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SECONDE GUERRE MONDIALE : Combattre pour libérer la France 1942-45

Après l'Appel du Général de Gaulle, des Français et des Sinagots ont choisit de continuer à combattre le régime nazi.

18 juin appel

Qui étaient-ils et dans quelles circonstances ont-il payé de leur vie leur combat pour notre Liberté ?

Patern LESCOUBLET [3/06/1920 - 26/03/1943] des Forces Navales de la France Libre

Jean Marie Joseph GILLET [7/05/1909 - 8/12/1943] des Forces Navales de la France Libre

Roger Edouard LE GREGAM [10/01/1923-18/07/1944] et Jean Fortuné Louis LE GREGAM [7/02/1916-18/07/1944] des Forces Françaises de l'Intérieur. Lire article dédié aux frères LE GREGAM.

Marcel Joseph CROLAS [26/05/1923 - 8/11/1944] des Forces Aériennes de la France Libre.

Pierre Marie JOLLIVET [30/1/1905 Séné - 4/7/1945 Saïgon] Sinagot "Mort pour la France" 

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Patern LESCOUBLET [3/06/1920 - 26/03/1943] des Forces Navales de la France Libre

Il faut être attentif en feuilletant les registres d'état civil en mairie de Séné. 

1943 LESCOUBLET décès

On lit que Patern LESCOUBLET né le 3 juin 1920 à Vannes était domicilié à la Croix Neuve avant la guerre. On apprend qu'il était quatier maître chauffeur de 2° classe à bord du bateau SERGENT GOUARN et qu'il décéda à bord le 26 mars 1943. On note la mention "Mort pour la France".

L'acte est dressé à Casablanca. On pense alors à un navire des Forces Navales de la France Libre.

1943 LESCOULBET Sergent Gouarn

On recherche sur les sites "Mémoire des Hommes " si le marin est bien répertorié. Oui, il est bien "Mort pur la France".

1943 LESCOUBLET Patern SGA

Le site MemorialGenWeb qui répertorie les noms des soldats portés sur des monuments aux morts précise les circonstances de sa disparition.

1943 LESCOUBLET Patern gENwEB

La marin ESCOUBLET est à bord du chalutier SERGENT GOUARN, réquisitionné à Fécamp en septembre 1939, et qui a rejoint les F.N.F.L au début de l'occupation. Le 26 mars 1943, alors qu'il participe à l'escorte d'un convoi d'Oran à Gibraltar, il est torpillé au large d'Alboran par le sous-marin nazi U755. Le bateau s'est cassé en deux et a coulé très rapidement faisant 57 morts et 14 rescapés.

Alboran est une petite île à mi-distance entre la côte méditerranéenne du Maroc et l'Espagne. Selon le rapport de Walter Göing commandant du sous-marin, il a torpillé le Sergent-Gouarne par 36.01N 02.29W, le bateau s'est cassé en deux et a coulé en 90 secondes. Le U 755 a lui-même été détruit par un avion anglais deux mois plus tard le 28 mai 1943. 

1943 LESCOUBLET U755

L'U-755 sous le feu d'un Lockheed Hudson Mark V, le 28 mai 1943.

A Paimpol, un monument a été érigé à la mémoire des marins de la marine marchande des Forces Navales de la France Libre.

Paimpol Monument à la gloire de la Marine marchande de la France Libre situé au bout du quai Loty

 

Jean Marie Joseph GILLET [7/05/1909 - 8/12/1943]

En novembre 1942, l'opération Torch est déclanché. Les Alliés débarquent en Afrique du Nord. Les troupes françaises des colonies finissent par rejoindre la Gouvernement de De Gaulle. L'Algérie sert désormais de tête de pont à un futur débarquement en Italie et en Provence.

Après l"Armisitice, le PROTEE ne recevant aucun ordre, décide de rejoindre la force X à Alexandrie. Il reste longtemps immobilisé dans ce port, avec les autres bâtiments français qui s’y sont regroupés. Enfin, six mois après le débarquement allié en Afrique du Nord, la force X rallie les Forces navales françaises libres, FNFL.

Le 18 Décembre 1943, le sous-marin le PROTEE appareille d’Alger. Cette seconde mission au large des côtes de Provence fait partie des opérations préliminaires au débarquement des alliées dans le sud de la France qui aura lieu le 15 Août 1944.

La traversée Alger-côtes de Provence s’étant effectuée par gros temps, le Protée avait reconnu la côte quelque part entre Cassis et Toulon, puis, ayant déterminé sa position par observation périscopique des hauteurs, avait mis le cap sur Marseille et avait pénétré le champ de mines de Cassidaigne dont les services de renseignements alliés ignoraient l’existence.

  FNFL insigne 

GILET Protée sous marin

Le Protée sous marin mission
Le 23 Décembre 1943, deux convois allemands font route sur Marseille.
Le premier est le convoi 5306 composé des péniches Tubingen, Wittenberg et Pouvoir, escortées par les dragueurs M6041, M6044, M6045 et M6047 qui a appareillé de La Ciotat à 9h00 (heure allemande) et arrive à Marseille à 12h25.

Le second est le 5308 qui vient de Gènes et comprend le paquebot Imérethie II et les pétroliers Foligno et Bitonto sous escorte des sous-marins allemands UJ 2208, UJ 2210, R 198, R 200 et R 212. Ce convoi entra à Marseille entre 13h10 et 13h40.

Le Protée, ayant perçu un de ses convois, aurait pénétré dans le champ de mines en chassant une position d’attaque.
Côté allemand, le sous-marin ne fut à aucun moment repéré et n’a pas été engagé par les navires de la 6ème Sicherung Flottille.

Pour mémoire, les secteurs ST (Camarat) et SU (Toulon) étaient occupés par le Curie et le Casabianca. Le 25 Décembre, un ordre radio d’Alger prescrivit au Casabianca de relever le Curie qui rentrait à la Maddalena et au Protée de relever le Casabianca devant Toulon.

Le 22 Décembre, le Casabianca coulait devant Toulon l’ UJ 6076 et le 27 Décembre toucha devant Camarat le Chisone qui put être ramené à Toulon. On retrouvera son épave dans un des grands bassins à la libération.

A bord du Protée, la Maitre Timonier, Jean Marie GILLET né à Séné le 7/05/1909 à Moustérian. Le dénombrement de 1921 nous donne la composition de sa famille. Son père était marin pêcheur comme sa mère Jeanne Marie LE GUIL. Il était le cousin de P'tit Jean, passeur à Barrarach. Son acte de naissance porte la mention marginale de son mariage le 2/04/1935 avec Marie Joséphine LE PORT.

1921 GILLET famille Mousterian

1909 GILLET Extrait

Jean Marie GILLET disparait dans l'explosion du sous-marin le Protée au large de Cassis en décembre 1943. Les autorités retiendront la date du départ d'Alger comme date officielle de son décès.

Une plongée effectuée par Henri Delauze à bord du Remora 2000 en 1995 a permis de localiser l'épave au large de Cassis sur la plateau des Blauquières à 130 m de profondeur et a confirmé la thèse avancée par la Marine américaine depuis les années 1950 de l'explosion d'une mine, aucun combat avec un sous-marin allié ne figurant dans les archives allemandes. L'épave e a été déclarée « sépulture maritime » par la Marine Nationale.

Protéé Epave localisée

74 victimes dont 3 Britanniques

Cdt au 19.12.1943 : LV Georges MILLÉ

Etat Major : LV Frédéric. VIÉ - I.M Louis LAUBIE - EV René DUBOIS - EV Robert ETIENNE

Equipage : GILLET Jean - L’HERMITE Jean-Yves - VARLET Georges - CASE Jean - CUFF Pierre - LE FOLL Noël - LABBE Joseph - BURTEY René - RIOU Albert - CATHOU Roger - VILLALARD Frédéric - CAMENEN Joseph - GUENVER Victor - BRIANT Marcel - AUBERT René - PUJOLS André - JOUANJEAN Olivier - LE GOULM Henri - JAGOT Pierre - MARTIN André - BASSARD René - RAVARD - SEBIRE Pierre - LAGAT Jacques - BARBIER Jean - FORTUNY Michel - KERVAREC Mathieu - BUONO François - BULBER Etienne - NICOLAS Albert - PERON Jean-François - CURTET Gilbert - CECCALDI Pierre - JOUAN Auguste - FAROULT Raphaël - LECLEACH Eugène - GIRAULT Emile - QUILLIEN Joseph - PAPENHOFF Georges - JARDIN Pierre - KERLOCH Raymond - BOUVIER Louis - CHAPUIS René - BLANDAMOUR André - BARRES Georges - LEFEBVRE André - VOILLAT Robert - THEVENARD René - POIROT Séraphin - GUILLOU Ernest - LE DUC Joseph - SEILER Auguste - ROUSSEAU Robert - FRELIN André - BONJEAN André - BAZIN Pierre - LABORIE Maurice - ANDRE Louis - LE CHANTOUX Yves - LAMOTTE André - FAVALI André - MOURET Guy - MAGGIOTTI Paul - BARBREAU Marcel - MAURICE Paul - VIAUD Lucien -

Equipe de liaisons Britanniques : Lt Adrian N. DE WAEL - Acting leading signalman USHERWOOD John - Acting leading -télégraphist COLLIER Dennis -

Source : sectionrubis.fr

Protéé Epave 1

Un monument en souvenir de l"équipage du Protée a été érigé à la Seyne sur mer où a été construit le sous-marin. Un Monument National des Sous-Mariniers a été inauguré à Toulon, le 28 novembre 2009

PROTEE photo 163210   

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Marcel Joseph CROLAS [26/05/1923 - 8/11/1944]

Marcel Joseph CROLAS est né à Theix le 26 mai 1923, comme son père Maurice. La famille CROLAS déménage à Séné ou elle déclare l'activité de cultivateur à Kerhuileu au dénombrement de 1931. La famille emploie deux domestiques.

1931 CROLAS famille Kerhuilleu

Quand l'Allemagne Nazie envahit la Pologne, la France puis l'Angleterre déclare la guerre à l'Allemagne nazie. Le jeune Marcel CROLAS n'a que 16 ans. Après l'Armisitice le 22 juin 1940, la Bretagne et Séné sont occupés par les troupes allemandes. Séné abrite même des soldats allemands.

Marcel CROLAS rejoindra De Gaulle en Angleterre et il incorpore le groupe de bombardement II/23 comme mécanicien.

Les escadrons français dans la Royal Air Force, compteront jusqu'à 3 500 Français, dans l'immense majorité des Forces aériennes françaises libres, FAFL. Il y avait le Groupe de bombardement lourd 2/23 Guyenne et le 346th Squadron formé tout deux sur bombardier modèle Halifax en 1944.

Halifax Bomber 2 ExCC

   FAFL insigne

 

hawker hurricane

Le site "Mémoire des Hommes" indique que Marcel CROLAS décède le 8 novembre 1944 à Londer Borough "tué en service aérien commandé". L'acte de décès retranscrit à Séné donne quelques informations supplémentaires, notamment l'orthographe exacte du lieu du décès : Londesborough dans le Yorkshire.

1944 CROALS mort UK

Cette localisation permet de trouver la trace de l'accident d'avion survenu lors d'un exercice entre un bombardier Halifax et un chasseur Hurricane.

69867009

"Au cours de l’après-midi du 8/11/1944, l’équipage du bombardier Halifax DK149 de l’unité 1663 Heavy Conversion, décolla de Rufforth à 14H54 pour entreprendre un vol d’entraînement.
Le vol devait inclure un exercice simulant l’attaque d’un Hurricane contre le bombardier. Cet exercice avait pour but de tester la communication des membres de l’équipage entre eux afin de diriger le pilote pour qu'il prenne des mesures d'évitement.
Aussi les artilleurs tiraient à blanc sur le combattant pour simuler un avion ennemi qui les attaquait.
Au cours de l'exercice, le Hurricane a heurté le Halifax à 15 h 29, ce qui a fait perdre tout contrôle au bombardier.
Malheureusement, aucun des membres de l'équipage de Halifax n'a réussi à se dégager de l'avion avant de s'écraser dans un champ de la plantation de Warrendale, près du village de Londesborough, et tous ont été tués.
Les historiens de l'air Albert Pritchard, Eric Barton et Ken Reast ont localisé de petits fragments sur la surface du site de l'écrasement en 2001 avec l'autorisation du propriétaire, confirmant l'emplacement de l'accident.
Le Hurricane est devenu incontrôlable mais le pilote a réussi à s’éjecter de l’appareil et il a atterri en toute sécurité. L'accident fit 7 victimes :

Pilot - Sgt Alexandre P/R Mauroux FAFL (30972), aged 25. Buried Brookwood Cemetery, Surrey.

Navigator - Lt Robert M L Vial FAFL, aged 31. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Bomb Aimer - Adj Tustin E Toiron FAFL, aged 30. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Flight Engineer - Sgt Marcel J M Crolas FAFL, aged 21. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Wireless Operator / Air Gunner - Sgt Edouard Didier (or Sidier)-Laurent FAFL, aged 24. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Air Gunner - Sgt Pierre Fernand Delpech FAFL, aged 21. Buried Brookwood Cemetery, Surrey?

Air Gunner - Sgt Jacques J A Tournon FAFL, aged 23. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Passenger (mechanic) - Sgt Jean B Noyes FAFL, aged 25. Initially buried Harrogate Stonefall Cemetery, Yorkshire. Burial location now believed to be in France.

Nous sommes en novembre 1944, on peut penser que le flight Engeneer CROLAS a sans doute participé aux bombardements durant le D-Day le 6 juin 1944 où tous les bombardiers ont été mobilisés.

Selon son acte de décès, le jeune Sinagot, âgé de 21 ans, était domicilié en dernier lieu à Toulouse Francazal avant de partir pour Londres. Il a fait preuve de courage, d'un sens patriotique exemplaire et a perdu la vie pour nous rendre notre liberté.

Son coprs fut enterré au cimetière de Harrogate Stonefall puis transféré en France, sans précision.

CROLAS tombe

[Vérifier si la tombe au cimetière de la famille CROLAS a acceuilli sa dépouille.]

 

Bien sûr d'autres Sinagots ont participé aux combats menant à la Libération de la France. Lire l'article sur les résistants  "de l'armée de terre" et les résistant des FNFL.

1944 Vannes libération

Le Colonnel Bourgouin, commandant le 2° RCP- SAS entre dans Vannes libérée

 

 

Comme aime à le rappeller Jean@Richard, les marins sinagots ont été de toutes les aventures, de tous les voyages sur tous les continents...

Le temps efface les mémoires, peu d'archives subistent de leur périple. Parfois, une mort dans des ciconstances particulières loin des rivages du Golfe du Morbihan et alors apparait un bout de fil que l'on a envie de démêler pour connaitre le destin dramatique d'un Sinagot. Le témoignange indirect d'une époque.

Tel est le cas de Pierre LE FRANC [24/03/1813 - 16/07/1854]. Son acte de décès interpelle l'historien local à la recherche d'un récit à raconter.

1854 LE FRANC Pierre Nouméa

On lit sur ce document numérisé par les Archives du Morbihan que Pierre LE FRANC était embarqué comme marin sur le vapeur Prony, qu'au moment de son décès, il est en subsistance sur la corvette La Constantine et qu'il décède le 16 juillet 1854 à l'hôpital provisoire de Port de France.

Un tour au archives de Lorient pour récupérer sa fiche d'Inscrit Maritime. Et là que constate-t-on ? La photocopie est un peu floue mais on peut décrypter l'essentiel de son parcours maritime.

1855 LE FRANC Corvette Alcmene

"...sur la corvette L'ALCMENE à Rochefort - 1851 - 1er novembre exclus débarqué de la dite corvette pour suite de naufrage
...embarqué sur la corvette La Sérieuse comtant à Brest- 1852 - 6 avril débarqué à Brest
avril admis à la Division de Brest provenant de la corvette La Sérieuse - 182 - 14 mai congédié à Brest... pour Brest sur La rido- 
25 Juin admis à la campagnie des matelots canonniers n°187 où il compte jusqu'au 25 juillet...sur la corvette La Fortune.... 11 Août débarqué. Division de Toulon du dix au 17 même mois.... sur la corvette à vapeur LE PRONY, comptant à Toulon - 1841 15 Juillet décédé."

On comprend que Pierre LE FRANC a été marin sur la corvette ALCMENE, que ce bateau a fait naufrage, que par la suite il rejoignit Brest pour embarquer sur la Sérieuse, puis La Fortune avant d'être à bord sur le PRONY, son dernier navire.

Mais comment L'ALCMENE a fait naufrage et combien eut-il de rescapés, dont notre Sinagot Pierre LE FRANC,

Une recherche sur Internet permet de trouver des documents sur le naufrage de la corvette L'ALCMENE en 1851.

L'ALCMENE

Alcmene corvette

En allant de Tasmanie à Wangaroa, en Nouvelle  Zélande, où elle devait charger du bois de Kauri pour mâture, cette corvette naufragea totalement entre Hokianga et Kaipara (en fait en baie de Baylys sur la grande île Nord des la Nouvelle Zélande), le 3 juin 1851 (pendant l'hiver austral).

Douze hommes de l'équipage furent noyés. Le commandant de ce  navire de guerre, le Comte d'Harcourt, s'égara, et ne trouvant pas lui-même l'anse pour abritr son navire, ordonna de l'échouer sur une plage.

Bruno Jean Marie, comte d'Harcourt (Paris, 14 octobre 1813-Paris, 2 novembre 1891) est un navigateur français, explorateur de la Nouvelle-Calédonie qui est indirectement à l'origine de l’installation de la France dans l'archipel.

La mer démontée se brisait sur la côte, et l'échouement se termina en tragédie; douze marins de son équipage se noyèrent et un bon nombre d'autres furent sérieusement blessés. Lorqu'ils furent sur la côte, des Français se savaient pas dans quelle direction aller et ils ignoraient dans combien de temps ils seraient recueillis; ils décidèrent aussitôt de construire quelques abris sommaires avec des madriers pris sur l'épave. Une bonne quantité d'approvisionnements fut aussi récupérée dans l'épave et les naufragés n'étaient pas en danger immédiat de famine. Lorsque le campement provisoire fut installé, un détachement eut l'ordre d'aller chercher de l'aide.

Cheminant le long de la côte, ce détachement arriva à la pointe Nord, et alors remontant le cours de la rivière et arriva en vue du village d'Okaro, qui était sur l'autre rive et abritait une centaine de Maoris. Le jour où les naufragés arrivèrent au village était un samedi et le lendemain étant le "Ra Tapu" ou "jour sacré", les Maoris ne désirèrent pas organiser immédiatement une expédition de sauvatage.
Ils proposèrent cependant d'envoyer une estafete à cheval qui les avisera par écrit du lieu du naufrage, et ce projet fut accepté.Tôt le lundi matin, une équipe de secours partit du village. Deux jours plus tard, les naufragés et leurs sauveteurs Maoris revinrent au vilage, les blessés et une femme étant transportés sur des brancards. Du village, les Français furent conduits à Auckland par bateaux et canoës et furent pris en charge par le gouvernement. Plus tard, les Maoris reçurent paiement et remerciements pour tout ce qu'ils avaient fait pour ces marins, de la part du gouvernement français.

Le capitaine de l'Alcmene affreta le navire américain "Alexander" pour rapatrier les rescapés à Tahiti puis pour la France. L'Alexander quitta Auckland le 1er août 1851 avec 192 survivants de la corvette (dont Pierre LE FRANC). L'Alcmene était un navire à trois mâts armé de 36 canons. Une grosse mer et de grandes marées sur les plages de la côte ouest de l'île du Nord, durant plusieurs jours, au début de 1934, mirent à jour les restes de l'épave de l'Alcmene à Baylys Bay, lieu de l'échouage.

ALCMENE épave 1

ALCMENE epave 2

Plusieurs vestige de L'ALCMENE sont aujourd'hui conservés dans un musée. et d'autres resurgissent encore dans les dunes.

ALCMENE vestiges.

ALCMENE tableauFrédéric LE GRIP -1853 -"Le naufrage de la corvette l'Alcmène"

Un timbre a été édité pour commémorer la disparition de la corvette et des 16 marins et un livre retrace l'épopée des marins de l'ALCMENE.

Alcmene timbre livre  

De retour en France, la marin sinagot Pierre LE FRANC embarque sur la vapeur LE PRONY pour un voyage qui le conduit vers la Nouvelle Calédonie.

Quelques clics sur un clavier et on apprend que Port de France n'est autre que l'ancien nom de Nouméa, préfecture de la Nouvelle Calédonie. Quelques autres clics et les Archives nous donne son acte de naissance. Fils du laboureur de Falguérec, Joseph LE FRANC et de Françoise Le Luherne son épouse, Pierre est né le 24 mars 1813 sous le 1er Empire, et à 41 ans il est à bord d'un navire de la marine du Second Empire.

Colbert type Prony

Le vapeur Colbert similaire au Prony

(on distingue les cheminées et les voiles sont gréees)

Son dernier bateau le Prony est une corvette avec une coque de bois de plus de 60 m, fonctionnant grâce à 4 chaudières qui alimentent 24 roues pour un déplacement de 1345 T. Il a été mis en service en 1849. Bateau à vapeur, il est également grée en brick et déploie 1144 m² de voile. Il est armé de canons.  On lit sur son acte de décès que Pierre LE FRANC est Quartier Maitre Cannonier de 1ère classe à bord du Prony depuis au moins décembre 1852 comme l'indique le site dossiersmarine.org où les voyages du Prony sont résumés : 

Le 3-3-1849, le Prony appareille de Brest vers Toulon avec 400 passagers.
31-12-1849 : départ de Constantinople (CF Bosse).
2-1-1850 : escale à Ourlac.
10-1-1850 : arrivée à Toulon.
12-4-1850 : arrivée à Montevideo, venant de Toulon -station à Montevideo.
20-4-1850 : de Montevideo à la Plata.
17-10 (ou 20-12 ?)-1852 : appareille de Toulon pour Rio.
23-11 au 12-12-1852 : sur rade à Rio, en route pour les Mers du Sud.
24-9-1853 : débarque à Balade avec le Phoque et proclame la Nouvelle-Calédonie française (CA Febvrier-Despointes).
27-9-1853 : prise de possession de l'île des Pins.
11-10-1853 : appareillage de Tahiti (CC De Brun).
30-10-1853 : arrivée en Nouvelle Calédonie.
28-12-1853 : arrivée à l'île des Pins
9-1-1854 : sur rade à Balade.
5 au 7-1-1855 : expédition contre les indigènes qui ont massacré l'équipage d'une baleinière anglaise allant de Balade à Nouméa.

Le Prony quittera la Nouvelle Calédonie sans Pierre LE FRANC courant 1856. Après escale à Valparaiso il rejoint Toulon. Il sera désarmé en septembre 1859. Il fera naufrage en novembre 1861 au large de la Caroline du Nord (USA).

Ainsi le périple de Pierre LE FRANC le conduit de Toulon à Rio au Brésil avant d'atteindre la Nouvelle Calédonie en automne 1853 en baie de Balade au nord est de l'ïle où avec les navires français, le Phoque et le Catinat, il proclame la Nouvelle Calédonie française. Ce fait historique sera commémoré par l'émission d'un timbre.

Balade1853

Revendiquer un nouveau territoire est une chose. Il faut l'occuper pour se l'approprier et le mettre en valeur. Le Second Empire n'aura pas recours à des esclaves mais établira un bagne en Nouvelle Calédonie..

Noumea bagne travaux

Après la prise de possession de l'île, le 25/06/1854, les troupes françaises choisissent d'établir une ville dans une baie au sud de l'île qu'ils baptisent Port de France. Ce nom pouvant faire confusion avec Fort de France en Martinique, la nouvelle cité prendra le nom de Nouméa le 2/06/1863.

Port de France gravure

Quant au Constantine sur lequel Pierre LE FRANC est en subsistance, il est arrivé à Port de France le 15/06/1854.

Constantine

Que sait-il passé ? L'acte de décès indique une mort dans l'hôpital provisoire à Port de France le 16/07/1854 sans préciser si Pierre LE FRANC est mort de blessure ou de maladie.

De septembre 1852 à juillet 1854, Pierre LE FRANC mouille avec son équipage en Nouvelle Calédonie. Il a certainement effectué des escursions, des reconnaissances à terre pour trouver de l'eau, du bois, des matériaux. Les troupes françaises feront connaissance avec les "naturels, comme on appelle à l'époque les habitants de l'île.

police indigene officier francais 2

L'arrivée des Français sur l'île va changer la vie du peuple mélanésien d'origine hawaïenne, les Kanaks installés sur le caillou depuis 3000 ans. 

La colonisation de peuplement, tant pénale (avec la présence d'un bagne de 1864 à 1924, la déportation s'étant arrêtée en 1894) que libre, est à l'origine de la population d'origine européenne, fortement métissée. Plus tard, l'exploitation minière du nickel et les secteurs liés (la métallurgie mais aussi le bâtiment et l'énergie) a entraîné l'apport de mains-d'œuvre asiatiques d'abord (indonésienne, vietnamienne et japonaise) à partir de la fin du XIX°s et pendant la première moitié du XX°s. 

Les colons français s'pproprient les terres. En 1878, les kanaks se révolteront. Les violences causeront la mort d'environ un millier de mélanésiens et 200 européens, chiffres considérables pour un territoire alors peuplé d'environ 24 000 autochtones et de 16 000 européens.

Un siècle plus tard, de nouvelles revendications des Kanaks pour préserver leur culture et leur identité éclateront sur l'île. L'accord de Matignon en 1988 mettra fin à ces violences et en 1998, l'accord de Nouméa, prévoit un référendun en 2018 sur le devenir de la Nouvelle Calédonie.

 

 

 

Le monument aux morts de Séné compte à ce jour 6 noms de soldats Morts pour la France pendant la Seconde Guerre Mondiale et le nom de deux résistants, deux frères : Roger, Edouard LE GREGAM [10/01/1923 - 18/07/1944]  et Jean Fortuné LE GREGAM [ 1916 - 18/07/1944], également Morts pour la France. Sur leur tombe au cimetière, une plaque mortuaire informe le visiteur de leur dramatique destin.

Qui étaient-ils et dans quelles circonstances sont ils morts pour la France ?

Freres Gregam  

1944 Plaque le gregam
Roger et Jean étaient les deux uniques garçons Ferdinand Pierre Marie LE GREGAM [19/12/1881 - 24/04/1955] et de Marie Césarine DORIOL [2/02/1885-19/11/1976] qui s'étaient marié à Séné le  17/02/1914.

Le dénombrement de 1921 nous indique que Jean est né à Sauzon (Belle Ile en Mer). Son acte de naissance stiupule que sa mère réside bien à Séné.

1916 LE GREGAM Jean Extrait

Son père est marin et sa mère ménagère. En 1921, la famille est établie au village de Montsarrac à Séné.

1921 LE GREGAM famille

Au dénombrement de 1931, les deux frères figurent au registre. On note qu'ils avaient 7 ans de différence. Jean, l'ainé est né pendant la guerre en 1916. Roger, le cadet naitra en 1923. Le père est marin de commerce.

1931 LE GREGAM Montsarrac famille

Les dossiers au archives de la défense [16P269408 pour Jean et 16P269409 et 16P346895 pour Roger nous indiquent que Roger LE GREGAM, réfractaire au Service de Travail Obligatoire, rallie la résistance en avril 1944. Avec son frère Jean, il participe au réseau "Navarre" en qualité d'agent protecteur d'un poste de radio et d'agent de liaison. Il s'illustre "plusieurs fois au péril de sa vie à trnasporter du matériel sur les routes constamment surveillées par les patrouilles allemandes".

Article écrit à partir de  http://maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr/spip.php?article176767 enrichi et illustré.

Au début du mois de juin 1944, le 2e Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) ou 4e SAS (Special air service) des Forces françaises libres (FFL) fut largué dans le secteur de Plumelec-Sérent-Saint-Marcel-Malestroit (Morbihan). Sa mission était de fixer les troupes allemandes stationnées dans le Morbihan, afin d’empêcher ou au moins de retarder l’arrivée des renforts allemands sur le front de Normandie. Plusieurs milliers de résistants appartenant aux Forces françaises de l’intérieur (FFI) et aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF) furent regroupés et armés dans le camp de Saint-Marcel qui recevait chaque nuit des parachutages d’hommes, d’armes, de munitions et de Jeep.

ecusson ffi  FTPRF sigle

Le commandant Pierre Bourgoin, chef du 4e SAS et le colonel Morice, chef des FFI du Morbihan, établirent leur quartier général à la ferme de La Nouette située sur le territoire de la commune de Sérent. Dans la nuit du 17 au 18 juin 1944, considérant que cette concentration devenait très dangereuse et qu’il fallait plutôt privilégier la guérilla, le commandement interallié donna, mais trop tard, l’ordre de dispersion.

Le 18 juin 1944, le camp de Saint-Marcel où étaient stationnés un peu plus de deux mille FFI encadrés par deux cents SAS, fut attaqué en force par la Wehrmacht. Après avoir livré combat durant toute la journée en infligeant de lourdes pertes aux troupes allemandes, parachutistes SAS et FFI se replièrent en bon ordre et se dispersèrent.

Après cette dispersion, la Feldgendarmerie, la Wehrmacht appuyée par de nombreux détachements de soldats russes, géorgiens et ukrainiens rassemblés dans les « unités de l’Est », les agents de l’Abwher (service de renseignements de la Wehrmacht) et du SD (Sicherheitsdienst-Service de sûreté et de de la SS), ainsi que les agents français de la FAT 354 (Front Aufklärung Truppe) et les miliciens du Bezen Perrot, se lancèrent dans une traque implacable des parachutistes SAS, des FFI-FTPF, de leurs dépôts d’armes, et de tous ceux qui les hébergeaient et les ravitaillaient.

Rafles, arrestations, tortures, et exécutions sans jugement de SAS et de résistants, incendies de fermes, pillages et massacres de civils se multiplièrent dans tout le département du Morbihan.

Le 11 juillet 1944, François Munoz, un agent français du Front Aufklärung Truppe (FAT 354) de Pontivy commandé par Maurice Zeller, se présenta dans le café d’Auguste Gillet à Guéhenno (Morbihan), où étaient attablés Alain Le Cuillier de Vannes, Roger Le Grégam et son frère Jean Le Grégam. Vêtu sous son imperméable d’un uniforme de sous-lieutenant parachutiste, Munoz déjoua leur méfiance en leur présentant des documents pris sur le sous-lieutenant SAS Jean Pessis qui venait d’être arrêté et leur déclara qu’il cherchait à rejoindre le capitaine SAS Marienne. Il engagea la conversation avec eux et réussit au fil de la conversation à apprendre que Marienne se trouvait à Kérihuel en Plumelec (Morbihan) et à se faire indiquer le lieu sur une carte.

Aussitôt après, les quatre hommes furent arrêtés et conduits à Locminé (Morbihan). Détenus dans l’école des filles où des policiers du Sicherheitsdienst (SD) s’étaient installés, ils y furent interrogés et sans doute torturés. Le 18 juillet 1944, Roger et Jean LE GREGAM firent partie des quatorze détenus de Locminé exécutés dans le bois de Coët-Kermeno à Botségalo en Colpo (Morbihan). 

Colpo Bis Botségalo 1950b

Botsegalo corps

Archives Morbihan 88J1 Corps des résistants Botsegalo 18-22/07/1944

Selon l'acte de décès en mairie de Colpo, les corps furent retrouvés le 23 juillet vers 15 heures et les actes de décès établis le lendemain. 

1944 LE GREGAM corps

Ils restent anonymes jusqu'au jugement du tribunal de Vannes en date du 27/11/1944 qui reconnait en ces deux corps, ceux de Roger LE GREGAM et jean LE GREGAM.

botsegalo monument noms

Les noms de Roger et Jean LE GREGAM sont inscrits sur le monument commémoratif de Botségalo à Colpo et sur le monument aux morts de Séné. A Montsarrrac, une place porte le nom des frères LE GREGAM.

Place LE GREGAM plan

 

 

 

Au cours de son règne, Napoléon III aura adopté une politique étrangère mélée de guerres et de conquêtes qui aboutiront à donner à la France un véritable empire colonial assis sur les 5 continents. La Troisième République continuera l'expansion territoriale des colonies. 

En Asie du sud est, la France finira par réunir au sein de l'Indochine Française différents territoires comme le résume très bien cette carte.

CARTE CONQUETE

Depuis la prise de possession de la Cochinchine, du Amman, du Tonkin, pendant l'unification de ces territoires avec le Cambodge et le Laos et jusqu'à la guerre d'Indochine, des soldats Français seront sur ces théâtres d'opérations.

Parmi eux, 4 soldats de Séné. Leurs récits racontent chaucn une période de la présence française en Indochine qui finira dramatiquement à Dien Bien Phu [11/1953-05/1954] et sera scellée par les Accords de Génève (mai 1954).

Qui étaient ces 4 Sinagots partis en Extrème Orient et dans quelles circonstances ont-il perdu la vie ?

Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863]. Un Sinagot en Cochinchine;

Felix TIFFON [7/04/1901 - 19/06/1932] Tiffon se heurte aux premiers communistes

Pierre Marie JOLLIVET [30/1/1905 Séné - 4/7/1945 Saïgon] Sinagot "Mort pour la France"

Maurice PENFORNIS [24/03/1920 - 13/03/1946] : Décède de maladie

Armel Ange Joseph LENORMAND [17/09/1925 - 26/05/1948] Sinagot mort pour la France en Indochine

 

Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863].     Un Sinagot en Cochinchine

L'aventure coloniale sous Napoélon III a amené loin de leur ville ou de leur village, bien des Français de cette époque et parmi eux, le Sinagot Patern MONTFORT [13/11/1840 - 14/03/1863].

Son acte de décès occupe toute la page du registre de l'état civil numérisé par les Archives du Morbihan. La mention "Cochinchine" attire l'oeil de l'historien local. On a envie d'en savoir plus sur le destin de ce Sinagot.

1863 Montfort Patern Cochinchine

On apprend à la lecture de l'acte que Patern MONTFORT est matelot de 3° classe sur le vaisseau Duperré mais qu'il est détaché à la Direction du Port de Bariah en Cochinchine. Comme d'autres Sinagots de sa classe, ce fils de paludier de Brouel a été mobilisé dans la marine.

(A faire vérifier sa régistre maritime à Lorient)

Le Duperré

Le Duperré est un vaisseau de 74, comme le Marengo ou le Ville de Marseille. Ce modèle a été commandé à 120 exemplaires, tant il était excellent.  Construit en 1813 sous le nom de Couronne, il prendra le nom de l'Amiral en 1849. En 1854, il participe aux en opérations en Mer Baltique, bombardement de Bomarsund, (Lire Guerre de Crimée) puis voyage en Crimée en tant que transport. En novembre 1859, il est armé en hôpital flottant à Toulon. Il appareille de Toulon pour la Chine, en janvier 1860. En décembre 1860, il est aménagé en navire-hôpital à Chefou en Chine. En mars 1863 il mouille au large de Saïgon. Il aurait été le siège de l'Etat Major de la Marine avant la prise de la Cochinchine...

Carte Cochinchine

Depuis le traité de Saïgon, signé le 5 juin 1862 entre le dernier empereur précolonial de l'Annam, Tu Duc [1829-1847-1883] et des représentants de Napoléon III [1808-1852-1873]  la France occupe Saïgon, l'archipel de Poulo Condor où elle établira un bagne, et trois provinces méridionales qui seront connues sous le nom de Cochinchine. Ce traité sera confirmé en 1863.

cochinchine empereur

Toutefois, la pacification ne s'est pas faite sans combattre. Ainsi cet article du Courrier de Bretagne daté du 1er octobre 1863 nous parle d'une rébellion à Go Cong. Dans cet extrait du livre Histoire de la Cochinchine française de Prosper Cultru, on peut lire qu'une insurection eu lieu pas très loin de Baria en février/mars 1863.

1863 01 10 Cochinchine 1863 Go Cong bataille

Go Cong vue bataille

Patern MONTFORT est affecté à terre au sein de l'administration du port de Baria. On lit sur l'acte, qu'il décède à l'Hôpital Maritime de Baria à l'âge de 23 ans le 14/03/1863, sans que l'on sache si il est mort lors des derniers combats à Go Cong ou peut-être de maladie dans cette zone lacustre propice aux maladies contangieuses.

Cpa 1918 Colonies France Indochine Cochinchine Baria Le

Vue du débarcadère à Baria 1918

Baria dans la foret

Baria Cap St Jacques enfant pecheurs 

 

Felix TIFFON [7/04/1901 - 19/06/1932] Tiffon se heurte aux premiers communistes

L'acte de décès de Felix TIFFON se remarque dans le registre de l'état civil. A sa lecture on comprends que Félix TIFFON, soldat de 2° classe au sein de la 15° Compagnie du 10 ° régiment d'Infanterie Coloniale, est décédé à Vinh Ben Thuy, ville au nord de l'Indochine dnas l'ancienne province du Tonkin. 

TIFFON Félix 1932 Copie

carte indochine nord Amman

On recherche l'acte de naissance dans le registre numérisé des Archives du Morbihan. On y apprend qu'il est né à la Croix Neuve à Séné. Son père est alors paludier et sa mère ménagère. On retrouve la famille TIFFON lors du dénombrement de 1906. Elle compte 3 enfants et accueille sous son toit les grands-parents.

1906 TIFFON famille Gouavert

Au dénombrement de 1921, la famille est resserrée autour des parents, du jeune homme Félix et de sa soeur, Louise. L'ainée a dû se marier et quitté le giron familial.

1921 TIFFON famille Gouavert

A l'âge de 31 ans, Félix TIFFON est en Indochine. Ce n'est plus un conscrit mais un militaire de carrière en poste à Ha Tinh, ville au sud de Vinh Ben Thuy où réside la garnison de son RIC. Les villes de Ha tinh et Vinh Ben Thuy sont battis autour de citadelles.

Hatinh   Vinh1909

thanhcovinh1927

Vue de la citadelle de Vinh en 1927

Le 10° RIC qui avait été dissous le 31/12/1914 pour se fondre dans le 9° en pleine 1ère Guerre Mondiale. est reconstitué depuis le 1/08/1931 en Indochine. En effet, depuis quelques mois, la guérilla communiste qui s'est constitué autour de Nguyễn Sinh Cung, le futur Hô Chi Minh, souhaite le départ des colons et organise les opérations contre les troupes françaises autour dela ville de Ha Tinh, comme le rapporte ces deux articles d'époque.

1930 1931Hatinh communistesL'acte de décès retranscrit en France n'indique pas les circonstance du décès de Felix TIFFON. A-t-il été victime de ces combats contre la guérilla ?

Il décède le 19/06/1932 dans la ville principale de Vinh Ben Thuy. La Seconde Guerre Mondiale va éclater. Les revendications des peuples constitutifs de l'Indochine vont être mises en sourdine d'autant que le territoire va être occupé par les troupes japonaises....

Annam Indochine

Pierre Marie JOLLIVET [30/1/1905 Séné - 4/7/1945 Saïgon] Sinagot "Mort pour la France" 

Le soldat JOLLIVET est né à Séné au Petit Poulfanc d'un père manoeuvier, Joachim Mathurin JOLLIVET né le 3/2/1864 à Sulniac et d'une mère ménagère, Marie Josèphe JULIO née à Ambon le 6/1/1874.

1906 Jollivet Poulfanc

En 1906, la famille JOLLIVET est bien pointée par le dénombrement au Poulfanc en Séné où plusieurs frères Jollivet sont descendus de Sulniac pour travailler au Poulfanc. Pierre Marie JOLLIVET se marie à Vannes le 19/9/1931 avec Simone Alexandrine Anne VISAGE [Saint-Nolff le 6/4/1911 - 2008 Merlevenez]. Il déclare alors la profession de camionneur et réside au n°5 de la rue Boismoreau à Vannes. Il est sans doute employé par les transporteurs installés route de Nantes à Vannes et Séné [lire histoire de Duclos Penru et des routiers de Séné].

Saigon Hopitel Militaire

Son parcours nous fait pensé à un militaire de carrière. En 1945, il est incorporé au sein du 16° Régiment d'Infanterie Coloniale basé à Quinhen dans l'Amman en Indochine française, actuelle Quy Nhon au Viet-Nam. Son dossier 21 P 279345, transmis par le SHD de Caen, nous indique que le soldat de 1ère classe JOLLIVET, ien poste au "Dépôt de Transition de Saïgon, est admis à l'hôpital le 28 juin 1945.  On lui diagnostique une "tuberculose pulmonaire bilatérale et enterite tuberculeuse", imputable au service au sein du 16 ° Régiment d'Infanterie Coloniale basé en Indochine. Il décède le 4 juillet 1945 à l'Hôpital Graal de Saïgon situé au 14 rue de la Grandière. 

Depuis le "coup de force " des armées japonaises, la France de Vichy n'exerce plus de fait l'Autorité sur les colonies d'Indochine. L'armée japonaise opère une violente répression sur tous ceux qui remttent en cause son autorité et notamment les troupes françaises alors en poste en Indochine. Beaucoup sont contraints de fuir, sont arrêtés et emprionnées dans les geôles japonaises ou il ssont martyrisés, torturés et pour beaucopu fusillés.

Au moment de son décès, l'Hôpital Graal est occupé par les forces japonaises. Certes, le soldats JOLLIVET n'est pas mort au combat mais de tuberculose comme de nombreux Poilus de 14. Contre qui la France se bat alors en Indochine? Les nationalistes Vietnamiens? Non ! La France résiste contre l'armée japonaise, armée d'occupation de l'Indochine Française. D'ailleurs, son dossier militaire comporte la mention 39-45, affectant son décès non aux guerres de colonisation, non à la guerre dite" d'Indochine" visant à lutter contre le Viet Min, mais bel et bien à la Seconde Guerre Mondiale. 

1945 Armee Jollivet

Pierre Marie JOLLIVET est en quelques sorte une victime du Japon impérial et fascite, comme d'autres l'ont été de l'Allemagne nazie. Il est déclaré "Mort pour la France", mention inscrite sur son acte de décès.

Maurice PENFORNIS [24/03/1920 - 13/03/1946] : Décède de maladie

L'acte de décès de Maurice PENFORNIS apparait bien clair sur les registre de Séné. L'aurait-on oublié ?

1946 PENFORNIS décès

Son existence de combattant en Indochine nous est confirmée par le site Mémoire des Hommes.

 PENFORNIS Maurice fiche

On apprend que Maurice PENFORNIS, né à Priziac le 24/03/1920 est Second Maitre Canonnier au sein du Régiment Blindé de Fusiliers Marins basé à Cholon près de Saïgon. Il s'agit d'une unité amphibie prévue pour les débarquements.  

Chenillette Bren Carrier du R B F M au Tonkin

Le R B F M en Indochine:

- Opérations en Cochinchine (Saïgon)

- Bassin du Donaï (prise de Tan Uyen) dans la région de BentréRBFM Ecusson

- Transformation en régiment amphibie d'assaut

- 6 mars 1946, débarquement au Tonkin,

1946 R B F M en baie dAlong débarquement

R B F M en baie d'Along débarquement quelque peu problématique

- Sécurité d'Haïphong en baie d'Along et de Hanoï

- Delta du Mékong et presqu'île de Camao

En Mars-Avril 1947, le RBFM est regroupé au Cap Saint Jacques et après une prise d'armes d'adieu, embarque pour la France, il arrivera à Toulon le 16 Mai et sa dissolution intervient le 20 Mai 1947. Le 7 juillet 1947, le régiment est cité à l'ordre de l'armée de Mer et son drapeau reçoit le CG des TOE avec palme.

Source http://cdojaubert.canalblog.com

 1947 flottille amphibie du Tonkin

Le soldat PENFORNIS a-t-il contracté une maladie infectieuse dans les zones lacustres du delta du Mékong ? Il décède de maladie à l'hôpital d'évacuation Cho Quan de Cholon le 12 mars 1946.

Avant son départ en Indochine, il vivait à la Grenouillère en Séné. Il était le marie de Rosalie Marie Perrine LEROY qu'il avait épousé à Séné le 27/01/1945. Son nom apparait sur le monument de Lauzach mais ni à sa commune de naissance Priziac ni à Séné.

1945 PENFORNIS x LE ROY

 

Cholon larroyo 1946 Copie

 

Armel Ange Joseph LENORMAND [17/09/1925 - 26/05/1948]  Sinagot, mort pour la France en Indochine.

Le site "mémoire des Hommes" répertorie les soldats français "Morts pour la France". Il faut un peu de patience pour passer en revue les fiches relatives à la guerre d'Indochine. On finit par repérer une fiche d'un soldat né dans le Morbihan dans la ville de "Seine".

LENORMAND sga fiche

L'acte de naissance d'Armel Ange Joseph LENORMAND nous indique ses parents habitent rue Bailleul à Paris 1er. La future maman passe sa grossesse chez sa mère, Marie Louise LE GREGAM, veuve GIRARD. Elle acouche à Séné le 17/09/1925.

1925 LENORMAND Armel Extrait

On le retouve plus difficilement dans les dénombrements. En 1926, Armel LENORMAND vit chez ses grands-parents à Séné, Joseph Yves GIRARD et son épouse.

1926 LE NORMAND famille Bourg

Joseph GIRARD était le secrétaire de mairie à l'époque à Séné et occasionnellement le correspondant du journal Ouest Eclair. Le 20/08/1924, il a marié le même jour ces deux filles, dont Elisa Marie Henriette GIRARD qui épouse Joseph Marie LENORMAND, garde républicain en poste à Paris II° rue de la banque,n°12. Fils de militaire, Armel LENORMAND fera également une carrière militaire qui le conduira en Indochine en 1948. Il a 25 ans.

Il est en poste comme brigadier au sein de la 153° Compagnie du Quartier Général ou 153° CQG à My Tho en Cochinchine, sud Viet-Nam. L'extrait de Mémoire des Hommes indique qu'il décède d'un accident. La transcription de son acte de décès est fait dans le département des Deux Sèvres,plus exactement la commune de Cerzay.

Le site GenWeb ne répertorie pas le nom de Armel LENORMAND et le Mémorial de Maizière en Gatine ne reprend pas le nom du soldat. Un nom voisin apparait sur le mémorial de Lauzach : "LE MORMAND A." C'est surement notre Sinagot.

Lenormand Lauzach

Le Service Historique de Caen a ouvert le dossier d'Armel LENORMAND. On y apprend qu'il fut inhumé au cimetière européen de Mytho tombe n°225. A la demande de sa famille, son cercueil fut rappatrié en France puis restitué le 12 septembre 1950. La consultation des registres de la paroisse de Séné permettent de confirmer son inhumation le 14/09/1950 à Séné.

Certes, son acte de décès fut retranscrit sur la commune de Cersay (79), dernier domicile connu de ce militaire dont le régiment était basé dans les Deux-Sèvres.

Cependant, Armel Ange Joseph LENORMAND, était natif de Séne, il est mort pour la France à Mytho (décret du 15/12/1948), et surtout il fut inhumé à Séné.

Son nom eput être inscrit au monument aux mort de Séné à côté de celui de Penfornis sur une plaque dédiée aux morts en Indochine.

My Tho vue generale

3e DIC bac de Cho Gao

3°DIC pasant un bac sur un affluent du Mékong

 

 

 

 

Le monument aux morts de Séné honore les soldats de notre commune morts pour la France au cours de la 1ère et de la 2de Guerre Mondiale. Les premiers monuments aux morts ont cependant été érigés après la guerre contre l'Allemagne, en 1870, comme celui au cimetière de Boismoreau à Vannes édifié en 1872.

Il semble que notre commune de Séné n'ait pas eu à souffrir la perte d'un soldat au cours de ce conflit qui amena à la chute du II° Empire et à l'avènement de la III°République. Pour autant, tout au long du règne de Napoléon III, de 1852 à 1870, des "appelés du contingents" et des militaires de carrière sont "morts pour la France"( Lire Guerre du Mexique).

Ainsi une consultation attentive des registres de l'état civil, on arrive à repérer des noms de Sinagots décédés pendant la Guerre de Crimée "qui opposa de 1853 à 1856 l'Empire russe à une coalition formée de l'Empire ottoman, de la France, du Royaume-Uni et du royaume de Sardaigne. Provoqué par l'expansionnisme russe et la crainte d'un effondrement de l'Empire ottoman, le conflit se déroula en Crimée autour de la base navale de Sébastopol, mais aussi en Mer Baltique. Il s'acheva par la défaite de la Russie, entérinée par le traité de Paris de 1856".(Source Wikipedia).

da crimee l

Pour amener les soldats en Crimée, la marine impériale compte de nombreux bateaux. La Sémillante coulera au large de Bonifacio. Marins péris sur la Semillante, marins morts de maladie ou au combat, la Guerre de Crimée emportera pas moins de 16 soldats de Séné.

Jean Louis LE DORIOL [7/07/1935-13/06/1854]

LEROUX Pierre [25/07/1828 - 12/08/1854]

DANET Marc [12/10/1821 - 17/08/1854]

LE FRANC Julien [13/05/1830 - 6/09/1854]

LE DORIOL Patern [10/05/1831 - 21/10/1854]

LE DORIDOUR Pierre François [23/07/1832 - 26/11/1854]

LE DERF Lousi [4/03/1832 - 29/01/1855 ]

     La Sémillante :

    DANET JEAN FRANCOIS [16/10/1819- 16/02/1855]

    LE GREGAM GUILLAUME [21/06/1821-16/02/1855]

    PIERRE GUILLAUME MARIE [16/12/1822-16/02/1855]

    CARIO ALEXIS [15/10/1826-16/02/1855]

    LE GREGAM JEAN MARIE [25/05/1835-16/02/1855]

CHAPON Jacques [6/12/1835 - 3/03/1855]

MORIO Jean Marie [18/02/1831 - 6/04/1855]

 Vincent NOBLANC [24/07/1834 - 2/04/1855]

RIGUIDEL Vincent [15/09/1827 - 20/05/1855]

TREHONDARD Jean Louis [6/10/1824 - 11/03/1856]

 

 

Jean Louis LE DORIOL [7/07/1935-13/06/1854]

Le jeune LE DORIOL âgé de 18 ans se trouve à bord de la Sémillante dans la mer Baltique. Le même bateau qui sombrera au large de Bonifacio. Il décède à bord alors que la Sémillante se trouve au mouillage au large de l'île Furusung en Suède. Il était le seul garçon du marin Jean Pierre Le Doriol de Monsarec. Il avait deux soeurs, Olive [1838-1842] morte en bas âge et Anne [1840-1869] qui sera condamnée pour infanticide.

LEROUX Pierre [25/07/1828 - 12/08/1854]

Pierre LEROUX est né à Séné, au village de Montsarrac le 25 juillet 1828. Son père est patron de chalouppe et sa mère ménagère. On retrouve la famille LEROUX sur le registre de l'Etat Nominatif des Habitants de Séné de 1841. Guillaume LE ROUX est décédé le 30/11/1838, sa veuve exerce la profession de débitante de vin, aubergiste. Deux filles et deux garçons composent la famille.

1841 LE ROUX Pierre Famille

L'acte decès de Pierre LEROUX nous indique qu'en août 1854, il est matelot de 3° classe sur le navire "Ville de Marseille" mouillé au large de Balchik ville portuaire de Bulgarie sur la mer Noire, alors possession de l'Empire Ottoman.

1854 08 Le Roux Crimee

La France et l'Angleterre, après des siècles de guerre et de rivalités, se sont alliés et ont déclaré la guerre à la Russie le 27/03/1854. La France achemine ses troupes grâce aux nombreux bateaux de la marine impériale. Le Ville de Marseille appareille de Toulon le 31/03/1854 pour la presqu'île de Gallipoli sur le détroit des Darnanelles à Constantinople (aujourd'hui Istanbul) puis poursuit dans la mer Noire.

Le Ville de Marseille est un vaisseau du type 74c, conçus par Sané, qui ont été commandés à 120 exemplaires, tant ils étaient excellents; En 1850, la marine en compte encore cinq en service. (Source dossiermarine.org);

Vaisseau type 74c

Le regroupement de la marine française a lieu à Varna, port de Bulgarie en quelques encablures de Balchik. Un conseil de guerre se tient à Varna le 19/05/1854 qui devient la base arrière des opérations. Le 1/07/1854, une grande fête a lieu à Balchik pour célébrer la réunion de deux escadres. Le 9/07/1854, on signale les premiers cas de choléra à Varna.

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L'acte de décès transcrit à Séné, n'indique pas la cause du décès. Le choléra et d'autres maladies emporteront un grand nombre de soldats pendant la Guerre de Crimée. 

DANET Marc [12/10/1821 - 17/08/1854]

L'acte de décès de Marc DANET se repère bien dans les registre numérisé. Le texte est bien plus long que pour un décès "normal". 

1854 DANET Marc Crimee

A sa lecture on comprend que Marc DANET était marin sur la navire le VALMY et qu'il est décédé en mer au large de Kavarna le 17/08/1854. Une recherche sur Google permet de situé le port de Kavarna en Bulgarie, au nord de Bichik et Varna. Une recherche sur un site spécialisé dans la marine de Napoléon III permet d'ne savoir plus sur le Valmy.

Valmy navire

VALMY : Dernier trois-ponts non motorisé de la Marine, construit sur plans de Leroux. Il sera construit à un seul exemplaire, bien que 5 aient été mis en chantier. E, 1854-1855, le Valmy particpe aux opérations dans la Mer Noire au sein de la 2° escadre.

Marc DANET est matelot de 3° classe à bord du Valmy. Fils d'un marin pêcheur de Moustérian et d'une ménagère.

1841 Danet Marc famille Mousterian

Sa fiche de matricule au Service Historique de la Défense nous indique qu'en date du 27/05/1854 il embarque sur Le Valmy.

1854 DANET cholera

Il décède du choléra à bord du Valmy le 17/08/1854 sans que l'on sache si le corps fut jeté à la mer ou inhumé à terre.

 

LE FRANC Julien [13/05/1830 - 6/09/1854]

Les Britanniques et les Français ne dépêchent pas seulement leurs marines et leurs troupes en mer Noire. Un autre front est ouvert dans la mer Baltique. Le 8 août 1854, les troupes françaises débarquent à Åland, archipel au large du Grand Duché de Finlande alors sous domination russe.

x aland off

Elles assiègent et bombardent la forteresse de Bomarsund, durant huit jours avant de pouvoir l'occuper. Bomarsund est une forteresse construite en 1832 par la Russie.

Painting showing the battle at Bomarsund where French and British troops attacked and seized

Avant leur départ, les Français détruisent complètement la forteresse. Après la guerre, l'Angleterre et la France exigent que les îles soient démilitarisées. Lors du traité de Paris de 1856, les Russes s'engagent à ne pas fortifier l'île.

1854 LE FRANC Julien Aland

Parmi les navires qui composent la flotte française envoyée sur la front balte, la frégate L'Algérie. Parmi les marins embarqués sur L'Algérie, le matelot de 1ère classe Julien LE FRANC. Au mouillage au sud de l'archipel des Aland à Ledsund, il décède le 6/09/1854, sans que l'on sache si le corps fut inhumé à terre ou jetté à la mer.

L'acte de naissance de Julien LE FRANC nous indique que son père etait marin et sa mère ménagère et que la famille vivait au village de Moustérian. Julien Pierre, Françoise Anne Marie sont leurs enfants. 

1841 LE FRANC Julien famille Mousterian

 

LE DORIOL Patern [10/05/1831 - 21/10/1854]

1854 LE DORIOL Patern Milo La Néréide CRIMEE

L'acte de décès de Patern LE DORIOL nous apprend qu'en octobre 1854 il est à bord de la frégate Néréide. Il s'agit d'une frégate du modèle 24 jaugeant 2300 tonneaux avec un équipage moyen de 470 hommes (200 en transport), dites de 24 pour désigner le calibre de leur armement principal en livres.

Depuis la déclaration de guerre en mars 1854, Néréide effectue des rotations entre Toulon et la Mer Noire. Le 21 octobre 1854, La Néréide fait escale à MILO, île des Cyclades en route vers Gallipoli et Constantinople.

Grèce Milo Crimée

Patern LE DORIOL est né le 10/05/1831 au village de Cariel d'un père pêcheur et d'une mère ménagère. La famille apparait lors du recencement de 1841.

1841 LE DORIOL Patern famille Cariel

A l'âge de 23 ans, Patern LE DORIOL est matelot de 3° classe sur le Néréide quand sévit une épidémie de cholera. Il décède à bord du navire sans que son acte de décès stipule une inhumation sur l'île de Milo ou une rejet du corps à la mer.

Le choléra est une toxi-infection entérique épidémique contagieuse due à la bactérie Vibrio choleræ, ou bacille virgule, découverte par Pacini en 1854 et redécouverte par Koch en 1883. Strictement limitée à l'espèce humaine, elle est caractérisée par des diarrhées brutales et très abondantes (gastro-entérite) menant à une sévère déshydratation. La forme majeure classique peut causer la mort dans plus de la moitié des cas, en l’absence de traitement (de quelques heures à trois jours).(wikipedia)

 

LE DORIDOUR Pierre François [23/07/1832 - 26/11/1854]

Pierre françois LE DORIDOUR nait à Cariel le 23/07/1832. Son père est marin pêcheur et sa mère ménagère. Il a du embrasser la carrière maritime comme mousse puis novice et matelot avant de se retrouver matelot de 3° classe dans la flotte impériale de napoléon III. Il est à bord du vaisseau Napoléon quand il part pour la Crimée.

Crimée Napoleon vaisseau de 90

 Au début du conflit avec la Russie, le Napoléon prend part à l'expédition de Crimée dans la 2ème escadre. Il y fera beaucoup de remorquages dont  celui du "Ville de Paris".

En 7-1854, il stationne dans le Bosphore.

En 10-1854, il participe au débarquement de Yalta, et au bombardement de Sébastopol.

Le marin Pierre françois LE DORIDOUR est-il blessé ? contracte-t-il une maladie ?

Il est confuit à l'hôpital français de Thérapia à Constantinople situé dans le quartier français près de l'ambassade. On retrouve les dates de son séjour à l'hôpital de Therapia dans les registres conservés auprès des Archives Nationales de l'Outremer. Il y est resté 34 jours  avant son décès le 26/11/1854.

1854 Le Doridour Therapia Deces v2

L'information de son décès parvient à sa commune de naissance Séné où il est retranscrit le 13/07/1855.

1854 LE DORIDOUR Crimee

 Tarabya 6

LE DERF Louis [4/03/1832 - 29/01/1855 ]

L'acte de décès retranscrit à Séné nous indique que Louis LE DERF était embarqué sur le navire Marengo, comme Jacques CHAPON,  mais à cette époque, est alors en "subsistance" sur un autre frégate, le Pandore.

1855 LE DERF Louis Pandore CRIMEE1

Son acte de naissance daté du 4/03/1832, indique que ces parents sont laboureurs au village de Michot. La famille nombreuse des "Le Derf" apparait bien en 1841 lors du dénombrement. Il n'est pas né dans une famille de marins et il a du se lancer dans cette carrière tardivement puisqu'il est aprrenti marin sur le Marengo à près de 23 ans.

1841 LE DERF Louis famille Michot

Le Pandore est au mouillage au large d'un port, d'une ville nommée "CALCHE" dans l'acte de décès. Ce lieu pourrrait être le quartier de Constantinople, Chalcedon en grec. Le document l'indique pas la cause de la mort du jeune apprenti marin et si le corps fut inhumé à terre ou bien jeté à la mer.

 

Naufrage de la Sémillante :

DANET JEAN FRANCOIS [16/10/1819- 16/02/1855]

LE GREGAM GUILLAUME [21/06/1821-16/02/1855]

PIERRE GUILLAUME MARIE [16/12/1822-16/02/1855]

CARIO ALEXIS [15/10/1826-16/02/1855]

LE GREGAM JEAN MARIE [25/05/1835-16/02/1855]

Partie pour amener des troupes et de l'armement depuis l'arsenal de Toulon vers la Crimée, la Semillante a fait naufrage au large des îles Lavezzi dans le détroit de Bonifacio en Corse, le 15 février 1855. Prise dans une effroyable tempête, l'ensemble de son équipage et des soldats embarqués périrent en mer dont le commandant de frégate Jugan. 773 hommes étaient à bord de la Sémillante. 560 corps reposent dans les deux cimetières de l'île Lavezzi.

Semillante Lavezzi

Fregate Semillante

La presse de l'époque fit part de la grande émotion partagée dans tout le pays. Des communes du Morbihan furent concernées par la disparition d'un soldat ou d'un marin comme l'évoque cet article de presse daté du 4/03/1855. Peut-être un Sinagot figure-t-il parmi les victimes du naufrage de la Semillante comme l'évoque Jean-Richard dans son ouvrage "Si Séné été conté".

1855 mars Sémillante presse

La réponse se trouve dans le registre des Inscrits Maritimes au Service Historique de la Défense à Lorient comme l'a bien compris Ddidier@Trehondart. Saluons son travail au SHD de Lorient. Il a créé une table nominative des marins de Séné facilitant ainsi la recherche. 

CARIO Alexis [16/10/1826 - 15/02/1855]

CARIO Alexis identite

CARIO Alexis Semillante

Ainsi on découvre qu'Alexis CARIO natif de Séné était embarqué sur La Semillante et qu'il fit naufrage le 15 février 1855. Son extrait de naissance nous indique qu'il avait un frère jumeau qui mourut le jour de sa naissance. Son père était journalier au village de Langle et la famille est bien recensée en 1841. Elle habite Bellevue.

1841 CARIO famille Bellevue

DANET JEAN FRANCOIS [16/10/1819- 16/02/1855]

Natif de Moustérian, Jean François DANET est bien recensé avec sa famille au dénombrement de 1841. La famille vit de la pêche.

1841 DANET JF Mousterian

GREGAM Guillaume [21/06/1821-16/02/1855] - GREGAM Jean Marie [25/05/1835-16/02/1855]

La consultation des extraits de naissance permet de se rendre compte qu'il s'agit de deux frères embarqués sur la Sémillante qui périrent en mer. On retrouve la famille au dénombrement de 1841.

1841 GREGAM frères Montsarrac

PIERRE Guillaume Marie [16/12/1822-16/02/1855] 

1841 PIERRE mousterian

 

Malgré ce naufrage dramatique, la guerre continue en Mer Noire.....

CHAPON Jacques [6/12/1835 - 3/03/1855]

Jacques CHAPON est né à Séné, au village de Montsarrac le 6/12/1835. Son père Jean Louis est marin pêcheur. La famille de cing enfants apparait en 1841 sur l'Etat Nominatif des Habitants.

1841 CHAPON Jacques famille

A l'âge de 20 ans en  mars 1855 il est matelot de 3° classe sur le navire Marengo, également de type 74. Le Marengo quitte le port de Kamiesh sur la presqu'île de Crimée pour la France le 22/02/1855.

En effet, les armées françaises ont débarqué en Crimée et établit leur port dans la "ria" de Kamiesh au sud de Sebastopol.

Crimée Kamiesh Sebastopol

Une logistique s'est mis en place entre Kamiesh, Varna, Constrantinople et Toulon. Les blessés sont notamment rappatriés dans les hôpitaux militaires à Constantinople. Sur sa route vers Toulon, le Marengo fait une halte à Constatinople, en mars 1855 et dépose des soldats malades ou blessés à l'hôpital de Thérapia, quartier de la ville. Le 10 mars il appareille vers Toulon.

hopital crimée

Panorama de Constantinople vue de Uskudar 1854 Carlo Bossoli (1815-1884)

Carlo Bossoli A panorama of Constantinople from Uskudar 1854 1

Jacques CHAPON décède quant à lui à l'hôpital de Thérapia le 3 mars 1855 comme nous l'indique son acte de décès retranscrit à Séné sans toutefois indiquer la cause du décès. (Les archives de l'Outre Mer ne dispose pas du registre de Thérapia pour l'année1855.)

1855 03 Chapon Jacques Crimee

therap11

 

MORIO Jean Marie [18/02/1831 - 6/04/1855]

Pendant les hostilités, une logistique sanitaire a été mise en place pour évacuer, acheminer et soigner les blessés et malades dans des hopitaux en terre ottomane comme Constantinople. D'autres malades ont pu être rappratriés en France. 

1855 MORIO JM Crimée

L'acte de décès de Jean Marie MORIO indique qu'il était hospitalisé à l'hôpital Maritime de Saint Mandrier, en face le port de Toulon. Il y décède le 6/04/1855 à l'âge de 24 ans.

Hopital St Mandrier

L'acte mentionne qu'il était matelot sur le Rolland, Aviso, Corvette à vapeur de 1ère classe, ex-yacht impérial.

1-6-1853 : rebaptisé Roland - classé corvette - départ pour Mer Noire.

1853-54 : il prend part à l'expédition de Crimée dans la 2ème escadre.

24-6-1854 : entre dans Varna (Bulgarie).

22-5-1855 : départ pour la 2ème expédition de Kertch (Ukraine)

Ainsi, on peut avancer que Jean Marie MORIO était du voayge qui conduisit le Rolland vers Varna. A son retour, il sera soigné (sans doute de choléra) à l'hôpital de Saint Mandrier où il décède le 6/04/1855.

La famille MORIO était de Cadouarn comme nous l'indique l'Etat Nominatif des Habitants de 1841.

MORIO JM famille Cadouarn

Vincent NOBLANC [24/07/1834 - 2/04/1855]

L'acte de décès de Vincent NOBLANC retranscrit sur Séné ne permet pas avec certitude de dire qu'il fut marin sur un vaisseau qui particIpa à la Guerre de Crimée. Pour autant nous avons quelques "présomptions". Il décède à l'hôpital maritime de Toulon. Il est alors matelot de 3° classe, sans que l'on chasse le nom de son dernier bateau, il est âgé de 20 ans.

RIGUIDEL Vincent [15/09/1827 - 20/05/1855]

L'acte de décès de Vincent RIGUIDEL, né d'un père maçon au bourg de Séné et d'une mère ménagère,  nous indique qu'il est mort à l'hôpital de Nagara, port de Constatinople située sur la rive asiatique. On y apprend qu'il était grenadier au 26° Régiment de Ligne du 3° Bataillon n°2755 dans l'Armée d'Orient. Les régiments de ligne prendront le nom de Régiment d'Infanterie pendant la 1ère Guerre Mondiale). 

1855 05 RIGUIDEL Crimee

1855 09 10 septembre la fin du siège de sébastopol

L'historique du 26 Régiment de Ligne (26°Régiment d'Infanterie) nous indique qu'il a participé au siège de Sébastopol et essuyé de lourdes pertes le 18/06/1855.  Le siège de Sébastopol prendra fin en septembre 1855 , mettant fin aux ostilités.

Vincent RIGUIDEL est rappatrié par bateau à Constantinople. Il entre à l'hôpital militaire de Nagara le 15/04/1855 et y décède le 20/05/1855 de dysenterie. L'article ci-après évoque l'ouverture de l'hôpital de Nagara à Constantinople.

1854 Nagara hopital

 

 TREHONDARD Jean Louis [6/10/1824 - 11/03/1856]

On retrouve au SHD de Lorient la fiche d'inscrit maritime de ce marin sinagot avec la mention "décédé à bord de la frégate à vapeur Le Sané".

1856 trehondart sane

Après quelques recherches sur Internet, on finit par apprendre que la frégate Le Sané opère depuis 1854 sur le théâtre des opération en Mer Noire. En octobre 1855 elle force la passe de Otchakoff et prend la forteresse de Kinburn.

Son fait le plus notable est d'avoir transporté entre le 12 et le 24 février 1856, Méhémet-Emin Aali-Pacha), grand vizir de l'Empire Ottoman, (1815-1871). qui fut plénipotentiaire au congrés de Paris et signa pour son pays le 30 mars 1856 le traité qui mit fin à la guerre de Crimée.

Au cours de ce voyage, un marin sinagot est à bord de la frégate Le Sané.

Jean Louis TREHONDARD [6/10/1824-11/3/1856] était né à Montsarrac comme nous l'indique son acte de naissance et le dénombrement de 1841. Il décède à bord de La Sané le 11 mars 1856 sans doute de maladie et son corps jeté à la mer....C'était le frère de Julien TREHONDART [1816-1859] héros de la Guerre de Crimée et Chevalier de la Légion d'Honneur. (lire article dédié).

1841 trehondart famille montsarrac

 

 

 

 

Les archives départementales ont numérisé les registres d'état civil de Séné. Leur parcours attentif permet de mettre la main sur des documents singuliers comme les actes de décès de 5 Sinagots. Cette liste est complétée par l'étude des registres d'inscrit maritime au SHD de Lorient.

Vincent RAUD [8/06/1837 - 22/07/1861], marin

Louis ALLOH [20/06/1838 - 27/07/1862], marin

Vincent Mathurin LE ROY [15/05/1840-9/03/1863] marin

Patern DANO [21/04/1837 - 22/04/1863]

Pierre Marie RICHARD [6/09/1838 - 25/07/1863]

Vincent SIMON [26/10/1838 - 7/11/1863]

Qu'ont en commun ces 6 Sinagots ? 

Vincent RAUD [8/06/1837 - 22/07/1861]

Vincent RAUD est né à Montsarrac le 8/06/1837. Son acte de naissance nous indique que son père est marin. Son acte de décès fait état de son décès à Mariel sur la côte nord de Cuba le 22/07/1861 alors qu'il était matelot de 2° classe à bord du brick Le Mercure.

1861 07 22 RAUD Vincent acte

Un site spécialisé sur la marine de Napoléon III nous renseigne sur les mouvements du Mercure.  Le bateau est affecté depuis janvier 1859 à la flotte des Antilles. En juin 1859, il mouille devant le port de Sacrificios près de Veracruz au Mexique. En décembre 1859 il est à Fort de France puis à Saint Domingue avant de passer par Port au Prince en Haïti. Il fait route à nouveau vers Veracruz au printemps 1860.

Les aller/retour entre les bases françaises dans les Antilles et les bases espagnoles sont fréquentes pour alimenter l'effort de guerre en terre mexicaine.

La transscription du décés ne dit pas de quoi est mort le marin RAUD. Toutefois son décès à l'hôpital de Mariel nous fait penser à une maladie, sans doute el vomito negrro ou fièvre jaune qui a sévit au Mexique pendant ces années de guerre.

 

Louis ALLOH [20/06/1838 - 27/07/1862]

Selon son acte de décès retranscrit par Mathurin LE DOUARIN maire de Séné en 1863 sous le Second Empire, Louis ALLOH est décédé le 27/07/1862 à l'hôpital de Vera Cruz, ville portuaire du Golfe du Mexique. On y apprend qu'il était matelot de 3° classe embarqué sur l'Amazone, fregate-hôpital de la marine française., mouillé à cette période à Sacrificios près de Vera Cruz. La zone est marécageuse et insalubre.

1863 Louis Alloh Mexique

veracr11

Vue de Veracruz vers 1865

MEX Amazone Cherbourg chargement

Embarquement sur l'Amazon à quai à Cherbourg. Appareillage le 2-2-1862 pour amener de l'artillerie à Vera-Cruz (Mexique). Il stationnera jusqu'au 20 août comme navire-hôpital

 

Cet article de presse du Courrier de Bretagne, daté du 27/09/1862, nous apprend que l'Amazon finira par être autorisé à rentrer en France après avoir subi une épidémie de "vomito negro". Le "vomito negro" est le nom local de la fièvre jaune à cause des vomissements de sang noir que provoque cette terrible maladie virable transmise par les moustiques.

La matelot ALLOH est donc décédé de fièvre jaune à bord de l'Amazon. Ce navire, de la classe Hermione, était arrivé en mai 1862 dans le port de Vera Cruz pour y débarquer plus de 1000 soldats du 99° Régiment de ligne et du 9° Régiment d'Artillerie allant renforcer le corps expéditionaire français.

1862 Amazon retour Vomito Negro     1862 Amazon arrivée

En effet, Napoléon III, Empereur des Français, a décidé d'imposer au peuple mexicain, un nouveau monarque en la personne de Maxilien de Habsbourg et sa femme Charlotte. Depuis son indépendance de l'Espagne et la guerre contre les Etats Unis d'Amérique, le Mexique est en proie à l'instabilité politique. En juin 1861, le Mexique suspend le réglement de sa dette. Napoléon utilise de prétexte pour mettre un pied au Mexique, d'autant que les Etats-Unis sont empétrés dans leur guerre civile (Guerre de Sécession). Cependant, face à la résistance des Mexicains, unis contre l'envahisseur, le recours à la force est nécessaire pour matter les patriotes....Une coalition réunit la Belgique, l'Autriche, l'espagne, l'Angleterre et la France dans un débarquement de troupes au Mexique. Cependant, l'Espagne et l'Angleterre se retirent quand les visées françaises apparaissent au grand jour....  

Napoleon III    Maximilien Charlotte

La France peut compter sur sa marine de guerre bien armée, outil diplomatique fort utile aux ambitions impériales (colonisation de l'Algérie, de la Cochinchine).

MEX Armada franaçise LIllustration 1862 CDT Jurien de la Gravière

L'Armada française - L'Illustration 1862

Louis ALLOH, né le 20/06/1838, fils d'un marin de Kerarden, comme d'autres jeunes de sa classe, se trouve enrôlé à 22 ans, dans ce qu'on appellera "l'Aventure mexicaine" et qui tournera au fiasco diplomatique et militaire...

Vincent Mathurin LE ROY [15/05/1840-9/03/1863]

Les registres du SHD de Lorient permettent de repérer sa fiche d'Inscrit Maritime du jeune Vincent Mathurin LE ROY. On comprend que le marin de Séné est rentré d'un voyage au Mexique à bord de la Ville de Bordeaux et qu'il est décédé le 9 mars à l'höpital maritime de Brest. Il est décoré à titre posthume.

1863 LE ROY mort hopital Brest

Un site spécialisé dans la flotte de la marine impériale confirme le voyage au Mexique de la Ville de Bordeaux.

Aux côtés de marins, d'autres Sinagots font leur devoir de soldats en terre mexicaine.

Patern DANO [21/04/1837 - 22/04/1863]

Patern DANO, né le 23/04/1837 à Cano, est voltigeur au sein du 1er Bataillon du 95° Régiment de ligne. Lui aussi sucommbe de maladie, une "diarrhé chronique",  le 22 avril 1863 à l'hôpital temporaire d'Amazoc de Mota près de la ville mexicaine de Puebla.

Voltigeur : Dans son sens militaire, le voltigeur est un fantassin porté en première ligne par un cavalier qui le prend en croupe. Plus généralement, le terme désigne les unités d’infanterie légère d’une compagnie d’élite destinée à agir en tirailleur en avant de la ligne d’un bataillon.

1863 Dano Patern Mexique

MEX Infanterie de ligne en bivouac

Lors de la guerre du Mexique, la ville de Puebla sera l'objet de plusieurs batailles. Le 5/05/1862 la ville est prise par le général mexicain Ignacio ZARAGOZA. Les Français reprennent la ville en mai 1863 et les troupes de Porfirio DIAZ la reprennent définitivement le 2/04/1867. 

Prise de Puebla par Beaucé

Prise de Puebla en mai 1863 par la légion fraçaise peinture de Jean-Adolphe Beaucé (1818-1875)

Pour soutenir le siège de Puebla, un convoi de ravitaillement et d'argent est parti de Veracruz. Afin de le protéger, 60 fantassins de la Légion partent à sa rencontre. La 3° Compagnie de la Légion est attaquée au village de Cameron de Tejeda par 2.000 mexicains. Réfugiés sans une hacienda, malgré un héroïque combat, les 6 derniers légionnaires se rendent à l'ennemi ...à court de munition. Cette bataille est toujours célébrée au sein de la Légion Etrangère.

Deux autres soldats de Séné décèdent lors de la campagne sur Puebla.

Pierre Marie RICHARD [6/09/1838 - 25/07/1863]

Pierre Marie RICHARD nait le 6/09/1838 à Michot au sein d'une famille de paludiers. Enrôlé dans l'armée, il est grenadier au 51° Régiment de Ligne. Il décède le 25/07/1863, non au combat, mais comme la plus part des soldats français de maladie. Son acte de décès retranscrit à Séné indique une mort des suites de la dysenterie à l'hôpital militaire de Puebla installé dans la bourgade de Los Gosos. 

1863 RICHARD Pierre Marie Mexiques

1862 1867 volontaires en marche au mexique peinture de charles lahalle

1862 1867 Volontaires en marche au mexique, Charles Dominique LAHALLE 1833-1909

 

Vincent SIMON [26/10/1838 - 7/11/1863]

Lors de la retraite des armées, le soldat Vincent SIMON contracte la "vomito negro" et décède de fièvre jaune le 7/11/1863 près de Cordoba au sein de l'hôpital militaire. Vincent SIMON était fusilier à la 3° Compagnie du 1er Bataillon du 7° Régiment de Ligne. Natif du bourg de Séné, d'un père meunuisier et d'une mère ménagère. Lui aussi accompli son service militaire sous les armées de Napoléon III. 

1864 Simon Vincent Mexique

Après le retrait des Britanniques et des Espagnol de la coalition et sous la pression diplomatique des Etas Unis d'Amérique qui ont mis fin à la guerre de Sécession en 1865,, les armées françaises doivent se replier et Napoléon III oublier ses prétentions sud-américaines. L'Empereur éphémère du Mexique, Maximilien est fusillé par les républicains mexicains le 13 juin 1867. La capitale Mexico tenu par les royalistes tombera aux mains des républicains et la République des Etats Unis du Mexique sera proclamée.

 

 

 

Dans son ouvrage intitulé "Au Pays des Sinagots" , Jean RICHARD consacre un chapître au "braconnage". Il est vrai que les Sinagots se sont faits au cours des décennies une réputation de fraudeurs dans la pêche en tout genre, le dragage illégal des huitres et comme nous l'indique cet article, dans la pêche non autorisée à la palourde.

1931 03 01 Normand vols

Cet article de l'Ouest Républicain daté du 1er mars 1931, nous relate, non sans humour, un vol de palourdes commis par des "gens de Cadouarn et de Séné". La lecture de cet article et d'autres coupures de presse permet de retracer les péripéties de ce vol de mollusques.

M. Victor NORMAND, résident à Vannes au 6 rue du Pot d'Etain, détient des droits sur un parc à huîtres autour de l'île de Bailleron, commune de Saint-Armel. Pour surveiller ses lots n°31-58 et 36-67, il emploie un garde maritime, Joachim HERVIS, habilité à porter un fusil et un ouvrier COQUART. M. Normand déclarera lors du procès qu'il avait des soupçons que son parc à huître était visité par des maraudeurs depuis l'afflux de palourdes à vil prix à la Poissonnerie de Vannes et parce que certains Sinagots se vantaient d'avoir gagner de coquettes sommes à la suite de ces vols.

Le 18 février 1931, Jean Marie Célestin ALLAIN, 64 ans, ancien controlleur des PTT, demeurant au 58 Rue de Séné à Vannes (actuelle rue Monseigneur Tréhiou), se rend sur l'île de Bailleron et est surpris par le garde et son patron avec des palourdes.

Non content de se faire débusquer, le sieur ALLAIN revient le lendemain avec un groupe de Sinagots. Le procès qui s'en suivit relèvera une succession de vols. Le 19 février 1931, 18 pêcheurs seront reconnus pour avoir volé des palourdes; le 20 février, se sont 38 personnes qui auront à répondre du même délit; le 21 février, on en comptera 43. Ils reviendront également les 14 et 15 mars 1931.

1931 bailleron maree

Le procès, hors norme, eut lieu au Tribunal Correctionnel de Vannes le mercredi 29 mars 1932.

L'audience était présidée par M. Denise, assisté de M. Billaud, juge au siège et M. Devèze du barreau de Vannes. M. Le substitut Reliquet soutenait l'accusation. Maître Belanfant assurait la défense du principal inculpé M. ALLAIN. Maître Legrand défendait en bloc la trentaine de Sinagots poursuivis.

1932 06 12 Ouest Républicain Photo

Les pouvoirs public avaient demandé à M. André, Inspecteur du Contrôle des Etablissements de Pêche de vérifier la présence de palourdes sur les dites concessions. Me Legrand fit rire l'assistance quand il demanda "si les palourdes pouvaient s'évader de leur parc". Mme Veuve Doriol, marchande de coquillages aux Halles de Vannes confirma avoir acheté à des Sinagots des palourdes sans se soucier de leur provenance. Pour se défendre d'avoir pénétré dans les concessions de M. Normand, les "voleurs" argumenteront que les dites concessions étaient mal délimitées par des balises que la tempête avait enlevées et qu'ils étaient sur le domaine public.

1932 10 30 Siangotes ivresse

Parmi les auteurs de l'infraction, une dénommée Julia LE FRANC  [ 20/2/1903 9/7/1935] se fit remarquée. Le journaliste indique qu'elle était habituée de la correctionnelle, on dirait aujourd'hui "bien connue des services de police", comme l'indique cet article de presse datée d'octobre 1932. Julia LE FRANC injuria MM Normand et Hervis et leur montra ses fesses! Julia LE FRANC s'illustra plus positivement en tant que mère. Elle accoucha par 2 fois de faux-jumeaux. Son marie fit construire un sinagot "Le Trois Frères" et le baptisa en 1943 en l'honneur de ces 3 garçons. En circonstance atténuante, la jeunesse de Julia fut endeuillée par la noyade de son jeune frère et de sa soeur ainée en 1915.

Un autre journaliste décrit l'énergumène lors du procès : La déposition de Julia LE FRANC rompt la monotonie des débats : Torrès [Maurice Torrès, chef du PCF] est un torrent, Julia est une cataracte. Elle est communiste bien entendu, la côte doit être à tout le monde, et sans mesure, elle fait le procès des parqueurs qui veulent la mort du pauvre pêcheur."

Le réquisitoire fut sévère à l'encontre de M. ALLAIN, accusé d'être le chef de l'expédition. La préméditation fut démontrée car le balisage des concessions aurait été enlevé.

Le Tribunal condamna M. ALLAIN à 150 fr d'amende; Mme Julia LE FRANC, 29 ans, pêcheuse à Séné, à 50 fr; Marie Louise DANET, 33 ans, pêcheuse à Moustérian à 30 fr, toutes deux en état de récidive.

Dans la liste des condammés à 20 fr d'amende avec sursis, on note la présence de 11 jeunes filles, de 2 veuves, de 9 femmes, d'1 jeune homme, et de seulement 6 hommes dont 2 retraités. Les vols étant commis aux heures de travail des hommes.

Hommes : Julien DANET, 71 ans marin pecheur en retraite à Moustérian, Patern LE FRANC, 36 ans de Moustérian, Pierre LE DORRIDOR, 63 ans marin pêcheur en retraite et Mathurin NOBLANC, 53 ans, marin pecheur. Raymond NOBLANC, 26 ans de Cadouarn; Ernest LE FRANC, 27 ans Cadouarn.

Jeune homme : Ange RIO, 17 ans de Cadouarn.

Jeunes filles : Désirée PIERRE, 16 ans de Cadouarn; Marie Odette LE DORIOL, 18 ans de Cadouarn, Véronique RIO, 17 ans de Cadouarn, Félicie DANET, 19 ans de Cadouarn, Marie Josèphe MARTIN, 20 ans de Cadouanr, Anastasie LE FRANC, 20 ans de Cadouarn, Marie Louise BARO, 16 ans de Cadouarn, Léonie MOREL, 22 ans de Cadouarn, Hélène LE ROUX, 20 ans de Cadouarn, Philomène BARRO, 29 ans, Marie Louise BARO, 30 ans Cadaourn.

Veuves de pêcheurs : Marie HAZIL, veuve QUINTIN, 32 ans de Cadouarn; Julienne HAZIL veuve PIERRE 37 ans de Cadaourn

Femmes de pêcheurs : Armandine JOUANGUY, femme Noblanc, 30 ans, de Cadouarn, Clémentine HAZIL femme Gregam, 41 ans, Marie Zelie LE MAY femme Le Ridan 48 ans; Marie CLERO femme Morel, 48 ans Cadouarn; Anne Désirée Marie LE MAY femme Richard; Anne Marie MARTIN 66 ans; Léonie Marie Désirée MALRY; Raymonde MOREL de Cadaourn Aglaée BOCHE femme LE QUINTREC.

Les plaignants firent appel de cette décision et un nouveau procès eu lieu le 7 juin 1932 à Rennes.

Le procès en appel à Rennes pour les Sinagotes !

Une première audience eut lieu le 7 juin 1932 mais le procès en appel fut renvoyé au 28 juin. M Normand fit valoir les témoignange de son garde M. Hervis et sa femme ainsi que de son employé M. Coqaurt. L'inspecteur André renouvella son témoignage et le gendarme Carré et le maréchal des Logis Chambiley confirmèrent leur écrits. L'affaire fut mise en délibéré....

1932 06 08 Chronique Judiciaire 1

Quinze jours plus tard, la Cour d'Appel de Rennes acquittait l'ensemble des prévenus en estimant que les faits n'étaient pas suffisamment établis". L'avocat de la défense argumenta que la concession de M. Normand était une concession pour l'ostréiculture et en aucun cas une concession pour l'élevage de palourdes !

L'histoire ne dit pas à partir de quand les Aurotités décidèrent de la création d'une zone réglementée pour la pêche à la palourde.

 1932 07 17 Sinagot Acquitement Appel

 

 

Parmi les éléments à noter sur cette carte d'Etat Major daté de 1866, on reconnait l'hippodrome de Cano et on note que l'anse de Mancel est un polder protégé de la mer par la digue Lorois.

Les diffretns chemins de la commune, trait noir, préfigurent la voirie actuelle.

Les salines sont bien representées.

L'île de Conleau n'est pas encore rattaché au continent.

La maison du Loup est mieux préciser. Elle correspond à la maison de toit de chaume visible à la Belle Etoile.

 

cadastre 1810 legende

Sur cette car de 1810 est mentionné le lieu-dit La Poussinière, les casernes des douanes à Kerbiscon et aux Quatre Vents.

Une maison du Loup est situé près de Cano où l'hippodrome n'est pas indiqué.

La maison du meunier et le moulin de cantizac sont mentionnés.

Le moulin de Cadouarn et la chapelle d'Auzon également.

 

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