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Guerres & Batailles

Cer article reprend mot pour mot et avec les illustrations d'origine, l'histoire des Vénètes telle qu'elle fut raconté par l'Abbé Jospeh LE ROCH dans le bulletin paroissial de Séné.

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2.- L'ANTIQUITE

Un Génocide : L'extermination des Vénètes par Jules César,

en l'an 56 avant l'ère chrétienne.

COMMENT PERIRENT EN MASSE

LES VENETES D'ARMORIQUE....

Il est, dans l'antiquité gréco-latine, trois peuples qui ont connu le même destin tragique et se sont vus, dans les mêmes conditions rayés de la surface de la Terre et des lumières de l'Histoire. Ce sont, les Troyens, les Carthaginois et les Vénètes. Trois, sous les coups des Grecs ; Carthage et Vannes sous ceux des Romains ... Pour toutes les trois, la chute fut soulignée par le même acte des vainqueurs : la destruction à ras du sol et la dispersion des survivants sur les divers marchés d'esclaves de la Méditerranée.

Et pour les trois peuples, l'horreur de la suppression méthodique fut aggravée par un raffinement de cruauté : ce sont les vainqueurs, et les vainqueurs seuls, qui ont écrit l'histoire des vaincus.

Par conséquent, un drame sur un drame. Imaginez le compte-rendu d'un procès criminel de cour d'assises raconté par les seuls témoins à charge, voire même par les seuls auteurs et complices du crime.

Telle fut l'affreuse aventure que vécurent Troyens, Carthaginois et Vénètes et dont ils moururent à la fois de mort physique et de mort intellectuelle.

L'affaire des Vénètes est pour vous une question de famille : ces gens là étaient de notre sang, ils parlaient la langue celtique qui, aujourd'hui réfugiée en Bretagne française et en Cornouaille anglaise, était alors celle de tous les Gaulois nos aïeux, et ils sont morts pour avoir, à l'Ouest des Gaules, préféré la liberté à l'asservissement, la vie et la mystique des Celtes à l'administration, sous chaines dorées, et au polythéisme matérialiste de la Paix Romaine.
Ceci se passa voici quelque deux mille trente ans. Ces vaillants armoricains du Morbihan, descendus dans la mort collective, personne ne pleura sur leur tombe géante ni ne célébra leur sacrifice, pour cette raison tragique qu'en ce pays vaincu il ne resta personne. Ainsi le voulut le dur, le froid, le sec César.

 Venete 1

Cette férocité eut sa cause en ceci : envahisseur du pays de la Petite Mer, Jules César, accoutumé à être toujours le Victorieux, sentit là, avec épouvante, chanceler à la fois sa fortune et celle de Rome. Il eut peur, et trop visiblement, pour son orgueil et sa sécurité. Donc, des ennemis, qui avaient vu César trembler, n'avaient plus le droit de vivre à la lumière du jour. A ce crime, une seule expiation : la mort pour tous, sans distinction d'âge, ni de sexe. Et pour mieux sceller à jamais l'immense tombe du peuple Vénète, c'est César lui-même qui, parlant en témoin oculaire à charge, s'est donné à lui-même seul le droit d'écrire, pour la postérité, l'histoire, vue à sa façon, de ces jours de terreur, de ruine et de mort.


Depuis deux mille ans, c'est dans les "Commentaires de César", intitulé: "La Guerre des Gaules", que les écoliers apprennent ce chapitre de l'histoire de France, leur pays. Chapitre jugement qui accuse et, sans aucune contrepartie, qui rend un arrêt, de partialité tout-à-fait criante.

Martyrs, le mot n'est pas trop fort. Et ce qu'il y a de plus curieux, c'est que les pièces du procès de réhabilitation de ces martyrs se trouvent dans les écrits mêmes de l'homme qui a ordonné, conduit et raconté le massacre. César a cru régler le sort sanglant du peuple qui lui avait tenu tête. Or, pour trouver la vérité et rétablir la Justice, c'est en lisant entre les lignes de cette tragique et partiale oraison funèbre, que l'on peut ressusciter le drame véritable.

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Le Morbihan ou petite mer intérieure

Parmi les tribus gauloises, ce fut vraiment une des plus nobles que celle de ces Armoricains si merveilleusement logés d'une manière amphibie dans les îles, sur les côtes et dans les méandres du Morbihan. Une petite mer qui n'était peut-être pas absolument pareille à ce qu'elle est aujourd'hui ; là-dessus, archéologues, géographes et océanographes ne sont pas d'accord. Il est fort possible que la violence et la force des marées alternatives, certains séismes et des glissements de vasières aient modifié plus ou moins partiellement la physionomie de la région dans les détails. Mais, dans l'ensemble, le texte descriptif de César s'applique fort bien à ce dédale marin dont Gwen la Blanche, devenue
l'actuelle Gwened : Vannes, aurait été la capitale, régnant sur les villes de tout le pays desservi par les vaisseaux des chefs d'escadres Vénètes.

Villes et Vaisseaux Vénètes

Seulement, tout de suite, une précision s'impose. Les mots "villes" et "vaisseau" ne doivent point tromper et faire surgir dans l'imagination les cités auxquelles nous sommes accoutumés et les navires dont les silhouettes nous sont familières. Les villes Vénètes étaient de simples bourgades fortifiées, que leur installation sur les unes ou les autres des centaines de terres émergées du golfe, rendait à peu près inexpugnables. En effet, .en ces gites ressemblant aux constructions des époques lacustres, il n'y avait jamais assez de profondeur d'eau pour que des navires ennemis, surgis de la haute mer, puissent remonter jusqu'à accoster ces bourgs insulaires établis sur des promontoires. Par contre, il y avait toujours trop d'eau, remplacée à marée basse par des vases molles, pour que des envahisseurs venus de la terre puissent approcher à pied sans se noyer ou s'enliser". Quand aux vaisseaux, ces bâtiments étaient de grandes et solides hourques tenant admirablement la mer, coulant peu, très bien voilées en peaux souples et que la solidité de leurs coques en chêne permettait d'échouer sans aucun mal sur la vase. C'était un peu le genre des sinagots actuels qui sont leurs descendants.

Les habitants.

Quant aux habitants, c'étaient vraiment "les fils de la mer". Le mot signifie tout en vérité. Vivant comme les gros oiseaux marins, qui nichent sur des cailloux ou rochers semi-émergés et planent ou plongent le reste du temps pour rapporter la pêche au nid, les Vénètes ont été certainement parmi les plus admirables matelots de l'Antiquité. On peut placer leur installation dans le Morbihan vers les années 1000 ou 800 avant le Christ. Et pendant le demi-siècle qui va de l'an 600 aux années 56 et 54 avant le Christ, ils furent littéralement les Rois de la Mer.

Jusqu'où sont allés les capitaines Vénètes ?... Il est impossible de le dire, puisque les documents écrits ou graphiques n'existent pas. Mais, sans se tromper, on peut être sûr qu'ils battirent l'estrade à travers les mers septentrionales, remontèrent la Manche et la Mer du Nord, connurent la Norvège, les Détroits et la Baltique d'où ils tiraient l'ambre jaune. Certains pensent qu'ils ont fait mieux encore et prononcent le nom de l'Amérique. A ce haut-fait rien d'impossible. Les drakkars vikings qui touchaient régulièrement l'Islande, le Groenland, Terre Neuve et le Labrador vers l'an 1 000 n'étaient pas plus forts que les sinagots Vénètes des origines. Ces pêcheurs de Paimpol qui, vers 1 430 et 1 450, allaient régulièrement à Terre Neuve et Jean Coëtanlem de Saint Pol de Léon qui, subventionné par Louis XI, passa au Canada vers 1485 - 1490, un bon demi-siècle avant Jacques Cartier, n'avaient pas des bateaux plus forts non plus.

L'amitié de cordiale confiance qui unit longtemps les Vénètes aux caboteurs Carthaginois venant charger régulièrement de l'étain aux Sorlingues est caractéristique : "qui se ressemble s'assemble". Or, ils se ressemblaient beaucoup en tant que matelots finis et explorateurs hardis, les Vénètes et les gens de mer de Carthage. Ils se ressemblaient tellement que lorsque l'amiral punique Himilcon vint à mourir au comptoir carthaginois installé en l'actuel Sarzeau, il voulut être inhumé en terre Vénète ; son tombeau est encore là, à la butte 'de Thumiac qui porte témoignage de cette lointaine amitié.

Ils tenaient si peu à la terre, ces Vénètes, que les hommes n'y demeuraient que le temps d'escaler, de se ravitailler et de repartir ; si peu, que lorsque de l'Est arrivèrent des rumeurs inquiétantes concernant des soldats étrangers qui auraient pénétré sur le sol gaulois, les Vénètes n'y prêtèrent que petite attention. A ce qui se passait sur la pleine terre, ils préféraient ce qui se passait sur la pleine mer où ces envahisseurs, des terriens montés à pied de l'Italie, seraient bien incapables de les suivre.

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Cette indifférence ne fut point particulière aux Vénètes. Le caractère celte est ainsi fait que l'individualisme l'emporte toujours sur le raisonnement. Si, dès la première minute, les tribus ou nations gauloises avaient fait bloc contre les légionnaires de César, la Gaule n'aurait jamais été conquise. Au lieu que le Proconsul, aussi fin diplomate que bon homme de guerre, a vaincu en détail des tribus dont chacune, par égoïsme et jalousie, se réjouissait du malheur des armes arrive a sa voisine, sans comprendre que ce serait son tour le lendemain. César dans -son ouvrage "La guerre des Gaules" constate lui-même que ces di visions lui ont livré le pays tout entier en lui permettant d'y introduire des ferments de discorde, grâce aux éléments actifs de sa "Cinquième colonne", et de créer partout l'aide adroite de nombreux "collaborateurs". Naturellement, il n'emploie pas ces mots modernes, mais il expose les faits de telle manière que nous n'avons qu'à transposer les termes pour retrouver les mêmes périls que nous avons connus en des temps plus récents.
Ce fut ainsi que le Proconsul procéda vis-à-vis des Vénètes.

Le guet-apens :

La troisième année de la campagne des Gaules au cours de leurs déplacements rapides à travers le pays les Romains arrivèrent aux frontières de l'Armorique. Et César députa auprès du Sénat de Vannes des envoyés, chargés d'une mission aux termes assez alambiqués qui se résumait finalement ainsi : le Général romain offrait aux Vénètes son amitié, à la condition que ceux-ci accueillissent des troupes romaines qui s'installeraient autour du Morbihan. C'était en fait une proposition d'occupation militaire librement acceptée. Comprenant l'astuce diplomatique, et persuadés que la grande forêt centrale de Bretagne formait sur leurs arrières une protection efficace, tandis que la flotte était toute prête à embarquer tous ceux et celles qui voudraient reculer devant l'approche des légions, les Vénètes refusèrent tranquillement cette offre vraiment un peu trop claire.

Alors, César en fit une deuxième : les troupes de Publius Crassus, campées en Anjou, avaient besoin de ravitaillement; et la récolte en Armorique avait été fort belle. Les Vénètes consentiraient-ils à recevoir des marchands ro­mains qui viendraient acheter chez eux sur place, céréales et bestiaux? Ceci, avec un échange d'otages, dont la présence, de part et d'autre, assurerait la loyauté de la tractation. L'offre fut acceptée. Des Vénètes partirent pour le camp angevin de la septième légion, tandis que Titus Silius et Quintus Vélanius allèrent s'instal­ler, en matière de garants chez les armoricains. Peu après, César exigea le retour de ses envoyés, tout en imposant aussi le maintien des otages armoricains d'Angers. C'était un traquenard, un piège tendu sous les pieds des Vénètes. La querelle éclata aussitôt ; c'est ce qu'escomptait César. Apprenant que leurs compatriotes, d'otages étaient devenus des prisonniers, les armoricains retinrent les deux Romains par représailles ; et le Proconsul les accusa immédiatement d'avoir violé de droit des gens. En vain, les Vénètes affirmèrent-ils qu'ils laisseraient repartir les deux Romains aussitôt qu'on leur rendrait leurs amis. César fait la sourde oreille et arrêta tous les Vénètes qui se trouvaient en Anjou pour leurs affaires et, à marches forcées, jeta son armée sur l'Armorique.

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Confiant dans sa force, le Romain croyait n'avoir à faire qu'une simple promenade militaire; il fut vite détrompé. Et lui-même explique dans ses "Commentaires" que les légionnaires, empiégés dans les vasières qu'ils voulaient franchir à pied sec, se voyaient exposés sous la pluie de projectiles lancés des remparts, englués dans la boue molle où ils étaient noyés par le retour des rapides marées montantes. Arrivaient-ils par hasard à escalader un rempart? Les légionnaires voyaient toute la population sortir par la face opposée, s'embarquer sur les navires et cingler vers une Île voisine, en ne laissant aux assaillants que des maisons vides, encerclées par le flot.
La promenade militaire devenait une guerre d'usure avec des pertes cuisantes, tandis que les soldats maugréaient contre tout : les pluies, les brumes les changements de marées, les tempêtes et même les "pierres levées" qui leur semblaient des dieux inconnus et maléfiques.
Tenace cependant, César parvint juqu'à Dariorigum ou Dartoritum qui est devenu Locmariaker et y installa son camp. Véritable camp de la Misère dans la boue, le froid, le vent du large, les ouragans d'hiver ...

En fait, le Proconsul, pris au piège ne pouvait plus ni avancer, ni reculer ; il se sentit perdu. Si à ce moment, les autres tribus gauloises étaient venues à l'aide des Vénètes, César et ses troupes ne seraient pas sortis vivants de cette souricière et la Gaule eut été sauvée de la Romanisation.
Malheureusement, les intrigues romaines avaient fait tache d'huile.

Des tribus du Centre, aucune ne bouge et, au contraire, les tribus de la côte sud de la Loire, jalouses des Vénètes, commirent le crime inexpiable de se mettre au service de César pour lui fournir les seules armes capables de combattre les Vénètes : des bateaux et des marins.


Le combat maval

Pendant que lui et ses fantassins grelotaient dans la boue de Locmariaker, César avait envoyé chez ces tribus, de la Loire à la Bidassoa, Décimus Brutus avec ordre de rallier des navires, de les encadrer de galères romaines montées de la Méditerranée et de venir le délivrer, le sortir de l'impasse. Conduite par des pilotes 8antons et Pictons, cette flotte disparate arriva un beau matin en face du goulet du Morbihan, et aussitôt, manqua de périr sous les yeux de César qui, cette fois, eut réellement peur. Car, en ordre de bataille, l'escadre des plus gros navires Vénètes, hauts sur l'eau et de pesante masse, se déploya en traversant le goulet du Morbihan et se rua sur les divisions de Brutus. Devant cette sortie imprévue, l'Amiral romain, perdant la tête, commençait à jeter ses navires à la côte, aux pieds de César, préférant s'échouer que comtattre. Et l'armée romaine, serrée autour de ses aigles et de son chef, eut le sentiment qu'elle était perdue sans recours.

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Mais à ce moment, la mer trahit les Vénètes marins au profit des terriens de Rome et de leurs auxiliaires, traitres à la cause gauloise. Le vent tomba il se fit calme plat. Les grosses hourques vénètes ne pouvaient manoeuvrer qu'à la voile ; elles se mirent à dériver par le flanc. Décimus Brutus alors, reprenant courage et ayant sous ses ordres dix navires contre un des Vénètes, les jeta successivement à l'abordage de chacune des citadelles flottantes immobilisées, dont, avec des faux emmanchées ; il parvint à trancher les cordages et à abattre le gréement.

A partir de ce moment, et malgré la défense enragée des équipages Vénètes qui ne pouvaient, faute de vent se porter au secours les uns des autres, ce fut un égorgement sans nom. Les légionnaires romains, embarqués sur les vaisseaux de Brutus, attaquèrent séparément chacun de ces pauvres navires comme des radeaux. Se mettant à vingt contre un, ils massacrèrent les équipages vénètes les uns après les autres, sous les yeux horrifiés des populations accourues sur la côte de Sarzeau, tandis que, de l'autre rive du goulet, montaient les acclamations et les sonneries de trompes des fantassins de César. Toute une suite d'heures atroces. Navire pris après navire pris, le feu achevait l'oeuvre des glaives ; morts, mourants, blessés et survivants brûlaient ensemble comme des torches, cependant que les égorgeurs romains, passant aux bâtiments, poursuivaient sauvagement leur atroce besogne, toujours écrasant sous le nombre chaque équipage ainsi assailli séparément.

Quand enfin le soir tomba, la grande flotte Vénète de deux cent vingt voiles, massacrée et incendiée en détail, n'existait plus et les buccins, autour de la tente de César, sonnaient le salut aux vainqueurs, cependant que les derniers des vaisseaux vénètes achevaient de brûler et de couler tas avec leurs équipages de morts et de mourants.

Le Proconsul s'était jugé perdu ; il avait eu peu. Ses soldats avaient leur Général inquiet et tremblant. Aussi César fut-il impitoyable aux survivants du peuple vaincu. Et il eut le triste courage de résumer en ces termes son verdict de vainqueur impitoyable dans ses "Commentaires", où il parle toujours de lui à la troisième personne : "César fit mourir tout le sénat et vendit le reste du peuple à l'encan".

Epouvantable vengeance à froid contre les vieillards, les femmes et les enfants de ceux qui auraient été •les vainqueurs de la Louve Romaine si le vent ne les avait pas trahis et livrés à leurs adversaires, au moment où ils allaient sauver la Gaule en abattant le conquérant, pris au piège de sa propre conquête. Et tandis que les corps des marins vénètes s'en allaient rouler aux abimes de l'Atlantique, les tristes survivants de ces familles décimées et de cette nation rayée de la vie gauloise partaient en longues colonnes lamentables vers l'Italie, où les trafiquants d'esclaves allaient les disperser aux enchères sur tous les marchés de chair humaine, épars de Rome à Babylone.
Sous le grand soleil d'été, sous les brumes froides d'hiver, le pays vénètes n'était plus qu'un désert. En fait, la Gaule, divisée contre elle-même, était dès lors perdue. Car, il ne faut pas s'y tromper, la défaite des Vénètes contenait en germe, malgré le sursaut de Gergovie la capitulation d'Alésia, de même que dix huit cents ans plus tard, la défaite de Trafalgar allait contenir en germe, malgré le soleil d'Austerlitz, la défaite de Waterloo.

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jeudi, 19 mars 2020 17:02

Honneur au marin TREHONDART, 1859

En fouillant sur le site Gallica-BnF et avec quelques mots clefs de recherches bien choisis (on ne divulguera pas lesquels) on finit par trouver, avec un peu de chance et d'attention, les références d'un livre de l'écrivain, Eugénie-Caroline Saffray, dite Raoul de Navery [Ploërmel 21/09/1829 - La Ferté-sous-Jouarre 17/05/1885].

Raoul de Navery BNF Gallica

Ce recueil intitulé Récit consolants, publié en 1860, rasemble des nouvelles et des anecdotes, dont une, nous dresse le portrait d'un marin sinagot. Découvrons qui il était. [Texte original enrichi et illustré].

Les habitants de Dinan ont pu remarquer en se promenant dans les rues de la ville, un matelot aux allures martiales, dont la poitrine est toute constellée de décorations. Ce noble champion de nos armées navales se nomme Julien TREHONDART [12/3/1816-5/2/1859]: c'est un enfant de notre vieille Bretagne, né à Séné, près de Vannes, comptant 33 ans de navigation [mousse à l'âge de 9-10 ans], 11 au services de l'Etat, et 42 ans d'âge. [texte écrit en 1858 à son retour de Crimée]
Fils aînée d'une pauvre veuve chargée de neuf enfants, Julien TREHONDART voulut de bonne heure aider sa mère et il embrassa la carrière maritime.

Sa mère, Marie NOBLANC [16/9/1787-16/12/1848] était mariée à Julien TREONDART [12/10/1784-20/6/1832] et la famille vivait de la pêche à Montsarrac. Après son mariage en le 20/1/1814, elle eut 8 enfants, dont deux morts en bas âge.

En 1835, à 20 ans, il était reçu maitre cannonier à bord de la Jeanne d'Arc; en 1836, il passait en la même qualité à bord de Vénus, commandant Dupetit-Thouars, faisant preuve en tous lieux d'un ardent courage.

Navire Le Vénus : Une frégate de 52 canons type Vénus (1823 - 1846) construite à Lorient à partir de février 1820. Mise à flot le 12 mars 1823, elle participe la même année au blocus de Cadix. En 1824, elle fait campagne au Sénégal, en Guadeloupe et à Saint Pierre et Miquelon. En 1825, 1827 et 1828, elle est aux Antilles. En 1828, elle part de Brest à Toulon, puis est à Navarin et dans l'archipel grec, et rentre à Brest l'année suivante. En 1830, elle retrouve la Méditerranée pour l'expédition d'Alger, armée en flûte. Refondue en 1824, elle effectue du 29 décembre 1836 au 29 juin 1839 un voyage autour du monde (Valparaiso, Callao, Honolulu, Kamchatka, San Francisco, Marquises, Tahiti, Australie, Bourbon, Ste Hélène) sous le commandement du CV Abel Aubert du Petit-Thouars (1793–1864). De retour en France, elle servira comme école des apprentis canonniers à Toulon (1840-41), avant d'être condamnée en septembre 1846, elle sert alors de ponton-dépot de charbon à Gorée sous le nom d'Utile. (Caractéristiques : 52 x 13 m ; 10 nds ; XVIII.24 + XXII.caronades.24 + II.18).

[vérifier aux SHD de Lorient si Trehondart est de cette expédition]

Quand la guerre d'Orient éclata (en 1853)  Julien TREHONDART était déjà décoré de trois médailles de sauvetage (deux médailles d'argent et une médaille d'or, décernées en 1845, 1846, 1851), récompenses conquises au péril de sa vie, en retirant plusieurs individus des flots et des flammes.[incendie dans des bateaux équipées de chaudières à charbon]  Il s'embarqua pour la Crimée avec trois de ses frères, courageux comme lui, dont deux sont morts aux tranchées à ses côtés, devant Sébastopol.

Sur sa fiche d'inscrit maritime, on note qu'il effectue plusieurs mission sur des navires de la marine impériale. Il embarque en mars 1854 sur l'aviso vapeur Le Tonnerre; puis sur le Liamone; il est ensuite sur la corvette Le Chaptal et sa dernière mission est effectué sur Le Donawerth.

Donawerth navire

Le Donawerth

Les registres de l'état civil de Séné font apparaitre 3 garçons Trehondart : Julien,  Pierre Marie [21/9/1817 - marié en 1847 - ??] et Jean Marie [6/10/1824-26/4/1859] décèdé à bord de La Sané le 11 mars 1856 sans doute de maladie et son corps jeté à la mer....(Lire l'article sur la guerre de Crimée). Pierre Marie a dû être mobilisé en Crimée ( aller véfieri au SGD de Lorient).

Julien TREHONDART s'est battu comme un lion : il a reçu onze blessures, a deux fois été prisonnier. Il est rentré il y a huit mois en France avec la croix de la Légion d'Honneur, la Croix de l'Ordre de Medjidié, la croix d'Isabelle d'Espagne, la croix de Saint-Grégoire Le Grand, une ceinture d'honneur en or et ses trois médailles. Les quatre frères Tréhondart [il ne serait que 3 selon l'état civil de Séné], nous a-t-il dit, possédaient entre eux vingt-quatre décorations. C'était une famille de héros.

1859 Trehondart Legion

Trehondart decoration

Les décorations : la Légion d'Honneur est stipulée sur son acte de décès. Le sultan Abdulmécit 1er créa la Croix de Mejjidié largement isnpiré de la Légion d'Honneur Française. La croix Isabelle d'Espagne, la Catholique est un ordre institué en Espagne en 1815 par Ferdinand VII, pour récompenser ceux qui avaient défendu ses domaines d'Amérique.[rechercher ]. L’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand est une décoration accordée par le Saint-Siège (Vatican), à titre civil ou militaire. Fondé le 1er septembre 1831 par le pape Grégoire XVI en l'honneur du pape Saint Grégoire. [rechercher] Ces deux décorations pourraient être liés aux sauvetages auxquel TREHONDART s'est illustré...

A la fin de la campagne de Crimée, il reprend la navigation sur la Victoire Rosalie avant de "rentrer au  pays de Séné" où il devient pêcheur sur l'Impératrice Eugenie.

Un des regrets de TREHONDART est de ne pas savoir lire. "Ah s'écriait-il un jour en présence d'un des plus célèbres officiers de la flotte, si j'avais su lire et écrire comme vous, monsieur, j'aurais voulu devenir amiral comme vous!..."

1859 Trehondart noyade

Julien TREHONDART se maria à Séné le 20 juillet 1841 avec Julienne LE GREGAM [27/152/1819-25/9/1880] dont il eu au moins 3 enfants : Pierre Marie (1842), Jeanne (1844) et Louise (1847).  L'article ci-dessus nous relate que lui et sa fille Marie Jeanne TREHONDART [5/6/1844-9/3/1859] périent en mer à cause d'un coup de vent le 31 janvier 1859 près de La Garenne et Montsarrac. Le corps du père fut retrouvé le 5 février près de la Garenne et celui de sa fille, le 9 mars près de Brouel.

Si Julien ne savait pas lire, il ne savait non plus nager comme un grand nombre de marins de cette époque.

 

 

 

 

lundi, 30 octobre 2017 19:08

Perdre la vie en Algérie, 1955

Le monument aux morts à Vannes dédié aux soldats morts en Afrique du Nord répertorie 3 noms de soldats nés à Séné.

Algérie monument Vannes

A Séné, une petite plaque a été rajoutée au monument aux morts de Séné avec pour titre : Algérie et seulement deux noms, LE CAM Georges et LE CLERECQ Pierre. Il manque à l'appel, Marcel LE GOUEFF, natif de Séné.

LE GOUEFF Marcel [4/12/1929 - 1/12/1955]

Pierre Marie Louis LE CLERCQ [19/12/1936 - 19/09/1958]

Georges Marie LE CAM [22/08/1930 - 21/05/1959]

Qui étaient ces trois Sinagots et dans quelles circontances ont ils perdu leur vie pendant la guerre d'Algérie ?

Du temps de l'Algérie française, la territoire est divisé en départements comme le montre la carte.ci-dessus.

carte des departements Algerie

 A la limite sud de ces départements, la chaine de montange de l'Atlas qui en Algérie va d'est en ouest des Monts Ksour au Djébel Amour et aux Monts des Aurès.

Au sud de ces montagnes, le désert du Sahara algérien regroupe les département de Saoura et des Oasis.

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LE GOUEFF Marcel [4/12/1929 - 1/12/1955]

Le site genweb précise l'identité de Marcel LE GOUEFF. Il est Maréchal des Logis chef et il perd la vie à El Kseur en Kabylie. Son corps sera inhumé au cimetière de Boismoreau, tombe Div 16, rang 3, n°14 partie B2.

SGA Le Goueff 1955   LE GOUEFF Boismoreau

Son acte de naissance nous indique qu'il nait à Moustérian. Son père est couvreur et sa mère couturière.

1929 LE GOUEFF Marcel Extrait

Une consultation attentive du dénombrement de 1931 permet de repérer la famille LE GOUEFF. Marcel LE GOUEFF père a épousé le 27/11/1928 Renée Marie NOBLANC. la famille est établie à Moustérian où trois générations cohabitent.

1931 LE GOUEFF famille

Le SHD de Pau a communiqué le dossier militaire de LE GOUEFF. Que nous apprennent ces documents?

LE GOUEFF fiche

Alors qu'il déclare la profession d'étudiant, Marcel Le Goueff qui réside à Vannes, s'engage pour 3 ans en décembre 1947 et rejoint l'intendance militaire et le 2° Escadron du train où il devient maréchal des logis. En juin 1949, il par de Marseille vers Saïgon.et rejoint le centre d'instruction du train. En décembre 1950, il renouvelle son engagement au sein du train au Laos. Il rentre à Marseille en novembre 1951. En décembre 1953 il se réengage. Le 9 juin 1955 il embarque à Marseille pour l'Algérie sur le Ville de Tunis. Il est affecté à la 17° Unité de protection rurale à El Kseur en Kabylie.

LE GOUEFF décès

Le lendemain de son décès, la sous-lieutenant Visse rédigea un rapport. Une quinzaine d'hommes protègent une ferme viticole. Après la relève de minuit, vers 1H30, la sentinelle entend du bruit au magasin de paille. Le chef LE GOUEFF et ses hommes se postèrent derrière une fenêtre donnant sur la terasse. LE GOUEFF fut le premier à sortir sur la terasse et reçu un coup de fusil de chasse à la tête. Une mitrailleuse fut installée à la fenetre et des tirs échangés avec les rebelles qui s'enfuirent. Le calme revenu LE GOUEFF était décédé. Il sera resté 6 mois en Algérie. 

Carte Kabylie

El kseur pont oued montagne de toudja

 

Pierre Marie Louis LE CLERCQ [19/12/1936 - 19/09/1958]

Le site "Mémoire des Hommes" nous donne quelques informations pour démarrer notre recherche sur le soldat LE CLERECQ mort en Algérie au sein du 588° Bataillon de Marche du Train (BMT ou BT).

LE CLERECQ Pierre SGA

Les dates permettent de retrouver ses actes de naissance et de décès à l'état civil de Séné.

1936 LE CLERECQ extrait

On y apprend que Pierre Marie Lousi LE CLERECQ nait au sein d'une famille de cultivateurs établis au village de Gornevez.

Son acte de décès nous donne quelques informations sur les circonstances de sa disparition le 19/09/1958 à l'âge de 23 ans à Garet Bent El Khass, ville de Brezina, commune de Geryville.

1959 LE CLERECQ décès

Geryville, aujourd'hui El Bayadh est située à 370 km au sud-est d'Oran, aux portes du Djebel Amour. La ville abrite une garnison et pendant la guerre le 588° Bataillon de Marche du Train.

Geryville caserne

L'Etat Signalétique et des Services de Le Clercq nous indique qu'il est appelé le 7/1/1957 pour faire son service militaire. Il embarque à Marseille le 10/01/1957 sur le Ville d'Alger. Il débarque à Oran le 11/1/1957. Il est affecté au 588°BT le 10/5/1957. A la fin de sa période le 1/5/1958, il est maintenu sous les drapeaux compte tenu des évènements.

Les "BT" auront un rôle essentiels dans un pays 4 fois plus étendu que la France. Le "train" regroupe des régiments chargés de la logistique militaire.

TrainSahara050

"Le 30ème Régiment d'infanterie est créé en début 1956 avec des rappelés. C'est son deuxième bataillon qui débarque en Algérie le 27 juin 1956 et s'installe dans la région de BOUFARIK pour rejoindre en juillet le secteur de GERYVILLE (aujourd'hui El-Bayadh).

Le 1er novembre 1956 par changement d'appellation du 2ème Bataillon du 30ème Régiment d'Infanterie, est créé le 588ème Bataillon du Train. Il est destiné à opèrer dans le Djebel Amour et à surveiller une vaste zone où circulent 10 000 nomades.

Bataillon du train

Ses effectifs vont passer de 700 à 1 000 soldats dans une compagnie de commandement, d'appui et de services, 4 compagnies de combat. Ses officiers en plus de leurs missions habituelles exercent souvent les fonctions d'officiers S.A.S..

Les opérations contre les bandes rebelles sont continuelles et il est relevé au moins 50 opérations importantes avec des morts dans les deux camps. Les Tringlots combattent plus de 2 ans dans des conditions climatiques très dures sur un terrain difficile.

300 gradés et soldats du 588ème Bataillon du Train, le 1er janvier 1958 rejoignent le 30ème B.C.P. qui va étoffer ses effectifs en les incorporant.

Le 588ème B.T. est dissous le 31 décembre 1958 à GERYVILLE. 1958

Le Bataillon a perdu au combat 32 tués et 41 blessés.

La mention Djebel Amour est gravée dans son insigne."

source : delamarejean.free.fr

Parmi les soldats tués du 588°BT figure Pierre LE CLERECQ, qui perd la vie dans une embuscade, tué par le fellaghas (Source Jean&Jacques%Richard).

Le doosier militaire précise : 

LE CLERCQ mort

Son acte de décès précise le lieu : Garet Bent El Khass. Il s'agit d'une colline de 803 m d'altitude au sud de Brezina comme nous l'indique cette carte satellite. mapcarta.com

Les paysages y sont grandioses entre Monts Ksour et Djebel Amour.

Djebel Amour Bent El Khass

 Djebel Amour Algérie

Djebel aissa

 

Georges Marie LE CAM [22/08/1930 - 21/05/1959], quinze jour en Algérie

Georges Marie LE CAM est né au sein d'une famille de cultivateurs à Ker Anna au bourg de Séné.

1930 LE CAM Georges extrait

La famille apparait au dénombrement de 1931.

1930 LE CAM Keranna famille

Il était militaire de carrière enggé en Algérie. L'acte décès du soldat LE CAM nous indique qu'il est tué à Oued Mehafir, lieu-dit dans la commune de Brezina El Abiod, dans les Monts Ksour, sans préciser son régiment et les circonstance de son décès.

1959 LE CAM George Ouesd Mekefi

LE CAM décès

1959 171 la 4e section au depart d un ratissage

 

1960 025 halte casse croute apres avoir fouille la fa

 

 

 

 

 

 

 

 

lundi, 02 octobre 2017 19:02

Cinq Sinagots en Indochine

Au cours de son règne, Napoléon III aura adopté une politique étrangère mélée de guerres et de conquêtes qui aboutiront à donner à la France un véritable empire colonial assis sur les 5 continents. La Troisième République continuera l'expansion territoriale des colonies. 

En Asie du sud est, la France finira par réunir au sein de l'Indochine Française différents territoires comme le résume très bien cette carte.

CARTE CONQUETE

Depuis la prise de possession de la Cochinchine, du Amman, du Tonkin, pendant l'unification de ces territoires avec le Cambodge et le Laos et jusqu'à la guerre d'Indochine, des soldats Français seront sur ces théâtres d'opérations.

Parmi eux, 4 soldats de Séné. Leurs récits racontent chaucn une période de la présence française en Indochine qui finira dramatiquement à Dien Bien Phu [11/1953-05/1954] et sera scellée par les Accords de Génève (mai 1954).

Qui étaient ces 4 Sinagots partis en Extrème Orient et dans quelles circonstances ont-il perdu la vie ?

Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863]. Un Sinagot en Cochinchine;

Felix TIFFON [7/04/1901 - 19/06/1932] Tiffon se heurte aux premiers communistes

Pierre Marie JOLLIVET [30/1/1905 Séné - 4/7/1945 Saïgon] Sinagot "Mort pour la France"

Maurice PENFORNIS [24/03/1920 - 13/03/1946] : Décède de maladie

Armel Ange Joseph LENORMAND [17/09/1925 - 26/05/1948] Sinagot mort pour la France en Indochine

 

Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863].     Un Sinagot en Cochinchine

L'aventure coloniale sous Napoélon III a amené loin de leur ville ou de leur village, bien des Français de cette époque et parmi eux, le Sinagot Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863].

Son acte de décès occupe toute la page du registre de l'état civil numérisé par les Archives du Morbihan. La mention "Cochinchine" attire l'oeil de l'historien local. On a envie d'en savoir plus sur le destin de ce Sinagot.

1863 Montfort Patern Cochinchine

On apprend à la lecture de l'acte que Patern MONTFORT est matelot de 3° classe sur le vaisseau Duperré mais qu'il est détaché à la Direction du Port de Bariah en Cochinchine. Comme d'autres Sinagots de sa classe, ce fils de paludier de Brouel a été mobilisé dans la marine.

(A faire vérifier sa régistre maritime à Lorient)

Le Duperré

Le Duperré est un vaisseau de 74, comme le Marengo ou le Ville de Marseille. Ce modèle a été commandé à 120 exemplaires, tant il était excellent.  Construit en 1813 sous le nom de Couronne, il prendra le nom de l'Amiral en 1849. En 1854, il participe aux en opérations en Mer Baltique, bombardement de Bomarsund, (Lire Guerre de Crimée) puis voyage en Crimée en tant que transport. En novembre 1859, il est armé en hôpital flottant à Toulon. Il appareille de Toulon pour la Chine, en janvier 1860. En décembre 1860, il est aménagé en navire-hôpital à Chefou en Chine. En mars 1863 il mouille au large de Saïgon. Il aurait été le siège de l'Etat Major de la Marine avant la prise de la Cochinchine...

Carte Cochinchine

Depuis le traité de Saïgon, signé le 5 juin 1862 entre le dernier empereur précolonial de l'Annam, Tu Duc [1829-1847-1883] et des représentants de Napoléon III [1808-1852-1873]  la France occupe Saïgon, l'archipel de Poulo Condor où elle établira un bagne, et trois provinces méridionales qui seront connues sous le nom de Cochinchine. Ce traité sera confirmé en 1863.

cochinchine empereur

Toutefois, la pacification ne s'est pas faite sans combattre. Ainsi cet article du Courrier de Bretagne daté du 1er octobre 1863 nous parle d'une rébellion à Go Cong. Dans cet extrait du livre Histoire de la Cochinchine française de Prosper Cultru, on peut lire qu'une insurection eu lieu pas très loin de Baria en février/mars 1863.

1863 01 10 Cochinchine 1863 Go Cong bataille

Go Cong vue bataille

Patern MONTFORT est affecté à terre au sein de l'administration du port de Baria. On lit sur l'acte, qu'il décède à l'Hôpital Maritime de Baria à l'âge de 23 ans le 14/03/1863, sans que l'on sache si il est mort lors des derniers combats à Go Cong ou peut-être de maladie dans cette zone lacustre propice aux maladies contangieuses.

Cpa 1918 Colonies France Indochine Cochinchine Baria Le

Vue du débarcadère à Baria 1918

Baria dans la foret

Baria Cap St Jacques enfant pecheurs 

 

Felix TIFFON [7/04/1901 - 19/06/1932] Tiffon se heurte aux premiers communistes

L'acte de décès de Felix TIFFON se remarque dans le registre de l'état civil. A sa lecture on comprends que Félix TIFFON, soldat de 2° classe au sein de la 15° Compagnie du 10 ° régiment d'Infanterie Coloniale, est décédé à Vinh Ben Thuy, ville au nord de l'Indochine dnas l'ancienne province du Tonkin. 

TIFFON Félix 1932 Copie

carte indochine nord Amman

On recherche l'acte de naissance dans le registre numérisé des Archives du Morbihan. On y apprend qu'il est né à la Croix Neuve à Séné. Son père est alors paludier et sa mère ménagère. On retrouve la famille TIFFON lors du dénombrement de 1906. Elle compte 3 enfants et accueille sous son toit les grands-parents.

1906 TIFFON famille Gouavert

Au dénombrement de 1921, la famille est resserrée autour des parents, du jeune homme Félix et de sa soeur, Louise. L'ainée a dû se marier et quitté le giron familial.

1921 TIFFON famille Gouavert

A l'âge de 31 ans, Félix TIFFON est en Indochine. Ce n'est plus un conscrit mais un militaire de carrière en poste à Ha Tinh, ville au sud de Vinh Ben Thuy où réside la garnison de son RIC. Les villes de Ha tinh et Vinh Ben Thuy sont battis autour de citadelles.

Hatinh   Vinh1909

thanhcovinh1927

Vue de la citadelle de Vinh en 1927

Le 10° RIC qui avait été dissous le 31/12/1914 pour se fondre dans le 9° en pleine 1ère Guerre Mondiale. est reconstitué depuis le 1/08/1931 en Indochine. En effet, depuis quelques mois, la guérilla communiste qui s'est constitué autour de Nguyễn Sinh Cung, le futur Hô Chi Minh, souhaite le départ des colons et organise les opérations contre les troupes françaises autour dela ville de Ha Tinh, comme le rapporte ces deux articles d'époque.

1930 1931Hatinh communistesL'acte de décès retranscrit en France n'indique pas les circonstance du décès de Felix TIFFON. A-t-il été victime de ces combats contre la guérilla ?

Il décède le 19/06/1932 dans la ville principale de Vinh Ben Thuy. La Seconde Guerre Mondiale va éclater. Les revendications des peuples constitutifs de l'Indochine vont être mises en sourdine d'autant que le territoire va être occupé par les troupes japonaises....

Annam Indochine

Pierre Marie JOLLIVET [30/1/1905 Séné - 4/7/1945 Saïgon] Sinagot "Mort pour la France" 

Dans l'attente de la consultation de son dossier militaire réf : AC 21 P 279345, que sait-on sur le soldat JOLLIVET? Il est né à Séné au Petit Poulfanc d'un père manoeuvier, Joachim Mathurin JOLLIVET né le 3/2/1864 à Sulniac et d'une mère ménagère, Marie Josèphe JULIO née à Ambon le 6/1/1874.

1906 Jollivet Poulfanc

En 1906, la famille JOLLIVET est bien pointée par le dénombrement au Poulfanc en Séné où plusieurs frères Jollivet son descendus de Sulniac pour travailler au Poulfanc. Pierre Marie JOLLIVET se marie à Vannes le 19/9/1931 avec Simone Alexandrine Anne VISAGE [Saint-Nolff le 6/4/1911 - 2008 Merlevenez]. Il déclare alors la profession de camioneur et réside au n°5 de la rue Boismoreau à Vannes. Il est sans doute employé par les transporteurs installés route de Nantes à Vannes et Séné [lire histoire de Duclos Penru et des routiers de Séné].

Son parcours nous fait pensé à un militaire de carrière. En 1945, il est incorporé au sein du 16° Régiment d'Infanterie Coloniale basé à Quinhen dans l'Amman en Indochine française, actuelle Quy Nhon au Viet-Nam. Il décède  le 4 juillet 1945 à l'Hôpital Graal de Saïgon le 4/7/1945. Il est déclaré "Mort pour la France", mention inscrite sur son acte de décès.

Saigon Hopitel Militaire

Maurice PENFORNIS [24/03/1920 - 13/03/1946] : Décède de maladie

L'acte de décès de Maurice PENFORNIS apparait bien clair sur les registre de Séné. L'aurait-on oublié ?

1946 PENFORNIS décès

Son existence de combattant en Indochine nous est confirmée par le site Mémoire des Hommes.

 PENFORNIS Maurice fiche

On apprend que Maurice PENFORNIS, né à Priziac le 24/03/1920 est Second Maitre Canonnier au sein du Régiment Blindé de Fusiliers Marins basé à Cholon près de Saïgon. Il s'agit d'une unité amphibie prévue pour les débarquements.  

Chenillette Bren Carrier du R B F M au Tonkin

Le R B F M en Indochine:

- Opérations en Cochinchine (Saïgon)

- Bassin du Donaï (prise de Tan Uyen) dans la région de BentréRBFM Ecusson

- Transformation en régiment amphibie d'assaut

- 6 mars 1946, débarquement au Tonkin,

1946 R B F M en baie dAlong débarquement

R B F M en baie d'Along débarquement quelque peu problématique

- Sécurité d'Haïphong en baie d'Along et de Hanoï

- Delta du Mékong et presqu'île de Camao

En Mars-Avril 1947, le RBFM est regroupé au Cap Saint Jacques et après une prise d'armes d'adieu, embarque pour la France, il arrivera à Toulon le 16 Mai et sa dissolution intervient le 20 Mai 1947. Le 7 juillet 1947, le régiment est cité à l'ordre de l'armée de Mer et son drapeau reçoit le CG des TOE avec palme.

Source http://cdojaubert.canalblog.com

 1947 flottille amphibie du Tonkin

Le soldat PENFORNIS a-t-il contracté une maladie infectieuse dans les zones lacustres du delta du Mékong ? Il décède de maladie à l'hôpital d'évacuation Cho Quan de Cholon le 12 mars 1946.

Avant son départ en Indochine, il vivait à la Grenouillère en Séné. Il était le marie de Rosalie Marie Perrine LEROY qu'il avait épousé à Séné le 27/01/1945. Son nom apparait sur le monument de Lauzach mais ni à sa commune de naissance Priziac ni à Séné.

1945 PENFORNIS x LE ROY

 

Cholon larroyo 1946 Copie

 

Armel Ange Joseph LENORMAND [17/09/1925 - 26/05/1948]  Sinagot, mort pour la France en Indochine.

Le site "mémoire des Hommes" répertorie les soldats français "Morts pour la France". Il faut un peu de patience pour passer en revue les fiches relatives à la guerre d'Indochine. On finit par repérer une fiche d'un soldat né dans le Morbihan dans la ville de "Seine".

LENORMAND sga fiche

L'acte de naissance d'Armel Ange Joseph LENORMAND nous indique ses parents habitent rue Bailleul à Paris 1er. La future maman passe sa grossesse chez sa mère, Marie Louise LE GREGAM, veuve GIRARD. Elle acouche à Séné le 17/09/1925.

1925 LENORMAND Armel Extrait

On le retouve plus difficilement dans les dénombrements. En 1926, Armel LENORMAND vit chez ses grands-parents à Séné, Joseph Yves GIRARD et son épouse.

1926 LE NORMAND famille Bourg

Joseph GIRARD était le secrétaire de mairie à l'époque à Séné et occasionnellement le correspondant du journal Ouest Eclair. Le 20/08/1924, il a marié le même jour ces deux filles, dont Elisa Marie Henriette GIRARD qui épouse Joseph Marie LENORMAND, garde républicain en poste à Paris II° rue de la banque,n°12. Fils de militaire, Armel LENORMAND fera également une carrière militaire qui le conduira en Indochine en 1948. Il a 25 ans.

Il est en poste comme brigadier au sein de la 153° Compagnie du Quartier Général ou 153° CQG à My Tho en Cochinchine, sud Viet-Nam. L'extrait de Mémoire des Hommes indique qu'il décède d'un accident. La transcription de son acte de décès est fait dans le département des Deux Sèvres,plus exactement la commune de Cerzay.

Le site GenWeb ne répertorie pas le nom de Armel LENORMAND et le Mémorial de Maizière en Gatine ne reprend pas le nom du soldat. Un nom voisin apparait sur le mémorial de Lauzach : "LE MORMAND A." C'est surement notre Sinagot.

Lenormand Lauzach

Le Service Historique de Caen a ouvert le dossier d'Armel LENORMAND. On y apprend qu'il fut inhumé au cimetière européen de Mytho tombe n°225. A la demande de sa famille, son cercueil fut rappatrié en France puis restitué le 12 septembre 1950. La consultation des registres de la paroisse de Séné permettent de confirmer son inhumation le 14/09/1950 à Séné.

Certes, son acte de décès fut retranscrit sur la commune de Cersay (79), dernier domicile connu de ce militaire dont le régiment était basé dans les Deux-Sèvres.

Cependant, Armel Ange Joseph LENORMAND, était natif de Séne, il est mort pour la France à Mytho (décret du 15/12/1948), et surtout il fut inhumé à Séné.

Son nom eput être inscrit au monument aux mort de Séné à côté de celui de Penfornis sur une plaque dédiée aux morts en Indochine.

My Tho vue generale

3e DIC bac de Cho Gao

3°DIC pasant un bac sur un affluent du Mékong