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samedi, 04 février 2017 20:07

François LE FRANC, gendarme à Verdun

François Marie Louis LE FRANC : 21/08/1887 - 22/03/1916.

Avant guerre, la gendarmerie était aussi appelé « prévôté ». Son rôle pendant la Première Guerre Mondiale, peu connu, a été crucial, et le haut commandement lui a toujours attaché beaucoup d'importance. Elle a joué un rôle de premier plan dans le redressement de l'armée française après les premiers revers.

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La gendarmerie accomplissait plusieurs tâches même si le service ne disposait pas d'effectifs suffisants : police des cantonnements militaires, lutte contre les abus de boissons, lutte contre les actes de pillages, d'espionnage, ou contre le défaitisme. Elle assurait le contrôle de la circulation dans la zone des armées, le contrôle des civils présents dans la zone des armées, le transfert des prisonniers de guerre et la recherche des déserteurs.

Au début de la guerre, les déserteurs sont peu nombreux (1,5% en 1914), mais les défections et désertions augmentent avec l'envoi au front des nouvelles classes d'appelés. Passibles des travaux forcés ou de la peine de mort, ces soldats en fuite n'ont souvent rien à perdre et acquièrent vite la réputation d'hommes prêts à tout plutôt que d'être pris. Mission inavouable, parce qu'elle fait tache sur l'union sacrée, la chasse aux déserteurs était dangereuse pour les gendarmes dont plusieurs dizaines sont tombés sous le coup des réfractaires (le plus souvent formés aux techniques militaires).

Dès février 1916, les gendarmes veillent à la fluidité et à la sécurité de la circulation, notamment sur la « Voie sacrée» sur laquelle ils assurent la régulation du trafic. Les renforts et ravitaillements qui transitent par la voie sacrée, régulée par la prévôté, permettent d'obtenir la victoire.

Verdun Voie Sacrée Berliet

Sur les 18000 gendarmes du service prévôtal, 700 trouveront la mort en service, 3500 seront cités avec attribution de la croix de guerre.

Par sa durée autant que par l’ampleur des effectifs engagés, la bataille de Verdun a posé particulièrement la question du maintien de l’ordre et de la discipline aux armées. Présents à Verdun depuis la déclaration de guerre, des détachements de gendarmerie sont réorganisés à plusieurs reprises.. Dans les cantonnements, les gendarmes interviennent pour maintenir les hommes dans l’obéissance et le respect des directives du commandement. Leur échoient également la gestion et la surveillance des prisons.

Parmi ces gendarmes en poste à Verdun figure François Marie Louis LE FRANC, né le 21/08/1887 au village de Moustérian au sein d'une famille de cultivateurs.

Le Franc Francois Extrait

Le dénombrement de 1911 nous indique que sa mère est veuve et chef de famille qui compte 8 enfants dont une fille mariée avec un enfant qui aide sa mère.

(François est le frère de Célestin qui sera fait prisonnier et reviendra mutilé pour décéder à Séné. Il est sur le monument aux morts) Lire article sur les prisonniers..

LE FRANC Francois Quester 1906

Cette situation de famille a sans doute poussé François LE FRANC a s'engagé à l'âge de 20 ans dans l'armée comme le rapporte sa fiche de matricule. Il est d'abord matelot et participe à des opérations au "Levant" (Palestine-Liban) avant d'intégrer la gendarmerie le 12/08/1912, dans la 15° Légion qui a pour zone des département de Provence dont le Var où il est en poste avant la guerre.

LE FRANC François carrière

A Verdun, il est affecté à la 15° Légion bis qui fait partie du détachement de police mobile de la IIe armée, constitué dès septembre 1914. L’historique de la 15° légion nous donne quelques informations. Le 1er mars 1916, la prévôté prend la direction de Verdun, où elle est mise à la disposition du général commandant la défense de la ville.

« La ville est soumise depuis dix jours à un bombardement des plus violents et c'est à la prévôté du capitaine JOUBERT, composée en majeure partie de gendarmes de la 15e légion, qu’ échoit la mission particulièrement délicate et périlleuse de maintenir l’ordre dans la ville et de régler la circulation des nombreux convois qui ravitaillent les troupes de la défense de Verdun. Vingt postes environ sont établis aux divers carrefours intérieurs et dans les faubourgs de la ville, pour régulariser la circulation particulièrement intense, tant de jour que de nuit, pendant cette période tragique. Ces postes, placés en des points qui ont été repérés par l'ennemi, sont fréquemment soumis à de violents bombardements et les gendarmes ne disposent d'aucun abri. Pendant environ trois mois, le service s'exécute dans des conditions particulièrement périlleuses et pénibles, chaque homme faisant de douze à seize heures de garde par jour, et ce n'est qu'au mois de mai qu'on peut arriver à donner aux gendarmes des guérites recouvertes de sacs de terre qui les préservent au moins des éclats d'obus ».

Verdun Destructions

Fréquemment soumis aux bombardements, le détachement mobile perd 1 brigadier et 3 gendarmes, dont François LE FRANC. Le détachement recevra trente-cinq citations.

LE FRANC tué à lennemi

François Marie Louis LE FRANC est tué le 22/03/1916 et son corps porté à la nécropole du Faubourg Pavé qui recèle les corps de 5722 soldats tués lors de la Grande Guerre. Sa stèles funéraire contient les informations suivantes : LE-FRANC François 3552 15e Légion MORT POUR LA FRANCE LE 22.03.1916 ».

Son nom figure au monument aux morts de Séné et comme l'indique le site MerorialGenWeb, également sur celui de la commune du Var, Salernes, sans doute la domiciliation de sa gendarmerie où son acte de décès a également été transcrit.

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