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samedi, 02 mai 2015 18:55

Les salines de Séné

Au 18e siècle, la majorité de la population vit de l´agriculture. Toutefois, certains habitants pratiquent la saliculture ou la pêche.

L'extraction de sels a cependant existé avant l'avènement des techniques des marais salants par les paludiers (lire article Saunerie)

A partir de 1723, le chapitre cathédrale de Vannes décide d´aménager des marais salants à Séné. Pour cela, il encourage l´installation de paludiers de la presqu´île de Guérande, où ils sont trop nombreux. Les nouveaux arrivants, originaires pour la plupart de Bourg-de-Batz (aujourd´hui Batz-sur-Mer), s´installent dans les villages situés à l´est du territoire communal (Michotte, Falguerec, Bindre, Cano) avec leurs familles. Venus initialement pour former de nouveaux paludiers, ils se mêlent progressivement à la population locale par mariages. Les marais salants modèlent le paysage et ouvrent une ère de prospérité. Le « terrain inculte que la mer couvre de son flux chaque jour » est métamorphosé.

Mathurin MEHEUT Les ramasseuses de sel Guérande

Mathurin MEHEUT Les ramasseuses de sel Guérande

En 23 ans, entre 1725 et 1748, sont réalisés à Séné autant d´oeillets qu´en 140 ans dans toute l'étendue du bassin salicole de Guérande, entre le milieu du 16e siècle et le 18e siècle. Entre 1725 et 1737, 26 des 39 salines du chapitre de Vannes sont situées sur la presqu'île de Séné. La production, destinée en grande partie à l´exportation vers l´Espagne sur des bateaux originaires de Pénerf et de l´île aux Moines, connaît son apogée en 1765, date à laquelle l´ensemble des salines est mis en valeur.

En parallèle à l'essor des paludiers, l'essor des charpentiers de marines qui construisent les bateaux nécesaires à "l'exportation" du sel.

Salines 1844 falguérec

Salines de Falguérec aujourd'hui inclues dans la réserve ornithologique selon le cadastre de 1844.

Cette carte datée de 1882 donne le plan des salines avec l'emplacement de la salorge ou "usine à sel" où on stockait le sel. On peut voir le vestige d'une salorge à Michotte dans l'enceinte de la réserve de Flaguérec.

Salorge Michotte

On distingue sur cette carte les salines de Kerbiscon, les salines de Bindre, les salines de Dolan et au bout de la rivère de Noyalo les salines de Penaval.

1882 Séné Salines  

Salines 1844 rosvelec languersac morboul

Les paludiers construisent des salines sur l'actuelle pointe de Rosvelec en face le moulin de Cantizac. La saline de Languersac et du Morboul bordent le nord de la presqu'ile de Langle.

On peut voir encore les vestiges de la digue dite du "Pont Lisse" et sur laquelle passe un sentier. Ce sentier est un raccourci pour les Sinagots qui du bourg peuvent gagner Gorneveze plus rapidement. La digue a supplanté l'usage d'un guet constitué degrosses pierres posées sur la vasières. Les gens du bourg l'empruntaient pour s'éviter le chemin passant par le lieu-dit le Purgatoire. Aussi ont-ils appelé la parcelle au débouché de ce gué le "Paradis". Il ne reste aujourd'hui que quelques grosses pierres témoignant que les déplacements entre presqu'île et  bourg puis Vannes ont de tout temps été une préoccupation des Sinagots.

Saline morboul

Pont Lisse délimitant la saline de Languersac  Saline Morboul muret 1.jpg

Muret toujours visible de la saline du Morboul.

Au sud la saline du Porhic à Cadouarn et même une saline au sud de l'île de Boed.

Salines 1844 porhic boede

    Saline Porhic

Vue actuelle de la saline du Porhic

En fin, dans l'actuelle anse de Mancel, étaient aménagées les salines de Billerois. (Lire article sur l'anse de Mancel).

Salines 1844 Mancel


Au XIX° siècle, les activités économiques de Séné restent très variées, à la fois tournées vers la terre et la mer. Elles connaissent néanmoins des destinées diverses : l´activité salicole, particulièrement développée au 18e siècle, décline, l´ostréiculture s´organise et la pêche est en plein essor.

Une législation nationale défavorable à partir de 1806 (les sels bretons étaient sous l´Ancien Régime exemptés de l´impôt de la gabelle) et la concurrence des salins du Midi et de lEst, d´Espagne et du Portugal, meilleur marché, entraînent la crise de l´activité salicole au XIX° siècle. L´exploitation des marais salants se désorganise, l´activité ne devient progressivement qu´une petite ressource d´appoint pour les agriculteurs. Ce déclin est si fort que l´Etat décide de réduire les subsides affectés à la surveillance des marais. Les effectifs de douaniers sont diminués. En 1883, la surveillance permanente cesse et les casernes et guérites de douaniers sont vendues ou démolies. Les marais, mal entretenus, travaillés dans de mauvaises conditions, sont progressivement abandonnés. Le dernier paludier cesse toute activité en 1951.

L'instauration de la gabelle, l'impôt sur le sel, conduit l'Etat à faire surveiller la production et le commerce du sel par un réseau de guérites pour duanoiers qu'il faut loger d'abord en réquisitionnant des maisons et ensuite en construisant des casernes.

 

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Ci-dessus : saulnier en 1875 à Michotte et au début du XX°s à Dolan

 

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