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La Bataille de la Somme de 1916 s’est déroulée sur une large zone du département de la Somme sur une ligne de 45 km, depuis Gommecourt et Bapaume au nord jusqu’à Chilly au sud de Chaulnes. Les Britanniques tenaient le front au nord jusqu’à Maricourt tandis que les français- à cheval sur la vallée - tenaient le sud.

La stratégie générale pour 1916 sur les fronts français, russe et italien avait été exposée à la conférence inter-alliée de décembre 1915 au Q.G. de Chantilly où Joffre avait clairement défini l’offensive de la Somme. Mais “la fournaise de Verdun” oblige les commandements alliés à raccourcir le front et à inverser les rôles : celui de l’armée britannique allait devenir primordial.

Le commandement allemand s’attendait à une offensive de grande envergure au nord de la Somme et avait donc eu le temps de considérablement consolider ses positions. Il avait ainsi une remarquable utilisation de la topographie, aménageant des fortifications de béton, renforçant les tranchées qui, dans tous les cas, surplombaient les lignes adverses, creusant d’innombrables réseaux souterrains de communications (parfois jusqu’à 12 m de profondeur), d’abris et de casernes.

La préparation de l’offensive se poursuit dans chaque armée et c’est en fait une ville provisoire qui s’installe : il faut ouvrir de nouvelles routes, en consolider d’autres, construire des ponts, des gares et des voies ferrées pour acheminer le ravitaillement, le fourrage, le matériel, les munitions, creuser d’autres tranchées, des parallèles de départ et des boyaux d’accès, prévoir des postes de secours et des hôpitaux, aménager des positions de batterie, des terrains d’aviation, des places d’armes, des postes d’observation. Britanniques, Allemands, Français constitueront ultérieurement une formidable concentration d’environ 1 million d’hommes et de 200 000 chevaux qui vivront dans un mouvement incessant de renforts et de relèves et dans le fracas des explosions.

La bataille commence le 24 juin par une préparation d’artillerie alliée qui, de jour comme de nuit, doit pulvériser les réseaux de barbelés et niveler les positions allemandes. Mais les mauvaises conditions météorologiques empêchent la destruction complète des ouvrages de surface et les réseaux souterrains sont intacts…

Il s'agit de l'une des batailles les plus meurtrières de l'histoire (hors victimes civiles), avec parmi les belligérants environ 1 060 000 victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, fut, pour l'armée britannique, une véritable catastrophe, avec 58 000 soldats mis hors de combat dont 19 240 morts. La bataille prit fin le 18 novembre 1916.

Le bilan fut, sur le plan militaire, peu convaincant. Les gains de territoires pour les Alliés furent très modestes, une douzaine de kilomètres vers l'est tout au plus, le front ne fut pas percé. Les combats usèrent les adversaires, sans vainqueurs ni vaincus.

 

Somme carte front 1916

Au cours des ces mois terribles 6 soldats de Séné ont perdu leur vie. La carte ci-dessus situent le lieu de leur mort. Qui étaient-ils et dans quelles circonstances sont-ils tombés au combat, tué à l'ennemi ?

Pour ne pas l'oublier, nou s commencerons ces récits par celui du soldat PLUNIANT, mort également dans la Somme, quelques mois avant la Grande Bataille.

PLUNIANT Jean Marie Désiré : 5/01/1873 - 13/03/1916

Patern  MORIO  :  07/04/1880 - 19/07/1916

Louis Marie BOCHE 13/04/1887 - 20/07/1916

Julien Marie GUILLERME  : 24/02/1884 - 5/09/1916

Henri Léon Marie LE FRANC : 22/04/1879 - 12/09/1916

Vincent Marie LE FRANC : 25/07/1884 - 3/10/1916

Jean Marie JACOB :  25/11/1876 - 14/10/1916

 

PLUNIANT Jean Marie Désiré : 5/01/1873 - 13/03/1916

Jean Marie PLUNIANT nait à Séné quartier de Saint-Laurent le 5/01/1873 au sein d'une famille de cultivateurs. On en retrouve pas la famille au dénombrement de 1906 ou 1911.  

PLUNIANT Extrait

C'est que les années sont passées depuis 1873 ! Ses parents sont sans doute cultivateurs non propriétaires et ont continué leur chemin qui les a conduit sur Vannes. La fiche de matricule a sans doute été ouverte pour la conscription de Jean Marie. Il déclare une profession de tyypographe. Belles études pour ce fils de cultivateurs ! Il déclare également une adresse à Vannes comme ses parents. Pour cette raison, son nom figurera au monument aux morts de Vannes et non pas à celui de Séné.

PLUNIANT typographe

A la mobilisation, il arrive au corps le 30/08/1914 et passe au 85°Régiment d'Infanterie Territoriale le 9 juin 1915; Il est affecté au 88°RIT le 23/12/1915 et change à nouveau de régiment pour le 288°RIT le 11/02/1916.

Sa fiche "Mémoire des Hommes" et fiche de matricule nous apprennent qu'il est "Tué à l’ennemi" le 13/03/1916 à Guerbigny dans la Somme.

L'historique de son régiment nous livre quelques précisions :

"1916 : Secteur d’Andéchy (janv.-juin). Warsy, Becquigny, Davenescourt, Hangest-en-Santerre : Transport de munitions, établissement de boyaux. Secteur d’Erches (juil.-août) : divers travaux pour l’artillerie.  C'est aussi au cours de cette période, le 11 février 1916, que le régiment prend la dénomination de « 288e régiment territorial d'infanterie », en exécution d'un ordre du général commandant en chef, en date du 26 janvier 1916, afin d'éviter les fréquentes erreurs produites par l'existence aux armées de deux régiments territoriaux portant le même numéro.

17 février. — Le régiment est relevé dans le secteur au nord de l'Avre par le 88e régiment territorial d'infanterie. Il fait mouvement pour se rendre au repos, par voie de terre, dans la région de Bonneuil-les-Eaux (Oise) ; n'y reste que quelques jours, ordre lui ayant été donné de venir réoccuper le secteur devant Andéchy.

3 mars. — Le régiment relève le 88e territorial : le 4e bataillon en 1re ligne, l'état-major du régiment et le 3e bataillon cantonnent à Guerbigny."

PLUNIANT Jean Marie décède ce 13 mars 1916, à l'âge de 43 ans et son corps sera enterré à la nécropole nationale de Lihons, tombe 1242 bis.

 PLUNIANT Lihons  PLUNIANT tombe

 

Patern  MORIO  :  07/04/1880 - 19/07/1916

Comme l'indique son extrait d'acte de naissance, Patern Marie MORIO naît de père inconnu à Séné le 7/04/1880. Sa mère, Jean Françoise LE DORIOL âgée de 23 ans est alors journalière à Kerdavid.

MORIO Patern Extrait

Elle se marie le 1/10/1882 avec Jean Marie MORIO et l'enfant est reconnu. La fiche de matricule de Patern MORIO nous donne les différentes localités du jeune homme. A environ 20 ans, il est valet de chambre à Vannes puis en 1904 il est domestique à Plescop; En 1907 à Saint-Avé, il est gardien de l'asile de Lesvellec, et enfin à Arradon, après son retour de conscription en 1914, son dernier domicile avant la guerre, il est jardinier.

MORIO localites

Après la mobilisation, Patern MORIO rejoint le 264° Régiment d'Infanterie. L'historique du 264° RI permet de localiser le lieux exact du décès de Patern MORIO.

"Après un bref séjour à Harbonnières et dans le ravin des Baraquettes, le régiment remonte en

ligne dans le secteur d'Estrées. Il y occupe le village, sauf un îlot de maisons non encore enlevé à

l'ennemi. Du 15 au 21 juillet, plusieurs assauts sont tentés en vain contre ce nid puissamment

organisé. Enfin, le 23, après une violente préparation d'artillerie, le bataillon VANNIER s'empare de

l'îlot, fait prisonniers les survivants d'un bataillon ennemi qui le défendait et capture une batterie."

Partern MORIO est donc blessé aux environ d'Estrées évacué sur la commune de Wiencourt l’Équipée où en prévision de l'offensive on a crée depuis le 8/5/1916, un HOE pour "Hôpital d'Origine d'Etape", un hopital d'évacuation (exemple ci-dessous) . On le soigne pour une plaie pénétrante par balle à la fesse droite. Il y décède le jour même à lâge de 36 ans.

Somme HOE hopital.jpg

MORIO Patern décès

Son corps repose à Marcelcave dans la nécropole nationale Les Buttes, Tombe 617.

MORIO Patern tombe  MORIO Patern marcelcave

Domicilié en dernier lieu à Arradon, son nom figure au monument aux morts de cette commune.

MORIO Arradon   MORIO Arradon nom

 

Louis Marie BOCHE 13/04/1887 - 20/07/1916

Louis Marie BOCHE nait au village d'Ozon à Séné au sein d'une famille de cultivateurs.

BOCHE Louis Extrait

Le dénombrement de 1906 nous montre une famille composée d'une fille et de 6 garçons établie alors à Bilherbon non loin d'Ozon. La famille nombreuse avec une seule fille emploie une domestique. 

BOCHE Louis Joseph 1906

On retrouve encore la famille MORIO au dénombrement de 1911. 3 garçons ont quitté le giron familial et désormais la famille emploie un domestique et un jeune berger.

BOCHE famille 1911

A l'âge d'accomplir sa conscription, Louis Marie BOCHE s'engage dans les marmées. Il ne sait pas qu'il sera soldat 8 ans durant jusqu'à sa mort à Estrées en 1916. En effet, il est "Engagé Volontaire" de 1908 à 1912. Pendant cette première période il se marie le 2/05/1911 à Vannes avec Marie Julienne Le Blévennec. Il remplie pour un an et encore 2 ans avant d'être mobilisé. Il est alors Sous-Lieutenant, le plus gradé des soldats nés à Séné. Il apprendra la mort de son frère Joseph décédé pendant la bataille de la Marne le 8/09/1914...

BOCHE guerre

Le site genweb ajoute que les deux corps furent rendus à la famille. Louis Marie MORIO, marié à une Vannetaise, a son dernier domicile connu à Vannes où son nom figure au monument aux morts de la ville, bien que ses parents résidaient encore à Séné.

 

Julien Marie GUILLERME  : 24/02/1884 - 5/09/1916

L'état cicil de la ville de Saint-Avé nous indique que Julien Marie Guillerme est né au sein d'une famille de cultivateurs. Il a une soeur jumelle et les deux enfants survivront.

Guillerme Julien Marie Extrait

On retrouve la famille Guillerme à Séné au dénombrement de 1911. Elle est constituée des 2 parents, de trois enfants, d'une nièce et d'une jeune bergère sous le même toit. 

GUILLERME 1911

A l'age de la conscription, Julien Marie est également cultivateur. Il est d'abord incorporé au 116°RI de Vannes et le 15/06/1916, il rejoint le 265° RI en prévision de l'offensive...

Il décède à Estrée le 5/09/1916 à l'âge de 32 ans. D'autres soldats d'autres unités témoignent de ces journées de septembre 1916 :

« Le 5 septembre il pleut, le terrain se transforme en cloaque, avec des pistes détrempées, des relèves difficiles pour des troupes fatiguées. Un brouillard épais recouvre le champ de bataille... Jean Marie Piegay, du 60e Régiment de Besançon, écrit le 8 septembre :  « J’ai été pendant trois jours à droite de Barleux. Nous avons attaqué tous les jours, pris des tranchées, les Boches contre-attaquaient et nous repoussaient. Je te dis que ça a été un massacre effroyable et le résultat néant. On était trempés jusqu’aux os ; dans les boyaux il y avait 80 centimètres de boue, de vase et on marchait dedans au risque d’être enlisés.
Nous étions carapacés de 15 à 25 kilos de boue. Jamais je n’en ai autant vu que cette fois, c’est horrible ce que j’ai souffert ».

Tranchée boueuse

GUILLERLE fiche

 

Henri Léon Marie LE FRANC : 22/04/1879 - 12/09/1916

Henri Le Franc nait à Moustérian au sein d'une famille de pêcheurs.

LE FRANC Henri Extrait

A l'âge de 13 ans il est mousse sur un canot de Vannes le Léonie Marie. Il est donc marin.

LE FRANC Henri Leon mousses

Sa fiche de matricule nous apprend qu'à l'age de 20 ans il est dispensé de la conscription au motif que son frère est "sous les drapeaux". Il se marie dans les années 1900 avec Mathilde Telleme née à Lorient et fonde une famille de 2 garçons comme l'indique le dénombrement de 1911. La famille vit de la pêche.

LE FRANC Henri Leon

Son dernier bateau est le Maïta qu'il abandonne le 21/01/1915 pour incorporer le 2°RIC au sein des armées de terre. Le 22/01/1915 il est affecté au 2° Régiment d'Infanterie Coloniale. Il est blessé le 25/09/1915 et suit une convalescence avant un rappel au front le 26/02/1916. Henri LE FRANC "fait preuve de courage et de sang-froid en allant sous un feu violent relever son camarade blessé".

LE FRANC HENRI citation deces

L'historique du 2° RIC permet de localiser ce régiment près de la tranché du Poivre au sud de Barleux.

"Le lendemain, 10 septembre, à 4 heures, l'ennemi déclenche un très violent tir de barrage et de contrebatterie,mais sans attaque d'infanterie. Nous avons quelques pertes, mais nous conservons entièrement le terrain enlevé d'assaut la veille. Cependant, au moyen d'une attaque brusquée par liquides enflammés sur la section de la compagnie LE BRIS occupant la tranchée du Poivre, l'ennemi parvient à nous ramener sur nos positions du 8. La section qui a courageusement résisté et prononcé même une contre-attaque est presque anéantie. Les première et deuxième lignes sont violemment bombardées. Les hommes qui combattent depuis cinq jours, toujours en éveil, sont très fatigués. Les communications téléphoniques sont difficiles, les lignes fréquemment coupées, ce qui oblige d'assurer la liaison des divers échelons par coureurs."

Il décède dans le secteur de Barleux le 12/09/1916 à l'âge de 37 ans. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Séné.

Le Franc Henri tranche poivre

 

Vincent Marie LE FRANC : 25/07/1884 - 3/10/1916

Vincent Marie LE FRANC naît au village de Cadouarn en 1884 au sein d'une famille de pêcheurs.

LE FRANC Vincent Extrait

A l'âge de 14 ans il devient mousse sur le canot Marie Louise à Vannes jusqu'en 1904 et sa conscription.

Le FRANC Vincent Marie mousse

Au dénombrement de 1906 il n'habite plus le foyer familial où ne demeure que sa soeur.  En effet, comme l'indique sa fiche de matricule, il fait sa conscription de 3 ans de 07/1904 à 07/1907.

LE FRANC Vincent Marie 1906

Le dénombrement de 1911 nous indique qu'il est revenu vivre chez sa mère veuve, sa soeur s'étant marié.

LE FRANC Vincent Famille 1911

Son extrait d'acte de naissance nous donne la date de son mariage avec Marie Anne NOBLANC le 9/02/1912, confirmé par sonacte de mariage.

C'est ce jeune marié qui est mobilisé an août 1914. Comme beaucoup "d'Incrits Maritimes" il rejoint l'arméee de terre qui a besoin de soldats au front. D'abord affecté au 3°Régiment d'Infanterie Coloniale (RIC), il rejoint en septembre 1915 le 33°RIC. Son dernier bateau est le Jeanne Albert qu'il abandonne le 22/01/1915.

Le Franc Vincent Marie dernier bateau

L'historique de ce régiment disponible sur Gallica, nous indique qu'il prend part aux combats près de Belloy en Santerre :

"Du 27 septembre au 18 octobre 1916, le régiment prend en première ligne les tranchées de Belloy-en-Santerre et de Barleux. Dans cette région, le régiment tout entier fait montre de splendides qualités d’endurance et de valeur. L’artillerie allemande fait rage, l’ennemi se cramponne désespérément sur les lignes où il a été obligé de se retirer après sa défaite de juillet. Le tir d’artillerie lourde qui, sans arrêt, bat nos tranchées, oblige les hommes à un travail fort dur et héroïque. Il faut d’abord entretenir dans un sol mouvant et sous des pluies diluviennes un système de tranchées sans cesse bouleversé par les obus et les torpilles."

LE FRANC Vincent Guerre

Il est "tué à l'ennemi" le 3/10/1916 à l'âge de 32 ans.

Son corps a été transféré dans la nécropole de Lihons tombe 2105. La stèle funéraire est de rite israélite, sans doute une erreur à l'époque de son inhumation qu'il faudra vérifier en consultant les régistres de baptême.

 

LE FRANC VM tombe  LE FRANC VM LIHONS

 

Jean Marie JACOB :  25/11/1876 - 14/10/1916

Jean Marie JACOB naît dans une famille de pêcheur au village de Langle à Séné.

JACOB Jean Marie Extrait

Comme beaucoup de Sinagots il est séduit par la marine et devient mousse à l'âge de 14 ans comme l'indique sa fiche d'Inscrit Maritime.

Jacob Jean marie Marin

Il se marie au mois d'octobre 1901 à Séné avec Marie Josèphe MIRAM et fonde un foyer comme l'atteste le dénombrement de 1911. Trois enfants vivent avec leurs parents.

JACOB Jean Marie 1911

Avec la profession de pêcheur, Jean Marie Jacob est Inscrit Maritime. Cependant l'armée de terre à besoin de soldat et il est affecté au 2° régiment d'Infanterie Coloniale puisse au 52°RIC.

JACOB Jean Marie DECES

Il disparait le 14/10/1916 à Villers Carbonnel. Son décès sera officialisé par un jugement du tribunal de Vannes en 1922.

JACOB Jean Marie mort

L'historique du 52° RIC auquel le soldat Jacob appartient indique qu'il opérait sur cette ligne de front :

"Le 9 octobre 1916, le Lieutenant-colonel Petitdemange reçoit l’ordre général d’opérations de la

10e division d’infanterie coloniale. Le 52e régiment d’infanterie Coloniale, devait attaquer le 14

octobre dans la région d’Horgny, près de Belloy-en-Santerre."

tranchee14

 

 

 

 

La course à la mer est un échec pour les armées allemandes. Les armées françaises et le BEF anglais s'opposent aux allemands et gardent la main mise sur les ports de la Manche. Le contournement des forces françaises par l'aile droite allemande est définitivement oublié. Les belligérants ont crée une ligne de front qui va de Dunquerke à Arras, Compiègne, Reims Verdun et Belfort.

De nouveaux combats prennent place sur des abris improvisés creusés par les soldats et qui deviendront au fil des mois un réseau de tranchées, de boyaux pour abriter les fantassins. Dans des paysages de champs agricoles et de bois, le moindre monticule, la moindre côte devient stratégique pour positionner l'artillerie et surveiller l'ennemi. Les hameaux et villages refuges d'un jour sont pillonnés, bombardés et nombreux seront méconnaissables au sortir de la guerre.

Sur le front de Champagne et en Artois, trois soldats de Séné perdirent leur vie dans ces premières semaines de combats de tranchées en automne 1914.

Jean Louis Mathurin BENOIT 19/05/1883 - 17/11/1914 - 2° RIC - Bois de la Grurie

Paul ORJUBIN : 25/05/1887 - 22/11/1914 - Sergent - 2° RIC - Bois de la Grurie

Jean Marie ROPERT : 18/06/1880 - 7/12/1914 - La Boiselle - 65°RI

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"Toutes les forces organisées de la nation sont mises sur pied dès le 2 août 1914, pour arrêter l'envahisseur barbare qui se préparait à violer le sol de la France. Le 2° Régiment d'Infanterie Coloniale est mobilisé à Brest, sous les ordres du colonel Gallois, à l'effectif de 3.326 hommes (pour la plupart Bretons d'origine) et 69 officiers."

Ainsi commence le texte de l'historique du 2° Régiment d'Infanterie Coloniale. A partir de novembre 1914, des combats ont lieu sur une ligne de front dans la Marne à l'ouest de la grande forêt d'Argonne, dans le bois de la Gruerie.

Bois grurie 2 RIC.jpg  Bois Grurie au 6 12nov14

Le 2°RIC y participe comme le raconte l'historique. " Le 14 novembre 1914, le 1er bataillon, commandé par le chef de bataillon DUCARRE, va occuper la partie est du secteur « Four de Paris ». Le 17 novembre, le 1er bataillon rejoint le 2e bataillon, qui a perdu un élément de tranchée et doit le reprendre. (Au cours de cette journée Jean Louis BENOIT disparait.) L'opération réussit et des travaux de fortification en vue de prévenir un retour offensif de l'ennemi sont commencés. Le 21 novembre, le régiment est relevé et va cantonner à Chaudefontaine, où il reste jusqu'au 27 novembre. (Paul ORJUBIN est "tué à l'ennemi" LE 22/11). Les officiers et les hommes tombent de fatigue. Le 28 novembre, le régiment est à nouveau en tranchées."

Qui étaient les soldats Orjubin et Benoit natifs de Séné ?

 

Jean Louis Mathurin BENOIT 19/05/1883 - 17/11/1914

 BENOIT Jean Louis extrait

Jean Louis Mathurin BENOIT nait au village de Cressignan à Séné. Le dénombrement de 1911 nous renseigne sur la famille BENOIT. Son père, cultivateur est veuf et il est épaulé par sa soeur et deux domestiques de ferme. La famille compte 3 enfants.

BENOIT Jean Louis Gressignan

 La fiche "Mémoire des Hommes" nous dit que Benoit a été incorporé au 2° RIC en "tant que soldat de 2° classe. Il est "tué à l'ennemi" le 17/11/1914.

BENOIT JL Grurie

 

Paul ORJUBIN : 25/05/1887 - 22/11/1914 - Sergent.

Paul Orjubin nait au village de Ranquin en Séné. Son père est tailleur de pierre et sa mère ménagère.

 Orjubin Extrtait

Plus tard ses parents deviennent cultivateurs et la famille s'agrandit d'une petite soeur comme nous l'indique le dénombrement de 1911.

ORJUBIN copie

Sa fiche de matricule nous indique qu'après la mobilisation, il rejoint le 2° RIC le 4/08/1914 et part aux armées le 30/08. Ses états de services montrent qu'il fut d'abord caporal dès le 10/10 et ensuite sergent le 5/11 avant de mourir pour la France le 22 novembre 1914, à l'âge de 27 ans dans le secteur de Bagatelle du bois de la Gruerie.

ORJUBIN guerre bis

 

A l'autre bout de la France en Artois, un autre soldat de Séné, combat avec le 65° régiment d'Infanterie. 

Jean Marie ROPERT : 18/06/1880 - 7/12/1914

Jean Marie Ropert est né au hameau du Versa à Séné au sein d'une famille de cultivateurs comme nous l'indique son extrait de naissance.

 ROPERT Jean Marie EXTRAIT

On apprend également qu'il se marie le 29/04/1907 à Vannes avec Marie Julie ONODIN (?) 

A l'âge de la conscription, il déclare la profession de forgeron et ses parents sont toujours cultivateurs à Cariel. Il décalre également un domicile à Nantes et ensuite à Chantenay. Il fait sa conscription au 116°RI de Vannes, puis passe au régiment de Nantes.

ROPERT domiciles  Ropert Identité bon absent

Sa fiche "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il fut blessé et qu'il est décédé à Louvencourt (Somme) le 7/12/1914. A la mobilisation, il est incorporé au 65°RI de Vitré comme soldat de 2° classe, l'historique du régiment situe bien les troupes dans la Somme mais à l'écart de Louvencourt :

"Après plusieurs jours de combat à Taissy et Sillery, le 65ème – dont le lieutenant-colonel Retrouvey vient de prendre le commandement - gagne Compiègne à marches forcées (21 et 25 septembre), s’y embarque et est, transporté, par voie ferrée et camions autos à l’est d’Albert.

L’ennemi accentue sa poussée en direction de Paris et le régiment arrive pour contribuer, à Contalmaison, Fricourt et la Boisselle, à arrêter cette poussée. La guerre de tranchées commence et l’hiver 1914-1915 se passe, marqué par les dures affaires de Beaumont-Hamel (6, 10 et 28 octobre) et de Boisselle (décembre et janvier). C’est la progression pied à pied, les combats rapprochés, où la prise d’un élément de boyau exige autant d’héroïsme qu’une grande bataille ; mais c’est surtout la lutte dans l’eau et la boue, dans les tranchées qui s’effondrent, la lutte terrible parmi les tombes et les croix du cimetière de la Boiselle."

La carte suivante  indique la zone ou combat le 65°RI.

ROPERT La boiselle

Comment expliquer une mort à Louvencourt ?

Le site : http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com répertorie les ambulances et hopitaux de campagne présents à l'arrière du front. Du 20 octobre au 18 décembre l'ambulance 1/82 est établie à Louvencourt :

LOUVENCOURT (Somme)amb. 1/82 (20/10/14-18/12/14) : 3672 ; amb. 5/11 (26/11/14-14/07/15)

Blessé sur le front, ROPERT a pu être évacué par la chaine de soins vers l'ambulance installée à Louvencourt.

Il y décède ce 7 décembre 1914 à l'âge de 34 ans.

 

 

 

Vannes avant la guerre est une ville de garnison quii abrite notamment le 116° Régiment d'Artillerie.

Le 316e Régiment d'Infanterie, constitué en 1914, est issu du 116e régiment d'infanterie. A la mobilisation, chaque régiment d'active créé un régiment de réserve dont le numéro est le sien majoré de 200.  Le 316e RI a été mobilisé à Vannes, à partir du 3 août 1914, mais à l'inverse du 116e RI, qui part directement vers le front, le 316e se voit affecté en premier lieu au Camp retranché de Paris. Du 7 au 25 Août 1914, il cantonnera ainsi à Aulnay-sous-Bois. C'est au petit matin du 28 Août, à Ginchy, dans la Somme, que le Régiment, par ses 18e et 19e Compagnies, recevra son baptême du feu, et va subir ses premières pertes.

Un document retrace l'histoire de ce régiment. Il donne les séquences des journées de cet été 1915 aux cours desquelles 5 soldats de Séné sont morts.

 

Le régiment est dans l'Oise toute l’année 1915 au nord de Compiègne. Le 13 et le 14 mars, le régiment relève un régiment mixte de zouaves-tirailleurs dans les tranchées au Sud de Quennevières. Le génie a entamé, avant l'arrivée du 316e, des travaux souterrains pour la guerre de mines ; plusieurs fourneaux sont déjà prêts.

Ce n'est que le 5 juin que les ordres de détail sont donnés pour l'opération qui a lieu le 6. Il s'agit d'enlever les tranchées allemandes qui font face à celles du 316e, sur un front de 1.200 m. environ. L'attaque est menée par un bataillon du 3e zouaves à droite, un bataillon du 264e R. I. au centre et un bataillon de tirailleurs à gauche ; le rôle du 316e est de tenir les tranchées de départ et de fournir 4 sections et une section de mitrailleuses pour renforcer les troupes d'attaque. L'opération réussit parfaitement, mais tout le secteur est soumis le 6, le 7 et le 8 juin à une réaction violente de l'artillerie ennemie qui cause de sérieuses pertes au régiment : du 6 au 9, le 316e bien que ne fournissant pour l'attaque que des éléments peu nombreux, a perdu 4 officiers (3 tués et 1 blessé) et 171 hommes de troupe (34 tués, 137 blessés). Le 9, le front du régiment est rétréci et occupé seulement par un bataillon. Le 14 juin, l'ennemi qui, depuis 4 jours, a cessé ses réactions, déclenche à 16 heures un bombardement extrêmement violent sur tout le secteur ; c'est le prélude d'une contre-attaque et de combats acharnés qui se continuent le 15 et le 16, sans réussir à enlever les gains du 6 juin, mais ils causent de nouvelles pertes (2 officiers, 24 hommes tués ; 3 officiers et 151 hommes blessés et 5 hommes disparus).

Le 22 juin, le régiment relevé dans le secteur au Sud de Quennevières, bivouaque dans la forêt de Laigue, et et les 23 et 24 juin, il relève à Tracy-le-Val le 3e zouaves ; 6e bataillon à droite, occupant les tranchées à la lisière nord du village de Tracy-le-Val ; le 5e bataillon à gauche dans le bois du Quesnoy. Il reste dans ce secteur jusqu'au 11 juillet inclus. Relevé dans la nuit du 11 au 12, il est placé au repos à Rétheuil (5e bataillon) et Pierrefonds (6e bataillon et E.-M. du régiment).

Le 22 juillet, il est de nouveau mis en secteur au Sud de Quennevières, dans les positions conquises le 6 juin, où il relève le 321e R. I. Ses 2 bataillons sont d'abord en ligne (5e à droite, 6e à gauche) ; mais le 25, le 5e bataillon passe en soutien : 1 compagnie dans l'ancienne 1re ligne française, 1 compagnie à Écafaut et 2 compagnies à la carrière de Tracy. A partir de cette date du 25, les bataillons alternent tous les 4 jours en 1re ligne et en soutien. Le secteur est très agité, particulièrement la nuit, où les minenwerfers allemands font pleuvoir sur les tranchées des projectiles de tous calibres, jusqu'au 240, qui bouleversent tous les terrassements, causent des pertes journalières et obligent les occupants à un travail acharné et persistant pour réparer les dégâts. A partir du 14 août, le bataillon de soutien, au lieu d'occuper les emplacements indiqués ci-dessus, passe 4 jours dans la forêt de Laigue, carrefour des Plaines Maréchals. Cette situation dure jusqu'au 18 septembre.

 

Oise tranchée 1

Pendant le mois de Juin et Août 1915, 5 soldats du 316° régiment d'Artilerie de Vannes natifs de Séné sont morts. Qui étaient-ils et dans quelles circonstances sont-ils disparus.

 

Jean Marie LE BRUN :   5/09/1873 - 20/05/1915

Jean Marie BENOIT : 10/04/1883 - 6/06/1915

Louis François Marie MONFORT :     13/05/1885  - 15/06/1915

Louis LE FOL 9/10/1889 - 17/06/1915

Émile  CORFMAT /  22/07/1886 - 17/08/1915

 

 

Jean Marie LE BRUN :   5/09/1873 - 20/05/1915

Jean Marie LE BRUN nait dans la commune d'Elven dans une famille de cultivateurs. En épousant Marie-Françoise ROBINO en 1903 il devient sinagot. La famille réside au "Quatre Vents" comme le montre le dénombrement de 1906.

LE BRUN JM nait mari

Le préposé au dénombrement de 1906 avait oublié les propres enfants du ménage qui forment avec un domestique de ferme et une bergère la composition du foyer. On garde leur trace au dénombrement de 1911.

LE BRUN Jean Marie 1906

LE BRUN 4 Vents Cabaretier 1911

La fiche de matricule nous indique de Jean Marie LE BRUN, en tant que l'aîné d'une famille de 9 enfants est dispensé de conscription. Cependant il effectuera par deux fois des exercices militaires au 116° RI de Vannes en 1900 et 1903.

Il est mobilisé en août 1914 et rejoint el 316° RI. L'extrait d'acte de décès au régistre de Séné nous précise qu'il est décédé à Tracy Le Mont le 28 mai 1915 tué par un éclat de bombe ennemie alors qu'il était dans une tranchée en première ligne.

LE BRUN JM décès

Jean Marie LE BRUN a son nom gravé sur le monument aux morts d'Elven, sa commune de niassance  et sur le monument aux morts de Séné, son dernier domicile connu où sa femme veuve éleva ses deux enfants.


Jean Marie BENOIT : 10/04/1883 - 6/06/1915

Jean Marie BENOIT nait au billage de Brouel dans une famille de cultivateurs.

BENOIT JM 1883 Extrait

Le chef de famille décède avant 1903 car sur la fiche de matricule, l jeune Jean Marie est exempté de conscription car sa mère est veuve.

BENOIT Jean Marie réformé

Ceci nous est confirmé par le dénombrement de 1911. Les deux enfants vivent encore sous le toiu maternel qui est propréitaire cultivatrice.

BENOIT Jean Marie Brouel

Sa fiche de matricule précise que Jean Marie BENOIT  est mort des suites de ses blessures à Tracy le Mont, petit village au nord de Compiègen à l'âge de 32 ans.


Louis François Marie MONFORT :     13/05/1885  - 15/06/1915

MONFORT nait mariage

Louis Monfort nait le 13/05/1885 à Séné, sa famille habite au Gouavert près du bourg. La famille compte 5 garçons et vie de la terre.

MONFORT Louis François

E, 1908 Louis Monfort finit sa conscription. Il épouse le 15/10/1912 Marie Louise LE GUILLANTON de Balgan à Séné. Ils déclarent outs les deux la prfession de cultivateurs.

MONFORT guerre decès

Mobilisé en aout 1914 il rejoint le 316° régiment d'infanterie. Il décède "tué à l'ennemi" le 15 juin 1915 à Tracy le Mont.

Sa jeune veuve se remariera en avril 1918 avec son beau-frère Jean Marie Mathurin MONTFORT.

Le nom de Louis François Marie MONFORT figure au monument aux mort de Séné et sa tombe est située à la nécropole de Tracy n°1313.

MONFORT nécropol  Monfort Necropole

 

Louis LE FOL 9/10/1889 - 17/06/1915

La fiche de matricule de Louis LE FOL bien renseignée nous indique qu'il est né à Vannes le 9/10/1889, qu'il réside à Paris dans le XVIII° arrondissement et qu'il exerce la proffession d'infirmier. Célibataire, ses paretns résident à Séné quartier de Saint Laurent. Pour cette raison il figurera au monument aux morts de Séné.

 LE FOL infirmier

 Au dénombrement de 1911, la famille Le FOL apparait au grand complet avec ses 8 enfants. Le père est fermier, c'est à dire qu'il exploite les terres agricoles d'un tiers.

 LE FOL famille 1906b

 La fiche de matricule nous montre qu'à l'âge de faire sa conscription, Louis LE FOL s'engage au sein des pompiers de Paris. Il y restera jusqu'en octobre 1912. A-t-il participer à la sauvegarde de Paris lors de la crue centenale de 1910 ? A la mobilisation il rejoint le 118°RI de Vannes et plus tard il intègre le 316°RI.

LE FOL Louis guerre

 Louis LE FOL est blessé dans les tranchées de 'Oise avant d'être évacué à l'hôpital de Compiègne où il décède le 17/06/1915.

 LE FOL pompier 1910

Émile  CORFMAT /  22/07/1886 - 17/08/1915

 

Emile CORFMAT nait à Vannes au quartier de Bohalgo d'un père natif de Saint-Avé, fermier , et d'une mère, Meniech, née à Séné.

 Corfmat 1886 Extrait

Son origine maternelle sinagote l'a-t-il conduit à venir vivre à Séné. Au dénombrement de 1911, il y apparait marié et exerçant la profession de chiffonnier (comme le soldat RAULT).

CORFMAT

En cherchant on finit par trouver son acte de mariage à Séné le 17/01/1911 avec Léonie LE BARILLEC née à Ambon. Il vit au Versa et exerce la profession de chifonnier.

Après la mobilisation, CORFMAT est d'abord blessé le 11/08/1915 il est évacué par l'ambulance et décède le 17/08/1915 des suites de ses blessures.

 CORFMAT Emile décès

Son nom est porté aux monuments aux morts de Séné et en l'église Saint-Patern de Vannes. Son corps repose à Compiègne dans la Nécropole Nationale Royallieu, Carré D, tombe 109.

CORFMAT Necropole Royallieu    Corfmat Tombe

 

Il est des morts aux combat, des morts de suite de maladie, des suites de blessures, des morts par avarie ou tempête, mais certains soldats sont morts pendant la guerre par noyade.

Pour autant ils ont aussi oeuvré à l'effort de guerre ou combattu l'ennemi et à ce titre les Autorités leurs ont décerné la mention "Mort pour la France".

Qui étaient-ils et dans quelles circonstance s'est produit cet "accident de service".

 

Julien Marie GARJEAN : 17/09/1877 - 20/04/1916.

Julien Marie Garjean naît bien à Séné au village de Cano où ses parents sont cultivateurs comme l'indique son extrait de naissance.

GARJEAN extrait.jpg

A l'âge de la conscription, il déclare une adresse sur Vannes, ses parents sont décédés et il exerce la profession de cocher. Est-ce à cause de son emploie qu'il se retrouve incorporé dans le 3° Escadron du Train et des Equipages. Il s'agit des militaires qui assurent l'intandance et la logistique des armées. Les escadron du train predront rapidement une importance capitale pour assurer le mouvement des troupes et fournir au front toute l'intendance.

Garjean 3 ETEM

Dans l'hsitoire du 3° ETEM voilà ce qui est rapporté : "pour donner un aperçu du travail énorme nécessité par le passage du pied de paix à celui de guerre, il nous suffira de dire qu'au 31 juillet 1914 le 3e Escadron du Train comptait 14 officiers, 250 hommes de troupe, 180 chevaux répartis en trois Compagnies et qu'au cours de la campagne, il est arrivé à constituer 82 formations tant hippomobiles qu'automobiles, représentant, un effectif global de 579 officiers, 23.000 hommes de troupe, 14.500chevaux et plus de 4.000 voitures !"

La fiche de matricule de Garjean ne renseigne pas sur la localisation de son décès "par immersion". Il rapporte que le corps fut amené à l'hôpital de Bergues, indiquant que son escadron se trouvait sans doute dans le Nord.

GARJEAN sécès immersion

Julien Marie GARJEAN repose au carré militaire de Bergues : Carré, rang, tombe : 42.

 

Jean Marie LE GREGAM : 8/07/1879 - 4/10/1917

Jean Marie LE GREGAM est né à Cadouarn le 8/07/1879 au sein d'une famille qui vit de la pêche.

Le Gregam 1879

Il se marie le 25/07/1915 et fonde une famille à Séné comme l'indique le dénombrement. En 1908 il est papa d'une petite Lucienne.

LE GREGAM et sa femme

Sa fiche "d'Inscrit Maritime" est plus précise et indique la présence de 2 filles: Lucienne Marie Josèphe née en 1908 et Marie Rosalie Vincente née en 1913.

Le gregam Enfant femme

Cette même fiche comme plus tard l'état civil de Séné nous informe sur les circonstances de son décès :

LE GREGAM noyade détail

Selon le Tribunal de Bordeaux, Jean Marie LE GREGAM tombe dans la Garonne le 4/10/1917, alors que le bateau à bord duquel il est matelot, La Touraine, est à quai à Bordeaux. Porté disparu, son corps est retrouvé le 31/10/1917 et inhumé à Bordeaux le 3/11/1917.

La guerre a nécessité de transporter des troupes sur les différents fronts et notamment en Méditerranée, dans les Balkans et en Orient. Le gouvernement a réquisitionné des paquebots pour le transport des troupes. La Touraine a été reconverti en navire auxiliaire pendant le conflit.

Paquebot construit en 1890 par les Ateliers et chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire, La Touraine affiche 8429 tjb, 3378 tjn, 158,55 x 17,00 x 10,50 m, 2 machines à triple expansion. Navire de la Compagnie Générale Transatlantique, lancé à Saint-Nazaire en 1891, fort de 12000 cv, atteignant 19 noeuds grâce a ses 14 chaudières. 

Il fait partie de la grande famille de paquebots portant un nom d'une province française (Normandie, les Bretagne, Champagne, Bourgogne, Gascogne, Bretagne, Touraine, Aquitaine, Navarre, Lorraine, Savoie et Provence).

LE GREGAM LA TOURAINE

« La Tourraine », de 157 mètres de long, pouvait transporter 1090 passagers. En 1891, il était alors le plus grand paquebot français en tonnage et le cinquième dans le monde. Il était également le dernier paquebot de la Compagnie à posséder des voiles. Entré en service en juin 1891 sur la ligne Le Havre-New York, il était alors le navire le plus rapide de la Transat, il atteignit la vitesse moyenne de 21,2 nœuds en juillet 1892 au cours d’une traversée de l’Atlantique en 6 jours 17 heures et 30 minutes. Entre 1900 et 1902, il est complètement refondu et modernisé. Un de ses mâts est supprimé. En janvier 1903, un incendie endommage une grande partie des aménagements pour passagers. A partir de 1913, il effectue l’été des rotations avec le Canada. En octobre 1913, il se porte au secours du paquebot italien « Volturno » en feu au milieu de l’Atlantique et en recueille 42 rescapés qu’il débarque à New York.

Pendant la Première Guerre mondiale, il continue à assurer le service de New York et est ensuite utilisé comme croiseur auxiliaire.

Début août 1914, avec les paquebots Niagara, appartenant également à la flotte de la Compagnie générale transatlantique, et Malte, de la Compagnie des chargeurs réunis, La Touraine est inscrit sur la liste des bâtiments de guerre français (J.O. 6 août 1914, p. 7.220 ; J.O. 11 août 1914, p. 7.335).

Fréquemment utilisés comme transports de troupes, les paquebots "provinces" rallient les Antilles à la métropole, Marseille aux Dardanelles et à Salonique.

De juin à août 1923, La Touraine est utilisé comme hôtel flottant à Göteborg, en Suède durant une foire-exposition. A cette occasion, il est rebaptisé « Maritime » et sa coque est repeinte en gris, avant d’être démoli à Dunkerque fin 1923.

 

 

 

 

 
 

Remerciement à Yannick ROME.

Le Suffren est un cuirassé français, mis à l'eau le 1899 et coulé avec son équipage le 26 novembre 1916, au large de Lisbonne. Il s'agit d'une amélioration de la classe Charlemagne. Il fut nommé en l'honneur de l'amiral Pierre André de Suffren.

LE FLOCH Suffren

En 1915, le Suffren est le navire amiral d'une escadre de quatre cuirassés français, commandée par le contre-amiral Guépratte, qui participa aux opérations navales dans les Dardanelles. Pendant l'attaque du Détroit des Dardanelles le 18 mars 1915, le Suffren fut gravement endommagé par l'artillerie ottomane qui causa des voies d'eau, rendant les canons inopérants. Le Suffren dut se rendre à Malte pour effectuer des réparations.

Après avoir participé aux opérations à Gallipoli et à Salonique, le Suffren faisait route vers Lorient pour se ravitailler lorsqu'au large des côtes portugaises, près de Lisbonne, il fut torpillé par un sous-marin allemand U-52, le 26 novembre 1916. Les dégâts qui lui avaient été infligés aux Dardanelles ne lui permettaient d'aller qu'à 10 nœuds, mais le mauvais temps réduisait encore sa vitesse à 9 nœuds ; de plus il était sans escorte au moment de l'attaque. La torpille atteignit les moteurs et le Suffren coula en l'espace de quelques secondes, emportant par le fond ses 648 membres d'équipage.

http://www.histomar.net/GSM/htm/suffren.htm

Les U 52 et U 35 en surface en 1916.

LE FLOCH SM U 52 meeting U 35

 

Parmi les hommes disparus ce 26/11/1916, figure Auguste Louis Marie LE FLOCH né à Séné le 27/05/1869 à Montsarrac. Sa famille n'est pas sinagote de souche et pour cause, le père, Edouard Le Floch est matelot des doaunes. De nombreux marins et soldats seront issus de cette profession. Nombreux seront à épouser des filles de Séné et finir leur jours à Séné. Les douaniers donnerons même un maire à notre commune.

LE FLOCH Extrait 1869

A cause des mutations dans les douanes, la famille n'est plus à Séné au dénombrement de 1906.

Auguste Le Floc a été engagé volontaire.

Résidant à Larmor-Plage avant la guerre son nom figure au monument aux mort de Larmor-Plage.

LE FLOCH larmor plage.jpg

 

 

 

 

Une économie de guerre à besoin de beaucoup de matières premières, du charbon pour l'industrie et des armes, des métaux pour la construction navale et l'armerment et encore des denrées pour alimenter un pays en guerre. Le rôle de la marine marchande a été primordial pour faire tourner une économie tournée vers la guerre.

Le marin sinagot Célestin JACOB a péri en mer embarqué dans un navire de commerce à la précieuse cargaison. Qui était-il et dans quelles circonstances a-t-il disparu en mer ?

 

Célestin Joseph Marie JACOB : 28/01/1888 - 3/11/1916

Le monument aux morts de Séné compte 86 noms dont celui de Célestin JACOB.

Jacob Célestin mort

Les registres des décès de Séné ne semble pas répertorier la mort de ce soldat dans leur pages qui vont de 1914 à 1930.... Comment dès lors retrouver sa trace et renseigner sur les circonstances de sa disparition ?

La consultation des tables décennales nous permet de retrouver un "Célestin Joseph Marie JACOB".

JACOB Célestin Table décennale

Son existence nous est confirmée par son extrait d'acte de naissance mais celui-ci ne comporte aucune mention marginale de son décès. Célestin Joseph Marie JACOB est né à Séné au village de Langle le 28/01/1888.

Jacob Célestin 1888

La consultation méthodique du registre du dénombrement de 1906 permet d'identifier la famille Jacob à Langle. La maman est épicière, le père et les garçons marins. La famille emploie une servante.

JACOB Célestin famille 1906.jpg

Mais est-ce bien notre "Poilu" ?

La consultation des fiches de matricule des archives du Morbihan nous donne une information supplémentaire, la date de son décès et son enregistrement dans la ville du Havre. Il n'a pas été retranscrit sur Séné. Aucune donnée sur sa conscription ou ses états de services.

JACOB Matricule mort

Que c'est-il passé ce 3 novembre 1916 ?

L'absence de parcours militaire sur la "campagne d'Allemagne" laisse penser à un marin de marine marchande (voir autres cas Danet, Guyomar..).

En cherchant sur internet avec comme mot clef la date du 3 novembre 1916, on finit par trouver avec pas mal d'attention et de patience un site qui parle d'un navire disparu en mer à cette date, le PML1.

De fil en aiguille on apprend que le PLM1 est un bateau de la Société Nationale d'Affrêtement, filiale d'une compagnie de chemin de fer, basée au Havre, ville où a été enregistré le décès de Jacob Célestin.

La magie d'internet nous fait attérrir sur un site qui donne toutes les caractéristiques de ce bateau :

PLM1 détail

En cliquant sur les forums on finit par trouver les circonstance de la dispariton du bateau et sa mission.

Le PLM1 de la Société Nationale d'Affrêtement venait de quitter le port anglais dans les Cornouiailles à Penzance avec sans doute dans ses soutes de l'étain. La ville anglaise avant guerre est connue pour ses mines d'étain et ses fonderies. Le métal est précieux pour confectionner les conserves de fer blanc qui serviront à produire des aliments en conserve pour les soldats.

Le PLM1 a-t-il été torpillé ?

Un internaute emet l'hypothèse d'une disparition en mer dans la tempête . Il retrouve le bulletin météo de l'époque.

JACOB météo nov 1916      JACOB Edison Light PLM1

 

Enfin un autre abonné du forum 14-18 a retrouvé au Havre le compte-rendu du Tribunal :

   Jugement rendu le 7 mars 1919 par le Tribunal civil du Havre et transcrit au Havre le 3 avril 1919 (Registre des actes de décès de la ville du Havre, Année 1919, f° 52, p. 6.090, acte n° 1.388).   
    « Attendu qu’il est établi par les pièces et documents versés au dossier que le vapeur P.L.M., immatriculé au Havre, numéro quinze cent soixante-et-onze, armé au Havre, parti de Penzance le trois novembre mil neuf cent seize à destination de Marseille avec un équipage de vingt-huit hommes, dont six officiers, a été perdu corps et biens au cours des violentes tempêtes qui ont sévi dans l’Atlantique et notamment dans le Golfe de Gascogne pendant le première quinzaine novembre mil neuf cent seize ; ... »

Parmi les hommes d'équipage disaprus on lit :

"JACOB Célestin Joseph Marie, né le 28 février 1888 à Séné (Morbihan) et y domicilié, Second mécanicien, inscrit à Vannes, n° 1.213. Fils de Jean Marie JACOB et de Prudence Marie NOBLANC. Célibataire. "

Célestin Joseph Marie JACOB avait 28 ans lorsque son navire le PLM1 ayant chargé de l'étain dans le port des Cornouailles de Penzance est pris dans une violente tempête et disparait en mer.

Son nom figure au monument aux morts de Séné.

 

Enfin la consultation de sa fiche d'Inscrit Maritime confirme ce décès en mer.

JACOB Célestin PLM1

Pendant la guerre Célestin JACOB aura servi dans différentes unités.

JACOB Célestin Marine guerre

 

 

 

 

On se sera pas étonné de compter 16 marins nés ou domiciliés à Séné et "Morts pour la France" pendant la guerre de 14-18.

Parmi ces marins, il y avait des soldats et il y avait des marins de la marine marchande qui oeuvraient à l'effort de guerre. Les marins Danet et Jacob sont morts dans leur mission. Dans quelles circonstances et qui étaient-ils ?

 

Julien Marie DANET : 25/04/1890 - 16/02/1917

Il est né à Cadouarn le 25/04/1890, comme l'indique son acte de naissance, ses parenss sont alors pêcheurs.

DAENT Julien Marie Extrait

Comme beaucoup de jeunes garçon de son âge; il devient mousse dans la marine. Son premier bateau en juin 1904 est le canot Joseph Louis Marie

DANET Julien Marie Mousse

On le retrouve lors du dénombrement de 1906 avec ses deux soeurs et ses parents.

DANET Julien Marie 1906

Son acte de décès au registre d'état civil de Séné nous apprend qu'il est à bord du cargo charbonnier le NIOBE alors que celui-ci est torpillé par un sous-marin allemand le 16/02/1917.

DANET Julien Marie NIOBE

Le NIOBE est un navire auxiliaire construit par les chantiers Sunderland Shipbuilding, South Dock, Sunderland, en Grande-Bretagne pour le compte de la Société Navale Caennaise.
Mis à flot : 1905  
Terminé : 01.1906
En service : 01.1906 (MM)
En service : 20.12.1915 (MN)
Retiré : 16.02.1917    
Caractéristiques : 1 319 tjb ; 1 900 tpl ; 72,80 x 10,48 x 4,26 m ; 1 050 cv ; machine à triple expansion.  
Armement : N.C.   
   
Le cargo charbonnier à vapeur NIOBE effectue une traversée Cardiff – Bordeaux avec du charbon. Il est torpillé et coulé le 16/02/1917 dans le Golfe de Gascogne à 8 milles dans l’W de la bouée des Baleines par le sous-marin allemand UC 21 (OL Reinhold Satzwedel) par 46°14,4N et 001°48,7W.

Sur 32 hommes qui étaient à bord, 14 seulement ont pu être sauvés par un bateau bellilois. On compte une dizaine de disparus. 

Sa fiche d'inscrit maritime porte une information complémentaire :

DANET Julien Marie NIOBE fin

Le corps du matelot sinagot Julien Marie DANET, célibataire, âgé de 27 ans, est toutefois repêché près de La Rochelle en présence de l'agent d epolice auxiliaire et du garde champêtre. Il sera inhumé au cimetière de La Pallice à La Rochelle le 19/02/1917 comme l'indique son acte de décès.Son nom figure au monument aux morts de Séné.

DANET Julien Marie 17

 

Louis Pierre ROLLAND : 20/09/1889 - 17/07/1918

Le site "geneanet" nous donne une première piste sur une  "ROLLAND Louis" natif de Séné et décédé lors du torpîllage du Saint-Georges.

ROLLAND Louis GENEANET

La confrontation de ces données avec celles de l'état civil permet d'éliminer des homonymes et d'identifier Louis Pierre ROLLAND né à Séné le 20/09/1899 et non en 1889. Cette erreur permet d'avoir un doute sur les informations de geneanet qui malgré tout ouvrent une piste de recherches...

 Rolland Extrait 1899

Le dénombrement de 1911 indique que ce Louis Pierre Rolland est le fils aîné de la famille rédidant à Bellevue. Le père Louis Marie qui était matelot des douanes est décédé.

Rolland Louis Pierre 1899

Un autre site indique que ce bâtiment de marine, le Saint-Georges (1894-1918), ex-cargo Patrator racheté en 1917 par l'armement D. Hyafill d'Oran a été renommé Saint-Georges. Le Saint Georges est torpillé et coulé par le sous-marin U-60, à 15 milles au SW d'Hartland Point, lors d'un voyage au départ de Penarth ville près de Cardiff où il venait charger du charbon et à destination de Rouen.

Cependant un site spécialisé sur les sous-marins allemends précise que le St-Geroges fut coulé le 17/07/1918.

Rolland st george

17 juillet 1918 : Alors qu’il allait de Penarth (Pays de Galles, Royaume-Uni) à Rouen avec un chargement de charbon, torpillé et coulé par le sous-marin allemand U-60 (Kapitänleutnant Franz Grünert), à 15 milles dans le Sud-Ouest d’Hartland Point (Devon, Royaume-Uni), par 50° 47’ N. et  04° 38’ W. Les survivants sont recueillis par le navire norvégien Dana. 11 victimes.

On cite aussi la liste des matelots disparus avec un certain Louis Rolland de Vannes, sans doute parce qu'il est "Inscrit maritime" à Vannes et non natif de Vannes. Son nom n'apparait pas au monument aux morts de Vannes.

Rolland croix guerre  pages1418 copie

Ce n'est que la consultation de sa fiche d'inscrit maritime à Lorient qui permet éclaire parfaitement. Louis Pierre ROLLAND en 1912 à l'âge de 13 ans commence sa vie de marin en tant que mousse sur le canot Saint-Louis à Séné. Ensuite il embarque sur la goëlette Ravissante puis sur l'Eugène Gaston. Il change de bateau pour des vapeurs et devien novice, soutier et ensuite chauffeur.

Rolland Louis Pieere mousse

 

ROLLAND St George decès

Louis Pierre ROLLAND est bien à bord du Saint-Georges au large du Pays de Galles lors de son torpillage. Il transportait du charbon à destination du port de Rouen. C'est dans cette ville que le tribunal statuera sur le décès du marin sinagot le 17/07/1918 âgé de 19 ans.

Son décès n'a pas été transposé à l'état civil de Séné mais le jeune Sinagot est bien inscrit sur la liste gravé du monument aux mort.

 

 

 

 

 

 

 

L'étude menée sur les soldats de Séné porte sur les 86 Poilus inscrits au monument au morts et tient compte des "5 Oubliés" ainsi que des soldats natifs de Séné au nombre de 24.

Le total s'élève donc à 118 soldats natifs ou domiciliés à Séné.

Le tableau suivant, établi à partir des fiches "Mémoire des Hommes", des fiches de matricules des Archives et de l'état civil de Séné, indique que 23 soldats sont morts de maladie.

SENE 14 18 TABLO

Cela représente 1 soldat sur 6 qui n'est pas mort au combat. 16% de mortalité liée à des maladies révèlent des conditions d'hygiène déplorables tant sur le front qu'à bord des bâtiments de la marine.

Il s'agit essentiellement de maladies des voies respiratoires notamment la tuberculose, à mettre en relation avec les conditions dans les tranchées en hiver, la boue et la pluie pour les combattant à terre et pour les marins, la grande majorité des morts de maladie, sur le compte des conditions à bord, l'humidité et le manque d'hygiène.

 Une affiche de l'époque parle même de "blessés de la tuberculose".

SENE Tuberculose affiche

Cet échantillon de Poilus sinagots montre qu'un seul est mort de maladie sur le front sans avoir pu être évacué dans un hôpital.

10 soldats ont eu "la chance" de finir leurs derniers jours chez eux à Séné après être passés dans un hôpital.

3 soldats sont morts à l'étranger, hopital de Casablanca, hôpital de La Havane ou de Giurgiu en Roumanie. Ces exemples nous rappellent que la guerre fut bien mondiale.

9 autres soldats sont morts dans des hôpitaux en France en arrière du front.

 

Au delà de cette statistique, intéressons nous au sort de quelques uns de ces soldats de Séné.

Partie 1/3 :

LE BIGOT Jean Marie : 18/11/1888 - 29/10/1918

LE BRAS Ferdinand Mathurin Marie, 30/03/1882 - 22/02/1915

LE MENACH Louis Marie Francis : 17/09/1884 - 2/01/1919

Jean Marie LE BLOHIC : 22/02/1888 - 14/06/1916

Armel Pierre Marie BOURVELLEC : 26/08/1886 - 16/03/1920

Jean Marie Joseph GAREC : 11/06/1895 - 18/10/1917

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LE BIGOT Jean Marie : 18/11/1888 - 29/10/1918 Célibataire

Voici ce que nous dit de lui sa hiérarchie : "Le Bigot Jean Marie n° matricule 8588 classe 1908. Au front depuis le début de la campagne, novembre 1914 et en Orient depuis juillet 1917, a toujours fait preuve d'antrain et de courage dans les situations les plus dangereuses.  Bon pointeur. Blessé à la poitrine par réclatement de la pièce le 9 juin 1918 au cours d'une tir sur les tranchées bulgares. Je cite le canonnier le Bigot comme un exemple de service dévoué. Le Colonel Commandant signé Bouguitechevitz."

Cet exemple nous rappelle que la Bulgarie s'est rangée du côté des "Empires" centraux d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie et ottoman.

Jean Marie LE BIGOT est né à Vannes le 18/11/1888, son père est cultivateur à Bohalgo. La famille viendra s'établir à Kernipitur et on retrouve au dénombrement de 1911 trace de son frère Joseph Marie et de sa soeur Marie Perrine. Pour cette raison, Le Bigot est inscrit au monument aux morts de Séné.

Les "Le Bigot" seront endeuillés 3 fois en cet automne 1918, quelques semaines avant l'armistice. Le frère cadet, François Marie Pierre LE BIGOT né le 22/11/1897, sera gazé à Cempius (Oise) le 6/09/1918; Leur domestique de ferme, François Marie BREDOUX, caporal au 264° Régiment d'Infanterie, décédera à Sommety Tahure le 30/09/1918.

Jean Marie Le Bigot décède quant à lui à l'hôpital de Salonique le 29/10/1918 des suites d'une maladie contractée durant le service.

LE BIGOT Famille Kernipitur 1911

 

LE BRAS Ferdinand Mathurin Marie, 30/03/1882 - 22/02/1915 marié

Ferdinand Mathurin LE BRAS est né à Séné le 30/03/1882. Sa famille habite Kerarden comme l'indique le dénombrement de 1906. Son père est marin et sa mère, ménagère c'est à dire femme au foyer.

LE BRAS Morio Famille 1906b

A l'âge de 20 ans le jeune LE BRAS effectue sa conscription. Il est encore domicilié à Séné. comme l'indique sa fiche de matricule.

LE BRAS Ferdiand Portrait

LE BRAS identité

Par contre son prénom n'apparait pas au dénombrement de 1911 aux cotés de ses frères et soeurs. Est-il déjà sur Vannes ? Il y contracte mariage avec Marie Joséphine PROSPER le 2/10/1912 comme l'indique la mention marginale de son extrait de naissance. Désormais domicilié à Vannes, ce natif de Séné sera inscrit au monument aux morts de Vannes.

LE BRAS décès Casablanca

Sa fiche "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il est marin à bord du Duchayla quand il est transporté à l'hôpital de Casablanca au Maroc où il décède le 22/02/1915 d'une tuberculose pleurale.

LE BRAS DuChayla

Du Chayla : Croiseur de 2ème Classe lancement. 1896 Escadre Méditerranée, occident et du Levant Cap. de vais. BENOIT 06/1907 Déplact. 3950 tx., long.99 m, larg. 14 m, tirant d'eau 6,25 m, vitesse 19,8 n, coût 7.857.000 F, pont cuirassé 80 mm
Armement : 6 canons de 164 mm, 4 canons de 100 mm, 15 pièces d'art. légère.
Équipage : 14 officiers et 385 hommes.

 

LE MENACH Louis Marie Francis : 17/09/1884 - 2/01/1919

Louis Marie francis LE MENACH nait aux Quatre-vents en Séné le 17/09/1884 au sein d'une famille de cultivateurs comme son extrait de naissance et le dénombrement de 1911 l'indiquent.

LE MENACH 4 Vents

A l'âge de la conscription, il est engagé volontaire pendant presque 4 ans de mai-1903 à nov-1907. Sa fiche de matricule ajoute qu'il sera mobilisé le 2/08/1914 et intègre le 116° régiment d'artillerie de Vannes le 12/08/1914. Il est blessé gravement sur le front français le 28/02/1915 sur la butte de Vauquois située à 25 km à l'ouest de Verdun. A Vauquois, Allemands et Français expérimentent la "guerre des mines" dans des galeries creusées sous la butte. Assauts et explosions feront 3000 morts du 28/02 au 4/03 de 1915.

http://butte-vauquois.fr/histoire-de-vauquois/

LE MENACH Louis DECEDE

Comme l'indique sa fiche, après 7 mois de soins et convalescence, il part pour l'Armée d'Orient le 1er octobre 1917. Après une période de neutralité, et contrairement à la Bulgarie, la Roumanie déclare la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie. A l'issue de la guerre la Roumanie réussira à réunir sur un seul territoire l'ensemble de sa population roumanophone.

Après le 11/11/1918, la guerre continue quelques mois encore dans les Balkans où la Roumanie combat encore les Hongrois. Loin de rentrer au bercail, Le Menach contracte sur les bords du Danube, la fièvre typhoïde en décembre 1918 avant d'être évacué à l'hôpital de Giurgiu où il décède le 2/01/1919.

Son corps repose au carré militaire Français de Bucarest. L’orthographe du nom de famille est différente entre la croix funéraire (LEMEYNAC).

Le Menach carre bucarest

 

Jean Marie LE BLOHIC : 22/02/1888 - 14/06/1916

L'extrait de naissance de Jean marie Le Blohic nou sindique que son père est marin, sa mère pécheuse et que la famille habite le village du Meniech à Séné en 1888.

LE BLOHIC Extrait

Le dénombrement de 1906 nous décrit la famille Le Blohic composée des parents et de quatre enfants. Jean Marie l'ainé des garçon est pêcheur. Le dénombrement de 1911 ne renseigne pas plus.

LE BLOHIC Jean Marie 1906

Sa fiche d'inscrit maritime nous indique qu'en 1901 à l'âge de 13 ans il a son premier poste de mousse au sein du canot "Cours Après".

LE BLOHIC mousse

En 1912, il se marie à Séné avecJeanneMarie DANET du village du Meniech. Le couple déclare la profession de pêcheur et pêcheuse.

C'est tout naturellement qu'il fera sa conscription dans la marine et pendant la campagne d'Allemagne il est torpilleur sédentaire à la base fixe de Lorient, affecté à la caserne du 3° Dépôt comme l'indique sa fiche "Mémoire des Hommes" et sa fiche "d'Inscrit Maritime".

LE BLOHIC 3 dépot

On lit qu'il décède d'une fièvre paratyphoïde non épidémique avec la mention "qui peut avoir été contractée en dehors du service".  Il en meurt le 14/06/1916 et il est inhumé à Séné le 16 juin. Il sera reconnu "Mort pour la France". On lit égalemement que sa veuve a eu droit à une allocation pour soutien de famille.

LE BLOHIC Lorient2

LE BLOHIC décès inhumé

Le registre de la paroisse de Séné nous confirme que jean marie LE BLOHIC fut enterré au cimetière communal.

LE BLOHIC inhumation

Armel Pierre Marie BOURVELLEC : 26/08/1886 - 16/03/1920

Le cas de Bourvellec intrigue. Sur le monument aux mort, il est inscrit avec une faute d'orthographe qui met un doute. La consultation des registres de l'état civil de Séné nous donne bien un "Bourvellec Armel" décédé en 1920 bien tard après l'armistice de 11 novembre et sans aucune mention marginale de "Mort pour la France".

Bourvellec monument

Au dénombrement de 1911 on retrouve la trace d'un Bourvellec mariée à Marie Honorine ALANIOUX. Ce mariage et bien porté sur l'acte de naissance de Bourvellec. Le site "mémoire des Hommes" ne répertorie pas de Bourvellec mais donne un autre soldat né à Séné au nom de Le Bourvelec, fusilier marin mort à Dixmude. Il y a-t-il erreur de personne ?

BOURVELEC Armel famille

Bourvellec Extrait

La fiche de matricule aux Archives du Morbihan nous indique qu'il s'agit d'un militaire "Inscrit Maritime" et confirme son décès à Séné le 16/03/1920 bien loin du front. La consultation des archives au service de documentation de la marine à Lorient nous permet d'y voir plus clair.

Bourvellec marin

Armel Pierre Marie BOURVELLEC fait se début en tant que mousse sur le canot "Fleur de Marie" le 15/04/1899 à l'âge de 13 ans. Il deviendra par la suite "novice" en 1903 et enfin matelot en 1905 à bord du canot le "Jeanne d'Arc".

Son axtrait de mariage nous apprend qu'il vit comme sa future épouse à Langle et il se marie le 5 septembre 1910 avec Marie Honorine ALLANIOUX.

Pendant la campagne d'Allemagne on le retrouve donc matelot dans la marine. Son dernier poste est sur le Cassard où il contracte sans doute la tuberculose. Il rejoint le 4° puis 3° dépôt à Lorient avant d'être réformé-1 et rejoint son domicile. Il souffre de tuberculose pulmonaire bilatérale (les deux poumons) ouverte.

Bourvellec guerre

Cependant, pendant sa convalescence il va continuer à être marin jusqu'au 15/06/1919. Il décède à Séné 9 mois plus tard. Sa maladie contractée pendant le service lui vaut d'être déclaré "Mort pour la France" et son nom est gravé avec une faute d'orthographe au monument au morts de Séné.

Bourvellec tuberculeux

 

Bourvellec Armel Tuberculose  Bourvellec Cassard

 Armel Pierre Marie BOURVELLEC a été inhumé à Séné au cimetière communal le 17 mars 1920. Il était le beau-frère de Honoré ALLANIOUX dont il avait épousé la soeur Marie Honorine  ALLANIOUX le 5/09/1910.

BOURVELEC Inhumation

Jean Marie Joseph GAREC : 11/06/1895 - 18/10/1917

 GAREC JM extrait

 

Jean Marie GAREC naît sur l'Ïle d'Arz. Son père est meunier sur l'île. Cependant, face au début des machines à vapeur (lire histoire du moulin de Cantizac à Séné) et à l'essor du transport, le moulin à marée de l'île d'Arz ne moudra bientôt plus de blé ou de sarrasin. La famille Garec vient s'installer à Séné. On la retrouve au dénombrement de 1911 et elle compte 8 enfants. Jean Marie est le 4° et dernier à être ildarais de naissance. Les quatres autres enfants sont sinagots. La traversée de la famille pour Séné a eu lieu entre 1895-1897. Le père s'est reconverti en laboureur-paludier, les deux fils les plus âgés sont marins pêcheurs, Jean Marie aide son père à cultiver la terre.

GAREC JM famille

 

Il faudra consulter la fiche d'inscrit maritime de Jean Marie GAREC. Les archives du Morbihan dispose de celle de son frère qui reviendra sain et sauf de la guerre.

La fiche "Mémoire des Hommes" nous indique qu'il décède des suites d'une pleurésie hémorragique contractée pendant le service. Il est évacué vers l'hôpital complémentaire de Verneuil sur Avre qui occupe l'école Les Roches Blanches.

GAREC deces maladie 

Un hôpital complémentaire n'est pas un seul bâtiment mais un réseau d'établissements en liaison avec le principal hôpital.

HC n° 33  Verneuil-sur-Avre - Ecole des Roches, Les Roches - 528 lits - Fonctionne du 4 août 1914 au 30 décembre 1917 -
Annexes: Ecole maternelle, rue Croix Saint-Pierre - 52 lits - Fonctionne du 11 novembre 1914 au 22 décembre 1917 -
Maison Mlle Desbrosses, rue Gambetta - 27 lits - Fonctionne du 2 novembre 1914 au 10 février 1916 -
Hospice, rue des Marronniers - 70 lits - Fonctionne du ? au 3 janvier 1919 -
Château du comte de Jarnac, à Condé-sur-Iton - 25 lits - Fonctionne du 10 octobre 1915 au 3 janvier 1919 -
Patronage "La Jeunesse Vernolienne" - ? - Fonctionne du 3 novembre 1914 au 20 septembre 1917 -
Abbaye Saint-Nicolas - ? - Fonctionne du 3 novembre 1914 au 22 décembre 1917 -
? , rue des Canons - ? - Fonctionne du ( ? au ? ) -

 

Jean Marie Joseph LE GAREC décède malgré les soins le 18/10/1917. Son corps est enterré dans le cimetière et sa tombe est encore visible aujourd'hui. 

Il a du "profiter" d'une permission car il se marie le 3 juin 1917 à Séné avec Augustine Marie CORLAI domestique de ferme à Gressigna; L'acte de maraige mentionne qu'il est actuellement mobilisé au régiment de fusiliers marins.

GAREC tombe verneuil   GAREC mariage CORLAI 1917

GAREC Ecole des Roches Verneuil 1900

 

 

 

Le transport de charbon était un maillon important de la révolution industrielle. Au débuut de XX°siècle, des compagnies de transport maritime assurent le transport de charbon depuis le Roayume Uni vers la continent ou les îles.

Le récit de ces deux marins charbonniers, péris en mer, nous montre que l'activité n'était pas sans danger.

PIERRE Ange Marie [24/05/178 Kerarden 04/03/1912 ] Vapeur Belle Ile

Georges Marie JEAN [ 22/01/1878 Ile d'Arz 18/11/1916 ] Charles LE BORGNE

 

PIERRE Ange Marie [24/05/178 Kerarden 04/03/1912 ] Vapeur Belle Ile

Une mention marginale sur le registre de décès de Séné interpelle l'historien local. On y apprend que Ange Marie PIERRE est déclaré par le Tribunal de Nantes disparu en mer en date du 4 mars 1912. Il laisse une veuve Marie Julienne KERIO épousé le 9/1/1905.  On lit qu'il était chauffeur sur le vapeur BELLE ILE.

1912 PIERRE Décès

On vérifie avec méthode son acte de naissance qui comporte bien la mention marginale de son marriage.

1878 PIERRE Ange Marie Extrait

L'identité du marin vérifiée, on cherche a en savoir plus sur le vapeur BELLE ILE. Le jugement a eu lieu à Nantes, aussi on recherche dans les Archives de Loire Atlantique une mention du BELLE ILE. Ces archvies ont mis en ligne une base de données sur les matricules des navires. En quelques clics, on retrouve l'identité du vapeur BELLE ILE et les différents voyages entrepris.

1912 VAPEUR Belle Ile voyage

On lit qu'il est parti de Penmarth près de Cardiff au Pays de Galle le 4 mars 1912. Cette date sera retenue pour date de décès. On note la compagnie de trnasport : Société des Chargeurs de l'Ouest.

Muni de ces informations on se lance dans une recherche sur la presse numérisée. Ouest Eclair semble le support plus adapté que la presse du Morbihan. En tapant le mot clef "chargeur" pour l'année 1912, on réussi à trouver un article de presse qui nou slivre le rôle d'équipage et quelques précisions sur le dernier voayage entreprise par le vapeur BELLE ILE.

PIERRE equipage Belle Ile

Sa veuve, Marie Julienne KERIO se retrouve avec plusieurs enfants en bas âge. Elle décède le  .Son enfant, Ange PIERRE [7/9/1910-1/06/1192], orphelin est recueilli par son oncle, le pêcheur de Séné, Hyacinthe KERIO qui vit avec son épouse Léonie LE DORIOL. Celle-ci accouchera de triplées. [Lire portrait des Kerio].

PIERRE Ange 1910 1992

Sa petite-fille, Catherine PIERRE précise : Ange Marie PIERRE naquit le mercredi 07 septembre 1910 à 17h à Montsarac commune de Séné, il est le fils d’Ange PIERRE et de Marie Julienne KERIO. Il a deux ans quand son père péri en mer. Au décès de sa mère, il est recueilli par son oncle et sa tante. il refusera  d'être pupille de la marine, naviguera avec son oncle sur "Léonie ma chère". Il rentrera dans la marine de commerce du Havre et naviguera sur le Valmy, sur le Normandie qui fit naufrage dans le port de New-York et sur le Liberté à partir de 1950. il est décédé en 1992 à Vannes. 

 

Georges Marie JEAN [ 22/01/1878 Ile d'Arz 18/11/1916 ] Charles LE BORGNE

La Première Guerre Mondiale a emporté des marins enrolés dans la marine de guerre. D'autres marins de la marine marchande sont morts du fait d'un acte de guerre et sont déclarés "Morts pour la France". D'autres marins comme Georges JEAN, sont disparus en mer sur un navire  qui oeuvrait pour l'effort de guerre de la France.

Georges Marie JEAN était né à l'Île d'Arz en comme l'indique son extrait d'acte de naissance.

JEAN Georges Marie 1878 extrait

Sa fiche d'Inscrit Maritime conservée au Service  Historique de la Défense de Lorient nous indique qu'à l'âge de 11 ans il est mousse dans la marine. Le 25/02/1889, il embarque sur le Canot Eugène entre Vannes et l'Ile aux Moines.

JEAN Georges Mousses

Il s'est marié à Séné le 24/10/1906 avec Marie Pascaline Trehondart comme l'indique son extrait de naissance et l'acte de mariage à l'état civil de Séné. Pascaline TREHONDART était la soeur du Capitaine au long court Ange Marie TREHONDART qui péri à bord du CHANIRAL (lire article dédié).

JEAN mariage TREHONDART

La jeune épouse habite bien au Ranquin comme le montre l'extrait du dénombrement de 1906. La jeune femme et son frère encore célibataires vivent sous le toit de leur soeur aînée mariée à Jean Marie LE FRANC.

JEAN x famille TREHONDART 1906

Son acte de décès consultable sur les registre de Séné nous indique qu'il disparait en mer le 18 novembre 1916, en rade de Barry au sud des côtes du Pays de Galles.  

JEAN Barry Dock

JEAN Georges Mort

Georges Marie JEAN était matelot sur la vapeur charbonnier de la compagnie Le Borgne, nonmé le "Charles Le Borgne" qui allait chercher du charbon dans le port gallois de Barry, comme le confirme sa fiche d'inscrit maritime.

Jean Barry Disparution

 

 

 

 

La ville de Séné a donné le nom d'une esplanade à Port-Anna en l'honneur du charpentier de marine, Julien MARTIN.

Esplanade Julien MARTIN

Que sait-on de Julien Marie MARTIN [1846-1939] dernier constructeur de sinagots à Séné?

L'histoire des Chantiers Martin, remonte à la fin du règne de Louis XV vers 1765. La France et la Bretagne sortent épuisées de la Guerre de 7 ans [1756-1763]. Beaucoup de marins sinagots y perdèrent la vie, notamment lors de la Bataille des Cardinaux en 1759. Séné comptait déjà des familles de charpentiers. La famille MARTIN va se distinguer en embrassant cette profession sur 4 générations et 150 ans!

Les chantiers de construction de bateaux étaient très rudimentaires. Au contraire d'un boulanger qui transmettait un four, un charpentier transmettait quelques outils et surtout une expérience dans la construction des bateaux. Les sources sont rares. On peut toutefois s'appuyer sur les régistres d'état civil pour en savoir plus sur ces charpentiers de marine.

En étudiant l'arbre généalogique, on trouve bien un certain Guillaume MARTIN [ca 1670 - ca 1730] marié à Guyonne BENOIT [ca 1670-ca 1730], qui ne semble pas être ni calfat ni charpentier mais fournier (à préciser). L'acte de mariage de son fils, Pierre MARTIN {ca 1700 - 25/1/1767] et son acte de décès ne renseignent pas plus sur la profession de Pierre Martin.

De cette union, nait Joseph MARTIN [15/10/1734 - 1/08/1808]. Son acte de naissance à Cadouarn et son acte de mariage le 4/11/1760 à Séné avec Perrine DANET [30/6/1736-5/7/1808] ne précisent pas sa profession. Son acte de décès nous dit qu'il fut calfat. Par contre son épouse Perrine est la fille du charpentier de marine Julien DANET [18/10/1707 - ??]. Ce dernier a eu quatre enfants dont trois morts en bas âge. C'est donc son gendre Joseph MARTIN qui va continuer cette longue lignée de charpentiers sinagots remontant au maître charpentier Guillaume Danet [1620-1681]. (lire article sur les charpentiers DANET).

1770 MARTIN Joseph Chrpentier Cariel extrait

L'acte de naissance du fils aîné de Joseph et Perrine, baptisé Joseph en 1765, indique que son père est matelot. Celui de François en 1768, comme celui de sa fille ainée Jeanne en 1770, mentionnent la profession de charpentier à Cariel. Celui de son fils Guillaume en 1773 situe la famille à Cadouarn.

On peut avancer que Joseph MARTIN a commencé son activté de charpentier à partir de 1765, sans doute à la mort de son beau-père, d'abord sur Cariel puis sur Cadouarn.MARTIN chantier small

De cette union naquirent une fille, Julienne [1768-1846] et quatre garçons. Joseph [ca 1765-10/3/1804] et Julien [7/6/1777-6/4/1811] moururent jeunes, laissant François [175/1768-20/3/1847] et Vincent [3/12/1774-4/6/1853] à la tête du chantier à la mort de leur père.

François n'ayant eu que 4 filles, le chantier passe à son frère Vincent, qui est marin pêcheur quand il épouse le 18/2/1811 Perrine UZEL de Sarzeau [11/8/1781-23/11/1861]. A la naissance de son 1er enfant, Jean Marie en 1815, il est encore pêcheur; lorsque son épouse accouche de 2 jumelles en 1817, il déclare l'activité de charpentier, tout comme en 1820, à la naissance de sa 3° fille, Marguerite qui décède en bas âge. Lors du 1er dénombrement de 1841, sa fille Marie Vincente et son enfant sont décédés suite à l'accouchement. La famille Martin est pointée à Cadouarn.

1841 Martin Jean famille

1841 LEFRANC charpentier calfat

Cette liste nominative fait apparaitre aussi une autre famille de charpentiers à Cadouarn. François LE FRANC [28/11/1769-18/4/1849] est calfat. Son fils, Patern LE FRANC [9/4/1917-29/3/1896] est charpentier. Il est fort probable que les Le Franc travaillaient au chantier Martin pour satisfaire les commandes de sinagots.

Ce premier recencement à Séné montre la présence de forgerons qui forgent les outils pour le monde agricole, les charettes mais également les outils du calfat, les scies des charpentier et les pièces métalliques des bateaux.

Au décès de son père en 1853, Jean Marie MARTIN [30/5/1815-29/3/1896] reprendra le chantier familial à Cadouarn. Lors de son mariage avec Jeanne Perrine PIERRE, le 10/2/1846, il déclare l'activité de charpentier, tout comme à la naissance de son fils aîné, Julien Marie cette même année. Les actes de naissance de ses enfants successifs permettent de lire l'activité déclarée en mairie. Les époux Martin eurent 5 filles et 4 garçons. En 1866, lors de la naissance de sa dernière fille, Jeanne, il est charpentier naval. Sur son acte de décès en 1896, l'officer d'état civil indique la profession de pêcheur. On comprend qu'avec l'âge, il a arrêté la construction de bateaux pour devenir pêcheur.

1858 Briendo Joseph charpentier

Durant ses années à la tête du chantier, Jean Marie MARTIN a travaillé avec son fils, Julien Marie mais il semble avoir également embauché des ouvriers. Ainsi lors de son mariage en 1858 avec la sinagote Alexandrine Le Ménach, Joseph BRIENDO né à Grand Champ déclare être charpentier de marine. Cette même année, à la naissance de son fils, François MORIO déclare lui aussi l'acitivté de charpentier de marine. MORIO est encore "charpentier maritime" lors de la naissance de son dernier enfant Jean Louis en 1864.

1858 Morio Vincent Julien Charpentier

Yann LE REGENT, des Amis du Sinagot, a montré que 51 sinagots avaient été construits en 1857 et 1858, soit plus de 25 par an, alors qu'en une année "normale", le chantier Martin mettait à l'eau entre 4 et 10 bateaux. 

Un grand changement intervient également à partir de l'année 1857. Les sinagots qui n'avaient jusqu'alors compté qu'un mât et une voile carrée (en bannière) amurant sur le côté, vont se doter d'un deuxième mat supportant une voilure plus importante. Cette modification couteuse avait surement pour but de leur permettre d'aller plus loin en mer. Elle va leur faciliter la sortie du Golfe du Morbihan pour pratiquer la pêche en baie de Quiberon et la drague des huîtres dans l'anse de Penerf. Les sinagots rentreront ensemble de ces sorties sur le mor bras à la queue leu leu à marée montante.

Jordic toile 5 retour sinagots CP

Georges Pignon, dit Jordic, Retour des siangots vers Séné à la nuit tombante, 1912, hst 23x16 cm.

Le chantier Martin était située au Godal, près de Cadouarn, coté Vannes. Les Martin avait construit une chaussée de pierres dite de Kerdavid permettant à marée haute la mise à l'eau des bateaux. Cet extrait du cadastre de 1845 permet de le situer.

MARTIN Gohal chantier

Les actes de mariages des garçons permettent de connaître leur activité à l'âge adulte. Seul Joseph indique être charpentier en 1882, les autres étant pêcheurs. Mais dès la naissance de son 1er enfant, en 1883, Joseph est aussi pêcheur. L'ainé des Martin, Julien Marie, de la classe 1866, reviendra au chantier aux côtés de son père au retour de sa conscription et de la Guerre contre la Prusse en avril 1871. Lors de cette période, il fut à bord des frégates cuirassées Savoie et Gauloise.

1866 Martin Marine

1870 Fregate cuirasé Savoie

Fregate cuirassée Savoie

Sa fiche d'Inscrit Maritime nous indique qu'il fut marin pêcheur avant de travailler au chantier après le décès de son père. Celui-ci construisit à partir de 1883, le Souvenir, dont on fera une réplique.

Souvenir 1883 Julien MARTIN

1993 05 Souvenir Y. REGENT

Réplique du Souvenir photographié dans le port de Douarnenez en mai 1993. Le Souvenir fut lancé le 28 mars 187 au port Rhu de Douarnenez.

(cliché YR les Amis du Sinagot)

La famille Martin est pointée lors du dénombrement de 1886. Julien déclare l'activité de charpentier aux côtés de son père même si il est aussi par ailleurs marin sur Le Même selon la fiche d'Inscrit Maritime.

1886 Martin Jean famille

Dans l'Annuaire-Almanach des Cent Milles Adresses du Morbihan" édité en 1886, Jean Marie MARTIN est répertorié comme "constructeur de canots" sur Séné.

1886 Almanach 100 mille

1886 Almanach Martin

MARTIN chantier full

Au dénombrement de 1891, la famille Martin compte 6 enfants au foyer. Vincent, marié depuis1879, Joseph depuis 1882 et Pérrine depuis 1890, ont quitté le giron familial.1891 Martin Jean famille

En 1901, Mme PIERRE est veuve depuis le décès de son mari en 1896. Les enfants les plus jeunes, Jean Marie Pierre  (avec tous ses prénoms) et sa soeur Jeanne, ont opté pour le métier de pêcheur, la construction de sinagots ne pouvant pas nourrir la famille nombreuse.

1901 Martin Jean famille

En 1905, à la demande de Jean Marie LE GREGAM qui se marie cetet année-là avec Jeanne CLERO, Julien Marie MARTIN construit un sinagot qui prendra le nom de Jean et Jeanne en l'honneur des jeunes mariés.

Les listes nominatives de 1906 indiquent que Julien MARTIN est devenu le chef de famille depuis le décès de sa mère en 1901. Il ne se mariera pas, tout comme ces frères et soeurs qui vivent près de lui.

1906 Martin Jean famille

 Le 29 février 1908 le sinagot "Héléna", patron Guillaume Baro est mis à l'eau à Cadouarn.

1908 HELENA sinagot Martin

Le 16 septembre 1909, le Sainte-Jeanne est mis à l'eau.

1909 Sinagot Sainte jeanne

En 1909, Julien MARTIN perd son frère cadet Jean à l'âge de 51 ans, célibataire.  En 1910, sa soeur Marie Julienne décède. En 1911 c'est au tour de Jean Marie Pierre de décéder. Si bien qu'au dénombrement de 1911, Guillemete, Jeanne et Julien sont sous le même toit.  Le 15/2/1913, il reçoit par décret la médaille d'honneur.

En 1914, le chantier Martin, sans doute Julien Marie MARTIN, alors âgé de 68 ans met à l'eau le dernier sinagot construit à Séné baptisé Travailleur, tout un symbole pour ce charpentier de marine et le pêcheur qui l'a armé, François LOISEAU [25/1/1863 - 19/12/1931], qui fut également sur ses vieux jours passeur entre Séné et Conleau.

1921 Martin Jean famille

La famille subit la guerre de 14-18. Les listes nominatives de 1921, montrent que ses deux soeurs Guillemette et Jeanne Marie aident au foyer Julien MARTIN alors âgé de 75 ans. Guillemette décède en 1924. 

1926 Martin Jean famille

1931 Martin Jean famille

En 1926, comme en 1931,  Jeanne MARTIN épaule son frère aîné. Quant à Julien Marie MARTIN, il continue d'entretenir une partie de la flotille de sinagots et construit encore des plates jusqu'à la fin des années 1920.

Par décret du 2/8/1931, il est fait Chevalier de l'Order du Mérite Maritime. Les autorités maritimes reconnaissent son assiduité au métier de charpentier de marine.Il reçoit sa décoration le dimanche 6 mars 1932. Le maire de l'époque, Henri MENARD, ne manqua pas, comme à son habitude, d'organiser une belle cérémonie à Séné.

Julien Martin 1

1932 Martin Merite

Julien MARTIN aura connu trois guerres : la guerre contre les Prussiens en 1870, la Grande Guerre de 14-18 et la déclaration de guerre contre l'Allemagne nazie. Il décède le 20/10/1939, à l'âge de 93 ans des suites d’une blessure occasionnée par une pointe rouillée.  Ses dernières paroles avant de mourrir furent " je ne pense pas avoir dérangé quiconque sur cette Terre ".

1932 MARTIN6Julien Portrait

Julien MARTIN lors des noces d'or de son frère Joseph MARTIN en 1932.

Sur la période 1844-1914, en étudiant les archives des Affaires Maritimes, les Amis du Sinagot ont répertorié 643 sinagots construits par les chantiers du Quartier de Vannes. Le chantier Martin de Séné peut s'enorgueillir d'avoir mis à l'eau 524 sinagots auxquels viendront ensuite s'ajouter, 46 autres sinagots construits par les chantiers Lesquel et Jeffredo de Vannes.  Après guerre les chantier Querrien du Bono en construiront 73 de plus. 

Le chantier MARTIN et Julien MARTIN que les pêcheurs appelaient avec respect et affection "Le Père Martin" était conscient que ses bateaux faisaient tout simplement vivre la population maritime désargentée de Séné , il pratiquait le juste prix, gardant pour lui de quoi subsister, à la fin de sa carrière son corps avait pris la forme des membrures de ses bateaux tellement il était courbé !

La vie a constraint Julien MARTIN  à assumer son rôle de frère aîné pour aider au besoin de ses parents et ensuite à ceux de ses nombreux frères et soeurs. Resté célibataire, les nombreux sinagots construits de ses mains sont ses enfants qu'il nous a légué.

 

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