Des passeurs de l'île aux Moines à Izenah Croisières
Article synthèse rédigé en partie à partir de ce receuil de témoignages, livre toujours disponible chez l'éditeur
Autres sources : Gérard Douguet - Geneanet - Delcampe

La géographie de l'Île aux Moines a rapidement imposé deux points de passage situés au nord de l'île vars Arradon et vers Vannes, la ville préfecture etce au détriment sud vers la presqu'île de Rhuys.
Au nord, la pointe du Trech était la plus courte voie pour gagner Arradon puis Vannes, d'autant que sous l'Ancien Régime, les habitants de l'île dépendaient de la parroisse d'Arradon. Cependant, entre la pointe d'Arradon et la pointe du Trech, les courants et les vents ne rendaient pas ce passage facile à la navigation à voile ou à la rame et le débardère peut adapté aux gros chargements.
Le passage entre Port Blanc sur la parroise de Baden et la pointe de Toulindac sur l'île, autre nom du Bois d'Amour, c'est également imposé pour les bateaux transportant des marchandises vers l'île. A une époque où les Ilois vivaient presque en autarcie, ces ravitaillements concernaient surtout le bois de chauffage pour les habitations et le boulanger !

A la pointe du Trech:
Vers 1894-1895, un dénommé Jean-Pierre et son épouse Lucie assurent le passage. Plus tard Joaquim Pourchasse reprend l'activité de passeur, un métier physique qu'il transmet à son beau-frère, Ferdinand Le Dugue. A son décès, le service échoie à son beau-frère, Mathurin, le cadet des Pourchasse. Cellui-ci est ensuite transmis à Georges Julien dit Bijou.
Pendant la 2° Guerre Mondiale, Louis Le Layec assure la passage sur son Caprice. Le transit par la pointe d'Arradon se tarira au profit du chenal vers Baden d'autant que la motorisation rendra cette traversée plus régulière et plus courte.
Sur le goulet de Toulindac : une activité en héritage
Les précurseurs : Mandart, Le Port et Cadio :
Dans les années 1890, François Mandart et son matelot Joaquim Morice assurent du transport de marchandises et accueillent volontiers des passagers. Ils disposent de deux bateaux, le Port Blanc et le Saint-Joseph. Le fils Mandart, également prénommé François, prendra la succession avec pour bateau la Marie-Ange et pour matelot Louis Georges et ensuite son beau-frère Scélo. Il s'équipera d'un canot à moteur le Bengali II. Son âge à la retraite approchant, il va s'associer avec Joaquim Le Port dit Chim à partir de 1926.Il décède 1932, laissant ces beaux-frères Joachim Le Port et Ange Cadio assurer le transport maritime. Joachim Le Port part en retraite en 1941 et Ange Cadio poursuit l'activité pendant la guerre. A la Libération Joachim Le Port dit P'tit Chim, fils du précédent, va poursuivre l'activité jusqu'aux années 1950. Ce dernier s'illustrera dans la résisitance. De son côté, Ange Cadio qui naviguait sur le Saint-Michel, a repris le Bengali II. Un soir de 1957, il tombe à l'eau en revenant à son bateau et se noye. Le passage, important pour les iliens sera repris par François Bellego.

La famille Bellego
Après la disparition de Ange Cadio, François René Bellego, qui s'est marié avec sa nièce, reprend le fond de commerce et assure la passage avec le Bengali II. Il naviguera également sur la Lucette en 1956. Il assure le passage avec le Bois d'Amour entre l'île aux Moines et la cale de Baden. En 1964, il décède à l'âge de 31 ans et laisse son épouse Marie Thérèse née Mentec qui élève ses deux enfants, Francois 3° et Jean-Vincent. Ces derniers, trop jeunes, le bateau est confié à Gildas Le Mentec [9/1/1941-, ] leur oncle qui fera le passeur de 1963 à 1980 sur le Bois d'Amour, une coque de 9 m en bois motorisée par un 2 cylindres Bollinder de 22 cv.(photo ci-dessous V1123)

En 1968, Marie-Thérèse Bellego fait construire le Compagnon des Îles. François rejoint son oncle en 1972. Puis il quitte l'île pour travailler sur d'autres bateaux.

La famille Thébaud
En 1957, Joseph Thébaud, dit Job est passeur. En 1963, il fait construire l'Ursule, bateau en bois de 11 m, équipé d'une barre à roue, d'une timonerie et d'une cabine à passagers. Il peut alors se dédier à plein temps au service. En 1972, il fait construire l'ïle aux Moines, une vedette de 13m pouvant emmener 75 passagers avec un moteur de 100cv. Son fils Gilbert Thébaud reprend l'affaire familiale avec son père qui arrête en 1973 puis il reste seul à la barre.
La famille Le Gouguec :
Sur le continent, Camille Le Gouguec assure le passage dès 1958 à bord de son 1er bateau La Vague, acheté d'occasion et retapé aux chantiers Guyot à Conleau. Il le dote d'un moteur et d'un taud (toit) pour une capacité de 25 passagers. Il achètera par la suite le Stiren er mor de 45 places aux chantiers Thomas et la Vigilente aux chantiers Guennec d'Etel. Ci-dessous la Vigilente devant le bar-retaurant Le Vigie à la cale de Port-Blanc, Baden.


1976: l'année pivot. Gildas, Le Mentec, Gilbert Thébaud et Camille Le Gouguec décident se s'associer pour partager les créneaux sur le passage et organiser le service. Chacun cependant reste maitre à bord.
En avril 1980,François Jules Bellego reprend l'activité de passeurs; il passera progressivement toutes les certifications : capacitaire, motoriste, locence radio, le permis passager. En 1992 leur mère prend sa retraite, son second fils Jean Vincent devient à son tour passeur.Pour la saison 1991, un nouveau bateau est acheté, le Cote d'Amour, offrant 86 places. Il sera revendu en 1993-94. Le développement du traffic permet d'investir dans de nouveaux bateaux. En 1993, les Le Gouguec sont construire la Fée des Îles pour la saison 1993. On revend la Vigilente et on achète le bateau Iles aux Moines. Vient ensuite la Fée des Îles II de 149 passagers vendue puis la Fée des ïles III cédée au passeur de l'Île d'Arz; Au début des années 2000, le Jules Vernes rejoint la flotte des associés qui se compose en 2003, de bateaux pour les excursions et promenades et pour le service: le Jules Vernes,la Féé des Îles le Bois d'Amour et l'Iles aux Moines.
En 1990, Camille Le Gouguec passe le relai à son fils.
2009, le tournant : Camille Le Gouguec, François Bellego, Gilbert Thébaud et Jean-Vincent Bellego rachètent les Vedettes Blanches d'Olivier Lesquel et ses enfants, Gaby et Francis. La compagnie récupère l'Océane, un bateau de 120 passagers. 
La nouvelle raison sociale est dénomée Golfe Croisières qui deviendra ensuite Izenah Crosières. La compagnie maritime dessert au départ de Larmor Baden, l'Île de Gavrinis et son cairn. Ci-dessous le Riviera Bay, dernière acquisition de la compagnie de Port Blanc en Baden.

Le RIVIERA BAY a été construit en 2015 par les chantiers Transmétal industrie (TMI) initialement pour la compagnie Riviera Lines. Il était exploité auparavant par la Compagnie Inter-Îles (basée à La Rochelle) où il assurait des croisières vers Fort Boyard ainsi que vers l'île d'Aix. Il a été racheté par Izenah Croisières pour assurer des croisières dans le Golfe du Morbihan.
Longueur : 24,25 m Largeur : 7,50 m Tirant d'eau : 1,57 m Propulsion : 2 moteurs Cummins de 500 CV Production d'électricité : 2 groupes électrogènes. Possède 1 propulseur d'étrave. Capacité : salon fauteuils à passagers (195 places), salle de restauration (80 places), salon de cocktail (150 places).
Les populations des îles du Golfe du Morbihan ont toujours eu besoin de quitter leur île et de maintenir des relations avec le continent. Il faut aller s'y approvisionner; on se rend à la ville pour y vendre son poisson, ses productions agricoles; on doit acheminer sur les îles les courriers, les journeaux. De tout temps, des bateaux ont mis en relations îliens et continentaux.
Avec l'invention du moteur à vapeur puis du moteur diesel, des bateaux plus puissants et réguliers ont remplacé les misainiers, les pêcheurs, les passeurs qui assuraient ces déplacements sur la Petite Mer. Des Bretons dynamiques ont lancé leur propre bateau, leur propre compagnie.
Cet article recense les compagnies qui aux côtés de la Compagnie Vannetaise de Navigation à Vapeur et plus tard des Vedettes Vertes devenues Navix, ont offert aux populations des dessertes régulières, des excursions et des croisières aux touristes.
1957 -Les Vedettes Blanches (François Cartron)
Les Vedettes Gallic (Alexandre Gallic):
1950 - L'Armement France II - Vedettes Panoramiques (Fernand Calage) Port-Navalo
1970 - Les Vedettes Blanches d'Armor (Lesquel) Baden -Larmor Baden
1968 - L'Angélus (Jean Pasco) Locmariaquer
1985 - Le Georges Cadoudal (Auray)
Le Passeur des Îles
Ces deux listes établies par Gérard Douguet montre le dynamisme du transport maritimes à la fin du XX°siècle. Découvrons l'histoire de ces patrons qui se lancèrent dans le transports de passagers sur la Petite Mer.

Mes remerciements à Gérard Douguet pour la consultation de ses archives.
Les Vedettes Blanches de François Cartron:


En 1957, François Cartron [1923-1993], lance la Compagnie des Vedettes Blanches avec deux navires : le Blanche Neige (photo NB ci-dessus) et la Raymonde II (2° bateau ci-dessous).

Viendront ensuite le Ville de Vannes construit aux chantiers Le Roi à Pont Le Roi et et le Dominique Marina.(photo ci-dessus au 1er plan) (source Gérard DOUGUET). En 1970, l'entreprise rejoindra les Vedettes Vertes (maison mère STM de la Basse Seine) auxquelles elle apportera le Ville de Vannes.


Les Vedettes d'Alexandre Le Gallic :
Alexandre Le Gallic assure une liaison entre Vannes et l'Île d'Arz. Sa place de stationnement se situait près de la Place Gambetta côté Séné. Il effecture du transport de passagers et un peu de frêt. Il proposait des dessertes régulières et des excursions avec le Jean-Paul et le Kérino.Le Jean-Paul sera repris par les Vedettes Vertes sous le nom de Er Gazec. Ci-dessous, à gauche le Jean-Paul avec une coque blanche et liseret bleu, aux côtés du Rohazon Breizh de Clage.


Armement France II - Les Vedettes Panoramiques :
Dans les années 1950, à Port Navalo, Fernand Calage [28/1/1918 Languidic - 28/12/2000 Arzon] et son épouse Yvonne Gillet débutent des visites touristiques au départ de Port-Navalo. La petite compagnie est connue également par le nom de son bateau Armement France II. Dans les années 1970, il fait construire le Rohazon Breizh (photo ci-dessous), par les chantiers SCEN de Concarneau.

Sur la carte postale ci-dessous, le Saint Joseph est amarré au quai de Port-Navalo alors que l'Aventureuse des Vedettes Vertes se présente.

Dans les années 1980, leur 3° fils Thierry Calage (né en 1955) poursuivra l'activité avec la compagnie familiale rebaptisée Vedettes Panoramiques. Le môle de Port-Navalo porte le nom de son père. Avec pour port d'attache Port-Navalo; il propose des excursions sur le Golfe du Morbihan avec 2 bateaux.
Photos ci-dessous. Cette petite compagnie également connue sous le nom "Le Tour du Golfe" sera absorbée par la Compagnie des Îles devenue Navix. Ci-dessous, le Morbihan peint en bleu et le même peint en rouge.

Cette carte postale Cim montre le Rohazon Breizh qui porte l'ensiegne Armement France II, à sa droite le Saint-Joseph et le Yvon-Jean-Jacques immatriculé V1562. Yvon et Jean-Jacques [1950-2006] étant les frères de Thierry Calage.

Les Vedettes de l'Angélus
En 1968, à l'embouchure du Golfe du Morbihan, Jean Pasco [28/5/1938-6/11/2018] lance la Compagnie des Vedettes de l'Angélus à Locmariaquer, dans un secteur où étaient déjà présentes les Vedettes Panoramiques, les Vedettes Blanches, les Vedettes Vertes. Hors saison, il entretien les parcs ostréicoles de son épouse car l'activité de trransport de passagers ne suffit pas.

Tout a commencé dans le bar-café de la grand-mère, qui donne sur l’embarcadère du Guilvin, où bien avant les Vedettes de l'Angélus, débarquaient les passeurs .
C’est dans cet établissement emblématique de Locmariaquer que Jean Pasco installe en 1968 la billetterie de sa compagnie maritime. Jean Pasco, qui était pêcheur a Lorient, venait débarquer le poisson à Locmariaquer. Il a connu sa femme en venant débarquer du poisson chez sa sœur, pêcheuse sinagote.

Il acquiert sa première vedette, L’Angélus I (photo ci-dessus), dotée de 80 places construite à Locmiquélic aux chantier Querrien. C'était le début du développement du tourisme.

En 1979, le 2e bateau, l'Angélus II (120 places) est acheminé de Marseille par Gibraltar en un périple de neuf jours. Ce bateau plat avec 1,60 de tirant d’eau tint bien la mer durant le voyage dans le Golfe de Gascogne agité. À cette époque, son père, Jean, interrompt son activité de pêche pour démarrer les croisières.
En 2009 la compagnie acquiert L'Angélus III qui propose 193 places pour les passagers.
En 2012, son fils Yann Pasco, qui a toujours vécu à Locmariaquer, prend la succession de son père. En 2017, il dote la compagnie de l'Angélus IV de 196 places.
La compagnie propose des excursions et des dessertes au départ du port de Port Navalo, Locmariaquer et Quiberon.
Les quatre bateaux de cette compagnie familiale transportent 60 000 passagers par an, pour des promenades dans le Golfe du Morbihan, dans la rivière d’Auray, ainsi que des traversées vers Houat et Hoëdic, l’été. La société est resté fidèle à l’embarcadère du Guilvin, où est également installé le Bar du Golfe, fondé par sa grand-mère, en 1938. Ci-dessous L'Angelus IV.

La compagnie morbihannaise Les Vedettes L’Angélus a baptisé hier au port du Guilvin, à Locmariaquer, son nouveau navire. Il s’agit de l’Angélus IV, navire à passagers réalisé par Chantiers Navals Bernard et réceptionné par son armateur le 21 juillet. Assurant le trafic touristique dans le golfe du Morbihan et sur l’Île d’Houat, ainsi que la visite de la rivière d'Auray au départ de Locmariaquer, ce bateau de 22.5 mètres de long pour 6.5 mètres de large est entièrement en polyester.
Classée en 3ème catégorie de navigation, la vedette peut transporter 196 passagers avec un salon fermé pour 72 personnes, une plage arrière pour 36, un pont supérieur pour 72 autres et une plage avant avec 16 personnes. Etudiée pour pouvoir recevoir des personnes à mobilité réduite (l’une des quatre toilettes est notamment adaptée aux passagers en fauteuil roulant), elle dispose d’une billetterie comptoir à l’intérieur de son salon. Elle est également adaptée pour accueillir des manifestations privées ou encore des séminaires.
Doté d’une coque à bouchains avec deux ailerons protégeant les hélices, ainsi qu’une étrave inclinée et légèrement guibrée, l’Angélus IV bénéficie d'une timonerie panoramique afin de faciliter la visibilité, notamment lors des manœuvres d’accostage.
Côté propulsion, le bateau dispose de deux moteurs diesels John Deere et deux réducteurs ZF avec deux lignes d’arbres et deux hélices cinq pales. Les machines, qui affichent une puissance unitaire de 575cv à 2000rpm installés par Pronocéan (agent John Deere). L’équipement électrique 24Vac ainsi que les systèmes radio et navigation ont quant à eux été installés par la société lorientaise ECCS.
Représentant un investissement de 2.3 millions d’euros pour Les Vedettes L’Angélus, société fondée en 1968 par Jean Pasco, qui a passé la relève à son fils Yann, l’Angélus IV porte la flotte de la compagnie à quatre navires. Les trois premiers sont l’Angélus I (84 passagers), l’Angélus II (120 passagers) et l’Angélus III (196 passagers). « Avec ce nouveau bateau, nous continuerons à développer les activités de passagers en offrant une capacité d'accueil supérieure. En moyenne, 55.000 passagers sont transportés chaque saison d'avril à fin septembre par nos bateaux
Les Vedettes Blanches d'Armor (Lesquel) Baden - Larmor Baden
Olivier Lesquel avait crée en 1970 sa compagnie de transport de passagers sise à Port Blanc en face l'Île aux Moines. Au milieu des années 1980, ces enfants Gaby et Francis prennent la succession de l'entreprise. Il relie notamment le port de Larmor Baden à l'île de Gavrinis et son tumulus.

Dans les années 1985 la flotte se compose du Morbihan, du Saint-Gildas II, de l'Etoile du Golfe (photo ci-dessus) et du Cavalier des Mers. Lors de son rapprochement avec Izenah Croisières, il apporte l'Océane, un bateau de 120 passagers.
Le Georges Cadoudal :

En 1985, le projet d'un navire de croisière gastronomique, dont Auray sera le port d'attache, se présente sous de bons auspices. Il a le soutien de la municipalité et l'agrément de l'administration des Affaires Maritimes et du Conseil Général. Le porteur du projet, Gérard Evenas, présente des garanties. Armateur de pêche, il est propriétaire de deux chalutiers. C'est un navire panoramique et gastronomique conçu pour naviguer dans le golfe du Morbihan qu'il fait construire aux chantiers Chauvet, à Paimboeuf
Un millier de spectateurs enthousiastes assistent à l'arrivée du navire au port d'Auray, le mercredi 1er avril 1986. Flambant neuf, il a belle allure, « sa forme évoque celle d'un yacht ». Long de 35,5 m et large de 9 m, il peut accueillir 200 passagers. Des « portes ouvertes » sont organisées le week-end suivant son arrivée.
Le Georges Cadoudal peut alors commencer sa première saison de navire gastronomique. Les passagers sont installés dans une vaste salle de restaurant avec vue panoramique sur le Golfe du Morbihan. Une autre compagnie de navigation morbihannaise effectuant des croisières gastronomiques fait déjà des escales au port d'Auray.Elle a proposé un partenariat pour permettre le remplissage du navire, mais Gérard Evenas l'a rejeté...
Hélas, de mauvais choix en infortunes, l'aventure tourne court.
L'équipage est finalement licencié et l'armateur condamné à indemniser les personnels « pour un montant total de près de 250.000 francs ». Le bateau n'aura croisé dans le Golfe du Morbihan qu'une seule saison.

La bateau sera racheté par des entrepreneurs corses et posté au large de Porto-Vecchio sous le nom de Show-Boat de 2010 à 2022. La Corse permet d'amortir le bateau sur un plus grand nombre de jours.

La fin du navire sera aussi rocambolesque que son éphémère navigation dans le Golfe du Morbihan.
L’ex-Show Boat, un navire de croisière restaurant de 35 mètres, était en phase démantèlement à Porto-Vecchio, en octobre 2024, quand il a, a priori, été victime d’un incident. La coque a dérivé pour venir s’échouer sur les rochers de la Pointe Capicciola, sur la commune de Zonza, au nord-est du golfe de Porto-Vecchio. L'épave repose désormais à plat sur un fond rocheux, par 9 mètres de profondeur, dans une zone particulièrement fréquentée à l'approche de l'été
Considérée comme un danger pour la navigation, l'environnement et les activités nautiques, elle a donné lieu à plusieurs démarches officielles restées sans suite satisfaisante.
Le préfet maritime de la Méditerranée a ainsi adressé deux mises en demeure au propriétaire, suivies de plusieurs relances par la Direction de la mer et du littoral de Corse (DMLC), afin qu'il procède aux mesures nécessaires pour supprimer le risque. Les tentatives menées avec l'appui d'une société spécialisée n'ayant pas permis d'atteindre les objectifs attendus, une intervention d'office a été décidée.
Coordonnée par la DMLC, sous l'autorité de la préfecture maritime, une opération technique aura lieu du 2 au 10 juillet 2025 pour neutraliser le danger représenté par l'épave, notamment en ce début de saison estivale.
Le Passeur des Îles :
En 2006, le Ghysolva, navire qui assurait la liaison vers l'Île d'Arz, est racheté par deux associés : François Perrus et Jérôme Morverand. Après avoir rassemblé les 25 000 € nécessaires pour le rachat du navire, le directeur de la Navix de l’époque, Gérard Douguet, a proposé aux associés de laisser le Ghysolva à son corps mort à Conleau le temps qu’ils puissent créer leur entreprise pour exploiter le bateau. La société, créée en février 2007, a été nommée « le Passeur des Îles" et exploite alors deux navires : un vieux gréement « Jules Marguerite » et le Ghysolva. Lors du carénage du Ghysolva avant la saison, il a été renommé « Le Passeur des Îles ».
Début juillet 2007 la nouvelle compagnie maritime exploite une liaisons entre Kerners et l'Île aux Moines avec le Passeur des Îles.

En 2025, les associés du Passeur des Îles, Jérôme Morverand, Ronan Le Borgne et Henri Louis mettent à l'eau le Pass’Avel, premier bateau hybride de la compagnie d'une capacité de 60 passagers.
La liaison maritime vers l'île d'Arz
Le Passeur des Îles
Article alimentés par ces sources :
https://courriersdefrance.blogspot.com/2018/03/
https://courriersdefrance.blogspot.com/2020/06/barge-belure-bateaux-bus-du-golfe.html
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.1186114848087198.1073741859.1032071713491513&type=3
Au tout début des années 1970, la desserte de l’Île d’Arz au départ de Conleau était assurée à l’année par le passeur Emile Noblanc.

Les départs étaient irréguliers. Le marin assure une rotation le matin et le soir pour le courrier et deux autres en fin de matinée et début d’après-midi. Suite à des soucis de santé, Emile Noblanc a dû stopper ses activités. Afin de reprendre la liaison à l’année entre Conleau et l’Île d’Arz, deux iledarais, Jean-Paul Marchienne et Michel Le Bono se sont associés et ont fait construire chacun de leur côté une petite vedette en bois de moins de 10 mètres, pouvant transporter jusqu’à 40 passagers.


Les deux vedettes, commandées auprès du chantier Rameau d’Étel, ont été respectivement nommées Sylvie Emmanuel (ci-dessus en blanc près de la cale de Béluré) et Yann.(ci-dessus près de la cale de Port Navalo) Livrées en 1971, elles assuraient un service avec des horaires fixes et respectés.
Plus tard, Jean-Paul Marchienne a décidé de se consacrer au transport de marchandises et a vendu le Sylvie Emmanuel à Jean-Claude Le Dirdoux. Renommé Ghysolva, la petite vedette continue ses aller-retour entre le continent et l’Île d’Arz.
En 1989, un bateau spécifique, la Béluré, est mis en service pour asurer le transport de marchandises et matériaux. José Le Guil [1940-2024] en est la patron.Elle remplacait une ancienne barge de plus petite capacité datant des années 1960/1970.
Au cours des années 1990, la liaison continent-Île d’Arz a été prise en charge par le Département du Morbihan qui a placé l’exploitation de la ligne Séné-Conleau-Île d’Arz en une Délégation de Service Public (DSP). Jean-Claude Le Didroux et son associé Patrick Gillard, conserveront l’exploitation de la ligne jusqu’à la retraite en 1998 de Le Didroux. Les associés achètent aux Vedettes de Bréhat l'Ener Vriad qu'ils renomment l'Enez Arz.

Au 1er janvier 1998 la délégation de service public est reprise par la société « Au fil de l’eau » (dit aussi Passeur de l’île d’Arz), compagnie créée par Oliver Le Bris, ancien skipper. Elle a possédé 4 navires (Le Ghyslova, l’Enez Arz, l’Enez Baudig et l’Enez Bihan).
En août 2005, la compagnie Le Passeur de l’Île d’Arz est reprise avec 3 navires par le groupe Naviland (Navix-Compagnie des Îles) car le directeur de la société décide de jeter l’éponge par manque de rentabilité et du peu d’aides proposé par le Conseil Général pour permettre à la compagnie de survivre.
Cependant, au 1er janvier 2006, la Navix n’a pas été choisie pour reprendre l’exploitation de la ligne durant 5 ans. Le Ghysolva a été mis en vente tandis que les deux autres navires, l’Enez Arz et l’Enez Bihan ont été transférés à la Compagnie des Îles et à Croisières Inter-Îles, compagnie du groupe Navix.

La délégation de service public est acquise par la Compagnie du Golfe (groupe CTM/Connex, devenue Véolia Transport) avec deux vedettes d’occasion, les vedettes Tadorne et Avocette.


En janvier 2012, Bateaux-bus du Golfe, filiale de la société finistérienne FINIST'MER, décroche la délégation de service public pour deservir l'ïle d'Arz pour une durée de 7 ans. Elle investit au passage 1.2 M€ dans un 12° bateau baptisé l'Ile d'Arz.(photo ci-dessus) et reprend l'ensemble des 12 salariés de la Compagnie du Golfe, filiale de Véolia qui l'exploitait jusqu'alors la liaison. Le reste de l'activité de la Compagnie du Golfe est acquis par la Navix.
En juillet 2021, la Compagnie Maritime Bretonne, nouvelle maison mère de la Navix, rachète au groupe finistérien Kersea (Ex Finis'mer) son activité dans le Morbihan, les Bateaux-bus de l’île d’Arz (à la fin du contrat de délégation de service public) et les Vedettes du Golfe. Avec 4 bateaux en plus, la NAVIX détient désormais le monopole du transport de passagers à la gare maritime de Vannes avec notamment la délégation de service public assurant quelque 300 000 passagers par an pour l’île d’Arz.
Liste des navires ayant effectué la liaison Vannes-Séné-Ile d'Arz
Navires de la compagnie « Au Fil de l’Eau » :
Le Ghyslova : Construit en 1971 au chantier naval Rameau (Etel), il est le navire emblématique de l’Île d’Arz. L’ayant desservit tous les hivers de 1971 à 2006, il a connu une longue carrière, mais navigue toujours dans le Golfe du Morbihan durant la période estivale pour le compte de la société Passeur des Îles, dont il reprend désormais le nom. Long de 9,30 mètres, il peut transporter au maximum 40 passagers. Ci-dessous sous les couleurs du Passeur des Îles.

L’Enez Arz : C’était une vedette à passagers en bois construite dans les années 1980, elle a assuré le service entre l’Arcouest et l’Île de Bréhat pour le compte des « Vedettes de Bréhat » (sous le nom d’Enez Vriad) puis est revendu dans les années 1990 à la société Au Fil de l’Eau. A la fin de l’exploitation de la DSP du Passeur de l’Île d’Arz, l’Enez Arz est repris par la Compagnie des Îles en 2006. Il a été détruit par un incendie à Concarneau en 2013 alors qu’il était en carénage. Longue de 19 mètres, elle pouvait transporter 150 passagers.
L’Enez Baudig : C’était une vedette en bois exploitée par la Société Au Fil de l’Eau (acquise par la compagnie en mai 1999) avec le Ghysolva et l’Enez Arz. Il assurait la liaison avec l’Île d’Arz avec l’Enez Arz durant la période estivale. Longue de mois de 20 mètres, elle pouvait transporter 85 passagers. L’Enez Bihan : Catamaran construit en 1993 et acheté par la société « Au Fil de l’Eau » en 2004. Il peut transporter 194 passagers à la vitesse de 12 nœuds. Il appartient aujourd’hui à la compagnie Inter-Îles qui l’exploite pour faire des croisières au départ de Boyardville (Oléron), sous le nom de Saurine. Long de 18,30 mètres, il peut transporter 196 passagers à la vitesse de 12 nœuds. Ci-dessous au passage devant l'échelle à marée de Séné.

Navires de la Compagnie du Golfe :
Tadorne : Vedette en polyester construite en 2002 pour le compte des Vedettes des 7 Îles (Côtes d’Armor), sous le nom d’Oiseau des 7 Îles. Rachetée en 2006 par la Compagnie du Golfe pour effectuer la liaison avec l’île d’Arz depuis le continent sous le nom de Tadorne. Aujourd’hui, elle se nomme le Brestoä, et assure des liaisons et des promenades dans la rade de Brest depuis 2014. Longue de 20 mètres, elle peut transporter 140 passagers à la vitesse de 20 nœuds. Ci-dessous à la cale de Conleau-Vannes

Avocette : Présente au sein de la flotte de la Compagnie du Golfe de 2006 à 2009, elle était la vedette de réserve avant l’arrivée du Sterne en 2007. Elle a été vendue fin 2009 à un armateur basque sous le nom de Nivelle V. Elle assure des croisières des croisières au départ de Saint Jean de Luz en période estivale. Longue de 19,20 mètres, elle transporte 98 passagers à la vitesse de 14 nœuds.

Sterne : Vedette construite en 2007 pour le compte de la Compagnie du Golfe pour assurer la liaison avec l’Île d’Arz pour remplacer le Tadorne qui devient le navire de remplacement/supplément. Depuis la fin de la délégation de service public détenue par la Compagnie du Golfe, le Sterne est désormais utilisé pour faire des croisières dans le Golfe du Morbihan. Longue de 21,07 mètres, elle peut transporter 156 passagers à la vitesse de 17 nœuds.

Navires des Bateaux-Bus du Golfe :
Heb Ken : Vedette construite en 2000 sous le nom de Fou de Bassan pour le compte des Vedettes des 7 Îles de Perros Guirec. Vendue en 2004 aux Vedettes de Bréhat et renommée Guerzido. Rachetée par la Compagnie du Golfe en 2010 pour remplacer l’Avocette, revendue à un armateur basque la même année. Les Bateaux-Bus du Golfe le rachètent fin 2011 pour lancer leur activité le 1er Janvier 2012. Avec l’entrée en service de l’Île d’Arz en 2013, le Guerzido est renommé Heb Ken et assure désormais des croisières sur le Golfe du Morbihan. Longue de 19,50 mètres, elle peut transporter 140 passagers à la vitesse de 20 nœuds.

Trentemoult 2 : Petite vedette en bois appartenant à Marine & Loire et assurant le remplacement des Navibus de Nantes ou des croisières sur la Loire. Notons qu’il a passé 2 ans (de 2012 à 2014) au sein des Bateaux-Bus du Golfe pour assurer des croisières dans le Golfe du Morbihan ou la ligne Île d’Arz-Continent. Longue de 17,50 mètres, elle peut transporter 85 passagers à la vitesse de 15 nœuds. Île d’Or : Vedette en bois construite en 1972 sous le nom de Île du Château d’If, elle a assuré un temps la liaison entre Marseille, le château d’If et l’Île du Frioul, avant de rejoindre les îles d’Hyères sous le nom d’Îles d’Or XVI pour le compte de la compagnie « Vedettes Îles d'or et Le Corsaire ». Rachetée en 2012 par les Bateaux-Bus du Golfe et assure désormais la liaison avec l’Île d’Arz depuis Vannes et Séné en doublure du Guerzido puis de l’Île d’Arz (à partir de 2013). Longue de 22,60 mètres, elle peut transporter 168 passagers. Île d’Arz : Vedette construite en 2013 au chantier Pierre Gléhen à Douarnenez pour le compte des Bateaux-Bus du Golfe, elle a été dessinée par le cabinet d’architecte nantais HT2, sur les plans des Navibus « Ile de Nantes » et « Chantenay », en été toutefois un peu plus longue mais moins puissante. Assure à l’année la liaison Vannes-Séné-Île d’Arz, elle est longue de 20,18 mètres et peut transporter 120 passagers à la vitesse de 11 nœuds.

Béluré : Barge construite en 1989 pour remplacer une unité de plus petite taille, Béluré assure le service de marchandise entre Séné Barrarac’h et l’Île d’Arz. Longue de 17 mètres, elle peut transporter 30 tonnes de marchandises et 6 passagers à la vitesse de 10 nœuds.

Pour se mettre à écrire un article sur ce site, il faut une inspîration du moment, un évènement, un document ou une photo qui donne le déclic d'en savoir plus sur un sujet.
Il en est ainsi de cette photo qui montre une Vedette Verte devant l'emblématique Maison Rose à Séné.
On a envie d'en savoir plus sur ces vedettes de transport de passagers qui sillonnaient le Golfe du Morbihan et sillonnent encoire de nos jours la Petite Mer.
Sources consultées :
Delcampe, Archives Municipales de Vannes, Archives du Morbihan, societe.com.
Archives personnelles de Gérard DOUGUET que je remercie bien.
http://uim.marine.free.fr/situation-flotte/
http://pavillon.houseflag.free.fr/armateur%20Compagnie%20N.html
https://www.fotw.info/flags/fr~hf.html#n
Résumé :
Alors que la Cie Vannetaise de Navigation est déclinante, une Cie du Havre, la STM vient à Vannes faire du cabotage. Elle se lance dans le transport de passagers et impose sa marque les Vedettes Vertes. Rachetée par l'UIM, celle-ci développe une flotte de bateaux. Contre-coup de la guerre Iran-Irak, l'IUM fragilisée se désengage. Des investiseurs privés arrivent puis vient la financière Tocqueville qui échoue à créer un grand groupe de transports de passagers sur les côtes de l'Ouest de la France. Fort de son expérience dans le transport de passagers, le marin Gérard Douguet lance la Cie des Îles qui va petit à petit racheter ses concurrents et batir un groupe de navigation cotière sur les îles de la Bretagne Nord aux Charentes. Ce groupe sera ensuite scindé par bassin touristique entre la Navix dans le Sud Morbihan, la Compagnie Corsaire sur Saint-Malo et la Compagnie Vendéenne.
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Des Vedettes Vertes à la Navix : du vert au bleu
En 1939, la Société de Transport Maritime de la Basse Seine, ou STM est crée au Havre. Son directeur à l'époque, M. Billard, choisit comme étendard un rectangle vert avec 3 boules, deux blanches et une rouge sur un fond vert. Ce fanion évoque la tapis d'un jeu de billard qui serait à l'origine de la couleur des vedettes vertes.

Dans les années 1950, la STM de la Basse Seine dispose d'une filiale la STMC pour Société de Trasnports Maritime Côtiers.

La STMC, basée au Havre effectue du transport de pasagers sur la côte d'Albatre.comme l'indique cet extrait d'horaires. Cette activité a débuté avec les bateaux qui servaient au transbordement des passagers depuis les paquebots vers les quais du Havre. La STMC vient s'établir sur Vannes pour faire du frêt avec des caboteurs reliant Belle-ïle. (source Gérard DOUGUET)

En 1953, accompagnant l'essor du tourisme, la STMC, lance les Vedettes Vertes de Vannes et fait construire le Saint-Yves et le Saint-Anne (ci-dessus aux côtés de L'Aventureuse), deux bateaux au diesel construits encore en bois au chantier Thomas, sur la rive gauche à Vannes.

La photo NB ci-dessus montre le Saint-Yves sans son taud (capote) qui protège les passagers du soleil. Avec ses deux petits bateaux, elle propose jusqu'à 8 trajets aller retour par jour et concurrence fortement la Compagnie Vannetaise de Navigation (CVN) qui fait naviguer sur le Golfe, le Médoc (photo NB ci-dessous) à la cale de Bélure.

En 1954, les Vedettes Vertes reprennent le Médoc quand la CVN baisse pavillon. Une étude des cartes posatales anicenne réalisée par Gérard Douguet, permet de dire que le Médoc est renommé Er Lannic quand il rejoint la Cie des Vedettes Vertes. Sa coque est repeinte en vert et il sera modifié progressivement pour améliorer la sécurité et le confort des passagers. Ci-dessous le Er Lannic qui sera débaptisé en 1962 au moment aux les Vedettes Vertes font l'acquisition de L'Amourette auprès des vedettes concarnoises, ce dernier bateau rebamptisé Er Lannic. Le vieux Medoc-Er-Lannic finira ses jours transformé en House Boat près de la base nautique de Toulinda puis il sera démoli..

Les bateaux accostent à marée haute près de la place Gambetta. C'est le moment d'aller se restaurer au Café des Colonies ou au restaurant de la Garenne. Danielle Darieux qui possède un maison sur l'île de Govihan est une habituées des Vedettes Vertes La zone d'embarquement se déplace en suivant la marée descendante près du kiosque ds Vedettes Vertes pour ensuite embarquer à la cale du Pont-Vert. Cette cale accuillera un restaurant toujours visible de nos jours.
Sous la direction de Edmont Marchand, de 1967 à 1965, les Vedettes Vertes collaborent avec la Sncf pour organiser des "services touristiques" dans le Golfe du Morbihan comme l'illustre cette affiche de l'été 1958.(source Archives Municipales de Vannes). L'épouse de M. Marchand tenait le tout premier restaurant près de l'embarcadère de l'île d'Arz, le Retour de Crosières, aujourd'hui connu sous le nom de l'Escale.

Dans les années 1960, les Vedettes Vertes accueillent leur premier bateau en métal le Gavrinis construit dans un chantier au Havre. Il s'agit du premier bateau construit expressement pour le transport de passagers. Il est équipé d'un double pont. Ce bateau sera vendu, puis racheté en 2006 par Franck DAVID, ancien champion de planche à voile.qui le transformera en un yatch moderne.
La flotte est alors constituée de bateaux diesel récents : Théodore Botrel (photo couleur ci-dessous), de l'Aventureuse, bateau en bois acheté d'occasion (photo ci-desssous se présentant à Port-Navalo), du Gavrinis (2° photo couleur ci-dessous) et des derniers bateaux hérités de la Cie Vannetaise de Navigation, le Er Lannic (photo NB ci-dessus) et le Saint-Yves.

Le Théodore Botherel fut construit en 1968 et revendu en 1983 à une compagnie du Havre.


En 1962, les Vedettes Vertes mettent en service le Ville de Vannes.Sur la photo ci-dessous le Ville de Vannes est prêt à accoster à Port-Navalo.. Au second plan, un bateau en jaune de la Société Coopérative de Navigation SCV de Locmiquélic active de 1938 à 1993.


Jusqu'au milieu des annés 1960, la compagnie des Védettes Vertes disposait d'un kiosque près de la place Gambetta. Ce petit local avait succédait à la bascule publique. Sur cette carte postale Jos, il apparait repeint aux couleurs de la compagnie.

Ensuite le siège de la compagnie sera transféré près du Pont Vert.

En 1966, les Vedettes Vertes sont reprises par M. Henri Le Rohellec et son beau-frère, M. Ceria.(source Cahier des Amis de Vannes Christian Collobert)

Les Vedettes Vertes ont surfé sur le développement du tourisme au gré des repreneurs.Ci-dessous el Gavrinis embarquant des passagers auport de Vannes.

En 1970, les Vedettes Vertes absorbent les Vedettes Blanches de M. Cartron (lire histoire des petites compagnies) et reprennent ses deux bateaux. 
La mairie de Vannes fait construire la première gare maritime sur l'esplanade entre la Marle et la rue du Port. cet emplacement est aujourd'hui occupé par le parking souterrain.
Cette même année, Gérard Douguet débute sa carrière comme matelot à la STMC..
Les Normands de l'IUM s'emparent des Vedettes Vertes :
En novembre 1971, MM Le Rohellec et Ceria vendent les Vedettes Vertes à la société SA UNICATOUR pour Union de Cabotage et de Tourisme, filiale de l'Union Industrielle et Maritime, UIM. Les Vedettes Vertes de Vannes sont désormais présidées par M. Jean Michel Poirson et M. Le Rohellec reste encore quelques temps directeur. Le nouvel actionaire va contribuer au développement de la flotte en faisant construire toute une série de bateux neufs : le Suscinio en 1972, le Roguedas en 1975 (photo ci-dessous à quai à Port-Nalalo), le Rhuys en 1976, tous construit auxchantiers Querrien de Locmiquélic. Viendornt ensuite le Navijet, le Navispace.
En 1972, M. Henri Le Rohellec, directeur des Vedettes Vertes, obtient des locaux sur le nouveau port de Vannes qui va quitter la Rabine pour s'établir au bout du chenal. Le déménagement aura lieu en 1976.

1972 : arrivée du Suscinio

1975 : Le Roguedas :Mise en service d'une nouvelle unité aux Vedettes Vertes à Vannes, . Construite à Locmiquelic, cette vedette à deux ponts peut transporter 250 passagers en mer.Dès le lendemain de son baptême, le 30 mai 1975, par sa marraine, Mme Madec "Roguedas" prenait son service touristique sur le golfe du Morbihan. Dimensions : L = 24,3 m - l. = 6,10 m - jauge = 92 Tx - moteur Volvo 270 ch suralimenté -vitesse = 11 nds.

1976: le Rhuys :

En 1976, le nouveau port à flot de Vannes va profondément modifier l'ambiance maritime de la préfecture nichée au fond du Golfe du Morbihan. Les passagers qui embarquaient à marée haute place Gambetta et à marée basse au Pont-Vert, le feront désormais plus en aval de la Marle sur des quais aménagés pour accompagner le fret maritime et le tourisme.
Zoom sur le Navispace, le premier navire restaurant sur le Golfe du Morbihan;


En 1982, l'UIM fait construire au chantier naval Bernard de Port Louis une vedette à passagers de grande capacité pour des croisières sur le Golfe du Morbihan au départ de Vannes : le Navispace « Duc de Bretagne » est affrêté par les Vedettes Vertes et permet à la compagnie de se diversifier en proposant une croisière déjeuner sur le Golfe, sans escale, tous les midis en saison. Ce créneau de croisières restaurant sur le Golfe du Morbihan était alors un concept nouveau. Long de 35 mètres pour 10,40 mètres de largeur, il avait un tirant d’eau 2,20 m. Il pouvait transporter 440 passagers, dont 250 couverts, à la vitesse de 12 nœuds.
En 1983, la compagnie accueille le Navijet, ancien Belle de Jerzay qui effectuait des liasons entre Saint-malo et les Îles Anglo-Normandes. Cette vedette rapide permettait de relier vannes à Belle-ïle en une heure au lieu de deux heures.

Le 22 juillet 1983, une nouvelle gare maritme au Parc du Golfe est inaugurée. Ci-après les locaux occupées plus tard par la Navix. (Source Collection C.ollobert)

En novembre 1985, les Vedettes Vertes transportent le Président de la République François Mitterrand.

En 1987, les Vedettes Vertes renforcent leur flotte de navires restaurants avec la mise en service du Navirama « Duc de Penthièvre ». Construit par le chantier Chauvet de Paimboeuf, il mesure 31,37 mètres de longueur pour 8,40 mètres de largeur et peut transporter jusqu'à 425 passagers à une vitesse de 10 Nds. Cependant, ce navire ne rencontre pas le succès estompé, il est revendu en 1990 à un armateur finlandais qu'il exploite toujours sur le lac Saimaa, sous le nom de « Camilla ».
La retructuration des compagnies :
Fin 1988, la guerre Irak Iran qui s'achève a malgré tout mis à mal le bilan financier de l'UIM dont l'activité etait en grande partie concentré sur les vraquiers. Celle-ci décide de vendre la Compagnie des Vedettes Vertes.
L'entreprise est reprise par la financière Tocqueville International en même temps que des petites compagnies basée à Pornichet, Noirmoutier et La Rochelle. Au travers de sa filiale, S3A, pour Société Anonyme Atlantique Armement, elle est déjà active dans le transport de passagers sur les liaisons vers l'île d'Yeu avec l'Amiral de Joinville, l'Amiral de Trouville et le Nicolas Boucharel.
Cette dernière va accumuler les erreurs d'investissements, elle ne s'intègrera pas au tissu économique local ce qui la conduira à se retirer progressivement du transport de passagers et à cèder ses compagnies maritimes.
Dans les Charentes, la construction du Pont de l'île de Ré rabat les cartes. Le départemnt se désangage du transport maritime cotier. La S3A appuie la création de la Société Rochelaise par Philippe Courcaud, Le Bossey et Saussey.
En 1990 le mini-paquebot, Cinderella rejoint la flotte de l'entreprise désormais renommée la Navix. ce bateau doit être exploité à la fois pour des dessertes rapides vers Belle-Île et pour de la restauration de plaisance. M. Douguet opposé à ce plan d'activité démissionne Le navire couteux se révèle peu adapté aux liasions dans le sud Morbihan. Son exploitation déficitaire fragilise les résultats financiers de l'entreprise, par ailleurs confrontée à une grogne sociale. (source Cahier des Amis de Vannes Christian Collobert). La Navix dépose le bilan au Tribunal de Commerce en novembre 1992.

Ses dirigeants de Tocqueville International se tournent alors vers un nouvel actionnaire, la SNAT, Société nouvelle d'armement transmanche, détenue à 51% par la Sncf et le britanique Sealink. La SNAT effectue du transport de passagers entre Saint-Malo et les Îles anglo-normandes, avec sa filiale Channiland, crée en 1991 à Granville. La SNAT perdra son partenaire britannique et prendra en 1996 le nom de Seafrance, tout en restant toujours une filiale de la Sncf.
La société Naviland est constituée et la marque Navix est adoptée en même temps que la couleur bleu s'impose sur toute la flotte.


La photo montre à quai sur la nouvelle gare maritime 5 bateaux de la NAVIX repeints en bleu. De gauche à droite, le JACQUES CASSARD, le SUSCINIO, le ROGUÉDAS et le DUC DE BRETAGNE-NAVISPACE qui sera revendu en 2002.

La Compagnie des Îles : naissance d'un concurrent :

En 1992, agé de 43 ans, Gérard Douguet fonde sa compagnie, la Compagnie des Iles. Il en détient 45% du capital aux côtés de la CMNN, la Compagnie Morbihannaise et Nantaise de Navigation (45%) et à titre personnel, M. Podras, directeur de la Coopérative Maritime des Vedettes de Lorient (10%). ll démarre son activité avec un premier bateau Le Kerzo.


La CMNN,Compagnie Morbihannaise et Nantaise de Navigation est une filiale de la CN-UIM, Compagnie de Navigation UIM. Elle est également active dans le transport maritime en Vendée où elle détient 50% des droits sur la la liaison Fouras-Aix (gérance du service public de l'ile d'Aix), et contrôle 25% dans la Société Rochelaise de Navigation (tourisme nautique en Charente-Maritime).
La CMNN va bâtir un groupe maritime avec un pôle en Vendée et l'autre en Morbihan.
En 1993, soutenue par ses actionnaires, la Compagnie des Îles achète le bateau l'Aigrette IV à la Compagnie de l'Odet rebaptisé Le Pays de Vannes. Ce bateau, construit en 1978 avec une coque en acier mesure 23m de long x 6m de large. Il est doté de 2 moteurs de 180 cv lui permettant d'atteindre une vitesse max de 11 nœuds. Il embarque jusqu'à 250 passagers.
Hors saison le Kerzo est affrêté par le Conseil Général pour du service autour de Lorient.
En 1994, M. Douguet rachète le San Corentin à Fernand Calage des Vedettes Panoramiques.Il est rebaptisé le Méaban.
En 1995, il achète le Bagad renommné le Boëdic et en 1996 il achète le Logoden puis en 1997 le Er Lannic.
La Compgnie des Îles s'empare de la Navix :
Cette année 1997, la SNAT, devenue Seafrance en mauvaise santé financière. Accompagnée par ses actionnaires, la Compagnie des Îles, se porte acquereur le 24/7/1997 de la majorité du capital de Naviland aux côtés de Seafrance. M.Gérard Douguet [1997-2008] est maintenu à la direction. Naviland reprend au passage quelques petites compagnies artisanales et se retrouve alors à la tête d'une flotte de quinze bateaux.

En 1998, la CNNM au travers de sa filiale, la SAO Société d'Armement de l'Ouest, détient des parts dans 5 compagnies de navigation : en Bretagne, les Vedettes Corsaire à Saint Malo, la Société Morbihannaise de Navigation SMN à Lorient pour la desserte de Belle-Île, Naviland (Compagnie des Îles-Navix) à Vannes. et en Vendée, la Compagnie Vendéenne ainsi que la Compagnie Inter-Îles.

En 1999, la Compagnie des Îles acquiert un bateau nef, le Kerpenhir pour la liaison vers Belle-Île.
En 2000, c'est le tour du Kérisper, sister-ship du précedent, de rejoindre la flotte de la compagnie. Selon la clause du contrat de cession, Seafrance revend ses parts à M. Douguet qui est seul aux commandes de la Compagnie des Îles et de Naviland-Navix.

En 2002, la Navispace a été vendu à une compagnie portugaise qui l'exploite le long du Tage. Naviland lance la construction du Mor-Bihan aux chantiers Gamelin de La Rochelle, d'une capacité de 300 personnes. (ci-dessus devant la Maison Rose à Séné).
Pour compléter son offre, le groupe basé à Vannes, où il possède aussi une agence de voyage, effectue deux opérations de croissance externe. La 1ère, le rachat, au printemps, les Vedettes Panoramiques du Golfe, de la famille M. Calage, comptant deux bateaux basés à Port-Navalo.
La 2°, l'apport de l'acitvité des Vedettes Sablaises basées aux Sables-d'Olonne au sein de la Compagnie Vendéenne, alors filiale de Naviland. Leader sur son marché, Naviland dépasse alors les 6,5 M€ de chiffre d'affaires en 2002 « avec une croissance de plus de 10 % ». L'armateur, qui avait perdu 15 % de sa clientèle après le naufrage de l'« Erika », estime avoir récupéré le trafic manquant; (source Les Echos 9/8/2002)
Sur la côte de Bretagne Nord, la Cie de la Côte d'Emeraude, fondée en 1901, subit la concurrence déloyale des pavillons de complaisence sur la destination des îles Anglo-Normandes,notamment de la Cie Condor. Avec des résultats financiers fragilisés, le patron de l'époque, M. Legras contacte la Cie des Îles qui rachète en 2002 la Cie de la Côte d'Emeraude . Son ancien directeur commercial, Jean Luc Griffon, prend des part dans l'entreprise et devient PDG de l'entreprise qui adopte le nouveau nom de Cie Corsair.
En 2003, la Rochelaise de Navigation est absorbée par les Vedettes Inter-Îles qui mettent également le grappin sur les Vedettes Oléronnaises qui apportent 2 bateaux. M. Douguet négocie auprès de la famille Le Formal le rachat des Croisières Océane basées à La Rochelle. 4 bateaux intègrent la Compagnie Inter-Îles.
En 2006, la croisance externe se poursuit avec l'acquisition de la petite compagnie Au Fil de l'Eau-Passeur de l'ïle d'Arz qui assurait le service entre Vannes et l'île d'Arz.

Gérard Douguet et François Vielfaure
En 2009, Gérard Douguet fait valoir ses droits à la retraite et vend ses actions à la CNN qui nomme François Vielfaure [2008-2010] Pdg.. L'entreprise choisit comme raison sociale Compagnie des Îles avant de se raviser et d'adopter le nom de Navix plus court et mieux connu des passagers Pour la nouvelle saison touristique, une nouvelle gare maritime est inaugurée au Parc du Golfe.

En novembre 2009, Jean Luc Griffon [11/2009-1/2011] prend la direction du pôle morbihannais du groupe.
. Philippe Gouret lui succèdera.


En janvier 2012, Bateaux-bus du Golfe, filiale de la société finistérienne FINIST'MER, décroche la délégation de service public pour deservir l'ïle d'Arz pour une durée de 7 ans. Elle investit au passage 1.2 M€ dans un 12° bateau baptisé l'Ile d'Arz.(photo ci-dessus) et reprend l'ensemble des 12 salariés de la Compagnie du Golfe, filiale de Véolia qui l'exploitait jusqu'alors la liaison. Le reste de l'activité de la Compagnie du Golfe est acquis par la Navix.

En 2017, la Navix se dote du Dervenn. Long de 31,20 mètres de long pour 7 mètres de large, il peut accueillir 270 passagers sur deux niveaux avec un grand salon de pont fermé et des places extérieurs à l’arrière et l’étage. Le Dervenn devient ainsi le plus important de la flotte de la Navix qui compte déjà huit autres navires, le Suscinio, le Meaban, le Thalassa V, le Logoden 2, le Kistinig, le Kerisper, le Kerpenhier et le bateau restaurant le Mor-Bihan.« Comme pour la plupart de nos bateaux, nous lui avons donné un nom de lieu du Golfe. Dervenn, c’est toute petite île située à l’Est du Golfe, près de Tascon et Bailleron », dévoile Philippe GOURET, le directeur de la Navix, [01/2011 -6/2020].

En 2018, seule la marque commerciale Navix est conservée.
Entre-temps, la Compagnie Corsaire de Saint-Malo est reprise par Jean Luc Griffon et sa fille Claire. Les Croisières Inter-îles absorbent la Compagnie Vendéenne, la SMN évolue en Morlenn Express à Brest.

En octobre 2020, la Navix passe sous le contrôle de la Compagnie Maritime Bretonne, détenue par la société DORRAB de Frédéric et Gianni ROBARD. Frédéric Robard, est connu dans le monde maritime en tant que patron de la FIMAR, une société de financement maritime basée à Nantes, qu'il cèdera à la Caisse d'Epargne en 2023.
Aujourd'hui, la Navix exploite des liaisons et des croisières avec ou sans escale au départ de neuf ports de Bretagne Sud et de Loire-Atlantique (Golfe du Morbihan et ses îles, Belle-Île, Houat, Hoedic, la ria d’Etel, mais aussi Le Croisic et La Turballe).
Elle exploite aussi le Mor Bihan, bateau-restaurant à Vannes. (photo ci-dessus devant la Maison Rose à Séné).
La Navix emploie 70 personnes, transporte 140 000 passagers, pour un chiffre d’affaires de 4 M€.
En juillet 2021, la Compagnie Maritime Bretonne rachète au groupe finistérien Kersea (Ex Finis'mer) son activité dans le Morbihan, les Bateaux-bus de l’île d’Arz (à la fin du contrat de délégation de service public) et les Vedettes du Golfe. Avec 4 bateaux en plus, la NAVIX détient désormais le monopole du transport de passagers à la gare maritime de Vannes avec notamment la délégation de service public assurant quelque 300 000 passagers par an pour l’île d’Arz.

la NAVIX : basé le port à flot de Vannes dessert le Golfe du Morbihan, la Bretagne Sud

la Compagnie du Golfe :

les Vedettes du Golfe : Houat, Hoedic, Le Golfe, Auray;
es Bateaux Bus de l'Île d'Arz.

En juillet 2024, la NAVIX accueille deux nouveaux bateaux, les navettes "Mor Braz" et "Gwenn ha Du". D'une capacité de 240 passagers, ces bateaux construits en aluminium par les chantier OCEA, assureront rexpectivement la liaison entre La Turballe et Belle-Île d’une part, et entre Vannes et Houat et Hoëdic d'autres part.

En décembre 2024, la NAVIX devient actionnaire majoritaire de Navéol, une nouvelle compagnie de transport vélique de passagers.Cette même année, la Navix, déjà présente à hauteur de 80% dans les Vedettes Jaunes à Arzal, rachète le reste du capital de cette entreprise familiale fondée en 1972 par la famille DRENO sur les rives de La Vilaine.
Malgré les dernières acquisition de l a NAVIX, l'offre d'excursions et de dessertes sur le Golfe du Morbihan reste large avec plus de 40 compagnies répertoriées.

Pour se mettre à écrire un article sur ce site, il faut une inspîration du moment, un évènement, un document ou une photo qui donne le déclic d'en savoir plus sur un sujet.
Il en est ainsi de cette photo extraite du livre d'Emile Morin, Le Pays de Séné qui montre le Général de Gaulle; lors de sa venur en juillet 1947 à Vannes. Après les cérémonie à Vannes, le Chef de la France Libre se permet une croisière dans le Golfe du Morbihan.
On a envie d'en savoir plus sur ces bateaux à vapeurs qui sillonnaient le Golfe du Morbihan.
Sources consultées : Cahier des Amis de Vannes n°44 2019 voir pdf ci-joint - Vannes, une ville, un port Marie Anne Avril juillet 1998 cf pdf ci-joint - Presse numérisée Archives du Morbihan - Archives municipales de Vannes - Bnf Gallica.
Les pionners de la desserte des îles au départ de Vannes : MM. ROUILLE et JUTEAU
Après la guerre contre la Prusse de 1870, la France se met au travail pour rembourser les dommages de guerre payés en or au Reich allemand. La III° République poursuit l'effort d'industrialisation du pays initié sous le Secon Empire. Le transport maritime adopte les bateaux à vapeurs qui gagnent le trnasport de passagers.

Sur la côte du Morbihan, l'estuaire de Lorient et de Port-Louis compte une compagnie maritime. Cet article indique qu'un armateur nantais, M. Flornay, ouvrie fin 1872, une liaison entre Auray et Belle-ïle.
Depuis les aménagements de François Rouillé à Conleau, la presqu'île attire les Vannetais et les touristes, notamment lors des fameuses régates organisées par la Société des Regates de Vannes. En avril 1877, François ROUILLE publie une annonce avec pour en-tête "BAINS DE MER" par laquelle il recherche un patron pour mener un vapeur qui desservira les îles du golfe. En juillet de la meme année le bateau à vapeur est baptisé Le Conleau.

Cet autre article confirme que M. Rouillé dispose de son propre petit yacht pour organiser des excursions et des dessertes sur le Golfe du Morbihan.
Dans son bulletin de juillet/août 2012, la Société Polymathique du Morbihan publie un article de Michel Perrin intitulé "Les grands projets portuaires utopiques du Golfe du Morbihan". Une note de bas de page nous apprend que le comte Arthur Marie Dillon, militaire de carrière reconverti en entrepreneur, acquit en 1884 - donc à M. Rouillé - le petit vapeur Le Conleau, construit en 1877 à Liverppol, qu'il a dû exploiter quelques années...
Cet autre article de 1880 est signé du propriétaire du vapeur Le Sinagot, M. Juteau. La famille Juteau est bien connue à Séné. Mathurin JUTEAU, ostréiculteur et négociant en coquillages fit construire la Maison Rose à Séné.M. Juteau va exploiter pendant quelques années son vapeur Le Sinagot. Son gendre Emmanuel Normand, distillateur et courtier en vins, sera un des tout premiers actionnaires de la Cie Vannetaise de Navigation.
Cet article de presse de juin 1888, nous indique le vapeur Le Sinagot est actif aux côtés du vapeur Le Vannetais. Dans un autre article de 1890, M. Juteau en personne répond par voix de presse aux critiques faits sur son bateau.


Le vapeur Le Sinagot arrêta son service vers 1896.
Les premières compagnie de bateaux à vapeur au départ de Vannes: MM. VETTE et BASSEAU

Cette annonce parue dans l'Avenir du Morbihan en aout 1893 nous donne les caractéristiques d'un vapeur jaugeant 10 tonnes et doté d'un moteur de 28 chevaux. Son propriétaire, M. Vette, né en 1838 à Saint Jean de Royans dans la Drome, réside avec son épouse Léonie Jaffré, native de Vannes, au 17 Rue du Commerce à Vannes.


En 1896, le vapeur le Sinagot a suspendu son service. La Compagnie de Navigation de la Basse Loire propose des liaisons au départ de Port-Navalo. La CNBL créée en 1883, sera dissoute en 1905. Elle opérait notamment aec des bateau appelé "roquio" sur l'estuaire de la Loire.

M. Vette est propriétaire du vapeur Le Vannetais qui s'est illustré dans de nombreux sauvetages au gré de son service et de ses excursions, comme l'indique par exemple cet article de presse du 20 octobre 1890. En août 1899, M. Vette est inscrit au Livre d'or des marins.
En octobre 1900, de nouveaux investisseurs (lire ci-après) rendent hommage à leurs "devanciers" et nous apprennons que M. Vette avait un associé, M. Basseau. (Il pourrait s'agir de François Basseau, ancien militaire reconverti dans un commerce de cycles Place Saint-Nicolas à Vannes.).

Un bordereau du Conseil Général du 24 août 1893, nous apprend l'exitence d'une compagnie maritime, la Compagnie des bateaux à vapeur Vannetais.
Cette annonce d'excursions de juin 1896 laisse plutôt penser que M. Vette et M. Basseau avait leur propre compagnie. M. Vette exploitant la Compagnie des bateaux à vapeur Vannetais et M. Basseau un autre vapeur. Est-ce le Sinagot ou Le Saint-Hubert ?


Il en existe également une autre, la Compagnie des bateaux à vapeur Vannes Port-Navalo, émanation de la Compagnie de la Basse Loire qui exploite entre Port-Navalo et Vannes une ligne avec le vapeur Goéland. Le Goëland est le premier vapeur affrété par la CNBL.. Steamer de taille moyenne, Le Goëland fonctionne, aussi bien à voile qu’à vapeur. Les passagers sont amassés sur le pont, assis sur des banquettes et protégés du soleil par des bâches. (source cotedejade.fr)

Le vapeur le Saint Hubert a pris le relai aux côtés du Vannetais. En décembre 1894, la compagnie qui exploite le Saint-Hubert annonce l'arrivée du Marguerite pour une liaison entre Vannes et belle-Île. A la fin du XIX° siècles, M.Vette à plus de 60 ans. On peut penser MM Vette et Basseau ont décidé de vendre leur activité à une nouvelle compagnie de navigation.



Arrêt au Pont Noir :
Si on connait encore de nos jours le Pont-Vert c'est grâce au restaurant éponyme située non loin du pont de Kérino. Plus en aval de cette grande cale, il existait une autre zone pour les bateaux qui apoortaient le charbon pour les vapeurs et l'usine électrique de Kérino. C'est aussi au Pont Noir, ici représenté par le peintre breton André Mériel-Bussy en 1925, que partaient les poteaux de mines pour l'Angleterre et le Pays de Galles.
L'essor du transport de passagers avec la Compagnie Vannetaise de Navigation

En janvier 1899, la Compagnie de Navigation de la Basse Loire publie ses stauts ddans le but d'opérer au port de Vannes un transport de passagers. Elle doit acquérir les vapeur le Saint-Hubert et Le Vannetais. Ce projet nantais semble avoir avorté au profit d'une solution portée par des investisseurs locaux.
Le 27 décembre 1899, une conférence à lieu à la mairie de Vannes pour la constitution d'une compagnie de navigation. L'Avenir du Morbihan du 10 janvier 1900 est fier d'annoncer "la constitution d'une société locale de navigation à vapeur sur le Golfe du Morbihan qui devra fonctionner avec des bateaux neufs". Une souscription pour constituer le capital de l'entreprise à hauteur de 130.000 Frcs est lancée. Parmi les souscripteurs et tout premiers actionnaires de la société figure des notables de l'époque, M. Alfred André, négociant en tissu rue du Mené à à Vannes, M. de Brancion, propriétaire à l'Île aux Moines, M. Emmanuel Normand,[1851-1917] négociant en vins rue de Saint-Symphorien, membre de la Société des Régate de Vannes, gendre de M. Juteau. M. Ernest de la Revelière, propriétaire en Arradon du château de Porcé.
Ces 4 principaux investisseurs réunissent 69.000 Frs. Parmi les autres actionnaires, présent au tour de table avec quelques centaines de francs, figurent des personnalités locales bien connues de l'époque, les meuniers Boisecq et Dalido, M. Laporte qui détient la Café de Conleau, des sociétaires des Régates de Vannes, Lucien Laroche luthier à Vannes, le banquier Auguste Adolphe Marie VERGE [1843-1902] des élus locaux (Lallement, L'Estourbillon, de la Gilardaie, Seveno). Un second appel dans la presse permet d'atteindre le capital attendu.

La première assemblée générale de la société sont conviés le 3 octobre 1900 à l'hotel de ville de Vannes. La société adopte le nom de Compagnie Vannetaise de Navigation. Le siège social de la compagnie est fixé Place du Morbihan (future Place Gambetta) comme le montre cette photo d'époque où figure à droite du Comptoir des Colonie les bureaux del acompagnie. Au 1er étage on distingue l'enseigne de M. Gaston Marius, agent maritime.



La société constitué et active, M. Laroche se met à la recherche d'un bateau à vapeur NEUF apte au transport des passagers. Le Ville de Vannes est acquis et rejoint les deux bateaux auxiliaires Le Vannetais et le Saint-Hubert, repris sans doute à la Compagnie des Bateaux à vapeur Vannetais.

Focus sur Le Ville de Vannes et son capitaine :
L'Avenir du Morbihan annonce début mars 1901, l'arrivée du 1er bateau neuf construit par la Compagnie dans un chantier anglais, qui prend le nom de Ville de Vannes.


V1665 VILLE DE VANNES : Vapeur service passagers Golfe du Morbihan construit en 1894 à Kingston, sous le nom de "Burgoine" 23 m de long,
Jauge brute 40 tx 32, jaude nette 15 tx 57. Propulsion : 85 CV, coque chêne et pitchpin. Inscrit en 1901 à Vannes, V1665 VILLE DE VANNES, à Cie Vannetaise de Navigation, patron Aimable Couëdel, Port Navalo. le bateau sera désarmé en 1947,


Le premier capitaine de La Ville de Vannes fut Eugène Edouard Albert Bonnégard, [1871-1933] natif du Palais à Belle-Île. Il fit toute sa carrière au sein de la Compagnie.
Le parcours d'Eugène Bonnégard comme Inscrit Maritime (source Mémoire des Hommes) permet d'identifier la flotte de vapeurs de la Cie Vannetaise de Navigation. Bonnégard [1/6/1871-19/3/1933] naviguera sur le Ville de Vannes, le Vannetais, le Morbihan mais aussi sur la Vannetaise.
En octobre 1901, une assemblée générale extraordinaire aboutit à une augmentation de capital de 50.000 Frs dans le but d'acheter un quatrième bateau pour soutenir la demande de transport de passagers et de marchandise.


Acquisition du 4° bateau : le Morbihan en septembre 1905 :
Ce vapeur sera actif de 1905 au début de la Première Guerre Mondiale.



En janvier 1907, François Julien Marie DUFOUR, natif de Billiers (9/4/1847) est embauché par la Cie Vannetaise de Navigation. Après quelques mois sur le Ville de Vannes puis le Saint-Hubert, il va commander le vapeur Le Vannetais. Ce marin a débuté en tant qu emousse en 1861. Il effectue son service national en 1867 et il est réquisitionné pendant la guerre de 1870 contre la Prusse. Quand il regagne son foyer en 1871 il emét le souhait de ne plus naviguer. Il se marie à Penestin (14/6/1876) et il déclare la profession de préposé des douanes. Il reviendra sur sa promesse en quittant les douanes. Il restera fidèle au Vannetais de 1907 à 1914. Il est décoré en 1913 pour un sauvetage opéré au Pont-Vert à Vannes.

Le Gavrinis, pendant la Grande Guerre :
Avec le Gavrinis la compagnie se dote d'un vapeur de 27 m et plus puissant avec 120 cv capable d'embarquer jusqu'à 250 passagers et de naviguer à 9 noeuds. (source Golfe du Morbihan Album des gens de mer). Construit aux chantier Kingston, il naviguait sur la Tamise sous le nom de Kette Harvike (source Camille Rollando). Après 36 ans de loyaux services, on l'échouerra en 1950 sur une plage de l'Île d'Arz.


Attardons nous sur son commandant , Alexis Marie Le Guennec [19/8/1879-9/4/1939] natif de Quiberon. Sa fiche d'Inscrit Maritime consultable surle site Mémoire des Hommes, nous indique qu'il rejoint la Cie Vannetaise de Navigation en 1913 et nou sdonne le noms des différents bateaux de la compagnie. Il navigue sur le Vannetais, puis il commande le Ville de Vannes, le Morbihan, le Gavrinis; un temps sur le Yzenah puis sur le Roi-Gradlon, la Vannetaise en 1924, le Er Lannic et en 1934 sur le Joseph Le Brix. Il décède à Vannes en 1939.
Après guerre, arrivée du Roi-Gradlon :
Le 16 juin 1922, la Société Drillien & Cie (Transports Maritimes de Cornuailles) à Quimper avait acheté un navire construit en 1901 à Bremerhaven en Allemagne, jaugeant 59 tx 55. Elle le cède le 24 novembre 1923 àM Dalido, président de la Compagnie Vannetaise de Navigation pour le prix de 75.000 Frcs. Sous le nom de Roi Gradlon, il va naviguer jusqu'en octobre 1937 (source Camille Rollando). Son arrivée au port de Vannes est annoncée dans la presse.


On trouve mention du vapeur le Roi-Gradlon dans la presse locale d'époque

Cette carte postale ancienne montre le quai rive droite du port de Vannes. on distingue au fond un petit batiment qui était le siège de la bascule de l'octroi utilisée pour peser la marchandises déchargées des bateaux. Au premier plan un kiosque pour la Cie Vannetaise de Navigation.

En 1926, la Compagnie a toujours pour administrateur maritime, Gaston Marius et son siège est sur la Place Gambetta.

En juin 1926, le Roi-Gradlon transporte les convives du Congrès de l'Hotellerie du Morbihan parmi lesquels, Henri Ménard, patron de l'Hotel du Commerce et de l'Epée et futur maire de Séné.

En 1931 l'inspecteur de navigation estime que le Roi Gradlon (32 ans) ne peut plus sortir du Golfe, vu son état ded vétusté. Le 13 mars 1933, la CVN fait l'achat de la vedette "Er Lannic", constrtuite en 1932 à Saint-Nazaire, pour la somme de 130.000 Frcs. La Compagnie demande simultanément au département une subvention de 150.000 Frcs accordée et le Joseph Le Brix est mis en chantier. Il est conçu pour aller jusqu'à Houat, Belle-Île, Lorient et l'embouchure de la Loire. La compagnie recevra à nouveau une subvention de 60.000 Frcs en novembre 1935, 54.000 Frcs en octobre 1936 et 10.000 Fracs en 1937, sous réserve qu'elle continue à assurer le trafic d'hiver. (source Camille Rollando)
En novembre 1931, les PTT passe un contrat avec la CVN pour le transport du courrier. Le Roi-Gradlon sera démoli aux chantiers Glotz de Saint-Nazaire fin 1937.
Dans les années 1930, arrivée du Joseph Le Brix . Louis Dalido,[1884-1972], issu de la famille des meuniers Dalido de Vannes sera directeur de la Cie Vannetaise de navigation dans les années 1930.


En août 1937, le Gavrinis s'échoue à Arradon. La Compagnie a son siège social au 13 rue du Commerce à Vannes.

Pendant l'Occupation, le Gouvernement de Vichy place ses hommes..Paul Humbert, qui demeure villa Herzo en Arradon, arrive à la tête de la Compagnie Vannetaise de Navigation qui fait encore naviguer deux bateaux au charbon, le Gavrinis et le Ville de Vannes. Le Joseph Le Brix qui brule du mazout est quant à lui réquisionné. Lors du Conseil d'administraiton du 12 décembre 1940, M. Ange Vincent Marie Lego [30/4/1879 Arradon-30/4/1944 Vannes] qui fut mousse sur le vapeur Le Sinagot en juillet 1892, est nommé directeur.
Selon un article de la Société Polymathique du Morbihan de juillet-août 2016, avec deux autres énergumènes, il escroque des Français. De son vrai nom Henri René Cottenseau [Lorient 12/6/1888-Hambourg-Camp de Neuengamme 24/12/1944] Il sera arrêté par la police le 24/1/1944 et déporté au camp de Neuengammen ou il décède.
Le 28 juillet 1947, le Gavrinis transportera le Général de Gaulle en visite à Vannes et dans le Golfe, comme nous le rapporte l'article de presse ci-dessus.

Après guerre, eLa Cie Vannetaise de Navigation à Vapeur est encore active et assure le service du Golfe et des excursions. En 1953, le directeur est M. Pierre, natif du "golfe du Morbihan". (Revue Col Bleus sept-1953)


La compagnie assure alors également du transport maritime vers l'île d'Yeu durant l'été 1955, comme l'indique cet article de presse qui relate le naufrage du navire Gaston-Nassiet qui a certainement aggravé l'état fiancier de la compagnie.

A partir des années 1950, la STMC du Havre a lancé les Vedettes Vertes à Vannes dotées de bateaux à moteur diesel. La Compagnie Vannetaise de Navigation en proie à des difficultés financières récurrentes va devoir affronter cette nouvelle concurrence ce qui la conduira à baisser pavillon.
Histoire de la Brasserie Saint-Vincent
et de l’Hôtel L’Hermine


L’histoire de la Brasserie Saint-Vincent est indissociable de la création de la place du Morbihan, aujourd'hui place Gambetta.
Place créée sur la douve et le pont Saint-Vincent, dessinée par Philippe Brunet-Debaines, qui dessinera également l'Hôtel de Limur rue Thiers.. Elle est bordée d'immeubles en partie dus au crayon du même, puis de Marius Charrier qui reprend son poste.

Au début, l’embouchure de la Marle avec ses vasières et une écluse :
Sous l’Ancien Régime, des remparts ceinturent la ville. La Porte Saint-Vincent débouche à l’embouchure de la rivière la Marle qui se jette au fond d’une ria du Golfe du Morbihan. Une écluse protège déjà l’intramuros des fortes marées.

1787 : Le premier projet de création d'une place en hémicycle de part et d'autre de la porte Saint-Vincent remonte au plan d'embellissement de 1787 dessiné par l'ingénieur Maury mais la Révolution marque l'arrêt de toute réflexion et travaux urbains.
1835 : décision de créer une place à la sortie de la Porte Saint-Vincent.
Mais c'est seulement au début de l'année 1835 que le conseil municipal ressort ce projet et valide un programme d'assainissement des deux bassins situés à l'Ouest et à l'Est du pont Saint-Vincent.
L'ordonnance royale du 21 décembre de cette même année confirme l'aliénation des anciens fossés de la ville qui s'apparentaient alors à un vaste cloaque.
L'édification des premiers immeubles par les nouveaux propriétaires s'organisent sous la houlette de l'architecte voyer Philippe Brunet-Debaines [1771-1838]. Il propose des fondations sur pilotis et impose des élévations à deux étages carrés dont un attique sous comble n'excédant pas 13 m. sous faîtage, sans doute pour respecter les proportions de la porte Saint-Vincent.
1838 : en avril de cette année, Marius Charrier [1812-1890] est nommé sur le poste vacant de Brunet-Debaines, décédé quelques mois plus tôt. Les ambitions du jeune architecte l'incitent à proposer un programme différent qui est accepté par la municipalité. Il préconise pour les immeubles à venir des élévations dépassant de plusieurs mètres le faîtage des constructions précédentes, l'utilisation exclusive de la pierre blanche en façade à l'exception du rez-de-chaussée qui est traité sous la forme d'arcades appareillées en granite. Enfin des balcons en fer forgé placés devant les portes fenêtres des premiers étages accentuent l'effet faussement luxueux de ces immeubles qui restent de conception modeste.

1843 : les constructions formant l'hémicycle de la place sont achevées ; on a remblayé les vasières ainsi que le bassin de l'ancienne écluse. La ville est enfin dotée d'une place résultant d'un programme, en fait de deux programmes successifs que l'on discerne au premier coup d'œil moins dans la disparité des façades que dans la différence des hauteurs des immeubles. Véritable mise en scène urbaine néo-classique intégrant la porte Saint-Vincent face au port, cette ouverture vers le Golfe, lui vaudra le nom de place du Morbihan.
Dans les années suivantes le concept établi par Marius Charrier déborde le simple espace de l'hémicycle. Le plan de d'alignement et le contrôle de l'architecte imposent une continuité des façades à deux étages carrés en pierre blanche, vers l'Ouest jusqu'à l'angle de la rue Carnot actuelle, vers l'Est sur la petite place du Fety (place Joffre actuelle) ainsi que le long des quais de l'ancienne rue du Commerce. La perspective de la place se trouve ainsi élargie bien au-delà du programme mais l'habilité de l'architecte voyer qui travaille aussi pour son propre compte se révèle dans la réalisation de la grande maison Caro, construite entre 1845 et 1847, sur une parcelle située à l'Est de la place Joffre actuelle. Lorsque l'on se trouve au centre de la place Gambetta, là où circule aujourd'hui un flot continue de voitures, on perçoit la mise en scène. L'un des éléments majeurs de l'ancienne place du Morbihan n'est autre que cette maison Caro qui fait pendant à la chapelle des Ursulines à l'ouest de la place. (Source www.patrimoine.bretagne.bzh)

On distingue sur cette carte postale ancienne, un débit de boisson (actuel restaurant actuel L’Escale) le salon de coiffure de M. Guyot et la pâtisserie. A droite, le rez-de-chaussée accueille un débitant de tabac.
Les recensements de Vannes consultables sur le site des Archives du Morbihan nous donne les premiers occupants des nouveaux bâtiments en arc de cercle autour de la porte Saint-Vincent. Si on ne s’intéresse qu’aux métiers de bouches, on note une débitante, une boulangerie et une pâtisserie.

Sur cette carte postale ancienne collection David, on reconnait à l’angle gauche la pâtisserie Guégano et à l’angle droit le Café des Colonies Café Caveau.

Au dénombrement de 1906, la poste de Vannes est située Place du Morbihan. M. Joseph Guegano et son épouse Marie Bourlès tiennent une pâtisserie, depuis au moins 1896, année de naissance de leur garçon, Maurice Julien (source acte de naissance). Ils emploient un pâtissier. Ce commerce sera ensuite remplacé par une épicerie à l’enseigne Economie Bretonne.

1907 : Il semble que la création du premier hôtel-restaurant date de 1907 et soit à mettre au compte de M. Laniel qui fonde le Comptoir des Colonies et l’Hôtel des Colonies. Sur la carte postale ancienne ci-dessus on lit l’enseigne du Comptoir des Colonies. En 1908 la place est renommée Place Gambetta.


Sur cette carte postale (collection Mme Laniel, arrière petite-fille) M. Yves Laniel et son épouse posent à gauche devant le Café des Colonies. La Compagnie Vannetaise de Navigation, dont le directeur est M. Gaston Marius qui a succédé à son père Jean-Baptiste, a son siège place Gambetta. M. Le Dorze et son épouse tiennent un salon de coiffure et une parfumerie.

Au dénombrement de 1911, la famille Laniel est présente au n°1 de la Place Gambetta. Yves Marie LANIEL [11/9/1868-Trédion], s’est marié le 6/11/1893 à Vannes avec Marie Le Boucher [19/2/1866 Elven – 12/1934 Vannes] cuisinière. Elle partage ce numéro avec le siège de la Compagnie Vannetaise de Navigation, un rentier, un coiffeur M; Le Dorze et son épouse tailleuse pour dames. Le N°3 est occupé par l'administration fiscale : bureau de l'octroi et des contributions directes.

En 1911, M. Laniel, âgé de 42 ans, déclare la profession de cafetier qu’il doit exercer avec son épouse. Les Laniel ont perdu un garçon, Roger âgé de 13 mois en 1903. La déclaration du décès fut effectuée par le pâtissier Guegano. Leurs enfants, André Yves [30/1/1895 Vannes - 3/9/1957 Laval] et Marcel René [31/1/1898 Vannes - 25/10/1977] sont de jeunes bijoutiers. Marcel René deviendra Ingénieur à Courbevoie et André Yves s'installera bijoutier à Laval. [trouver actes pour Marie de 10 ans en 1911]

Un article du Réveil Ploërmelais daté du 21 décembre 1913 mentionne l’Hôtel des Colonies place Gambetta à Vannes.

Après la Grande Guerre, le gouvernement organise un dénombre en 1921. Côté impair de la Place Gambetta à Vannes, deux établissements cohabitent.

La famille Laniel emploie 3 domestiques, des employées du café et de l'hôtel des Colonies et loge 3 pensionnaires dans l'hôtel, qui y déclarent leur résidence.

A l'autre côté de la place Gambetta, les trois soeurs Santerre natives de Pluherlin ont ouvert un établissement sans doute à la place des bureaux de l'octroi et des contributions directes mis en vente par les Domaines.(à vérifier).

A la mort de leur père agriculteur en 1910, leur mère a élevé ses filles, qui arrivées en âge de travailler, sont "descendues" sur Vannes pour ouvrir ce commerce..La famille ne compte aucun garçon pour reprendre la ferme. Les filles décident la vente des biens, terres et fermes dont la famille est propriétaire à Pluherlin (source acte notarié 6/7/1920 Etude Parcmeur)

Le dénombrement de 1926, nous indique que l'Hôtel des Colonies est toujours tenu par M. Laniel. Le 2° établissement, que l'on connaitra sous le nom du Café de la Garenne, est dirigé par Mme Le Bihan, née Santerre et son époux Jean Vincent Le Bihan [ 22/9/1885 Arradon - 3/12/1961 Vannes] qu'elle a épousé le 9/11/1925. C'est donc la benjamine des soeurs Santerre qui continue d'être hotelière. Sa soeur Joséphine [1900-1945] s'est mariée avec un gars de La Garenne Colombes; son autre soeur Louise [18797-1983] s'est mariée avec un gars de Vannes.


Au dénombrement de 1931, Yves Laniel gère l'hôtel alors que le café est confié à Henri Julien TUAL [25/02/1882 Elven – 8/04/1963 Elven] qui s’est marié le 21/1/1909 avec Jeanne Marie HOELLARD [Elven 18/2/1883 - 11/9/1970 Elven].
Henri Tual est fils d'un aubergiste au bourg d'Elven. Avant guerre il est garçon de café à Paris. Il sera mobilisé en 1914, envoyé dans les armées en Orient. Blessé il est soigné à l'hôpital de Salonique puis de Saint Mandrier-Toulon. Affecté ensuite dans le renseignement. Citation pour sa bravoure sous les bombardements. En 1909, ils ont un garçon Marcel Désiré [4/12/1909 Paris rue de Candie - 13/7/1997 Vannes]. En 1911, la famille réside rue Amelot dans le 11ème. Après guerre, les Tual rentrent en Bretagne. En 1931, leur fils, alors militaire à Paris, se marie le 31/1/1931, dans le 10° arrondissement. L'acte de mariage mentionne ses parents au 1 Place Gambetta à Vannes. Adresse qui est mentionnée sur la fiche de matricule de M. Tual père.

Les époux Tual prennent la gérance du Comptoir des Colonies et font installer un store-ban à leur nom pour offrir de l'ombre à la clientèle. En 1938, on lit encore son nom sur le store-ban de la terrasse, ici une carte postale Nozais.


Cette photo reproduite en carte postale montre un cafetier, son épouse et un enfant. Essayons d'identifier ces personnes. En regardant bien sur la porte gauche, on distingue une affiche. On parvient à lire "Cinéma Universel". Jules Damilot peintre décorateur |1889 St-Ouen-1976 Vannes] dépose les statut le 8 juin 1920 de Damilot Cie. Il reprend la salle du Roler Skating rue Pasteur et l'aménage en cinéma et salle de spectacles. La phot a donc été prise après 1920. Il pourrait s'agir de Yves Laniel et son épouse avec leur petit-fils.
La Café de la Garenne est toujours tenu par les Santerre-Bihan qui depuis 1926 ont un fils, Pierre.

Au début des années 1930 l'aîné des Laniel, André Yves est installé à Laval où naitront ses 2 filles : Françoise Marcelle [19/1/1932-22/9/2007 Damgan] et Yvonne [ xx -5/5/2016 Damgan]. Ils restent propriétaires des murs.


En juillet 1933, Julien Marie ROUYER [23/9/1903 Ambon-18/6/1955 Ambon] déclare sa nouvelle adresse aux autorités militaires. M. Rouyer, ancien militaire, fut maître d’hôtel. Il est rentré en France et il a épousé, le 2 mai 1931, Catherine Madec à Paris-17°. Ils acquièrent le fonds de commerce de l’Hôtel des Colonies et du café le 12 juin 1939, comme l’indique cette coupure de presse.

En 1936 la famille Rouyer et Laniel sont pointé au recensement, tous comme la famille Le Bihan.


1er août 1943, l’établissement est mis en gérance avec un bail de 3 ans, par ses propriétaires et confié à Emilienne Tournelier, qui gérait déjà un établissement sur Lorient. Le patron Rouyer a-t-il été mobilisé pendant la Seconde Guerre Mondiale ? M. Rouyer divorsera le 20 octobre 1947.


Au dénombrement de 1946, Emilienne Tournelier gère toujours l'Hotel des Colonies. Les Santerre/Le Bihan tiennent le Café de la Garenne.


Après-guerre, M. et Mme Rouyer cèdent le fonds de commerce au n°1 de la Place Gambetta à M. Roger GUITARD qui conservera le café et l’hôtel des Colonies jusqu’en 1982.

Roger.Guitard est natif de Séverac Le Château en Aveyron [17/9/1923]. Il s'est illustré dans la Résiitance [GR 16 P 280881].et il s'engage à la Libération dans les troupes régulières qui iront libérer l'Allemagne. Il contracte la tuberculose et vient à Vannes se faire soigner à l'Hôpital Militaire.du Grasdor spécialisé dans cette maladie. Il rencontre sa future épouse à Vannes, Cécile Dano [1926-4/9/2020]. Les jeunes mariés prennent la gérance du Roof de M. Mollet à Conleau. Puis en 1951, il rachètent à M. Rouyer le café et l'Hôtel des Colonies (à verifier?). Bien inséré dans la profession, il deviendra Président de l’Hôtellerie du Morbihan.

Lors du recensement de 1954, la famille Guitard est pointée aux côtés de la famille Le Bihan qui tient l'autre établissement de la Place Gambetta.

En 1955, M. Guitard souhaite réaliser d'important travaux dans son établissement. Son premier banquier ne le suit pas. La veille de devoir déposer le bilan, un inconnu demande à diner. Bien que fermé, M. Guitard le convie à la table de ses amis. L'inconnu financera les travaux. M. Guitard et un ami se rendront chez son notaire à Saint-Gilles près de Rennes, chercher l'importante somme d'argent en liquide.

En 1962, il réalise une 2° tranche de travaux et transforme à l'étage les chambres en une salle de restaurant. L'établissement marche bien. L'hiver on emploie 3-4 personnes et l'été l'effectif monte à 20 personnes. Le restaurant est réputé pour avoir une des meilleures caves du département. Il obtient une étoile qu Michelin en 1963-64.

En 1962, M et Mme Guitard et leurs 3 enfants logent au dessus du resturant avec la belle-mère.

Sur le port de Vannes, à marée haute, on embarque pour les îles du Golfe. A marée basse, les bateaux des compagnies les Vedettes vertes et les Vedettes blanches se positionnent au Pont-Vert où une cale est aménagée.
L'établissement accueillera plusieurs personnalités durant ces années. Danielle Darieux, l'actrice qui a une résidence sur l'île de Govihan s'y arrête avant d'embarquer.
Un homme et sa femme se présente au restaurant sur le coup de feu. Plus de place pour asseoirs ces clients; lla personne insite; l'hôtelier les assoie autour d'un guéridon; les autres clients portent leurs regards sur ce couple de clients. Il s'agit de Michel Debré, alors 1er Ministre [1959-62] et de son épouse de passage à Vannes.
Simone Signoret s'y restaurera; Michel Rocard, qui vient de temps en temps à Séné Moustérian y passe; Raymond Marcellin qui habite tout près, y a ses habitudes.
Le plus illustre hôte sera le Prince Charles. Le jeune étudiant de paléontolgie vient visiter le musée du Château Gaillard et il fera une halte à l'Hôtel des Colonies en 1968. Sur la photo, on reconnait au second plan, Roger Guitard.

En 1962, au n° 3, Bernadette Santerre, veuve de Jean Le Bihan, décédé le 3/12/1961, tient le Café de la Garenne comme l'indique cet extrait du resencement..

C'est en 1963 que ses deux enfants reprennent l'affaire. "C'est le 1er juin 1963 que les fils Le Bihan reprenaient l'affaire familiale. La brasserie connut d'importantes transformations en 1973. En près d'un quart de siècle, des "noms" du spectacle, du barreau, de la littérature auront fréquenté l'établissement : Françoise Arnoud, Denise Grey, Léo Ferré, Serge Reggiani, Karen Cheryl, Alan Stivell, les Compagnons de la Chanson, Bouglione, le poète Patrice de la Tour du Pin...et Louison Bobet, entré simplement pour téléphoner, sans même consommer une petite limonade." (article ci-dessus)


Au n°3 de la Place Gambetta, à l'angle de la place Joffre, le Café de la Garenne est tenu par les fils Bihan revenus au pays après le décès de ses parents. L'ainé Pierre Vincent Marie Raphaël LE BIHAN [22/9/1926 Vannes - 26/12/1996 Vannes], était architecte à Paris et vit son épouse Eugenia BRONNY [Libercourt 62 - Arzon 56], dite Génia. Ils auront trois enfants dont Edwige [26/3/1952 Montmorency - 29/10/2018 Vannes]. La famille revient vivre à Vannes quand Pierre est atteint d'une grave maladie. Le cadet, Louis tiendra les cuisines.

En 1965,Génia, dépose les statuts d'une entreprise de débits de boissons sans spectacle (source societe.com) qui sera cloturée en février 1987. Pierre et Génia tiennent la Brasserie de la Garenne. Côté Joffre, on sert des hot-dogs et des frites à emporter qui vaudront au patron le surnom de Pierrot La Frite.La brasserie était décorée d'une enseigne reproduisant le lapin Bunny. Les restaurateurs vivaient au 172 rue du Maréchal Juin à Conleau où on se rappelle encore de lui.


Le coiffeur de la Place Gambetta :
Au début du siècle dernier, Franscisque Le Dorze [9/9/1881 - 30/5/1939] se marie en 1907 avec Marie Allanic. Il fonde un salon de coiffure sur la Place Gambetta aux côtés de l'Hotel des Colonies de M. Laniel, si on en croit l'ordre des personnes sur le registre du recencement de 1911.

Il restera fidèle à son salon jusqu'à son décès en 1939.

En 1943, sa fille aînée cède le fonds de commerce à son frère Paul. Après guerre le salon est repris par Yvette Guillandré. En Dans les années 1980, le salon est tenu par Ange Morio.
En 1981, Roger Guitard est interviewé pour TF1, le 21 décembre 1981, afin de rendre compte des difficultés du tourisme à l’heure du blocage des prix. Cette capture d’écran de la vidéo du journal conservée par l’INA, montre l’état de la Place Gambetta en 1981.

En 1982, M. Robert Lafaye [2/1929 Matha - ] et son épouse Eliane Rioul [8/1926 Riec-1/2021 Ploeren] rachètent à M. Guitard le fonds de commerce. Leur fils unique Jacques est associé à l’affaire. En 1985, ils rachètent également les murs àux héritiers de la famille Laniel bijoutiers à Flers dans l’Orne. Robert et Patrick Lafaye installent les vérandas sur la place. Ils séparent l’hôtel restaurant à l’étage, Les Voiles d’Or, du café en rez-de-chaussée Le Gambetta.


En 1987, le n° 3 est repris par Patrick Zeyer [12/1945 Lyon-12/1998 Vannes] et son épouse Marie Claire. Les grands-parents Zeyer ont tenu une brasserie à Paris, qui si elle est sortie du giron familial, porte encore aujourd'hui le nom de son fondateur.

Le couple d'entrepreneurs rénove entièrement l'ancienne brasserie de Pierrot La Frite et crée Le Zeyer, dans un style brasserie pariesienne. Le rez-de-chaussée est dédié au bar, à la restauration avec une large terrasse. Au 1er et 2° étage accueillent des salles de restauration et de séminaires, privatisables pour des groupes. Le dernier étage est réservé à des bureaux et un espace de repos pour le personnel.

Vers 1984 ; la société Restauration du Port SARL de M. & Mme Briand, reprennent l’Hôtel des Voiles d’Or et le Gambetta. Ils tiendront ensuite Le Concorde rue Thiers à Vannes.

En 1990, Jean François et Christiane Le Sausse reprennent les murs et le fonds du n°3 de la Place Gambetta. Ils adoptent la franchise Le Café Leffe. Ils vivent au-dessus de leur brasserie.

En 2000, M. et Mme Le Sausse cèdent leur fonds de commerce à la société Le Ponton de Gérard Le Rouzic qui adopte l'enseigne Au Bureau.


En 2003, Dominique Le Bihan, vient de vendre son établissement La Transat situé au Crouesty à Lucien Migliasso. Il revient sur Vannes où il reprend le fonds de commerce du café Le Gambetta détenu par M. & Mme Briand. Le gérant de l’hôtel-restaurant à l’étage Les Voiles d’Or est M. Laudrain. Au n°3, Gérard Le Rouzic gère la franchise Au Bureau dans des murs détenus par M. et Mme Sausse.
M. Le Bihan relance l’activité du café Le Gambetta dont l’effectif passe de 6 à 34 personnes. Durant cet été 2003, M. Laudrain, cède le fonds de commerce de son hôtel Les Voiles d’Or à M. Le Bihan. Désormais seul locataire des lieux, il réorganise l’affectation des étages : au rez-de-chaussée, le café Le Gambetta avec une salle de restauration à l’étage. La cuisine se répartit au rez-de-chaussée et au 1er étage. Au 2° étage, il aménage une grande salle de restauration pour des banquets et des mariages. Sous le toit, il crée son logement avant de les remplacer par 4 appartements mis en location. Durant l’hiver 2004, il convainc Robert Lafaye de lui céder les murs.


En 2005, Lucien Migliasso vient de vendre La Transat au Crouesty et il rejoint Dominique Le Bihan avec un 3° associé, Thierry Ruc. Ensemble, ils vont développer leur établissement. Le café n’a pas beaucoup de profondeur car l’ancien bâtiment voulu par l’architecte Charrier, touche les anciens remparts. Pourtant, on sert beaucoup de repas sur la belle terrasse et sous les vérandas.
Les associés finissent par acquérir le fonds de commerce de M. Le Rouzic, qui dispose d’une grande cuisine. Elle servira désormais les 2 restaurants.
L’établissement Au Bureau laisse place au Cat Way qui sera actif de 12/2007 à 11/2018.

Les époux Le Sausse donnent leur accord pour percer les murs et faire ainsi communiquer chaque niveau. Tout le bâtiment sera désormais dédié à la restauration.
Eté 2013 : Fort de cette réussite immobilière et commerciale, les associés vendent leur société CLAMAT à Jérôme Guilbert, homme d’affaires à la tête de nombreux établissements à Nantes. Karim Kardous en assure la direction. Cependant, M. Le Bihan et les époux Le Sausse, restent propriétaires de leurs murs. Le restaurateur nantais tiendra Le Gambetta pendant 5 ans. C’est lui qui dresse à l’époque les plans d’un nouvel hôtel-restaurant qui occuperait tout le bâtiment à l’ouest de la Porte Saint-Vincent.

11/2018 : la société JUNATY de Olivier CLOAREC, propriétaires de supermarchés à Séné et Questembert et dirigeant du club de rugby vannetais, le RCV, rachète Le Gambetta et le Cat Way. Ce dernier cesse son activité et l’espace est occupé uniquement par Le Gambetta. La gérance est confiée à son épouse, Catherine THARET et la direction à Stéphane NICOLAE. Le restaurateur subit de plein fouet la crise de la Covid et la baisse de fréquentation.


M. Le Cloarec parvient à acquérir les murs détenus par M. et Mme Le Sausse. Quelques temps plus tard, en 2023, M. Le Bihan se laisse également convaincre de céder les siens. M. Cloarec détient désormais les murs et les fonds de commerces pour refaire un nouvel établissement. Il entreprend des travaux, ravalement de façade, rénove les vérandas, l'éclairage..

Côté porte Saint-Vincent, il teste la vente de crèmes glacées à la marque Alfred, pour finalement ne conserver qu’une seule activité de bar-brasserie avec Le Gambetta. Cependant, le projet imaginé par Jérôme Guilbert verra le jour grâce à trois nouveaux associés.


07/2024 : la société LJM de Ludovic HERVE, Jérôme LE CORFF et Mounir NOURI rachète Le Gambetta. Après plusieurs mois de travaux, dont la démolition des vérandas, le bâtiment de pierres blanches voulu par l’architecte voyer Carrier, accueille désormais l’Hôtel L’Hermine, de 3 Etoiles et 22 chambres et la Brasserie Saint-Vincent qui embellissent ensemble l’ancienne Place du Morbihan.

PS de l'auteur sinagot : j'y ai bien mangé, j'y dormerai peut-être une nuit.
Olivier Séry [1906-2000], le peintre du vent (*)

Le tableau : Passage de Saint Armel hst 50 x 61 cm
Le peintre est à la cale du Passage côté Séné et peint la rivière Saint Léonard qui sépare les deux communes litorales. A l'horizon, les pignons des maisons de Saint-Armel. Au premier plan, un pêcheur de Séné profite de la marée basse pour entretenir son bateau. Sur la cale un autre marin.
Biographie :
Le peintre Olivier SERY nait le 18 septembre 1906 au Havre (1). Son père, Jules Séry est courtier en cafés, sa mère Augustine Beuriot.
Jeune il démontre rapidement des aptitudes pour le dessin, et il est encouragé par son professeur de dessin au lycée. Il se forme également auprès du peintre Léon Lecourt. Il est élève à l’école des Beaux-Arts du Havre. Il se forme également auprès du peintre Léon Launay en cours du soir.
Après sa formation, il travaille dans le commerce du café puis ouvre une brûlerie à Dragey (50) après son mariage en octobre 1929 avec Marcelle Briant (1), fille de commerçants havrais. Il poursuit néanmoins la peinture.
Sa rencontre avec le peintre Jacques Simon (1875-1965) sera déterminante. Il le considère comme son maitre et ami pendant l’Occupation. Convaincu par son talent, Jacques Simon va le soutenir pour intégrer la Société des Artistes Français en 1952. Il présentera cette année-là son tableau La Bourrasque (2) peint à Bacilly (50), où il s’est installé à partir de 1945. Ce tableau lui lance officiellement sa carrière artistique et contribuera à sa réputation de peintre du vent et des paysages pluvieux.
Désormais, il expose régulièrement au Salon des Artistes Français, au Salon d’Hiver et dans les galeries parisiennes.
En 1955, il quitte Genêts pour Mantes, puis s’installe au Havre en 1958. Il se remarie en jillet 1963 avec Nelly Launay [1918-2020] (1), la belle-fille du peintre Léon Launay.
Il expose à l’atelier Hervieux, et après ce succès, Olivier Séry expose régulièrement dans les galeries havraises puis normandes (Avranches, Granville, Ouistreham…) et françaises (Valenciennes, Dinard, où il passe ses vacances depuis 1947…). Il reçoit des prix.
Sa carrière prend une tournure internationale. En 1974, il s’installe à la Vicomté-sur-Rance (22). Proche de Dinan, cette ville lui décerne également des prix. Il décède au Vicomté sur Rance le 24 février 2000.
1-acte de naissance et mentions marginales.
2-La peinture La Bourrasque est bien conservée au Musée d’Art et d’Histoire d’Avranches où elle est actuellement exposée dans le parcours permanent. Elle est également intitulée Ecoliers sous la pluie. Don de Nelly Séry autour de 2009.
3-Le musée conserve un autre tableau d’Olivier Séry, Avranches depuis Marcey, acheté en 2006 auprès de Joël BOUDANT.
(*) appellation au crédit de Joël Boudant, auteur de "Olivier Séry, le peintre du vent".
Autres oeuvres :

La bourrasque hst 61 x 73 cm, Musée de Avranche.

Saint-Cado, Morbihan hst 50 x 61 cm


Bateau à marée basse, hst, 46 x 38 cm, photo Proantic.
Raoul DECKER (1912-1997)

Le tableau :
Biographie :
Durant sa vie active il était photographe d'art puis progressivement il s'est spécialisé dans l'aquarelle dont il est devenu un peintre de talent et reconnu. Il peint essentiellement des marines et les rivages du Golfe du Morbihan sont son lieu de prédilection.
Raoul Decker voit le jour le 4 novembre 1912 (1). La famille Decker, bien connue à Vannes, réside au 10 rue du Mené. Il n'est autre que le fils de Charles-Francis-Théodore DECKER 1885-1975] , photographe, maire de Vannes de 1945 à 1965, conseiller général du Morbihan de 1951 à 1970. Sa mère, Georgette-Marie-Joséphine CARDINAL 1883-1965) est la fille du photographe et éditeur de cartes postales, Gaston Marie Auguste Cardinal.

Il suit sa scolarité Ecole Saint-Joseph de Vannes et obtient son certificat d'étude en 1926 (1). Dès l'âge de 13 ans il manifeste un don pour la peinture. Il renonce à entrer à l'Ecole des Beaux-Arts de Rennes pour réprendre l'atelier de photograpohie de ses parents. Il se marie en septembre 1938 (2) avec Geneviève Raimbault. Les deux époux sont photographes. Ils auront 5 enfants. A la Libération, il participe à la collecte en vue d'ériger le monument aux morts (3). Dans les années 1950, il est membre de la Société Polymatique du Morbihan. (4) Un carton collé au dos d'un tableau, liste l'ensemble des salons auquel l'aquarelliste a participé. Il permet de dater ses débuts comme peintre vers 1975, date de son départ en retraite après une vie professionnele consacrée à la phjotographie.
Raoul Decker décède à Vannes en juillet 1997.
Nécrologie :
Raoul Décker, autodidacte, exécuta ses premières expériences de peinture à l'huile à l'âge de 13 ans. Ses débuts prometteurs lui permettaient d'envisager de mettre davantage en valeur ses dons pour les arts graphiques. Il dut cependant abandonner son rêve d'entrer à l'Ecole des Beaux-Arts de Rennes pour aborder la vie active aux côtés de son père, photographe à Vannes, dont il prit la suite en tant que portraitiste. Raoul Décker continua cependant à cultiver ses dons de dessinateur et de coloriste et produisit des gouaches et des peintures à l'huile qu'il offrait à ses proches. A sa retraite, en 1975, sa modestie naturelle fut vaincue par des critiques d'art qui l'encouragèrent à faire connaître son œuvre d'aquarelliste à un public plus large.
Il recevait déjà dans son atelier nombre d'amateurs amoureux du Golfe du Morbihan. En effet, même s'il s'intéressait aux paysages parfois plus sauvages d'autres rivages bretons, c'est la douce lumière du Golfe qui entretenait d'abord son inspiration. Il avait une prédilection pour les éclairages changeant des matins clames et des couchants et excellait dans le rendu des brumes qu'il traitait en grisailles subtiles et transparentes. Il savait rendre l'exacte harmonie du passage du ciel à la mer et traduire sur le papier l'atmosphère, la troisième dimension du Golfe.
A la demande des admirateurs de ses aquarelles, c'est à l'Ile-aux-Moines, qu'était organisée plusieurs années de suite, le 15 août, une exposition à l'issue de laquelle la totalité des œuvres exposées se retrouvaient accrochées à des murs aux quatre coins de France et d'ailleurs.
Sa notoriété due au "bouche à oreille" lui suffisait car elle lui occasionnait un flot continuel de visites à son atelier. Il ne recherchait pas la publicité des galeries même si, à la demande de certaines, il consentait parfois à leur confier des œuvres. Il affectionnait plutôt la participation à des expositions de groupes - en France ou à l'étranger - qui lui permettait de se situer par rapport aux aquarellistes en renom. Il y obtint ainsi de nombreuses distinctions qu'il se bornait à relever sur des bristols apposés au verso de ses œuvres;
Depuis sa disparition, son œuvre d'aquarelliste, aussi confidentielle qu'elle fût, continue de recueillir, presque malgré lui, la reconnaissance qu'elle mérite tant auprès d'une foule d'amoureux du Golfe que de nombreux amateurs éclairés.

1- base geneanet
2-Le Nouvelliste de Vannes aout_1926
3-La Liberté du Morbihan 14-7/1945
4-Bulletin 1951-52 Société Polymathique.
Parcours professionnel en tant que peintre-aquarelliste

Autres oeuvres :



DAOUDAL José né en 1954.

Le tableau :
Biographie
José DAOUDAL est né en 1954 et est devenu artiste peintre paysagiste en commençant par peindre à l’huile à l’âge de 20 ans
C’est dans son Finistère qu’il a dès son enfance ses premiers contacts avec la peinture dans l’atelier du peintre concarnois RAVALLEC où il vient le vendredi, jour de marché respirer les effluves de l’essence de térébenthine en regardant le maître au travail derrière son chevalet.
Plus tard, à l’adolescence, il découvre à Pont Aven les paysagistes SAVIGNY, COULIOU et bien d’autres qui le motivent à travailler en plein air.
Lors d’une de ses premières expositions, il rencontre le peintre TOFFOLI qui l’encourage et le conseille.
Après avoir pratiqué à l’huile et à l’aquarelle, c’est la révélation du pastel en découvrant lors d’une exposition, le magnifique travail du peintre de la marine et sculpteur Jacques COQUILLAY ; c’est alors décidé , il sera lui-même pastelliste.
Ses premiers tableaux en plein air lui confirment l’attrait pour cette technique qui lui permet d’accrocher rapidement la fugacité de la lumière. Pendant plusieurs années, il pastellise les lumières de la Bretagne et s'installe en 2003 dans la presqu'île de Rhuys où il peint, son chevalet planté en pleine nature quelle que soit la saison.
Il rencontre ensuite le maître Pastelliste CHRIS avec qui il travaille la nature morte et bénéficie de ses conseils.
Le succès est au rendez-vous lors de ses expositions où il remporte de nombreux prix régionaux et nationaux. Ses pastels sont aujourd’hui accrochés par de nombreux collectionneurs français et étrangers.
En octobre 2019 lors d'un reportage pour le magazine Pratique des Arts,( n° 149) , il redémarre à l'huile en plein air avec son ami artiste peintre Xavier Kosmalski après plus de vingt ans d'interruption.
José DAOUDAL participe à de nombreux salons et expose en permanence dans plusieurs galeries :
Sarzeau, Quiberon, Vannes, Laval et dans son atelier de Penvins.
José DAOUDAL est Académicien GRECI MARINO section Arts et Sociétaire de la FONDATION TAYLOR.
Autres oeuvres :


Marc ETIEN nait à Paris en 1956.

Le tableau : Une yole à Moustérian hst 92x65cm – 2014 - Photo: Etien
Biographie :
Marc Etien est né à Paris en 1956. Il reçoit une formation en électronique et travaille chez Thompson puis à la RATP.
Passionné dès l’enfance par le dessin, Il découvre la peinture en autodidacte durant ses vacances. Il peint son premier tableau en 1990. L’année suivante, il expose pour la première fois. Il vend alors deux œuvres, ce qui le pousse à persévérer.
Il poursuit cependant son activité professionnelle jusqu’à sa retraite en 2011. Il aménage alors un atelier dans une maison du village de Gornevèze à Séné. Il peut désormais se consacrer à son art.
Marc Etien s’inspire de photographies qu’il prend lui-même. Il les sélectionne, les recadre, les retravaille Il peut ainsi accorder un soin particulier à ses compositions. Préférant peindre en atelier, l’artiste dessine tout d’abord à même la toile, puis pose la couleur. Il commence le plus généralement par le ciel qui donne la tonalité d’ensemble.
Marc Etien a retenu la leçon des impressionnistes. Comme eux, il maitrise l’art du plein air. Comme eux, il sait retranscrire la vague, le ressac, les reflets, le miroitement et l’écoulement des eaux. Dans la plupart de ses toiles, la mer rencontre la terre.
C’est le lien ténu, le chevauchement, le dialogue muet entre ces deux éléments qui le captive. Dans cet entre-deux, l’eau et l’air circulent. C’est un sujet. A vrai dire, une multitude de sujets pour l’artiste.
C’est pourquoi Marc Etien aime tout naturellement les îles : Belle île en mer (le Phare de Sauzon, le port du Palais), Tudy, Boëdic, l’île aux moines (Port Miquel)
Le peintre à la recherche constante de sujets parcourt aussi le golfe du Morbihan : Séné, Port Anna, Saint Goustan (Auray), Santec.
D’autres sites l’attirent : Roscoff, Le Pouliguen, La Baule, Pornichet, Arradon (La Tour Saint-Vincent), Concarneau, Lizio, Arzon, Port Navalo, Lamor Baden, La Baule, Josselin, Sarzeau.
Les rues piétonnes de Vannes, Le chenal du port de Vannes, La Gacilly, Auray (rue du château) les scènes de marché sont d’autres sujets d’élection. Sans oublier des portraits de musiciens. Sons et couleurs se répondent alors. Synesthésie franche et heureuse.
Marc Etien a incontestablement le souci de l’observation réaliste de la nature. Il est à son service. L’homme vit en communion avec elle. Les activités humaines : la pêche aux coques, le tannage des voiles rouges et plus encore les bateaux de plaisance et de pêche, les yoles, les sinagots toutes voiles déployées, le proclament avec vigueur.
Bibliographie
« Marc Etien, un réalisme allusif », Pratique des Arts, n° 140, spécial huile, n° 8, 2018.
« Marc Etien, Démo au fil de l’eau », Pratique des Arts, n° 148, spécial huile n°16, 2019.
« Balade au Pouliguen », Pratique des Arts n° 153, spécial huile n° 21, 2020.
« Peinture chez soi, peinture de soi », Pratique des Arts n°156, spécial huile n°24, 2021.
« Dans le golfe du Morbihan avec Marc Etien », Pratique des Arts n° 159, spécial huile, n° 27, 2021.
Illustrations :

Retour du Golfe hst, 50x73cm – 2019 -Photo: Etien

Un matin à Port-Anna, hst 81x60cm – 2014 - Photo: Etien


