. Il fallait bien étudier l’état civil de Séné et le dénombrement de 1911, dernier recensement de la population de Séné avant la guerre.
En ajoutant les soldats nés à Séné, ceux domiciliés à Séné on parvient à ce jour à 118 noms.
Si un homme ayant résidé Séné, non natif de notre commune, a quitté Séné avant la mobilisation, il est sans doute Sinagot, mais il sera passé au travers des mailles des bases de données…
Il se peut donc que des noms de « soldats de Séné » soient encore oubliés. En effet, mes recherches m’ont permis de découvrir des noms qui n’étaient pas sur les principales bases accessibles sur Internet.
Il faut saluer l’effort des administrations et des associations qui ces dernières années ont créé des sites internet permettant de mener des recherches en ligne.
On citera en premier lieu le site « Mémoire des Hommes » http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr qui donne des fiches de soldats de 14-18 classés par commune.
La site http://www.memorialgenweb.org répertorie quant à lui tous les soldats morts figurant sur un monument aux morts ou bien une nécropole.
La Bibliothèque Nationale et son site internet Gallica http://gallica.bnf.fr/ ont également mis en ligne des historiques de régiment. Dans les années 20 des militaires ont voulu raconter les années de guerre de leur régiment. Ces documents sont de précieux témoignages.
Plus près de nous, les archives départementales du Morbihan http://www.archives.morbihan.fr ont mis en ligne les fiches de matricule des soldats. Ces archives conservent également les registres du recensement de 1911, on disait à l’époque, dénombrement. Ce document a permis de retrouver la trace et la composition des familles
touchées par la perte d’un soldat .
En complément de ces bases « administratives » il faut ajouter les nombreux sites Internet de particuliers ou d’associations qui donnent accès à un tas d’informations.
Par exemple le site http://www.navires-14-18.com qui répertorie les bateaux disparus pendant la guerre, fort utile avec la population de soldats marins à Séné; le site http://chtimiste.com qui donne des informations sur les régiments et les combats ; le forum http://pages14-18.mesdiscussions.net où s’échange des informations sur la guerre ; le site http://tableaudhonneur.free.fr qui a scanné un grand nombre d’historiques de régiment.
La liste des sources numérisées est longue mais la consultation d’archives « à l’ancienne » s’est révélée également fort utile que cela soit les actes de décès à Séné, les actes d'inhumation à la paroisse, les archives du Morbihan dont les dénombrements de 1906 et 1911, et surtout les registres des Inscrits Maritimes au Service Historique de la Défense à Lorient.
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/.
Je remercie le SHD de Lorient pour m'avoir permis de consulter leurs archives et de reproduire des extraits des fiches d'incrits maritimes des soldats de Séné . Ces documents renseignent très bien sur la vie des jeunes mouses qui deviendront matelots ou officiers dans la marine nationale ou la marine marchande.
A partir de ces informations il a été possible de connaître l’origine familiale des soldats, d’en savoir un peu sur leur profession, leur état civil, la composition de leur famille, s’ils laissaient une veuve, des orphelins…
Ces données historiques ont permis de retracer les derniers jours de leur parcours de soldat pendant la guerre, jusqu’à identifier le lieu, le bois, la colline, le ravin, la bateau, l’hôpital, l’ambulance, où ils ont perdu la vie.
Les 118 récits des « soldats de Séné » sont présentés en 4 rubriques :
SINAGOT 14-18 : réunit des récits de soldats des armées de terre : infanterie, artillerie et génie.
SENE 14-18 Marine présente le recits de marins morts en mer.
SENE 14 -18 Terre présente des grandes phases de la Première Guerre Mondiale illustrées par les récits des soldats de Séné.
GUERRE 14-18 présente d'autres aspects du conflit, les soldats morts "d'accident de service" ou de maladie.
L'ensemble de ces articles permet de parcourir le conflit comme un « cours » d’histoire, en suivant le destin tragique de simples soldats de Séné au plus près du champ de bataille.
Lecteur, en vous attardant devant le monument aux morts de notre commune, à défaut de mettre un visage sur un nom, vous pourrez désormais connaître l’histoire de ces hommes de Séné morts pour la France et notre liberté.
Après les batailles des frontières perdue, la retraite stoppée par la victoire sur la Marne et la course à la mer, les belligérants ont crée une ligne de front qui va de Belfort à Dunquerque en passant par Verdun, Reims ou encore Arras.
Sur des terrains plats, taillés de quelques ruisseaux, ou quelques côtes servent à poster des batteries d'artilleries et voir les posiitons de l'ennemi, les régiments d'infanterie n'ont d'autres solutions que de creuser un réseau de tranchées et de boyaux pour se protéger. C'est la guerre des tranchées qui durera jusqu'à un usage de chars d'assaut et l'arrivée des troupes américaines qui donnera la supériorité décisive aux démocraties face aux Empires centraux. Pendant des longs mois, en Champagne, aux Eparges, à Verdun, dans la Somme, les fantassins devront sortir des tranchées pour mener des offensives et gagner ou perdre au prix de centaines de morts quelques centaines de mètres dans les lignes ennemis. En arrière du front, une logistique se met en place ammenant, armement, soldats et ravitaillement parfois sur de nouvelles routes et voies ferrées construites pour la guerre.
En ce mois de mars 1915, les Allemands qui ont reflué après la Marne, s'étalent en Champagne pouilleuse. La carte ci-joint montre la ligne de front. Document CRDP Strasbourg.
Sentant bien le danger d'une guerre d'usure, longue, le commandement français (et allemand) n'aura de cesse que de concevoir des offensives. Une des premières est celle qui deviendra la 1ère bataille de Champagne aux Mesnil-les-Hurlus.
Le soldat ALLANIOUX de Séné appartient au 72° Régiment d'Infanterie. L'historique du régiment nous raconte une de ces sorties des tranchées où il perdit la vie :
"en février et mars 1915, le 72e prend part à la grande offensive de Champagne. Au nord de Mesnil-lès-Hurlus, sous un feu terrible de mitrailleuses et d'artillerie, jonchant le sol de morts et de blessés, il monte à l'assaut six fois. Le 22 février, il attaque les tranchées du bois « Jaune-Brûlé », et le 23 le 3e bataillon réussit à prendre pied dans la partie méridionale de ce bois. Le 24, nouvelles attaques, nouveaux progrès. Le 25, nouvelle progression sous le feu.
Relevé dans la nuit du 25 au 26, il remonte à l'assaut le 5 mars et, dans la nuit du 5 au 6, avance sérieusement, mais, malgré le prodigieux courage déployé par tous, ne peut atteindre ses objectifs. En définitive, le front ennemi ne fut pas rompu, mais l'héroïsme des troupes qui attaquèrent inlassablement, dans des conditions difficiles, n'en demeure pas moins admirable.
Admirable de courage fût Honoré Patern Marie ALLANIOUX comme nous le relate sa citation :
"Le 24 février à l’attaque de la côte 196 avait l’obligation de renforcer une ligne de tirailleurs devenue faible le commandant ayant ordonné d’essayer ce renforcement bien qu’ayant cru tomber dans la zone de mort qu’il devait traverser, sous les hommes de la section précédente et sachant par conséquent qu’il allait à une mort presque certaine à simplement bravement obéi sans un murmure ni aucune hésitation et est allé au poste désigné. Ordre du régiment."
Qui était ce soldat de Séné qui perdit sa vie le 25/02/1915 à Mesnil les Hurlus sur la côte 196 non loin du bois "Jaune Brulé" ? Hurlus, Jaune brulé ces leiux-dits résonnent du courage des hommes.
Honoré Patern Marie ALLANIOUX est né à Séné le 8/02/1891 à Langle. Son père est journalier et sa mère ménagère comme on le lit sur son extrait de naissance.
Le dénombrement de 1906 nous donne la composition de la famille, qui compte 3 garçons et 2 filles. Le père cultivateur fermier à Langle.
Sa fiche de matricule établie pour ses 20 ans nous indique qu'il est boulanger de métier, un temps établi à Arradon. Il avait fait sa conscription en 1911-1912 au 62°RI et à la mobilisation il est affecté le 23/12/1914 au 72°RI.
Il disparait célibataire à l'âge de 26 ans, son nom est est pour toujours gravé sur le monument aux morts de Séné.
Il était le beau-frère de Armel BOURVELEC (26/08/1886 – 16/03/1920) qui avait épousé sa soeur Marie Honorine ALLANIOUX le 5/09/1910.
Après la défaite lors de la Bataille de la Marne et le recul des troupes allemandes au nord de l'Aisne, les armées allemandes décident de gagner les ports du nord de la France pour empêcher l'arrivée des troupes britanniques. La guerre de mouvement se poursuit sur un front qui finira par s'étaler de Compiègne à Dixmude en Belgique. Cet épisode prendra le nom de "Course à la mer" avec comme paroxisme les combats à Dixmude ou les fusliers marins des 1er et 2° régiments livreront avec les soldats belges une résitance héroïque. Lire article.
Les armées s'affrontent sur une ligne de front mouvante en des combats meurtriers où un soldat de Séné, Auguste Marie MAHE, (7/11/1890 - 19/11/1914), perd la vie en Artois près d'Arras .
Après la mobilisation Auguste MAHE rejoint le 70° régiment d'infanterie dont les quartiers sont à Vitré. Le régiment breton est envoyé à Vouziers dans les Ardennes à la frontière belge. Pris dans la tourmente de la retraite, le régiment combat à la bataille de Guise puis à Sains Richaumont avant de se stabiliser à Gault dans la Marne.
Le 28 septembre, le 70° régiment quitte la Ve armée (positionnée dans la Marne) et embarque pour la région du Nord. D’abord rattaché à la II°Armée (du général Castelnau) puis à la X° (du général Maud’huy), il combat pour défendre et sauver Arras. La (1ère) bataille en Artois s’engage le 30/09, les 2° et 3° bataillons sont envoyés en camions automobiles pour protéger le débarquement des troupes. Le 1er batailon et le 41° d’infanterie combattent du 1er au 6 octobre avec la 20° DI dans Neuville Vitasse, Mercatel et Agny. Les 3 et 4 octobre 1914, le 10° corps d'armée auquel appartient le 70°RI échoue devant les tranchées de Neuville-Vitasse fortement détruite par les combats, et Lens est perdu.
Auguste MAHE était né le 7/11/1890 à Vannes. Ces parents se sont établis ensuite à Séné comme l'indique le dénombrement de 1906 et de 1911 et son père est jardinier cultivateur.
En 1906 la famille MAHE est composée de 2 filles et deux garçons et vit à la Poussinière. L'aînée est laboreur et Auguste apprenti chez le forgeron Tréhondart au Poulfanc.
La fiche de matricule d'Auguste MAHE nous apprend qu'il est blessé à Neuville Vitasse qu'il reçoit une citation pour son courage.
On peut lire qu'il est pris en charge par la chaine des secours et parvient à l'hôpital d'Angers où il ne survit pas à ses blessures et décède le 19/11/1914.
Le site GenWeb indique que son corps est entérré dans le carré 42 du cimetière d'Angers rang 7, tombe 26.
Après plusieurs semaines de combats, poussant les armées françaises à la retraite, les forces allemandes ont pénétré profondement en territoire francais. Paris est menacé. Les généraux allemands font une série d'erreurs dans leur enthousiasme guerrier. L'armée française et la British Expedition Force du général French profitent d'une brêche ouverte entre les armées allemandes pour passer à la contre offensive avec le renfort de troupes stationnées à Paris du général Gallieni, amenées au front par les taxis parisiens. La bataille de la Marne débute. Les armées allemandes doivent à leur tour battre en retraite. La carte suivante (CRDP Strasbourg) résume bien l'avancée allemande puis son recul sur ce qui deviendra la ligne de front pour des combats de tranchées....
Alors que prend fin la guerre de mouvement et que débute la guerre des tranchées, le soldat de Séné, Jean Marie LE TREHEDIC est "tué à l'ennemi" le 14/09/1914 à Saint Pierre lès Bitry à l'est de Soissons.
LE TREHUDIC Jean Marie est né le 8 janvier 1883 à Theix d'un père cantonnieret d'une mère ménagère comme nous l'indique son extrait de naissance. On y lit également qu'il s'est marié le 20/07/1909 au bourg de Theix avec Jeanne Louis Marguerite LE NORMAND.
Le jeune couple s'établit à Séné où il exerce la métier de canotnnier communal alors qu eson épouse est ménagère.
L'historique de son régiment, le 316°RI, émanation du 116°RI de Vannes, nous relate ces journées du 13 et 14 septembre 1914.
"Enfin, à 19 h.30 le régiment se rend à Montigny-Lengrain, où il cantonne. Il en repart le 13 à 5 heures par Courtieux, Jaulzy, où il passe l'Aisne sur un pont de bateaux construit par le génie la nuit précédente. La marche continue par Bitry et Saint-Pierre-lès-Bitry, villages canonnés assez violemment par l'ennemi. Le régiment s'installe, à la nuit, au bivouac à l'Est de Saint-Pierre-lès-Bitry, dans un champ au Nord de la Fabrique d'Optique. Il en part le 14/09 à 6 heures, car la division a reçu l'ordre de se porter sur Noyon, avec le 265e à l'Avant-garde, le 316e en tête du Gros.
A peine l'avant-garde a-t-elle fait un kilomètre sur la chaussée Brunehaut (route de Vic-sur-Aisne à Noyon) qu'elle est soumise à un feu très violent d'infanterie et d'artillerie de tous calibres (77, 105,150) partant de la ferme du Tiolet et de la région de Nampcel ; le 265e se déploie sur le plateau et le 316e cherche à progresser par le ravin boisé au N. de Saint-Pierre-lès-Bitry ; quelques éléments parviennent à la lisière N. du bois, mais sans pouvoir faire tomber la résistance ennemie. A la nuit, le régiment est ramené à son bivouac de la veille, ayant eu une cinquantaine d'hommes hors de combat" parmi lesquel sans doute le soldat Le Tréhudic.
Sa mort sera officilisé par le tribunal de Vannes le 10 mai 1920. Son corps repose à la Nécropole nationale de Vic-sur-Aisne, Carré D, tombe 134.
L'Allemagne avait préparé son entrée en guerre. La France a été surprise par l'ampleur des forces militaires allemandes engagées lors des premières semaines du conflit. Face à un adversaire supérieur en nombre et mieux armé, les troupes françaises postées à la frontière ont rapidement reculé. L'armée belge a bien ralenti les troupes allemandes qui avaient rompu la neutralité du pays et les represailles furent dramatiques pour la population belge. En ce mois d'août et de septembre 1914, la stratégie de contournement par l'ouest des armées allemandes semblent en bonne voie. Les armées françaises et anglaises battent en retraite. Elles seront arrêtées "miraculeusement" sur la Marne. L'Allemagne a failli gagné une guerre éclair.
Pendant ces semaines de retraite vers le sud à marche forcée, trois soldats de Séné trouvèrent la mort :
Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT : 31/12/1893 - 30/08/1914 à Sains (Aisne)
Joseph Jean Marie LE MASSON : 12/01/1889 - 8/09/1914 Connantry (Marne)
Joseph Marie BOCHE : 14/08/1889 - 8/09/1914 La Fère Champenoise (Marne)
La carte ci-dessous permet de se rendre compte de la vélocité de la retraite et de localiser le lieux du decès de ces 3 soldats.
Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT : 31/12/1893 - 30/08/1914 à Sains (Aisne)
Pendant cette retraite, un soldat de Séné, Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT canonnier au 50° Régiment d'Artillerie de Campagne bat lui aussi en retraite dans l'Aisne. L'artillerie française est équipé de canon de 75 mn et de canon de 120. Pendant toute la durée du conflit l'artillerie déversera des milliers d'obus meurtriers qui creuseront des cratères lunaires dans les terres de Picardie et de Champagne.
L'historique du 50°RAC consultable sur Gallica, nous décrit le combats du 29 et 30 août 1914 à Sains-Richaumont au sud de Guise.
"Le 29 août les quatre groupes sont engagés autour de Sains. Ils coopèrent après un mouvement de retraite, à une contre-attaque du 1er Corps et de la 20° Division qui se heurte de nouveau à des forces supérieures. Il faut donc encore se replier. La 12° batterie (Capitaine Guyot-Sionnest) prenant position à l’est de Sains-Richaumont, subit le feu violent de l’artillerie ennemi, auquel elle répond coup pour coup malgré des pertes sévères. Elle abandonne la lutte que lorsqu’elle a reconnu l’impossibilité absolue d’être ravitaillée en munitions par l’échelon. M. le commandant Charpentier, malade, est évacué le même jour. Le capitaine Moinet prend la commandement provisoire du 4° groupe. Les pertes dans le combats de Sains-Richaumont on été de 2 officiers, 61 gradés ou canonnier. Après la bataille de Guise, dont le combat de Sains-Richaumont a été un épisode, la retraite des armées françaises continue. Le 3 septembre, le 5° ° RAC passe la Marne, le 5 deux de ses groupes cantonnent à Sézanne."
Ainsi disparait Ange Pierre Marie LE PAUTREMAT né le 31/12/1893 à Séné. Son père est alors cordonnier au bourg de Séné et sa mère est ménagère comme nous l'indique son extrait de naissance. A Séné, les paludiers, les cultivateurs ou les marins sont enracinés depuis de nombreuses générations. Le bourg accueille quant à lui des familles plus nomades que cela soit des commerçants, des douaniers, des employés.
Les LE PAUTREMAT ne resteront pas lontemps à Séné. En 1913, leur fils habite Paris XIV° rue du Maine quand il effectue sa concription comme nous l'indique sa fiche de matricule. Ses parents ont déménagé sur Vannes rue de l'Hôpital. Il incorpore le 50 ° régiment d'artillerie le 27/11/1913. Il est donc sous les drapeuax lorsque éclate la guerre et il rejoint rapidement le front.
Ange Pierre Marie est tué à l'ennemi le 30/08/1914 à Sains. Son corps sera porté à la nécropole nationale Le Sourd de Lemé dans l'Aisne où il repose tombe 312.
Le Pautremat a fait l'objet d'une citation :"très bon soldat dévoué et brave, tué à son poste de combat le 30/08/1914. Croix de guerrre avec Etoile de Bronze." Il n'avait pas encore 21 ans.
Avec des parents domiciliés à Vannes, une fiche de matricule donnant une adresse à Paris, son célibat, il aurait du être transcrit à Vannes comme d'ailleurs le précise sa fiche "Mémoire des Hommes".
Or ce n'est pas le cas car il n'est répertorié selon le site GenWeb qu'à la nécropole et à Séné.
C'est d'autant plus surprenant car à l'état civil de Séné, son acte de décès a été rédigé puis annulé en court d'écriture. Le monument au morts date de 1925, l'employé de mairie a-t-il été attentif? Le Pautremat s'est-il marié avec une Sinagote en 1913-14 ?
Comme il ne figure sur aucun autre monument aux morts, Le Pautremat, même avec un nom gravé mal orthographié, a bien droit à être honoré à Séné.
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Joseph Jean Marie LE MASSON : 12/01/1889 - 8/09/1914 Connantry (Marne)
Joseph Marie BOCHE : 14/08/1889 - 8/09/1914 La Fère Champenoise (Marne)
Ces deux soldats font parti du même régiment le 116° Régiment d'Infanterie dont les quartiers sont à Vannes.
L'historique du régiment nous retrace son parcours lors de sa retraite au départ de la ville frontalière belge de Bouillon :
"Le 23, dans la matinée, le régiment se reforme à Bouillon et bivouaque, le soir, dans les rues de la ville. L’appel fait ressortir les pertes sensibles éprouvées la veille ; 618 hommes tués, blessés ou disparus. Les capitaines Pelliet et Maillard ont été tués. Le capitaine Castella est porté disparu. Parmi les blessés, on cite le capitaine Datcharry, les lieutenants Vesque, de la Grandière, Sigala, les sous-lieutenants : Laurent, Bardot, Auffret, Goyat, Ropert.
A partir du 24 août, le mouvement de retraite s’accentue. Le régiment se porte sur Saint-Aignan, où il occupe des positions autour de la ville. Le 25 il bivouaque au nord de Chevenges et sur la route de Sedan, poussant en avant un bataillon qui arrive jusqu’à Iges. Ce bataillon, violemment attaqué, se replie après un dur combat et rejoint, le 26, le régiment.
Le 26, vers midi, le combat s’engage et se poursuit jusque vers 16 heures où l’ordre est donné de se replier. Ce mouvement est rendu très difficile par suite de l’encombrement des routes et ce n’est que le 27 que le régiment atteint Malmy, à quelques kilomètres au sud de Saint-Aignan. Vers 15 heures, le 116e, qui est en réserve, se met en marche vers le nord-est sur Chémery et Bulson. Un combat, soutenu, ce jour là, par les autres éléments de la D. I., se termine à notre avantage et on bivouaque sur les positions prises à 1 kilomètre de Bulson, après une explosion d’enthousiasme créée par ce succès.
Le 28, on reprend l’offensive et la situation reste longtemps indécise. Vers la ferme Saint-Quentin, les allemands gagnent du terrain et le régiment se replie vers les bois au sud-ouest de Chaumont. Il vient bivouaquer le soir dans les bois entre Bulson et Chéhéry.
Le 29, le mouvement de retraite reprend. On part avant le jour et on bivouaque, le soir, à Louvergny, après avoir traversé Chéhéry, Malmy, Vendresse.
Du 30 août au 7 septembre, la retraite continue par Rilly-aux-Oies, Attigny, Vaux, Champagne, Dricourt, Hauviné, Béthénneville, Moronvilliers, Prosnes, Mourmelon-le-Petit, Juvigny-sur-Marne, Saint-Pierre-aux-Oies, Soudron et Sommesous. Le 7 septembre, le régiment occupe la voie ferrée de Sommesous à Fère-Champenoise entre Normée et Lenharrée. Ce mouvement de repli ne s’est pas effectué sans quelques engagements qui ont occasionné des pertes assez sensibles.
Le 8, à 3 heures, le combat s’engage, après quelques heures d’une âpre lutte, le 116e se retire dans la direction de Montepreu et de Semoine. Dans la nuit, il organise ses positions qu’il occupe pendant la journée du 9 sous un violent bombardement.
Le 10, le régiment reçoit l’ordre de se porter en avant. Les allemands viennent de perdre la bataille de la Marne et se replient vers le nord. Du 10 au 13, la marche s’exécute par Sommesous, Ecury-sur-Coole, Châlons, Saint-Etienne-au-Temple, Suippes et Saint-Hilaire-le-Grand. Le 13, le 116e se heurte à l’ennemi à 1500 mètres au nord de Saint-Hilaire et bivouaque, le soir, à proximité du village.
Le 14, le régiment se porte vers le moulin de Chantereine et occupe, le 15 et le 16, des tranchées à proximité. Il reçoit, le 16 au soir, un renfort de 720 hommes.
Le 17, le 116e quitte ses emplacements et, à la suite d’étapes par Mourmelon-le-Grand et Rilly-la-Montagne, arrive, le 19, à Reims, où il cantonne sous les obus jusqu’au 22 septembre.
De la ville frontalière belge de Bouillon le 23/08 à la commune champenoise de La Fère le 8/09, les troupes du 116°RI ont parcourrus 185 km sur les routes en 17 jours.
Joseph Jean Marie LE MASSON est né à Vannes dans une ferme à Beaupré non loin de Séné. sa mère, Anne Marie Hervio, est d'ailleurs native de Séné et son père est cultivateur.
Au dénombrement de 1906, on note que sa mère élève une famille de 4 garçons épaulée avec une domestique de ferme et a regagné Séné dans le quartier de la Grenouillère.
En 1909, Le Masson accomplit sa conscription et délcare la profession de cultivateur. Son acte de décès indique qu'il vivait au Versa comme l'indique également le dénombrement de 1911.
Il incorpore le 116° RI de Vannes et rapidement envoyé au front où il est tué à lm'ennemi ce 8 septembre 1914. Son nom est gravé au monument aux morts de Séné et de Vannes.
Joseph Marie BOCHE est né à Séné le 14/08/1889 à la ferme de Ozon où ses parents sont cultivateurs.
Au dénombrement de 1906 on peut voir la composition de la famille nombreuse avec 6 garçons, 1 fille et un domestique de ferme. Elle est établie à Bilherbon non loin d'Ozon.
La fiche de matricule de Joseph marie BOCHE nous indique qu'ne 1909 au moment d'effectuer sa conscription il déclare une profession de boulanger et vit à Séné.
Cette fiche de matricule et la fiche "Mémoire des Hommes" nous indiquent qu'il est incorporé au sein du 116°RI et qu'il est mort le 8 septembre à La Fère Champenoise.
L'historique de ce régiment relate cette période :
"Du 30 août au 7 septembre, la retraite continue par Rilly-aux-Oies, Attigny, Vaux, Champagne, Dricourt, Hauviné, Béthénneville, Moronvilliers, Prosnes, Mourmelon-le-Petit, Juvigny-sur-Marne, Saint-Pierre-aux-Oies, Soudron et Sommesous. Le 7 septembre, le régiment occupe la voie ferrée de Sommesous à Fère-Champenoise entre Normée et Lenharrée. Ce mouvement de repli ne s’est pas effectué sans quelques engagements qui ont occasionné des pertes assez sensibles.
Le 8 septembre, à 3 heures, le combat s’engage, après quelques heures d’une âpre lutte, le 116e se retire dans la direction de Montepreu et de Semoine. Dans la nuit, il organise ses positions qu’il occupe pendant la journée du 9 sous un violent bombardement.
Joseph Marie BOCHE dècede à l'âge de 25 ans à La Fère Champenoise. Son décès sera retranscrit à Vannes où il figure sur le monument aux morts comme son frère Louis Marie tué lors de la bataille de la Somme le 20/07/1916.